{"id":1047,"date":"2015-01-22T18:28:44","date_gmt":"2015-01-22T18:28:44","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1047"},"modified":"2015-01-22T18:28:44","modified_gmt":"2015-01-22T18:28:44","slug":"monseigneur-joseph-strebler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1047","title":{"rendered":"Monseigneur Joseph STREBLER"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1057px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1046\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/STREBLER_Joseph.jpg\" alt=\"STREBLER Joseph\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 12 septembre 1892 \u00e0 Mertzwiller<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 29 novembre 1914<br \/>pr\u00eatre le 10 juillet 1921<br \/>\u00e9v\u00eaque le 8 novembre 1945<\/td>\n<td>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 12 mars 1984&nbsp;<br \/>Monseigneur<br \/>Joseph Strebler<\/p>\n<p>1921-1937 missionnaire en C\u00f4te d\u2019Or<br \/>1927-1932, visiteur<br \/>1927-1933, vicaire d\u00e9l\u00e9gu\u00e9<br \/>1933-1935, pro vicaire<br \/>1937-1946 pr\u00e9fet apostolique de Sokod\u00e9<br \/>1946-1961 vicaire apostolique de Lom\u00e9<br \/>1962-1963 Rome, concile du Vatican<br \/>1963-1984 Saint-Pierre, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre, France, le 12 mars 1984,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 91 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Monseigneur Joseph STREBLER (1892 &#8211; 1984)<\/p>\n<p>Joseph Strebler est n\u00e9 le 12 septembre 1892 \u00e0 Mertzwiller, village du canton de Niederbronn-les-Bains, au dioc\u00e8se de Strasbourg.<\/p>\n<p>Il a \u00e9crit pour diverses revues de nombreux articles qui int\u00e9ressent l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale des Missions de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et qui fournissent aussi de pr\u00e9cieux renseignements sur les activit\u00e9s de sa vie missionnaire personnelle. Beaucoup de ces articles ont paru dans l\u2019\u00c9cho des Missions Africaines de Lyon (ann\u00e9es 1924 et suiv.), dans The Gold Coast Catholic Voice (ann\u00e9es 1926 et suiv., Cape-Coast), et dans les revues de notre Province : Le Petit \u00c9cho des Missions Africaines, La Croix sous les Palmiers, Le Missions Gl\u00f6cklein, Le Messager des Missions Africaines, Le Terre d\u2019Afrique-Messager. Mgr Strebler a publi\u00e9 \u00e9galement des biographies des \u00c9v\u00eaques de la C\u00f4te d\u2019Or, NN. SS. Albert, Hummel, Hauger et Hermann (Odilien Kalender, 1975 et 1977) et celle de Mgr Steinmetz (Josephs Kalender 1977) : ces biographies sont en fait l\u2019histoire de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation du Ghana et du Dahomey au temps de ces \u00e9v\u00eaques. On pourra y joindre un article publi\u00e9 en hors texte par l\u2019Almanach des Missions Africaines en 1931 et intitul\u00e9 : Le catholicisme \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Or. Cet article est enti\u00e8rement tir\u00e9 de notes \u00e9crites par Mgr Strebler en 1929 et intitul\u00e9es : Feuilles jaunies de la C\u00f4te d\u2019Or africaine. Voir aussi : \u00c9v\u00eaques missionnaires d\u2019Alsace, par G. Knittel (1965), p. 96 et suiv.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort de Mgr Strebler en 1984, Terre d\u2019Afrique-Messager a \u00e9dit\u00e9 un num\u00e9ro enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9v\u00eaque d\u00e9funt, (novembre-d\u00e9cembre 1984). Le Ralliement qui, depuis 1962, avait publi\u00e9 de nombreux textes de Mgr Strebler, a joint un hors-texte de 18 pages \u00e0 son num\u00e9ro 2\/1984 : on y trouvera notamment une bonne biographie, par le P\u00e8re No\u00ebl Douau, archiviste de la Maison G\u00e9n\u00e9ralice (cf. aussi, du m\u00eame, dans l\u2019Appel de l\u2019Afrique, n\u00b0 sp\u00e9cial 1985, p. 24-26). Sur l\u2019\u0153uvre de Mgr Strebler au Togo, pour les ann\u00e9es 1937 \u00e0 1955, on lira aussi Geschichte der katholischen Kirche in Togo, de Karl M\u00fcller, S.V.D., Steyl, 1958.<\/p>\n<p>De son enfance et de l\u2019origine de sa vocation missionnaire, lui-m\u00eame a volontiers et bien simplement parl\u00e9 dans une interview \u00e0 l\u2019Ami du Peuple (20 juin 1971). Apr\u00e8s avoir fait remarquer que Mertzwiller avait \u00e9t\u00e9 riche en vocations sacerdotales et religieuses et qu\u2019un tel environnement paroissial avait d\u00fb cr\u00e9er un milieu favorable pour l\u2019\u00e9closion de sa propre vocation, il poursuit ainsi son entretien : La plupart des Missionnaires Spiritains de Mertzwiller sont morts en Afrique \u00e0 la fleur de l\u2019\u00e2ge, et nos parents, qui les avaient bien connus, nous en parlaient avec \u00e9motion. Nous \u00e9tions une famille de 10 enfants. J\u2019\u00e9tais le 3e gar\u00e7on de cette grande famille. Notre p\u00e8re \u00e9tait magasinier aux Usines de De Dietrich \u00e0 Mertzwiller, et nous avions aussi une petite ferme. Nos parents nous ont \u00e9lev\u00e9s dans une atmosph\u00e8re profond\u00e9ment religieuse. Tous les soirs en hiver, nous r\u00e9citions le chapelet \u00e0 genoux, avant de nous coucher, et c\u2019est notre p\u00e8re qui pr\u00e9sidait&#8230;<\/p>\n<p>Nos parents nous initiaient aussi aux travaux agricoles que l\u2019on faisait apr\u00e8s les heures de classe. On apprenait ainsi \u00e0 sarcler, \u00e0 d\u00e9sherber, \u00e0 labourer, \u00e0 semer et \u00e0 r\u00e9colter, et ils nous initiaient au petit \u00e9levage de la ferme familiale. C\u2019est ainsi qu\u2019ils nous enseignaient l\u2019amour du travail, et cr\u00e9aient en nous l\u2019esprit de famille, car tous contribuaient au bien-\u00eatre de tous, par un effort personnel. \u2013 Ma vocation missionnaire je la dois, apr\u00e8s Dieu, dont l\u2019appel est gratuit, et qui en garde l\u2019initiative, aux influences heureuses du milieu familial. J\u2019\u00e9tais servant de messe de bonne heure. J\u2019avais un oncle missionnaire, le P\u00e8re Strebler Bernard, qui a pass\u00e9 sa vie en Angola, et qui est venu durant trois mois en cong\u00e9 en 1902 dans notre famille. J\u2019ai certainement subi le charme du cher oncle, qui aimait sa mission et qui avait un talent de conteur extraordinaire.