{"id":108,"date":"2014-11-25T10:59:33","date_gmt":"2014-11-25T10:59:33","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=108"},"modified":"2014-11-25T10:59:33","modified_gmt":"2014-11-25T10:59:33","slug":"le-pere-jean-evrard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=108","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Jean EVRARD"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1038px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-107\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/evrard.jpg\" alt=\"evrard\" width=\"114\" height=\"142\" \/>&nbsp;<\/td>\n<td>&nbsp;<strong>Le P&egrave;re Jean EVRARD<\/strong><br \/>n&eacute; le 23 d&eacute;cembre 1927 &agrave; Graide (Belgique)<br \/>dans le dioc&egrave;se de Namur<br \/>membre de la SMA le 27 octobre 1947<br \/>pr&ecirc;tre le 12 f&eacute;vrier 1951<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 12 d&eacute;cembre 2009<\/td>\n<td>&nbsp;1951 &#8211; 1952 Louvain, &eacute;tudiant<\/p>\n<p>1952 &#8211; 1956 Kisanji (Kikwit)<br \/>1956 &#8211; 1957 Graide, recyclage<br \/>1957 &#8211; 1972 Kisanji puis Kahemba (Kikwit)<br \/>1972 &#8211; 1973 Paris, recyclage<br \/>1973 &#8211; 1975 Kahemba, Kimbongo,<br \/>et Kimbulu (Kikwit)<br \/>Kambangu (Popokabaka)<br \/>1975 &#8211; 1977 Ciney (Namur), professeur<br \/>1977 &#8211; 2006 Bruxelles, aum&ocirc;nier, puis procureur<br \/>2006 &#8211; 2009 Libramont, retraite<\/p>\n<p>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; Libramont (Belgique), le 12 d&eacute;cembre 2009<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 81 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le p&egrave;re Jean EVRARD (1927 &#8211; 2009)<\/p>\n<p>Jean Evrard na&icirc;t le 23 d&eacute;cembre 1927, dans une famille de cultivateurs, &agrave; Graide, commune rattach&eacute;e aujourd&rsquo;hui &agrave; Bi&egrave;vre. On est l&agrave; en pleine Wallonie, dans le dioc&egrave;se de Namur, &agrave; une vingtaine de kilom&egrave;tres de Chanly, d&rsquo;Ave, de Givet, autant de noms qui vont &eacute;voquer bien des souvenirs chez les anciens. Huit enfants verront le jour dans cette famille d&rsquo;agriculteurs profond&eacute;ment chr&eacute;tiens, mais deux d&rsquo;entre eux mourront en bas &acirc;ge. Jean est le troisi&egrave;me enfant et le second gar&ccedil;on de la famille.<\/p>\n<p>C&rsquo;est avec une grande joie que ses parents accueillent son souhait de devenir pr&ecirc;tre missionnaire. Aussi, d&egrave;s la fin de son &eacute;cole primaire, il est envoy&eacute; &agrave; Ave et Auffe pour ses &eacute;tudes secondaires. Il y reste 7 ans, et c&rsquo;est avec regret qu&rsquo;il signale lui-m&ecirc;me que \u00ab\u00a0le petit s&eacute;minaire ne d&eacute;livrant pas de dipl&ocirc;me &agrave; cette &eacute;poque\u00a0\u00bb, il quitte la maison sans grade acad&eacute;mique reconnu. En 1945, il rejoint Chanly, &agrave; quelques kilom&egrave;tres de l&agrave;, pour y faire les deux ann&eacute;es de noviciat. Puis, c&rsquo;est le d&eacute;part pour Lyon, pour le grand s&eacute;minaire des Missions Africaines o&ugrave;, apr&egrave;s 4 ans de th&eacute;ologie, il est ordonn&eacute; pr&ecirc;tre en f&eacute;vrier 1951. Au cours de toutes ces ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes, pendant les vacances d&rsquo;&eacute;t&eacute;, il aimait organiser, pour les jeunes du village, des activit&eacute;s de jour et de nuit, et cela l&rsquo;amusait beaucoup. Certains s&rsquo;en souviennent encore.