{"id":1328,"date":"2015-03-05T08:48:30","date_gmt":"2015-03-05T08:48:30","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1328"},"modified":"2015-03-05T08:48:30","modified_gmt":"2015-03-05T08:48:30","slug":"le-frere-xavier-welterlin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1328","title":{"rendered":"Le Fr\u00e8re Xavier WELTERLIN"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1029px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1327\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/WELTERLIN_Xavier.jpg\" alt=\"WELTERLIN Xavier\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 29 mars 1890 \u00e0 Zellenberg<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 5 f\u00e9vrier 1928<br \/>serment permanent le 6 f\u00e9vrier 1934<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 7 avril 1976<\/td>\n<td>\n<p>1928-1930 Vigneulles, puis Haguenau, ferme<br \/>1930-1935 Saint-Pierre<br \/>1935-1939 Haguenau, propagandiste<br \/>1939-1959 Saint-Pierre, qu\u00eateur et propagandiste<br \/>1959-1967 Haguenau<br \/>1967-1976 Saint-Pierre<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Colmar, France, le 7 avril 1976,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 86 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le fr\u00e8re Xavier WELTERLIN (1890 &#8211; 1976)<\/p>\n<p>Xavier Welterlin est n\u00e9 \u00e0 Zellenberg, dans le Haut-Rhin, le 29 mars 1890. Ses parents \u00e9taient vignerons. Ils eurent six enfants. Xavier fut \u00e9l\u00e8ve dans une \u00c9cole Professionnelle \u00e0 Colmar, mais, \u00e9tant l\u2019a\u00een\u00e9 des enfants, il dut bient\u00f4t abandonner les \u00e9tudes pour travailler \u00e0 l\u2019exploitation du domaine familial. Il aima le labeur du vigneron et, soucieux de progr\u00e8s, introduisit m\u00eame dans la culture de la vigne des am\u00e9liorations qui s\u2019impos\u00e8rent dans la r\u00e9gion. Le 9 ao\u00fbt 1914, au d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il fut mobilis\u00e9 et, apr\u00e8s quatre mois d\u2019instruction militaire \u00e0 Lahr-Diglingen, fut envoy\u00e9 au front de Belgique, aux environs d\u2019Ypres. Il resta peu de temps dans la zone des combats. \u00c9tant tomb\u00e9 malade, il fut ramen\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et, nomm\u00e9 Unteroffizier, fut charg\u00e9 d\u2019instruire les jeunes recrues. Au moment de l\u2019armistice, en 1918, il \u00e9tait \u00e0 Neuf-Brisach.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, il reprit au village son m\u00e9tier de vigneron. Participant aux activit\u00e9s de la commune, il fut, de 1920 \u00e0 1925, conseiller municipal. Cependant il songeait \u00e0 donner \u00e0 sa vie une autre orientation. Bien avant la guerre d\u00e9j\u00e0, il avait envisag\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019un changement. C\u2019\u00e9tait en 1911. De cette ann\u00e9e-l\u00e0, bien plus tard, \u00e0 80 ans et plus, il parlait encore avec ferveur : il n\u2019avait pas connu de toute sa vie un \u00e9t\u00e9 plus chaud que celui de 1911 et, depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, il n\u2019avait pas r\u00e9colt\u00e9 de meilleur vin que celui de l\u2019ann\u00e9e 1911. Mais cette ann\u00e9e fut aussi celle o\u00f9 lui-m\u00eame d\u00e9cida de devenir trappiste. Sans rien dire chez lui, laissant seulement une lettre pour expliquer sa r\u00e9solution, il quitta un jour la maison paternelle et se rendit \u00e0 la Trappe d\u2019\u0152lenberg. Le P\u00e8re Abb\u00e9 lui d\u00e9conseilla de poursuivre son projet : sa faible sant\u00e9 ne lui permettrait pas de supporter la rude vie des moines.<\/p>\n<p>Il retourna donc au foyer paternel. Mais la pens\u00e9e de la vie religieuse ne l\u2019avait pas quitt\u00e9. Il prenait des renseignements aupr\u00e8s de divers Instituts. Au cours des ann\u00e9es 1920, il arriva que le P\u00e8re Sitzmann, dont une s\u0153ur \u00e9tait religieuse \u00e0 Zellenberg, rendit visite \u00e0 la famille Welterlin. Par lui, Xavier eut connaissance des Missions Africaines. Et c\u2019est finalement aux Missions Africaines qu\u2019il r\u00e9solut d\u2019entrer en qualit\u00e9 de Fr\u00e8re Coadjuteur. Le 11 novembre 1925, \u00e2g\u00e9 de 35 ans, il quitta \u00e0 pied son cher village, rejoignit la gare de Ribeauvill\u00e9 pour y prendre le train, passa \u00e0 Saint-Pierre et de l\u00e0 se rendit \u00e0 Vigneulles pour y commencer son noviciat. Le 5 f\u00e9vrier 1928, il fit son premier serment.