<\/p>\n<p>Monseigneur nous apprend encore qu\u2019il avait un autre oncle, grand invalide, qui vivait dans la famille et remarquable par son assiduit\u00e9 \u00e0 la pri\u00e8re et par une grande d\u00e9votion \u00e0 la Vierge Marie. Il \u00e9tait vraiment, dit-il, l\u2019ange du foyer et il doit attacher \u00e0 la pri\u00e8re fervente et quotidienne de cet homme une particuli\u00e8re importance parmi tout ce qui favorisa sa vocation et sa pers\u00e9v\u00e9rance dans la poursuite de l\u2019id\u00e9al missionnaire.<\/p>\n<p>Continuant de rappeler ses souvenirs \u00e0 l\u2019Ami du Peuple, Monseigneur mentionne que, en 1903, un de ses fr\u00e8res, plus \u00e2g\u00e9 que lui, mais qui mourut pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 19 ans, \u00e9tait entr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Missions Africaines aux Pays-Bas. Quant \u00e0 lui, c\u2019est en 1906 qu\u2019il eut \u00e0 se poser de fa\u00e7on pr\u00e9cise la question de son avenir. Il allait avoir 14 ans, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e2ge de la premi\u00e8re communion, l\u2019\u00e2ge aussi de la fin des \u00e9tudes primaires et de l\u2019entr\u00e9e dans la vie active. Sa m\u00e8re l\u2019ayant interrog\u00e9 sur ses intentions, il lui r\u00e9pondit sans h\u00e9siter : J\u2019aimerais devenir missionnaire, si je pouvais faire les \u00e9tudes requises. Les choses s\u2019arrang\u00e8rent rapidement dans ce sens et le 11 mai 1906 il quitta son village natal pour commencer ses \u00e9tudes classiques. Il en effectua tout le cours dans les \u00e9coles apostoliques des Missions Africaines, \u00e0 Chanly d\u2019abord (1906-1907), puis \u00e0 Keer-les-Maastricht (1907-1912). Suivirent une ann\u00e9e de noviciat \u00e0 Chanly, sous la direction du P\u00e8re H\u00e9rold (1912-1913), et une ann\u00e9e de philosophie au s\u00e9minaire de Lyon (1913-1914).<\/p>\n<p>La Premi\u00e8re Guerre mondiale interrompit le s\u00e9jour au s\u00e9minaire de Lyon, et c\u2019est privatim, en Alsace, que le s\u00e9minariste termina ses \u00e9tudes de philosophie (1914-1915). \u00c0 cette \u00e9poque il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mobilis\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e allemande. Il servit durant toute la guerre comme infirmier, d\u2019abord \u00e0 Haguenau, puis en Roumanie et finalement sur le front fran\u00e7ais. Il fut d\u00e9mobilis\u00e9 le 22 novembre 1918.<\/p>\n<p>Le 30 novembre 1914, il avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 sous-diacre \u00e0 Strasbourg par Mgr Fritzen, \u00e0 qui le P\u00e8re Ranchin, sup\u00e9rieur du s\u00e9minaire de Lyon, avait fait parvenir les dimissoriales n\u00e9cessaires. Dans cette situation, selon les dispositions en vigueur dans l\u2019arm\u00e9e allemande, il n\u2019\u00e9tait plus mobilis\u00e9 en service arm\u00e9. En 1914, il se trouvait comme infirmier \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Haguenau, en m\u00eame temps que le P\u00e8re Joseph Vogel, qui avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre peu de temps avant le d\u00e9but de la guerre, le 12 juillet. Le P\u00e8re Vogel et lui commenc\u00e8rent en 1915 \u00e0 composer une lettre circulaire, destin\u00e9e en priorit\u00e9 \u00e0 leurs condisciples mobilis\u00e9s. Le P\u00e8re Vogel acheta une machine pour la reproduction d\u2019un bulletin qui, sous le nom de Br\u00fcderstimme, publia en allemand les nouvelles des soldats, des P\u00e8res en Afrique, du S\u00e9minaire, des malades, des Confr\u00e8res d\u00e9funts. Ce bulletin parut plusieurs fois par an jusqu\u2019en 1919, gr\u00e2ce \u00e0 diverses collaborations, m\u00eame lorsque les fondateurs quitt\u00e8rent Haguenau. Dans presque tous les num\u00e9ros on peut lire un article sign\u00e9 Joseph Strebler. Les derniers num\u00e9ros furent confectionn\u00e9s \u00e0 Thanvill\u00e9 par le futur P\u00e8re Kern, qui \u00e9tait encore \u00e0 cette \u00e9poque petit s\u00e9minariste, et, apr\u00e8s l\u2019armistice, ils parurent en fran\u00e7ais sous le nom de Fr\u00e8res d\u2019Armes qui \u00e9tait \u00e0 Lyon le nom d\u2019une revue similaire.<\/p>\n<p>On aimera sans doute trouver ici un extrait des derni\u00e8res communications de Joseph Strebler, sous-diacre des Missions Africaines de Lyon, dans le bulletin destin\u00e9 \u00e0 ses Confr\u00e8res. Ainsi donc, pour No\u00ebl 1918, il \u00e9crit : Retenus pendant de longues ann\u00e9es loin de notre vocation et de l\u2019id\u00e9al de nos c\u0153urs, exil\u00e9s de notre patrie, environn\u00e9s de mille dangers, nous avons souffert des privations de tout genre&#8230; Amis, l\u2019heure de la d\u00e9livrance a sonn\u00e9. Au ciel, l\u2019\u00e9toile de notre vocation brille d\u2019un nouvel \u00e9clat&#8230; L\u2019\u00e9cole apostolique, le noviciat et le S\u00e9minaire tant aim\u00e9s se rouvrent en nous. Nous reverrons nos ma\u00eetres aim\u00e9s, nos salles d\u2019\u00e9tude, nos vieux livres, nos chambres blanchies \u00e0 la chaux ! Nous vivrons de la vie d\u2019autrefois, c\u2019est-\u00e0-dire nous serons heureux ! Quam dilecta tabernacula tua, Domine !&#8230; H\u00e9las ! nous ne nous reverrons pas tous. La mort en a fauch\u00e9 plusieurs avant le temps ! Au S\u00e9minaire, le bien-aim\u00e9 P\u00e8re Ranchin, notre excellent sup\u00e9rieur, nous manquera&#8230; Bient\u00f4t la voix de nos ma\u00eetres nous rassemblera. Que personne ne manque \u00e0 l\u2019appel ! Messis quidem multa, operarii autem pauci.<\/p>\n<p>En janvier et f\u00e9vrier 1919, les derni\u00e8res parutions du bulletin donnent des avis pour la rentr\u00e9e. Les apostoliques, vu les difficult\u00e9s de se rendre \u00e0 Keer, o\u00f9 les chers \u00e9l\u00e8ves alsaciens \u00e9taient les d\u00e9sir\u00e9s, pourraient se rendre soit \u00e0 Pont-Rousseau, soit \u00e0 Mozac en Auvergne. Quant aux s\u00e9minaristes, ils rentreraient au s\u00e9minaire de Lyon pour le 15 f\u00e9vrier 1919. Ils partirent d\u2019Alsace le 10 f\u00e9vrier pour Lyon.