{"id":1031,"date":"2015-01-22T16:17:52","date_gmt":"2015-01-22T16:17:52","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1031"},"modified":"2015-01-22T16:17:52","modified_gmt":"2015-01-22T16:17:52","slug":"le-pere-paul-gachet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1031","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Paul GACHET"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1060px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1030\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/GACHET_Paul.jpg\" alt=\"GACHET Paul\" width=\"113\" height=\"152\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 30 avril 1904 \u00e0 Gen\u00e8ve<br \/>dans le dioc\u00e8se de Fribourg, Suisse<br \/>membre de la SMA le 18 juillet 1937<br \/>pr\u00eatre le 6 janvier 1941<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 mars 1998<\/td>\n<td>\n<p>1941-1943 Daloa (vicariat de Sassandra) C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire&nbsp;<\/p>\n<p>1943-1994 Zu\u00e9noula (Daloa)<br \/>1994-1998 Montferrier<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Montferrier-sur-Lez, France, le 11 mars 1998<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 93 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Paul GACHET (1904 &#8211; 1998)<\/p>\n<p>Si l\u2019on veut r\u00e9sumer la vie du p\u00e8re Paul Gachet en un seul mot, on dira \u00ab\u00a0Zu\u00e9noula\u00a0\u00bb, car il a pass\u00e9 plus de cinquante ann\u00e9es de sa vie missionnaire dans cette paroisse du dioc\u00e8se de Daloa, en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire.<\/p>\n<p>N\u00e9 en Suisse, dans le dioc\u00e8se de Gen\u00e8ve, le 30 avril 1904, mais bien fran\u00e7ais de nationalit\u00e9, il est l&rsquo;a\u00een\u00e9 de trois enfants d&rsquo;une famille modeste. Nous ne savons rien de sa jeunesse, sinon qu&rsquo;il avait appris le m\u00e9tier de sculpteur sur bois pour la confection de meubles, m\u00e9tier dont il usera plus tard pour subvenir aux besoins de la mission. Il a certainement exerc\u00e9 ce m\u00e9tier durant quelques ann\u00e9es, car il a d\u00e9j\u00e0 29 ans quand il demande \u00e0 entrer aux Missions Africaines : on est en 1933. Il passe d\u2019abord deux ans au s\u00e9minaire des vocations tardives \u00e0 Saint-Priest, puis deux ans, \u00e0 Chanly, au noviciat ; et c\u2019est, en 1937, qu\u2019il fait son premier serment, le 18 juillet. Trois ans plus tard, il fera le serment perp\u00e9tuel et sera ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 6 janvier 1941 par monseigneur Gerlier, depuis peu archev\u00eaque de Lyon. De constitution plut\u00f4t faible, il avait \u00e9t\u00e9 ajourn\u00e9 en 1924, il ne pensait certainement pas, alors, qu\u2019il allait passer, pratiquement sans discontinuer, 54 ans en Afrique, dont plus de 50 ans dans la m\u00eame paroisse.<\/p>\n<p>A sa sortie du s\u00e9minaire, il est mis \u00e0 la disposition du vicaire apostolique de Sassandra, monseigneur Kirmann, qui le nomme \u00e0 Daloa vicaire du p\u00e8re Tranchant. Ce dernier aurait voulu un pr\u00eatre qui joue de l\u2019harmonium et qui chante bien. Il \u00e9tait mal tomb\u00e9. Il demande au p\u00e8re Gachet de visiter les petites \u00e9coles de brousse dans les villages. Il va donc faire \u00e0 v\u00e9lo des tourn\u00e9es de trois semaines. (P\u00e8re Jean-Paul Beno\u00eet, hom\u00e9lie des fun\u00e9railles).<\/p>\n<p>En 1943, monseigneur Kirmann lui demande de fonder Zu\u00e9noula, tout en s\u2019occupant de Bouafl\u00e9, car le p\u00e8re Sav\u00e9an avait \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9. Il fait \u00e0 v\u00e9lo les 80 kilom\u00e8tres qui s\u00e9parent les deux missions, emportant avec lui sa bible, son br\u00e9viaire, ce qu\u2019il faut pour dire la messe, un peu de linge et son fusil, et il se met tout de suite au travail : d\u00e9fricher la concession, faire des briques, construire une case, puis une \u00e9glise, recommencer l\u2019\u00e9glise car la premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par une tornade avant qu\u2019elle ne soit termin\u00e9e. La vie est difficile ; c\u2019est la guerre, il n\u2019y a rien dans les boutiques ; il faut utiliser l\u2019huile rouge pour s\u2019\u00e9clairer le soir. Pas de livres, pas de radio\u2026 Tous les 15 jours, le p\u00e8re prend son v\u00e9lo et descend \u00e0 Bouafl\u00e9 faire quelques courses. Souvent \u00e9puis\u00e9, il passe la nuit dans une plantation.