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s une ann&eacute;e pass&eacute;e &agrave; Louvain o&ugrave; il &eacute;tudie la m&eacute;decine coloniale et suit, comme &eacute;l&egrave;ve libre, des cours de p&eacute;dagogie, il est nomm&eacute; au Congo, en 1952, o&ugrave; il va rester jusqu&rsquo;en 1975. Il va consacrer une grande partie de sa vie &agrave; l&rsquo;enseignement et se fera remarquer par ses talents de p&eacute;dagogue, en particulier dans le dioc&egrave;se de Kikwit, &agrave; Kisanji puis Kahemba. A Kisanji, il est nomm&eacute; en 1958 directeur de l&rsquo;&eacute;cole d&rsquo;apprentissage p&eacute;dagogique des futurs instituteurs, apr&egrave;s avoir obtenu un dipl&ocirc;me de sp&eacute;cialisation p&eacute;dagogique &agrave; L&eacute;opoldville en 1958. Il y reste quatre ans et les t&eacute;moignages sont unanimes pour appr&eacute;cier la qualit&eacute; de la formation de ces ma&icirc;tres, tant sur le plan p&eacute;dagogique que sur les plans humain et chr&eacute;tien. Cela ne l&#8217;emp&ecirc;chait pas d&rsquo;aller visiter les communaut&eacute;s chr&eacute;tiennes dans les villages d&rsquo;alentour.<\/p>\n<p>De 1962 &agrave; 1964, il est directeur de l&rsquo;&eacute;cole secondaire de Kisanji. C&rsquo;est &agrave; ce moment-l&agrave; qu&rsquo;&eacute;clate la terrible r&eacute;bellion de Pierre Mulele dont fut victime, apr&egrave;s tant d&rsquo;autres, la mission de Kisanji. Cette belle mission fut compl&egrave;tement d&eacute;truite et mise &agrave; sac. Les p&egrave;res et les s&oelig;urs de la mission ont pass&eacute; une semaine terrifiante, avec menaces de mort et humiliations de toutes sortes, pour &ecirc;tre enfin lib&eacute;r&eacute;s par les h&eacute;licopt&egrave;res de l&rsquo;ONU en janvier 1964. C&rsquo;est un officier su&eacute;dois qui vient audacieusement les r&eacute;cup&eacute;rer et les soustraire ainsi aux insurg&eacute;s, parmi lesquels le p&egrave;re avait reconnu plusieurs de ses anciens &eacute;l&egrave;ves. Jean et ses confr&egrave;res ont &eacute;t&eacute; fortement traumatis&eacute;s par ces bien p&eacute;nibles &eacute;v&eacute;nements. Ses proches n&rsquo;ont pas oubli&eacute; l&rsquo;&eacute;tat dans lequel il rentra au pays, mais ils affirment que personne ne put jamais entendre la moindre critique, ni le moindre reproche, sur ce qui venait de se passer.<\/p>\n<p>Avant la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 1964, il repart au Congo et est nomm&eacute; directeur de l&rsquo;&eacute;cole secondaire de Shamusenga. L&agrave;, comme &agrave; Kisanji, il se fait remarquer par la rigueur et le s&eacute;rieux avec lesquels il pr&eacute;parait ses cours et par l&rsquo;attention qu&rsquo;il portait &agrave; chacun de ses &eacute;l&egrave;ves. Nombreux sont les Congolais qui lui doivent la r&eacute;ussite de leur vie. Une ann&eacute;e de recyclage &agrave; Paris en 1972-1973 lui permet de couper avec l&rsquo;enseignement secondaire pour se consacrer uniquement &agrave; la formation des cat&eacute;chistes. Mais, au bout de deux ans, en 1975, des probl&egrave;mes de sant&eacute; vont l&rsquo;obliger &agrave; rentrer en Belgique, et jusqu&rsquo;en 1977, il va encore enseigner et assurer l&rsquo;aum&ocirc;nerie &agrave; Ciney, chez les Fr&egrave;res des &eacute;coles chr&eacute;tiennes. Mais, cette soif d&rsquo;apprendre et de s&rsquo;instruire, cette qualit&eacute; qu&rsquo;il aimait et admirait le plus chez ses &eacute;l&egrave;ves congolais, les futurs ma&icirc;tres ou les futurs cat&eacute;chistes, il ne la retrouvera pas en Belgique.<\/p>\n<p>En 1977, il s&rsquo;installe &agrave; Bruxelles. Il est d&rsquo;abord aum&ocirc;nier des Africains dont il est tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;, mais il s&rsquo;est bien vite rendu compte qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas l&agrave; d&rsquo;un travail de tout repos. Il accepte alors de prendre la responsabilit&eacute; de la procure sma de Bruxelles. Il appr&eacute;cie qu&rsquo;on lui fasse remarquer qu&rsquo;il prend sa mission tr&egrave;s au s&eacute;rieux et il milite pour qu&rsquo;on ne confie pas l&rsquo;argent des missions &agrave; \u00ab\u00a0des banques qui soutiennent l&rsquo;armement et la bombe &agrave; neutrons\u00a0\u00bb. Les confr&egrave;res ont toujours admir&eacute; sa disponibilit&eacute;. C&rsquo;est sa sant&eacute; qui l&rsquo;oblige &agrave; passer la main : \u00ab\u00a0Dans ma jeunesse, j&rsquo;&eacute;tais asthmatique. Je n&rsquo;ai pas eu de crise pendant 50 ans. H&eacute;las, &ccedil;a vient de recommencer, ce qui n&rsquo;arrange rien.