<\/p>\n<p>Mgr Strebler fit ses \u00e9tudes th\u00e9ologiques au grand s\u00e9minaire des Missions Africaines \u00e0 Lyon et, le 10 juillet 1921, il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 Lyon par Mgr Moury, Vicaire Apostolique de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Trois mois plus tard, il partait pour les missions.<\/p>\n<p>1921-1937 : missionnaire \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Or (Ghana). Le 30 octobre 1921, le jeune missionnaire s\u2019embarquait \u00e0 Marseille \u00e0 destination de la C\u00f4te d\u2019Or, o\u00f9 il arriva le 30 novembre. Mgr Hummel, qui \u00e9tait le Vicaire Apostolique du Vicariat de la C\u00f4te d\u2019Or, l\u2019affecta \u00e0 la mission de Cape-Coast, o\u00f9 il devint le vicaire du P\u00e8re Acker. Son premier soin fut d\u2019apprendre la langue locale, de faire la connaissance des gens de la ville et des villages. Cape-Coast \u00e9tait la mission principale du Vicariat Apostolique et \u00e9tait entour\u00e9 de plusieurs stations secondaires. Le P\u00e8re Strebler fut bient\u00f4t \u00e0 m\u00eame de faire le cat\u00e9chisme et d\u2019entendre les confessions dans la langue du pays. Il avait appris l\u2019anglais du temps de son s\u00e9minaire et il pouvait donc aussi exercer en cette langue le minist\u00e8re de la pr\u00e9dication. J\u2019\u00e9tais heureux, a-t-il \u00e9crit plus tard ; l\u2019id\u00e9al que j\u2019avais r\u00eav\u00e9 \u00e9tait atteint. Mais quand je pouvais quitter la grande ville au bout de quelques mois, et passer des semaines enti\u00e8res en brousse avec les pauvres gens qui tressaillaient de joie en me voyant arriver, pour leur apporter la parole de Dieu et Dieu lui-m\u00eame, mon bonheur fut \u00e0 son comble. Au bout de dix \u00e0 quinze jours, je revenais \u00e0 la station centrale&#8230; Et puis on se mettait \u00e0 raconter les p\u00e9rip\u00e9ties du voyage, et mon cher sup\u00e9rieur m\u2019\u00e9coutait avec un calme imperturbable et une bont\u00e9 dont il ne s\u2019est jamais d\u00e9parti.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Strebler admirait aussi beaucoup son \u00e9v\u00eaque, Mgr Hummel. C\u2019\u00e9tait, dit-il, un grand chef, un pasteur tr\u00e8s aim\u00e9 de son peuple, dont il parlait parfaitement la langue&#8230; Mgr Hummel mourut le 13 mars 1924. Il avait dirig\u00e9 le Vicariat de la C\u00f4te d\u2019Or depuis 1906. L\u2019\u00e9vang\u00e9lisation avait bien progress\u00e9 depuis ce temps. Il n\u2019y avait, \u00e9crit encore Mgr Strebler, que 6 000 chr\u00e9tiens et 23 chapelles quand Mgr Hummel avait pris possession de sa mission en 1906. \u00c0 sa mort, le Vicariat comptait 55 000 catholiques et 500 chapelles, dirig\u00e9es pour la plupart par des cat\u00e9chistes volontaires.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de Mgr Hummel, le P\u00e8re Joseph Stauffer administra le Vicariat, en qualit\u00e9 de Provicaire Apostolique, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Cape-Coast, le 22 novembre 1925, du nouvel \u00c9v\u00eaque, Mgr Ernest Hauger. Entre-temps, le P\u00e8re Acker \u00e9tant rentr\u00e9 en Europe pour un cong\u00e9, ce fut le P\u00e8re Strebler qui dut assumer comme sup\u00e9rieur la direction de la station de Cape-Coast. Ses responsabilit\u00e9s allaient d\u2019ailleurs se multiplier avec les ann\u00e9es.<\/p>\n<p>En 1926, Mgr Hauger fonda la premi\u00e8re revue mensuelle catholique du Vicariat, The Gold Coast Catholic Voice. Cette revue prit beaucoup de temps au P\u00e8re Strebler. Souvent r\u00e9dacteur et \u00e9diteur \u00e0 la fois, a-t-il \u00e9crit, les heures de la nuit se chang\u00e8rent fr\u00e9quemment en heures d\u2019\u00e9tude et de composition, quand la revue devait para\u00eetre et que le texte ne suffisait pas. C\u2019\u00e9tait l\u2019apprentissage de l\u2019apostolat de la presse&#8230;<\/p>\n<p>En 1927, le P\u00e8re devint Visiteur, c\u2019est-\u00e0-dire Sup\u00e9rieur des missionnaires s.m.a. du Vicariat, et il conserva cette charge jusqu\u2019en 1932. \u00c0 partir de 1927 aussi, l\u2019\u00c9v\u00eaque l\u2019associa de plus pr\u00e8s \u00e0 la direction de la Mission en le nommant Vicaire D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 et Mgr Porter, successeur de Mgr Hauger, le maintint dans la m\u00eame charge. Il avait \u00e9galement, en qualit\u00e9 de Provicaire, \u00e0 prendre la direction du Vicariat lorsque le Vicaire Apostolique serait absent, ce qui se produisit trois fois : en 1930, 1933 et 1937.<\/p>\n<p>Avec cela, une nouvelle activit\u00e9 fut encore confi\u00e9e au P\u00e8re Strebler, celle de constructeur. Pour commencer, il devint ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre dans la construction de la cath\u00e9drale. Car d\u00e8s son arriv\u00e9e, Mgr Hauger avait d\u00e9cid\u00e9 que Cape-Coast aurait sa cath\u00e9drale. La Mission de la C\u00f4te d\u2019Or avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en Pr\u00e9fecture Apostolique en 1879 et en Vicariat Apostolique en 1901. La r\u00e9sidence du Chef de Mission, \u00e9tablie d\u2019abord \u00e0 Elmina, avait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 Cape-Coast, mais en 1925, la ville \u00e9piscopale n\u2019avait pas encore de cath\u00e9drale. Un m\u00eame b\u00e2timent servait d\u2019\u00e9cole et d\u2019\u00e9glise et les offices religieux \u00e9taient c\u00e9l\u00e9br\u00e9s le dimanche dans une salle de l\u2019\u00e9cole. D\u00e9j\u00e0 en 1902, Mgr Albert, Vicaire Apostolique (1901-1903), \u00e9crivait : Quelle mauvaise institution que celle de ces chapelles-\u00e9coles !&#8230; La chapelle-\u00e9cole est une \u00e9pargne que notre pauvret\u00e9 nous impose, mais que d\u2019inconv\u00e9nients !<\/p>\n<p>Il aurait voulu y rem\u00e9dier et il avait amass\u00e9 des mat\u00e9riaux pour la construction d\u2019une \u00e9glise, mais il mourut alors que ces mat\u00e9riaux \u00e9taient empil\u00e9s sous la v\u00e9randa de la mission de Cape Coast. Mgr Hummel, il est vrai, avait aussi pens\u00e9 \u00e0 cette construction. Mais il lui fut impossible de la r\u00e9aliser. Dans le Vicariat, plusieurs stations \u00e9taient fond\u00e9es et, quant \u00e0 leur organisation mat\u00e9rielle, il fallait d\u2019abord et avant toute autre construction, assurer des conditions de vie et de travail convenables aux missionnaires. Cela d\u2019ailleurs avait \u00e9t\u00e9 la ligne de conduite de Mgr Albert. Les \u00e9pid\u00e9mies de fi\u00e8vre jaune avaient caus\u00e9 de grands dommages dans le personnel missionnaire au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019\u00e9v\u00eaque devait donc de toute n\u00e9cessit\u00e9 pourvoir \u00e0 donner des maisons d\u2019habitation plus saines et mieux conditionn\u00e9e. C\u2019est pourquoi Mgr Albert avait pris comme principe : D\u2019abord loger comme il faut les missionnaires.