<\/p>\n<p>Les deux ann\u00e9es qui suivirent, il fut employ\u00e9 aux champs et aux jardins, pour le service de la maison de Vigneulles en 1928-1929, puis de la maison de Haguenau, en 1929-1930. En f\u00e9vrier 1930, il vint \u00e0 Saint-Pierre, comme surveillant des jeunes \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole apostolique. Enfin, \u00e0 partir de novembre 1931, il fut affect\u00e9 \u00e0 ce qui sera l\u2019activit\u00e9 principale de sa vie : la propagande pour notre revue missionnaire. Durant une p\u00e9riode de presque 30 ans, il exer\u00e7a son emploi de propagandiste, ayant comme point d\u2019attache Saint-Pierre de 1930 \u00e0 1935, la maison de Haguenau de 1935 \u00e0 1939, de nouveau Saint-Pierre de 1939 \u00e0 1959.<\/p>\n<p>Depuis 1923, notre petite revue, le Missions Gl\u00f6cklein, \u00e9tait \u00e9dit\u00e9 pour faire conna\u00eetre dans les foyers chr\u00e9tiens les travaux des ouvriers de l\u2019\u00c9vangile sur les lointaines terres de l\u2019Afrique. Partout en Alsace et en Lorraine, elle voulait entretenir l\u2019id\u00e9e missionnaire et l\u2019amour des missions. Pour assurer \u00e0 la revue la r\u00e9ussite de ses objectifs, il s\u2019agissait de la r\u00e9pandre, de chercher de nouveaux abonn\u00e9s, de lui amener des z\u00e9lateurs et des z\u00e9latrices. Le Fr\u00e8re Xavier y r\u00e9ussit parfaitement, aux prix de beaucoup de fatigues. \u00c0 pied d\u2019abord, puis \u00e0 bicyclette, enfin \u00e0 motocyclette, il parcourut en tout sens le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, pour int\u00e9resser les gens \u00e0 nos \u0153uvres missionnaires. Il n\u2019\u00e9pargnait ni sacrifices ni peines, passait par tous les temps, par le vent et par la pluie. Son activit\u00e9 eut du succ\u00e8s. Bient\u00f4t on le conna\u00eet partout, on l\u2019appr\u00e9cie et on l\u2019aime. Simple et modeste, affable et bienveillant, toujours souriant, sans exigence et ami de la pauvret\u00e9, il est re\u00e7u avec plaisir chez les gens. Tel fut le Fr\u00e8re Xavier dans ses tourn\u00e9es de propagande, n\u2019ayant en vue que Dieu, la sainte \u00c9glise, l\u2019\u0153uvre des missions.<\/p>\n<p>La Seconde Guerre mondiale vint g\u00eaner son activit\u00e9. En septembre 1939, apr\u00e8s un voyage en Suisse, il se trouvait aux environs de Vesoul o\u00f9 il avait voulu rendre visite \u00e0 une famille de sa parent\u00e9. Malheureusement, il eut un accident de bicyclette, se blessa \u00e0 la jambe. Les soins n\u00e9cessaires le retard\u00e8rent et, quand il voulut retourner en Alsace, parvenu dans le Territoire de Belfort, on lui refusa le passage parce qu\u2019il n\u2019avait pas le sauf-conduit prescrit. Ne sachant d\u2019abord que faire, ayant ensuite rencontr\u00e9 par hasard une famille de r\u00e9fugi\u00e9s alsaciens qui \u00e9taient en route vers Bordeaux, il se d\u00e9cida \u00e0 les accompagner et \u00e0 descendre lui aussi vers le sud. Apr\u00e8s bien des d\u00e9tours, il arriva \u00e0 la maison des Missions Africaines de Baudonne dans les Landes.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conome de la maison aurait volontiers gard\u00e9 le cher Fr\u00e8re, qui pouvait rendre de grands services au jardin et dans les champs et qu\u2019il qualifia d\u2019excellent religieux, qui \u00e9difie la communaut\u00e9. Le Fr\u00e8re Xavier lui-m\u00eame, persuad\u00e9 au surplus que notre maison de Saint-Pierre avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9e par l\u2019autorit\u00e9 militaire comme celle de Haguenau, serait bien rest\u00e9 \u00e0 Baudonne. Mais le Provincial d\u2019Alsace lui \u00e9crivit de revenir au plus t\u00f4t \u00e0 Saint-Pierre : on avait l\u2019intention de publier un petit num\u00e9ro trimestriel du Gl\u00f6cklein, il serait impossible de continuer la propagande sans le Fr\u00e8re Xavier, le laisser \u00e0 Baudonne serait faire un grand tort \u00e0 notre \u0153uvre, d\u00e9j\u00e0 si grandement \u00e9prouv\u00e9e par la guerre. Le Fr\u00e8re Xavier revint donc \u00e0 Saint-Pierre, apr\u00e8s avoir r\u00e9gularis\u00e9 ses papiers d\u2019identit\u00e9. C\u2019\u00e9tait tout \u00e0 la fin de novembre 1939. On imprima effectivement un n\u00b0 Das Gl\u00f6cklein im Krieg et le Fr\u00e8re reprit sa t\u00e2che de propagandiste.