<\/p>\n<p>En 1946, au retour de son premier cong\u00e9, il re\u00e7oit l\u2019aide d\u2019un vicaire, le p\u00e8re Borel, qui va lui causer bien du souci. En effet, pour une histoire de d\u00e9fenses d\u2019\u00e9l\u00e9phant, ce dernier va tuer un villageois. Le p\u00e8re sera vite renvoy\u00e9 en France, mais les cons\u00e9quences de son geste se feront encore sentir une trentaine d\u2019ann\u00e9es plus tard. Peu apr\u00e8s ce drame, le jeune p\u00e8re Camille Charrier est nomm\u00e9 \u00e0 Zu\u00e9noula. Excellent missionnaire, organisateur des \u00e9coles de la mission, il part un jour, \u00e0 l\u2019insu du p\u00e8re Gachet, \u00e0 la chasse \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9phant. Inexp\u00e9riment\u00e9, il est surpris par la b\u00eate qui le tue sur le coup. Apr\u00e8s le d\u00e9part d\u2019un troisi\u00e8me vicaire qui ne restera qu\u2019une ann\u00e9e, le p\u00e8re Gachet demande \u00e0 son \u00e9v\u00eaque, monseigneur Rouanet depuis 1956, de ne plus lui donner de vicaire. Malgr\u00e9 cela, le p\u00e8re Beno\u00eet est nomm\u00e9 \u00e0 Zu\u00e9noula en 1960. Ils vont rester ensemble pendant plus de 25 ans et seront, chacun avec ses propres qualit\u00e9s, les artisans du d\u00e9veloppement de la mission.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 vers la fin des ann\u00e9es 40, le p\u00e8re Gachet s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 vers l\u2019\u00e9cole. Il lui faudra travailler beaucoup pour gagner l\u2019argent afin de construire les classes et payer les ma\u00eetres. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 son ancien m\u00e9tier va lui servir. Il va acheter des machines \u00e0 bois en empruntant de l\u2019argent \u00e0 ses parents : il fera des tables, des portes, des meubles, des cercueils ; il formera m\u00eame un Africain, un d\u00e9nomm\u00e9 Bakary, pour l\u2019assister dans ce travail. Il permet ainsi \u00e0 son vicaire d\u2019\u00eatre plus libre pour organiser l\u2019\u00e9cole et la faire grandir. De son c\u00f4t\u00e9, le p\u00e8re va alors terminer l\u2019\u00e9glise en dur. En 1958, il arrange les classes, les plafonne. Puis il fait un premier agrandissement de l\u2019\u00e9glise du centre et bient\u00f4t un second, ce qui t\u00e9moigne de l\u2019accroissement du nombre des fid\u00e8les. C\u2019est autour des ann\u00e9es 60 que le p\u00e8re d\u00e9ploie la plus grande activit\u00e9 : il va en effet construire une dizaine de chapelles en dur dans les villages gouros ou les villages mossis assez nombreux dans la for\u00eat et aussi une dizaine d\u2019\u00e9coles, ainsi qu\u2019un centre d\u2019accueil \u00e0 Zu\u00e9noula pour y former les futurs cat\u00e9chistes. Il dira plus d\u2019une fois assez tristement : Toute ma vie, je n\u2019ai mis que des briques l\u2019une sur l\u2019autre. Ce \u00e0 quoi le p\u00e8re Beno\u00eet pouvait lui r\u00e9pondre : La Vierge Marie n\u2019a donn\u00e9 que son corps \u00e0 J\u00e9sus. Sans ce corps, il ne pourrait nous parler\u2026<\/p>\n<p>Mais le p\u00e8re ne faisait pas que du mat\u00e9riel. Jusqu\u2019\u00e0 sa retraite sur place, c\u2019est lui qui s\u2019occupait des communaut\u00e9s mossis toujours plus nombreuses au fil des ann\u00e9es. N\u2019est-ce pas lui qui, plusieurs fois par semaine, allait dire la messe \u00e0 6 heures du matin \u00e0 Koudougou et qui, en semaine, allait visiter les communaut\u00e9s existantes sur la paroisse ? Sans doute, le p\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas toujours facile \u00e0 vivre. Il m\u2019a dit, plus d\u2019une fois, des paroles blessantes que je m\u00e9ritais. Mais \u00e0 chaque fois, il venait, il demandait pardon et se confessait. Ce fut un exemple pour moi (hom\u00e9lie du p\u00e8re Beno\u00eet).<\/p>\n<p>Au temps du p\u00e8re Charrier, le premier cat\u00e9chisme en langue gouro est traduit avec l\u2019aide d\u2019un jeune \u00e9tudiant que le p\u00e8re Gachet aimait bien et qui deviendra Monsieur le ministre Vani\u00e9 bi Tra. Ils resteront tr\u00e8s li\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, monsieur Vani\u00e9 bi Tra ne manquant jamais de s\u2019arr\u00eater \u00e0 la mission pour saluer le p\u00e8re Gachet, lorsqu\u2019il remontait d\u2019Abidjan pour gagner son village de Vou\u00e9boufla, et le p\u00e8re Gachet allant loger chez le ministre lorsqu\u2019il devait se rendre dans la capitale. En 1995, alors que le p\u00e8re a 91 ans et qu\u2019il sollicite de ses sup\u00e9rieurs la permission de revenir en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire, l\u2019ancien ministre est m\u00eame d\u2019accord pour le recevoir chez lui et lui am\u00e9nager une chapelle dans son appartement.