<\/p>\n<p>Cependant, en 1925, la situation cultuelle \u00e0 Cape Coast ne pouvait se prolonger. Cape Coast \u00e9tait devenu une station tr\u00e8s importante, qui comptait plus de 3 000 catholiques. Assur\u00e9ment, le Pape Pie XI disait aux \u00c9v\u00eaques missionnaires que l\u2019heure n\u2019\u00e9tait pas d\u2019\u00e9lever des cath\u00e9drales grandioses ni de b\u00e2tir des palais somptueux. Mais il n\u2019\u00e9tait pas question ici de monuments splendides. Et on avait respect\u00e9 les directives du Pape qui veulent qu\u2019on s\u2019attache davantage \u00e0 \u00e9difier des temples spirituels de plus en plus nombreux dans les \u00e2mes que des monuments de pierre. Le moment \u00e9tait donc bien venu de b\u00e2tir enfin une \u00e9glise \u00e0 Cape-Coast. Au mois de f\u00e9vrier 1926, commenc\u00e8rent les travaux pr\u00e9paratoires, sous la direction du P\u00e8re Strebler : am\u00e9nagement du terrain, fondations, et le 31 octobre 1926, l\u2019\u00c9v\u00eaque proc\u00e9da \u00e0 la pose de la premi\u00e8re pierre du nouvel \u00e9difice. Devant un peuple nombreux, accouru de toutes parts, il pronon\u00e7a les paroles de b\u00e9n\u00e9diction : Dans la foi de J\u00e9sus-Christ, nous posons cette pierre angulaire au nom du P\u00e8re et du Fils et du Saint-Esprit, afin que dans ce lieu grandisse la vraie foi, la crainte du Seigneur et la charit\u00e9 fraternelle.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, le 18 novembre 1928, la cath\u00e9drale achev\u00e9e fut solennellement ouverte au culte. Construite en forme de croix latine, elle a 53 m de long sur 15 de large. Elle domine la ville et la mer. Retenons pour le d\u00e9tail une note de Mgr Strebler : Dans ce b\u00e2timent les portes et les fen\u00eatres, les vitraux et le fer des poutres en b\u00e9ton sont pris sur les mat\u00e9riaux de Mgr Albert. Les vitraux (4 : s. Augustin, s. Cyprien, s. Pierre Claver, s. Jean de Matha) proviennent de notre premi\u00e8re chapelle de Chamali\u00e8res. Le Sacr\u00e9-C\u0153ur du centre a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par mes parents. (note du 8.4.1973).<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie de la b\u00e9n\u00e9diction solennelle de la cath\u00e9drale couronna le premier s\u00e9jour en mission du P\u00e8re Strebler. Huit jours plus tard, il partit pour la premi\u00e8re fois en cong\u00e9 en France, o\u00f9 il arriva quelques jours avant No\u00ebl 1928. De retour \u00e0 Cape Coast le 20 ao\u00fbt 1929, il reprit imm\u00e9diatement ses activit\u00e9s missionnaires.<\/p>\n<p>En mai 1930, on c\u00e9l\u00e9bra le cinquanti\u00e8me anniversaire de l\u2019arriv\u00e9e des premiers missionnaires \u00e0 Elmina, le 18 mai 1880. C\u2019\u00e9taient les P\u00e8res Moreau et Murat. Le P\u00e8re Murat mourut deux mois et 14 jours apr\u00e8s son arriv\u00e9e. Le P\u00e8re Moreau fonda la mission d\u2019Elmina. Pour comm\u00e9morer ce 50e anniversaire de l\u2019arriv\u00e9e des missionnaires, des f\u00eates furent organis\u00e9es. Mgr Hermann, Vicaire Apostolique de la Basse-Volta, en l\u2019absence de Mgr Hauger, c\u00e9l\u00e9bra une messe pontificale le 18 mai. Le P\u00e8re Strebler, pronon\u00e7a le sermon de circonstance, invitant les fid\u00e8les \u00e0 remercier le Seigneur pour les bienfaits accord\u00e9s aux peuples de la C\u00f4te d\u2019Or pendant le demi-si\u00e8cle \u00e9coul\u00e9, et rappelant les jours h\u00e9ro\u00efques des P\u00e8res Moreau et Murat et des premiers missionnaires : ce sont 65 missionnaires qui, en 50 ans, sont morts \u00e0 la t\u00e2che, \u00e0 la fleur de l\u2019\u00e2ge, 3 \u00e9v\u00eaques, 40 pr\u00eatres et 22 religieuses.<\/p>\n<p>Ces f\u00eates du cinquantenaire, en m\u00eame temps qu\u2019une action de gr\u00e2ces \u00e0 Dieu et un hommage aux premiers missionnaires, \u00e9taient un encouragement \u00e0 poursuivre avec ardeur l\u2019\u0153uvre de ces valeureux ouvriers de l\u2019\u00e9vangile. L\u2019effort missionnaire \u00e9tait soutenu. Du temps de Mgr Hauger, de nouvelles stations r\u00e9sidentielles furent encore ouvertes et le Vicaire Apostolique fit en sorte que toutes les stations soient dot\u00e9es d\u2019\u00e9glises convenables et que disparaisse le d\u00e9plorable syst\u00e8me des chapelles-\u00e9coles. Il fit aussi b\u00e2tir de nouvelles r\u00e9sidences pour les missionnaires en plusieurs localit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans ce domaine de la construction, on avait fait encore appel au P\u00e8re Strebler. Son r\u00f4le n\u2019\u00e9tait pas termin\u00e9 avec la construction de la cath\u00e9drale de Cape-Coast. Il eut encore \u00e0 s\u2019occuper de b\u00e2tir deux \u00e9tablissements tr\u00e8s importants \u00e0 Amisano : l\u2019\u00c9cole Normale Catholique et le S\u00e9minaire (grand et petit s\u00e9minaire) de Sainte-Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9cole Normale d\u2019instituteurs (The Teacher\u2019s Training College of Amisano) fut inaugur\u00e9e officiellement par le Gouverneur de la Colonie, le 15 janvier 1930. Les b\u00e2timents scolaires furent b\u00e9nits par Mgr Hermann lors des f\u00eates du cinquantenaire d\u2019Elmina, le 20 mai 1930, et, apr\u00e8s la b\u00e9n\u00e9diction du Coll\u00e8ge eut lieu la pose de la premi\u00e8re pierre du S\u00e9minaire. Enfin, le 4 octobre 1931, le P\u00e8re Strebler, avec l\u2019autorisation de Mgr Hauger, b\u00e9nit solennellement le nouveau b\u00e2timent du S\u00e9minaire d\u2019Amisano. Lui-m\u00eame devint le Sup\u00e9rieur du S\u00e9minaire et il y \u00e9tait professeur, en m\u00eame temps qu\u2019il \u00e9tait directeur et professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole Normale.