<\/p>\n<p>Mais bient\u00f4t l\u2019occupation allemande vint freiner ce genre d\u2019activit\u00e9. Le Fr\u00e8re Xavier resta \u00e0 Saint-Pierre et donna son concours aux travaux de la ferme. Pourtant, m\u00eame durant cette \u00e9poque difficile, il ne renon\u00e7ait pas tout \u00e0 fait \u00e0 son r\u00f4le de diffuseur de l\u2019id\u00e9e missionnaire. De temps en temps il sortait pour chercher encore \u00e0 gagner des amis aux missions. Au cours d\u2019une de ces sorties, il lui arriva de commettre une imprudence, comme il le dit lui-m\u00eame. Il est difficile \u00e0 ceux qui n\u2019ont pas connu ce temps de dictature, d\u2019imaginer \u00e0 quel r\u00e9gime de pr\u00e9cautions tatillonnes on \u00e9tait r\u00e9duit. Toujours est-il que le Fr\u00e8re Xavier, au cours d\u2019une conversation dans une maison d\u2019un village voisin, rapporta une proph\u00e9tie qui annon\u00e7ait la victoire des ennemis de l\u2019Allemagne. Il y eut d\u00e9nonciation, interrogatoires \u00e0 la Sicherheitspolizei de S\u00e9lestat et de Strasbourg, et le Fr\u00e8re Xavier devint, du 12 mai au 3 juillet 1941, Sicherungsh\u00e4ftling au Sicherungslager Vorbruck b.\/Schirmeck i. Elsass. Tout finit bien, heureusement, et le Fr\u00e8re Xavier revint \u00e0 Saint-Pierre et reprit son travail \u00e0 la ferme. Apr\u00e8s la guerre, en 1945, il fut \u00e9lu conseiller municipal de la commune.<\/p>\n<p>Mais il abandonna bient\u00f4t cette charge de conseiller, car il pouvait difficilement se rendre aux r\u00e9unions. En effet, il avait repris activement les tourn\u00e9es pour la diffusion de notre revue qui avait reparu d\u00e8s 1946 avec le nouveau titre de Messager des Missions Africaines. Avec joie et plein d\u2019entrain, le Fr\u00e8re avait recommenc\u00e9 ses voyages et, de nouveau, il parcourait le pays pour faire conna\u00eetre aux gens des villes et des villages l\u2019\u0153uvre des missions. Il le fit jusqu\u2019en 1959, date \u00e0 laquelle il fit une chute de motocyclette. La fracture du col du f\u00e9mur qui s\u2019ensuivit ne lui permit plus les d\u00e9placements fatigants. Il se retira \u00e0 Haguenau. \u00c2g\u00e9 maintenant, il rendait encore tous les services en son pouvoir. Chaque matin, c\u2019est lui qui ouvrait les portes de la Chapelle. Dans la journ\u00e9e, il assurait la permanence au t\u00e9l\u00e9phone, recevait le courrier, aidait aux travaux de la cuisine.<\/p>\n<p>En septembre 1967, il rallia la maison d\u2019accueil de Saint-Pierre. Il ne pouvait plus marcher et devait garder la chambre. Avec patience, il supportait ses souffrances, ne perdit jamais sa bonne humeur, accueillait avec bienveillance ses visiteurs qu\u2019il savait \u00e9gayer par une conversation agr\u00e9able et vari\u00e9e. Plus que jamais il se montra un confr\u00e8re humble et modeste, d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 solide, anim\u00e9 d\u2019une vraie charit\u00e9 fraternelle qui aimait \u00e0 faire plaisir aux autres.<\/p>\n<p>Le 20 mars 1976, se d\u00e9clara une maladie des reins. Le Fr\u00e8re Xavier fut hospitalis\u00e9 le 25 mars \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Pasteur de Colmar. Il mourut le 7 avril, aux premi\u00e8res heures du jour. Il fut inhum\u00e9 le 9 avril au cimeti\u00e8re des Missions Africaines \u00e0 Saint-Pierre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 29 mars 1890 \u00e0 Zellenbergdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 5 f\u00e9vrier 1928serment permanent le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1327,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1328","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1328"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1328\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1327"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}