\u00a0\u00bb (07\/11\/1996) Quelques mois plus tard, il se plaindra d&rsquo;insomnies, de douleurs lombaires, difficult&eacute; de marcher, vision trouble&hellip; Au moment o&ugrave; il est remplac&eacute;, en 1998, le Conseil provincial lui &eacute;crira : \u00ab\u00a0Que de d&eacute;marches en tout genre durant ces 17 ann&eacute;es ! Certaines d&rsquo;entre elles ont mis ta patience &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve. Tu as fait de la procure une maison accueillante, ouverte &agrave; chacun. Merci Jean pour le travail accompli au service de la Province et des confr&egrave;res, et pour le travail missionnaire effectu&eacute; aupr&egrave;s des bienfaiteurs et amis de la SMA.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il continue cependant de r&eacute;sider &agrave; la procure de Bruxelles pendant quelques ann&eacute;es encore, jusqu&rsquo;en 2006, ann&eacute;e o&ugrave; il rejoint la maison de retraite de Libramont juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;h&ocirc;pital, la r&eacute;sidence du Bois de Bernih&eacute;. Tant qu&rsquo;il le pourra, il rendra tous les services dont il &eacute;tait capable \u00ab\u00a0intervenant tant&ocirc;t comme aum&ocirc;nier, tant&ocirc;t comme animateur religieux, insufflant aux r&eacute;sidents du home un sens de l&rsquo;accueil et de la solidarit&eacute;, dans une ambiance d&eacute;contract&eacute;e et bon enfant dont il avait le secret.\u00a0\u00bb (d&rsquo;une de ses ni&egrave;ces au cours des obs&egrave;ques) Chaque dimanche, il c&eacute;l&eacute;brait la messe dans la chapelle de l&rsquo;h&ocirc;pital voisin. Il ne pouvait plus lire, mais il connaissait les pri&egrave;res par c&oelig;ur. 15 jours avant sa mort, il a pu encore c&eacute;l&eacute;brer l&rsquo;eucharistie. Il est mort tr&egrave;s paisiblement, tout &agrave; fait conscient de ce qu&rsquo;il l&rsquo;attendait et avec une grande foi. La messe d&rsquo;enterrement a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute;e dans son village natal devant une assistance nombreuse et priante. Il est enterr&eacute; dans le cimeti&egrave;re de Graide, l&agrave; o&ugrave; reposent ses parents.<\/p>\n<p>Pour terminer, voici encore quelques lignes du t&eacute;moignage de l&rsquo;une de ses ni&egrave;ces d&eacute;j&agrave; cit&eacute;e plus haut : \u00ab\u00a0Oncle Jean &eacute;tait comme ses fr&egrave;res et s&oelig;urs un grand gar&ccedil;on sans histoire, n&eacute;anmoins remarqu&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t par ses deux instituteurs, les ma&icirc;tres L&eacute;onet et Collard, comme &eacute;tant farceur, talent qu&rsquo;il a su garder en devenant un prestidigitateur appr&eacute;ci&eacute;. Encore aujourd&rsquo;hui, on raconte en famille quelques faits d&rsquo;armes bien &agrave; lui : l&rsquo;&eacute;change du beau crayon rouge et bleu contre le vieux clou de Bernard le filou. [&hellip;] Nous ses neveux et ni&egrave;ces avons toujours &eacute;t&eacute; marqu&eacute;s par la richesse de sa personnalit&eacute; et la multiplicit&eacute; de ses talents, lui qui fut tour &agrave; tour prestidigitateur, boursicoteur, graphologue, comp&eacute;tences qui en a &eacute;tonn&eacute; plusieurs. Plus r&eacute;cemment, il a su go&ucirc;ter aux joies de l&rsquo;Internet et des communications par mails, ce qui ne l&#8217;emp&ecirc;chait pas de rendre visite &agrave; l&rsquo;un et &agrave; l&rsquo;autre, pour d&eacute;guster le fameux jambon des Ardennes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>P&egrave;re Bernard Favier, sma<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon &nbsp; &nbsp;Le P&egrave;re Jean EVRARDn&eacute; le 23 d&eacute;cembre 1927 &agrave; Graide (Belgique)dans le dioc&egrave;se de Namurmembre de la SMA le 27&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":107,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-108","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=108"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/108\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}