<\/p>\n<p>Mgr Hauger quitta la Gold Coast en octobre 1932. Son successeur fut Mgr Porter, ancien Pr\u00e9fet Apostolique de Kano. Le P\u00e8re Strebler resta le collaborateur du nouvel \u00c9v\u00eaque comme Provicaire et conseiller, tout en continuant de r\u00e9sider \u00e0 Amisano. En f\u00e9vrier 1932, le territoire de la C\u00f4te d\u2019Or avait \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 en deux Vicariats : le Vicariat Apostolique de la C\u00f4te d\u2019Or et le Vicariat Apostolique de Kumasi.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation du S\u00e9minaire avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e par le P\u00e8re Strebler. Le Vicariat de la C\u00f4te d\u2019Or n\u2019avait pas encore de pr\u00eatre originaire du pays. Mgr Hummel avait conf\u00e9r\u00e9 la pr\u00eatrise \u00e0 un s\u00e9minariste africain, l\u2019Abb\u00e9 Dogli, le 2 juillet 1922. Mais celui-ci \u00e9tait originaire de la Colonie allemande du Togo et lorsque fut cr\u00e9\u00e9 la Vicariat Apostolique de la Basse-Volta, en 1923, le nouveau pr\u00eatre fut affect\u00e9 \u00e0 ce Vicariat qui \u00e9tait celui de son pays d\u2019origine. Ce fut le P\u00e8re Strebler qui eut la joie de pr\u00e9parer au sacerdoce les deux premiers pr\u00eatres originaires de la C\u00f4te d\u2019Or. Il les avait connus petits enfants et leurs avait donn\u00e9 les premi\u00e8res le\u00e7ons de latin en 1924. C\u2019\u00e9taient deux fils de la grande tribu des Fantis, Georges Ansah et Francis Menyah. Ils re\u00e7urent l\u2019ordination sacerdotale des mains de Mgr Porter \u00e0 la cath\u00e9drale de Cape Coast, le 8 d\u00e9cembre 1935. La premi\u00e8re messe eut lieu le lendemain au S\u00e9minaire d\u2019Amisano. Ce 8 d\u00e9cembre 1935, a dit Mgr Strebler, a \u00e9t\u00e9 un de plus beaux jours de ma vie de missionnaire.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Strebler vint en cong\u00e9 en Europe au mois d\u2019octobre 1936 et il retourna \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Or au mois de mars 1937. Il reprit ses fonctions de Vicaire G\u00e9n\u00e9ral et, apr\u00e8s P\u00e2ques 1937, Mgr Porter \u00e9tant rentr\u00e9 malade en Angleterre, il lui revint d\u2019assumer, comme Provicaire, la direction du Vicariat.<\/p>\n<p>Or le 18 mai 1937, \u00e9tait \u00e9rig\u00e9e au Togo la Pr\u00e9fecture Apostolique de Sokod\u00e9 et, le 24 juillet, le P\u00e8re Strebler \u00e9tait nomm\u00e9 Pr\u00e9fet Apostolique de cette Pr\u00e9fecture. Ce n\u2019est pas sans tristesse qu\u2019il quitta la Mission de la C\u00f4te d\u2019Or qu\u2019il avait beaucoup aim\u00e9e. Mais il ne voulut pas se soustraire \u00e0 cette \u00e9preuve que l\u2019ob\u00e9issance lui demandait. Il arriva une premi\u00e8re fois dans la Pr\u00e9fecture du Togo Nord le 26 novembre 1937 et il visita toute la Pr\u00e9fecture o\u00f9 il re\u00e7ut partout le plus fraternel accueil de la part des missionnaires. Mais il dut revenir \u00e0 Cape Coast o\u00f9 Mgr Porter ne reviendrait que le 1er f\u00e9vrier 1938, et il se fixa d\u00e9finitivement \u00e0 Sokod\u00e9 le 8 f\u00e9vrier, ayant quitt\u00e9 Cape Coast le 4 f\u00e9vrier 1938.<\/p>\n<p>1937-1946 : de 1937 \u00e0 1946 Mgr Strebler fut Pr\u00e9fet Apostolique de Sokod\u00e9 et l\u2019histoire de sa vie se confond avec celle de la Pr\u00e9fecture. (cf. art. du Ralliement N\u00b0 55 et N\u00b0 56, et La Croix sous les Palmiers, f\u00e9vrier 1938). Lui-m\u00eame en 1946, en donna sommairement une vue d\u2019ensemble dans les termes suivants : J\u2019avais toujours d\u00e9sir\u00e9 \u00e9vang\u00e9liser les pauvres. Plus pauvres que les populations que Dieu m\u2019avait confi\u00e9es maintenant, on ne pouvait trouver. En C\u00f4te d\u2019Or j\u2019avais surtout \u00e9t\u00e9 moissonneur. Je r\u00e9coltais l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres avaient sem\u00e9. \u00c0 Sokod\u00e9 j\u2019allais devenir avant tout d\u00e9fricheur et semeur. Et Mgr poursuit en disant que, \u00e0 la pauvret\u00e9 s\u2019ajout\u00e8rent d\u2019autres \u00e9preuves et cela, d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, qui fut une ann\u00e9e dure : l\u2019incendie et l\u2019ouragan d\u00e9truisirent deux missions ; au mois d\u2019ao\u00fbt 1938, la mort enlevait \u00e0 la mission un grand missionnaire, le P\u00e8re Georges Krauth, qui fut victime d\u2019un accident. Mais enfin, les difficult\u00e9s, peu \u00e0 peu, furent surmont\u00e9es. L\u2019\u00e9vang\u00e9lisation fit de grands progr\u00e8s, des \u00e9coles furent ouvertes, de nouvelles stations furent fond\u00e9es, la Pr\u00e9fecture compta de nombreux cat\u00e9chistes, bien form\u00e9s, une \u00e9cole cl\u00e9ricale accueillit les jeunes gens qui pr\u00e9sentaient des signes de vocation, etc. Si bien que, en 1946, Mgr, si d\u00e9muni au d\u00e9but, se voyait maintenant arriv\u00e9 au temps des moissons.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer, citons aussi le journal Pr\u00e9sence Chr\u00e9tienne, qui \u00e9crivait en 1971 (ann\u00e9e de jubil\u00e9 de Mgr) : \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e de Mgr Strebler \u00e0 Sokod\u00e9, il n\u2019y avait que cinq pr\u00eatres, pas de religieuses, aucune \u00e9cole et seulement 772 catholiques. \u00c0 son d\u00e9part, en 1946, il y avait 3 532 catholiques, 3 529 cat\u00e9chum\u00e8nes, et 2 133 \u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles de la mission, plusieurs jeunes gens au petit s\u00e9minaire et plusieurs jeunes filles au noviciat ; deux congr\u00e9gations de religieuses \u00e9taient \u00e0 Sokod\u00e9 et \u00e0 Yad\u00e9.<\/p>\n<p>1946-1962 : Mission de Lom\u00e9. Le 3 mars 1945, Mgr Cessou, Vicaire Apostolique de Lom\u00e9, mourut. Au mois d\u2019avril, le P\u00e8re Riebstein fut nomm\u00e9 administrateur apostolique et il administra le Vicariat jusqu\u2019au 11 d\u00e9cembre 1946, date de prise en charge par Mgr Strebler, nomm\u00e9 Vicaire Apostolique le 8 novembre 1945. Le Vicariat de Lom\u00e9 fut \u00e9rig\u00e9 en Archidioc\u00e8se le 14 septembre 1955 et Mgr Strebler fut promu Archev\u00eaque. Il d\u00e9missionna de l\u2019archev\u00each\u00e9 de Lom\u00e9 le 10 juin 1961 pour passer sa houlette pastorale \u00e0 un fils du pays. Il fut alors nomm\u00e9 administrateur apostolique de Lom\u00e9, en attendant la prise de possession par son successeur, Mgr Robert Dosseh, au mois de juin 1962. Apr\u00e8s cette date, Mgr Strebler rentre en Europe. Il arrive \u00e0 Saint-Pierre le 26 juin 1962.