<\/p>\n<p>Dans ses lettres, on ne trouve aucune allusion \u00e0 sa sant\u00e9 avant ses 70 ans. Mais chaque fois qu\u2019il revient en France pour un cong\u00e9, il a soin de se faire d\u00e9livrer par son m\u00e9decin un certificat d\u2019aptitude \u00e0 l\u2019Afrique. Lui, jug\u00e9 faible de constitution quand il avait 20 ans, voil\u00e0 maintenant qu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de 90 ans, il est toujours sur la br\u00e8che et il entend bien y rester. Il para\u00eet que vous seriez pr\u00eat \u00e0 venir vous faire op\u00e9rer en France, \u00e0 condition toutefois d\u2019avoir toutes les garanties n\u00e9cessaires d\u2019un retour \u00e0 Zu\u00e9noula apr\u00e8s votre op\u00e9ration. Je puis vous assurer que je ne mettrai aucun obstacle \u00e0 un tel retour si votre m\u00e9decin est d\u2019accord (lettre du provincial de 1991). Ce sont ses yeux qui lui poseront les plus gros probl\u00e8mes ; il a besoin d\u2019une grosse loupe pour lire, et m\u00eame pour \u00e9crire. Mais cela ne l\u2019emp\u00eache pas de prendre la plume pour solliciter un nouveau d\u00e9part en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire ou pour expliquer l\u2019histoire de Claire, une jeune fille gouro, qu\u2019il avait pratiquement adopt\u00e9e et qui \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 la mission de Zu\u00e9noula au d\u00e9but des ann\u00e9es 70.<br \/>Par deux fois, il sera honor\u00e9 de fa\u00e7on officielle par les autorit\u00e9s civiles de la C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire. En 1988, il re\u00e7oit la croix de commandeur de l\u2019ordre national du m\u00e9rite ivoirien. Quand il est au courant de ce qui se pr\u00e9pare, voici ce qu\u2019il dit : Je veux que ce soit toute la SMA qui soit honor\u00e9e le jour o\u00f9 le grand chancelier doit venir pour me remettre la distinction de commandeur du m\u00e9rite ivoirien. Comme tous mes confr\u00e8res, j\u2019ai travaill\u00e9 avec plus ou moins de bonheur, mais je tiens \u00e0 ce que cette distinction soit pour tous les p\u00e8res, fr\u00e8res, s\u0153urs qui ont \u0153uvr\u00e9 en ce dioc\u00e8se, et notre Soci\u00e9t\u00e9, notre M\u00e8re ! En 1993, le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, M. Houphou\u00ebt-Boigny signe le d\u00e9cret suivant : Gachet Paul, r\u00e9sidant \u00e0 Zu\u00e9noula, est naturalis\u00e9 ivoirien.<\/p>\n<p>D\u00e9cor\u00e9 par les autorit\u00e9s, adopt\u00e9 par la population, remarquable de long\u00e9vit\u00e9, il ne d\u00e9sirait plus qu\u2019une chose au fond de son c\u0153ur : passer sur l\u2019autre rive, \u00e0 Zu\u00e9noula, pour y avoir sa derni\u00e8re demeure. Cela lui sera refus\u00e9. Il a 90 ans lorsqu\u2019il est nomm\u00e9 \u00e0 Montferrier. Trois ans plus tard, il retourne en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire pour assister \u00e0 l\u2019ordination des trois premiers pr\u00eatres gouros. A son retour, il \u00e9crit \u00e0 ses sup\u00e9rieurs : Ma joie est \u00e0 son comble, merci ! Il s\u2019\u00e9teint doucement, \u00e0 Montferrier, quelques mois plus tard, le 11 mars 1998, et repose d\u00e9sormais dans le petit cimeti\u00e8re \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon n\u00e9 le 30 avril 1904 \u00e0 Gen\u00e8vedans le dioc\u00e8se de Fribourg, Suissemembre de la SMA le 18 juillet 1937pr\u00eatre le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1030,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1031","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1031","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1031"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1031\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1030"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1031"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1031"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1031"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}