<\/p>\n<p>Il avait pass\u00e9 41 ann\u00e9es d\u2019apostolat en Afrique, dont il a pu dire : Belles ann\u00e9es de mission, qu\u2019on ne peut \u00e9voquer sans \u00e9motion et sans une immense gratitude au Seigneur, qui a \u00e9t\u00e9 mon guide et mon protecteur de chaque instant.<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 Vicaire Apostolique de Lom\u00e9 le 8 novembre 1945, Mgr Strebler se d\u00e9cida \u00e0 rentrer en France o\u00f9 il recevrait pendant son s\u00e9jour l\u2019ordination \u00e9piscopale. Mais avant de quitter le Togo, il devrait attendre le passage du Visiteur Apostolique, le P\u00e8re Prouvost. Celui-ci arriva \u00e0 Lom\u00e9 le 1er avril 1946. Mgr l\u2019accompagna \u00e0 travers tout le Togo, depuis la mer jusqu\u2019\u00e0 Bombouaka. Puis il quitta Sokod\u00e9 le 18 avril et Lom\u00e9 le 24 avril, et arriva \u00e0 Marseille le 2 mai. L\u2019ordination \u00e9piscopale eut lieu le 29 juin \u00e0 la basilique de Marienthal. Monseigneur la re\u00e7ut des mains de Mgr Weber, \u00e9v\u00eaque de Strasbourg, assist\u00e9 de Mgr Paulissen, \u00e9v\u00eaque de Kumasi, et de Mgr Kirmann, \u00e9v\u00eaque de Sassandra. La c\u00e9r\u00e9monie fut vraiment magnifique, dit Mgr Strebler : le clerg\u00e9 d\u2019Alsace en fit une f\u00eate missionnaire de premier ordre.<\/p>\n<p>En automne, Mgr Strebler se rendit \u00e0 Rome pour la visite ad limina. Il y arriva le 24 octobre et il fut re\u00e7u, le 4 novembre, en audience priv\u00e9e par le Saint-P\u00e8re \u00e0 Castel-Gandolfo. Le 30 novembre il s\u2019embarqua \u00e0 Marseille pour Lom\u00e9 sur le S\/S. Ville d\u2019Oran.<\/p>\n<p>Le 11 d\u00e9cembre 1946, \u00e0 la lev\u00e9e du jour, le S\/S. Ville d\u2019Oran jetait l\u2019ancre devant Lom\u00e9. Une d\u00e9l\u00e9gation du clerg\u00e9 vint \u00e0 bord souhaiter la bienvenue \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque. M. le Gouverneur, qui avait envoy\u00e9 M. l\u2019Administrateur pour le saluer \u00e0 bord \u00e9galement, l\u2019attendait lui-m\u00eame au bout du wharf pour lui dire sa joie. Arriv\u00e9 \u00e0 terre, Monseigneur vit toute la chr\u00e9tient\u00e9 de Lom\u00e9 qui attendait avec le P\u00e8re Riebstein et le clerg\u00e9 du Vicariat qui avait pu venir des stations les plus proches. On se rendit en procession \u00e0 la cath\u00e9drale o\u00f9, la Bulle de nomination \u00e9tant lue et traduite en \u00e9w\u00e9 et en fran\u00e7ais, l\u2019\u00e9v\u00eaque adressa pour la premi\u00e8re fois la parole \u00e0 ses ouailles. Il leur dit son affection et le d\u00e9sir de consacrer sa vie enti\u00e8re \u00e0 leur salut et \u00e0 leur bonheur. En m\u00eame temps, il leur indiquait les grandes lignes de son programme de travail. Ce programme d\u2019action tendrait \u00e0 rechercher avant tout \u00e0 poursuivre les efforts engag\u00e9s par Mgr Cessou dans trois directions principales. Mgr Cessou, en effet, lors des f\u00eates du jubil\u00e9 d\u2019or de la Mission en 1942, avait soulign\u00e9 trois grands probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre dans l\u2019avenir imm\u00e9diat du Vicariat : Celui, disait-il, de notre jeunesse et de nos \u00e9coles, celui de nos familles chr\u00e9tiennes, celui de notre clerg\u00e9 togolais.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Lom\u00e9, Mgr Strebler, pour bien conna\u00eetre la situation r\u00e9elle du Vicariat, commen\u00e7a une premi\u00e8re tourn\u00e9e, pendant laquelle, du 16 d\u00e9cembre 1946 au 25 janvier 1947, il visita 15 stations principales, de Lom\u00e9 \u00e0 Tomegb\u00e9.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas possible de d\u00e9crire en quelques pages toute l\u2019activit\u00e9 pastorale de Mgr Strebler dans la Mission de Lom\u00e9. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019une histoire compl\u00e8te et d\u00e9taill\u00e9e de la Mission, on pourra se reporter pour l\u2019essentiel aux auteurs cit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment (M\u00fcller, Douau, Knittel) et aux articles publi\u00e9s par Mgr lui-m\u00eame dans les Revues de notre Province.<\/p>\n<p>Le Journal Pr\u00e9sence Chr\u00e9tienne, en 1971, \u00e0 l\u2019occasion des noces d\u2019or sacerdotales et du jubil\u00e9 \u00e9piscopal de Mgr Strebler, \u00e9num\u00e8re sommairement les principales r\u00e9alisations missionnaires de Monseigneur dans l\u2019Archidioc\u00e8se de Lom\u00e9. Il construisit plusieurs coll\u00e8ges, un petit s\u00e9minaire, un noviciat, de nombreuses \u00e9coles, des h\u00f4pitaux, dispensaires, une pouponni\u00e8re. Fonda une quinzaine de nouvelles stations. Fit venir de nouvelles congr\u00e9gations d\u2019hommes et de femmes. \u00c0 son arriv\u00e9e, il y avait, dans le futur Archidioc\u00e8se de Lom\u00e9, 94 839 cat\u00e9chum\u00e8nes, 40 pr\u00eatres (dont 5 Togolais), 4 Fr\u00e8res et 28 Religieuses dont 1 Togolaise. \u00c0 son d\u00e9part, il y avait plus de 203 000 baptis\u00e9s et 17 000 cat\u00e9chum\u00e8nes, 26 paroisses principales, 80 pr\u00eatres (dont 47 des Missions Africaines et 20 Togolais), 14 Fr\u00e8res, 113 Religieuses (dont 41 Togolaises) et plus de 35 000 \u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles de l\u2019Archidioc\u00e8se.<\/p>\n<p>Pour ne pas que tout soit pass\u00e9 sous silence, mentionnons rapidement quelques faits et quelques dates.<\/p>\n<p>1) La formation du clerg\u00e9 autochtone \u00e9tait une des pr\u00e9occupations majeures du programme pastoral de Mgr Strebler. En 1950, le Clerg\u00e9 togolais ne comprenait que 4 pr\u00eatres : P. Henri Kwakum\u00e9, ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 23 septembre 1928, P. Andr\u00e9 Anat\u00e9, ordonn\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 1931, P. G\u00e9rard Fini, ordonn\u00e9 le 24 mars 1934 et le P. Jean Gbikpi, ordonn\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 1942. Il n\u2019y avait pas eu d\u2019autres ordinations, sauf celle du P. Georges Kpodar, qui fut ordonn\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 1931, mais qui \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 20 ao\u00fbt 1949. Mgr Strebler avait rendu hommage \u00e0 ce pr\u00eatre, excellent pasteur d\u2019\u00e2mes, tr\u00e8s surnaturel&#8230; qui a passionn\u00e9ment aim\u00e9 les \u00e2mes et s\u2019est d\u00e9pens\u00e9 sans compter pour la cause de son peuple&#8230; qui a donn\u00e9 l\u2019exemple d\u2019une vie sacerdotale toute faite de d\u00e9vouement, de patience et de bont\u00e9, vou\u00e9e enti\u00e8rement \u00e0 Dieu et aux \u00e2mes. \u00c0 la louange du d\u00e9funt, Mgr citait encore la magnifique \u00e9cole \u00e0 six classes de No\u00e9p\u00e9, la plus belle de tout le Vicariat, solennellement b\u00e9nite le 1er janvier 1949, et une traduction en Mina du nouveau Testament.<\/p>\n<p>En 1950, Mgr Strebler eut la joie d\u2019annoncer l\u2019ordination du 6e pr\u00eatre du Togo : dans une lettre pastorale \u00e0 son clerg\u00e9 et au Vicariat, le 8-12-1950, il annon\u00e7ait l\u2019ordination sacerdotale de l\u2019Abb\u00e9 Bernard Ogouki Atakpa. Elle devait avoir lieu le 14 janvier 1951 dans l\u2019\u00e9glise d\u2019Amoutiv\u00e9. Chr\u00e9tiens togolais, \u00e9crivait l\u2019\u00e9v\u00eaque, venez nombreux saluer votre nouveau pr\u00eatre et recevoir sa premi\u00e8re b\u00e9n\u00e9diction. Venez vous r\u00e9jouir avec les heureux parents de l\u2019ordinand. Venez encourager ceux de nos enfants qui, au nombre de 70, se pr\u00e9parent actuellement au sacerdoce, au grand et au petit s\u00e9minaire de Ouidah. Ils incarnent le plus magnifique espoir de notre \u00e9glise de demain.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais le nombre des pr\u00eatres togolais allait aller en augmentant. Les grands s\u00e9minaristes \u00e9taient confi\u00e9s au S\u00e9minaire Saint-Gall de Ouidah. C\u2019est \u00e9galement Ouidah qui recevait les petits s\u00e9minaristes. Mais pour ceux-ci, il y avait des inconv\u00e9nients \u00e0 les envoyer hors de leur pays, et, avec le temps, le nombre des candidats augmentant, il devint difficile de grouper au m\u00eame lieu les candidats des deux territoires, Togo et Dahomey. C\u2019est pourquoi Monseigneur ouvrit son propre petit s\u00e9minaire en octobre 1955. C\u2019\u00e9tait le petit s\u00e9minaire Saint-Pierre-Claver. Provisoi\u00acrement et pour les premi\u00e8res classes seulement, ce s\u00e9minaire fonctionna \u00e0 Togoville. Le petit s\u00e9minaire Saint-Pierre-Claver d\u00e9finitif fut construit \u00e0 Lom\u00e9-Tokoin : la premi\u00e8re pierre en fut b\u00e9nite et fix\u00e9e le 9 septembre 1956. Les b\u00e2timents essentiels \u00e9taient termin\u00e9s pour la rentr\u00e9e de 1957.<\/p>\n<p>Au 1er octobre 1956, les effectifs des s\u00e9minaristes \u00e9taient les suivants : 12 th\u00e9ologiens, 4 \u00e9l\u00e8ves de philosophie, 52 petits s\u00e9minaristes \u00e0 Togoville et 37 petits s\u00e9minaristes \u00e0 Ouidah.<\/p>\n<p>2) Une heureuse r\u00e9alisation fut, en 1948, l\u2019ouverture du Coll\u00e8ge Saint-Joseph \u00e0 Lom\u00e9. La premi\u00e8re pierre pour les b\u00e2timents du Coll\u00e8ge fut pos\u00e9e le 12 septembre 1948. Mgr Strebler fit un sermon qui commen\u00e7ait ainsi : En ce jour, qui figurera en lettres d\u2019or dans les annales de notre mission \u00e0 cause de la b\u00e9n\u00e9diction et de la pose de la premi\u00e8re pierre de notre futur Coll\u00e8ge, laissez-moi vous exposer bri\u00e8vement pourquoi vous devez aimer et soutenir l\u2019\u00e9cole chr\u00e9tienne et assurer \u00e0 vos enfants une \u00e9ducation selon les principes de notre sainte foi&#8230;<\/p>\n<p>La rentr\u00e9e de 1948 s\u2019effectua le 4 novembre dans des locaux provisoires, ce qui fut fait encore en 1949 le 6 octobre. Le Coll\u00e8ge Saint-Joseph de Lom\u00e9 occupa ses locaux d\u00e9finitifs \u00e0 partir du 1er janvier 1950. L\u2019inauguration solennelle eut lieu le dimanche 22 octobre 1950, en pr\u00e9sence des hautes personnalit\u00e9s de Lom\u00e9 et des nombreux amis de la mission catholique.<\/p>\n<p>3) S\u0153urs de No\u00e9p\u00e9. La congr\u00e9gation des Petites Servantes Togolaises des Saints-C\u0153urs de J\u00e9sus et de Marie fut fond\u00e9e par Mgr Strebler le 15 ao\u00fbt 1952. La S. C. de la Propagande approuva les Constitutions le 13 avril 1953. La Maison-M\u00e8re et le noviciat se trouvent \u00e0 No\u00e9p\u00e9. La premi\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie de v\u00eature (six novices) a eu lieu au noviciat de No\u00e9p\u00e9 le 22 ao\u00fbt 1955. En 1960, il y avait 17 professes togolaises et autant de novices et postulantes. La Congr\u00e9gation se donne \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des filles dans les \u00e9coles primaires, au soin des malades, \u00e0 l\u2019enseignement du cat\u00e9chisme&#8230;<\/p>\n<p>4) En 1950, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Ann\u00e9e Sainte, fut organis\u00e9 un P\u00e8lerinage Africain \u00e0 Rome. Le Vicariat de Lom\u00e9 y envoya 18 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s. Ils revinrent pleins d\u2019enthousiasme, heureux d\u2019avoir vu le Saint-P\u00e8re, \u00e9merveill\u00e9s par sa paternelle bont\u00e9 et son rayonnement universel&#8230; Aux mois d\u2019ao\u00fbt et septembre 1954, Mgr Strebler lui-m\u00eame conduisit \u00e0 Rome et \u00e0 Lourdes des P\u00e8lerins Africains du Togo, du Dahomey et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Les P\u00e8lerins dans ce p\u00e8lerinage t\u00e9moign\u00e8rent, eux aussi, dignement de la foi profonde des jeunes \u00c9glises, et par leur pi\u00e9t\u00e9 et leur bonne tenue ils \u00e9difi\u00e8rent grandement ceux qui les virent.<\/p>\n<p>5) Ind\u00e9pendance du Togo. En novembre 1958, l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019O.N.U. d\u00e9cida, en accord avec la France et \u00e0 la demande de la Chambre des D\u00e9put\u00e9s du Togo, que cesse l\u2019accord de tutelle du 13 d\u00e9cembre 1946, qui confiait \u00e0 la France la tutelle du Togo Fran\u00e7ais et que l\u2019ind\u00e9pendance du Togo soit proclam\u00e9e en 1960. Cette R\u00e9solution \u00e9tant vot\u00e9e, la Chambre des D\u00e9put\u00e9s du Togo a fix\u00e9 au 27 avril 1960 la proclamation de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise du Togo participa aux festivit\u00e9s organis\u00e9es pour la proclamation de l\u2019ind\u00e9pendance. Dans sa pri\u00e8re elle confia au Seigneur l\u2019avenir de la nouvelle R\u00e9publique. Les f\u00eates commenc\u00e8rent au stade municipal de Lom\u00e9, par une messe pontificale c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par Mgr Maury, D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Apostolique, en pr\u00e9sence de tous les Membres du Gouvernement et d\u2019une foule nombreuse. Une procession \u00e9tait partie des diverses paroisses de Lom\u00e9, au chant de l\u2019Ave Maria de Lourdes et du cantique Chez nous soyez Reine traduit en Ew\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de la messe, Mgr Maury donna lecture d\u2019un message de Jean XXIII au peuple togolais. Ce message, dat\u00e9 du 13 avril 1960, commen\u00e7ait ainsi : \u00c0 la veille de la proclamation solennelle de l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique du Togo, nous avons accueilli avec bienveillance la demande que nous faisaient le Clerg\u00e9 et les Fid\u00e8les Togolais, par l\u2019interm\u00e9diaire de notre V\u00e9n\u00e9r\u00e9 et cher Fr\u00e8re Mgr Joseph Strebler, Archev\u00eaque de Lom\u00e9, et c\u2019est tr\u00e8s volontiers que nous vous adressons ce message de f\u00e9licitations et d\u2019encouragement&#8230;<\/p>\n<p>Le 26 avril 1960, Mgr Strebler consacra le Togo \u00e0 la Sainte Vierge, au cours d\u2019une messe pontificale c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par Mgr John Aggey \u00e0 l\u2019\u00e9glise d\u2019Amoutiv\u00e9.<\/p>\n<p>6) Hi\u00e9rarchie eccl\u00e9siastique. La hi\u00e9rarchie eccl\u00e9siastique fut \u00e9tablie en Afrique francophone le 14 septembre 1955. Le Togo fut \u00e9rig\u00e9 en Province eccl\u00e9siastique. Lom\u00e9 devint Archev\u00each\u00e9 et son titulaire devint Archev\u00eaque. Mgr Strebler fut ainsi le premier Archev\u00eaque de Lom\u00e9. Le Cardinal Tisserand vint \u00e0 Lom\u00e9 pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019intronisation de l\u2019Archev\u00eaque le 24 f\u00e9vrier 1956.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, apr\u00e8s avoir africanis\u00e9 peu \u00e0 peu son dioc\u00e8se, Mgr Strebler pensa que le moment \u00e9tait venu de passer sa houlette pastorale \u00e0 un fils du pays. Le 10 juin 1961, il offrit sa d\u00e9mission au Saint-P\u00e8re Jean XXIII. La d\u00e9mission fut accept\u00e9e le 24 juillet et Monseigneur fut nomm\u00e9 Administrateur Apostolique de l\u2019Archidioc\u00e8se jusqu\u2019\u00e0 la prise de possession par son successeur. Celui-ci, Mgr Dosseh-Anyron, fut nomm\u00e9 le 4 avril 1962 et re\u00e7ut l\u2019ordination \u00e9piscopale le 10 juin 1962. On pourra lire le r\u00e9cit de ces \u00e9v\u00e9nements dans une brochure du P\u00e8re Cadel : L\u2019Archev\u00eaque Europ\u00e9en de Lom\u00e9 c\u00e8de sa place \u00e0 un Archev\u00eaque Africain.<\/p>\n<p>Mgr Strebler quitta le Togo le 23 juin 1962. Le soir du 23 juin, a-t-il dit, alors que je prenais l\u2019avion pour Paris, le c\u0153ur un peu serr\u00e9, la fanfare de Lom\u00e9 jouait : Ce n\u2019est qu\u2019un au revoir ! J\u2019ajoutais dans mon for int\u00e9rieur : Oui, un au revoir au ciel.<\/p>\n<p>1962-1984 : Saint-Pierre. Mgr Strebler arriva \u00e0 Saint-Pierre le 26 juin. Durant l\u2019hiver 1962-1963, il s\u00e9journa \u00e0 la Maison G\u00e9n\u00e9ralice \u00e0 Rome. Il se retira d\u00e9finitivement \u00e0 Saint-Pierre le 6 d\u00e9cembre 1963. Il participa aux sessions du Concile Vatican II, 1962-1965. Ce fut, dit-il, une des plus grandes gr\u00e2ces de ma vie. En Alsace, pendant plusieurs ann\u00e9es, il prit part aux tourn\u00e9es annuelles de confirmation dans les paroisses, \u00e0 travers tout le pays, depuis Wissembourg jusqu\u2019\u00e0 Altkirch. Dans la solitude de Saint-Pierre, il fit beaucoup de recherches historiques, surtout sur les Missions. \u00c0 Saint-Pierre, note le P\u00e8re Douau, il a r\u00e9uni tous les documents n\u00e9cessaires pour la composition non seulement de l\u2019histoire du Togo, mais aussi du Ghana. (cf. Ralliement 2\/1984 : une retraite laborieuse).<\/p>\n<p>Mgr Strebler est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre le 12 mars 1984. Les fun\u00e9railles furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es le 17 mars dans la cath\u00e9drale de Strasbourg et furent pr\u00e9sid\u00e9es par le Cardinal Gantin. L\u2019inhumation eut lieu au cimeti\u00e8re des P\u00e8res et Fr\u00e8res des Missions Africaines, \u00e0 Saint-Pierre. (cf. Ralliement 2\/1984, p. 11-18). Il n\u2019\u00e9tait pas question dans ces pages de composer un \u00e9loge de Mgr Strebler. On n\u2019a m\u00eame rien dit de ses qualit\u00e9s humaines et de ses vertus surnaturelles. Mais avant de le quitter, et pour honorer aussi les souvenirs de ceux qui l\u2019ont connu, il faut du moins souligner qu\u2019il fut un homme de haute sagesse, pleinement z\u00e9l\u00e9 pour travailler au r\u00e8gne de Dieu, et portant dans son c\u0153ur, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous, les sentiments d\u2019une grande bont\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 12 septembre 1892 \u00e0 Mertzwillerdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 29 novembre 1914pr\u00eatre le 10 juillet&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1046,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1047","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1047","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1047"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1047\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1046"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1047"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1047"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1047"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}