{"id":1392,"date":"2015-03-09T08:49:07","date_gmt":"2015-03-09T08:49:07","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1392"},"modified":"2015-03-09T08:49:07","modified_gmt":"2015-03-09T08:49:07","slug":"le-pere-antoine-hickenbick","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1392","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Antoine HICKENBICK"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1060px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1391\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/HICKENBICK_Antoine.jpg\" alt=\"HICKENBICK Antoine\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 19 janvier 1899 \u00e0 Gundolsheim par Rouffach<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 30 octobre 1920<br \/>pr\u00eatre le 9 juillet 1922<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 avril 1989<\/td>\n<td>\n<p>1922-1923 Saint-Priest, professeur et \u00e9conome<br \/>1923-1929 missionnaire au Dahomey<br \/>1930-1971 missionnaire au Togo<br \/>1972-1983 Mulhouse<br \/>1983-1989 Saint-Pierre<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre, France, le 11 avril 1989,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 90 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Antoine HICKENBICK (1899 &#8211; 1989)<\/p>\n<p>Antoine Hickenbick est n\u00e9 le 19 janvier 1899 \u00e0 Gundol\u00acsheim, petit village de la plaine d\u2019Alsace, au dioc\u00e8se de Strasbourg. En 1911, il s\u00e9journa quelques mois \u00e0 l\u2019\u00e9cole apostolique d\u2019Andlau, puis, \u00e0 P\u00e2ques 1912, il se rendit \u00e0 la maison de Keer, o\u00f9 il fit ses \u00e9tudes secondaires jusqu\u2019en 1917 et un noviciat de 2 ans en 1917-1919. Il entra au s\u00e9minaire de Lyon en 1919 et y fit le serment s.m.a. le 30 octobre 1920. Apr\u00e8s trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes th\u00e9ologiques, il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre par Mgr Bourchany, auxiliaire du Cardinal-Archev\u00eaque de Lyon, dans la Chapelle du S\u00e9minaire des Missions Africaines, le dimanche 9 juillet 1922.<\/p>\n<p>D\u00e8s le jour de son ordination, le P\u00e8re Hickenbick re\u00e7ut du Sup\u00e9rieur G\u00e9n\u00e9ral sa destination : la mission du Dahomey. Pourtant il devra patienter quelque temps, avant que libert\u00e9 soit donn\u00e9e \u00e0 son z\u00e8le d\u2019aller travailler au-del\u00e0 des mers. Il est d\u2019ailleurs bien jeune encore : \u00e0 peine 23 ans et demi. Ce fut peut-\u00eatre quand m\u00eame un peu contrariant pour lui, car, en attendant, il lui fallait assumer la charge d\u2019\u00e9conome d\u2019une maison.<\/p>\n<p>Consciencieux et m\u00e9ticuleux comme il le fut toujours, il dut bien se demander s\u2019il aurait la comp\u00e9tence technique n\u00e9cessaire pour administrer la chose \u00e9conomique. Les r\u00e8glements de notre Soci\u00e9t\u00e9 n\u2019avaient pas manqu\u00e9 de pr\u00e9ciser depuis longtemps et avec minutie ce qu\u2019on attendait d\u2019un \u00e9conome. Il est charg\u00e9, avait-on \u00e9crit, des recettes et des d\u00e9penses de la maison&#8230; Il aura soin que chacun ait le n\u00e9cessaire, tout en restant dans les limites prescrites par la pauvret\u00e9 apostolique, que les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines sont si strictement tenus de pratiquer&#8230; Et suivaient d\u2019autres recommandations : c\u2019\u00e9tait bien une charge aussi difficile qu\u2019importante que le P\u00e8re Hickenbick allait devoir porter au sortir du s\u00e9minaire.<\/p>\n<p>Au surplus, les conditions \u00e9conomiques n\u2019\u00e9taient pas ce qu\u2019elles sont devenues par la suite. \u00c0 cette \u00e9poque, la pauvret\u00e9 \u00e9tait plus grande et c\u2019\u00e9tait un r\u00e9el souci de fournir le pain de chaque jour aux \u00e9l\u00e8ves et aux confr\u00e8res d\u2019une \u00e9cole apostolique. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Saint-Priest pr\u00e8s de Lyon que le P\u00e8re Hickenbick fut envoy\u00e9. C\u2019\u00e9tait la maison de campagne du S\u00e9minaire, mais l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de 1919 avait d\u00e9cid\u00e9 que, tout en conservant cette qualit\u00e9, elle serait am\u00e9nag\u00e9e comme \u00e9cole apostolique. En l\u2019ann\u00e9e scolaire 1922-1923, il y avait 40 \u00e9l\u00e8ves des classes de 3e \u00e0 la 1\u00e8re. Avec les professeurs et le personnel, cela faisait une cinquantaine de personnes.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Hickenbick a rempli son emploi \u00e0 la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale, puisque, quand il partit, il fut regrett\u00e9. Les annales du temps ne nous ont cependant pas fourni de renseignements d\u00e9taill\u00e9s sur son administration. Elles ont retenu au moins que, au mois de f\u00e9vrier 1923, furent plant\u00e9s au jardin une quarantaine d\u2019arbres fruitiers, pommiers et cerisiers. Elles nous apprennent encore que l\u2019on f\u00eata joyeusement, le 13 juin 1923, Antoine de Padoue, le saint patron du P\u00e8re \u00c9conome, \u00e0 qui l\u2019on offrit \u00e0 cette occasion un \u00e9norme bouquet o\u00f9 s\u2019entrela\u00e7aient avec les roses, des plantes potag\u00e8res, voire m\u00eame des l\u00e9gumes d\u2019Italie.<\/p>\n<p>Mais tout cela n\u2019\u00e9tait que provisoire. Le P\u00e8re Hickenbick se sentait africain et il d\u00e9sirait partir au pays de ses r\u00eaves. Cela lui fut donn\u00e9, l\u2019ann\u00e9e scolaire achev\u00e9e, \u00e0 l\u2019automne 1923. Il arriva au B\u00e9nin, qui s\u2019appelait alors Dahomey, et fut affect\u00e9 \u00e0 la mission de Dassa-Zoum\u00e9. Cette mission avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e peu de temps auparavant par un saint missionnaire, le P\u00e8re Joseph Girerd, qui y r\u00e9sidait d\u00e9finitivement depuis le 1er avril 1922. Dassa-Zoum\u00e9 \u00e9tait un gros village dans un pays de montagnes arides. On vantait la beaut\u00e9 du paysage, avec ses grands arbres et ses gigantesques rochers. On vantait aussi la bont\u00e9 des habitants, gens aimables et intelligents. En 1923, il y a d\u00e9j\u00e0 une centaine de catholiques et plus de 1 500 cat\u00e9chum\u00e8nes dans le district. Le P\u00e8re Girerd loue leur pi\u00e9t\u00e9 : ils ne sont jamais fatigu\u00e9s d\u2019entendre parler de Dieu, disait-il. Lui-m\u00eame, \u00e2g\u00e9 de pr\u00e8s de 50 ans, attendait l\u2019aide \u00e9ventuelle d\u2019un jeune confr\u00e8re. Mais il pr\u00e9venait que ce devrait \u00eatre un homme solide et un bon marcheur : Ici, il faut un vrai broussard. Il y a des missions secondaires \u00e0 visiter, 40 \u00e0 45 villages, et beaucoup par surcro\u00eet sont \u00e0 la cime des montagnes.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Hickenbick n\u2019\u00e9tait pas particuli\u00e8rement constitu\u00e9 pour fournir un effort physique consid\u00e9rable, mais chez lui, la volont\u00e9 suppl\u00e9ait au manque d\u2019endurance naturelle. Aussi le P\u00e8re Girerd fut tr\u00e8s satisfait de son collaborateur, comme on peut en juger d\u2019apr\u00e8s les lignes suivantes qu\u2019il adressait au Sup\u00e9rieur G\u00e9n\u00e9ral, d\u00e8s d\u00e9cembre 1923 : Je rends gr\u00e2ce \u00e0 Dieu qui, pour me soulager, vient de m\u2019envoyer un nouveau confr\u00e8re, jeune, d\u00e9vou\u00e9, plein d\u2019ardeur. Le P\u00e8re Hickenbick s\u2019est jet\u00e9 \u00e0 corps perdu dans l\u2019\u00e9tude de la langue et je ne doute pas que, dans peu de temps, il sera \u00e0 m\u00eame d\u2019exercer le saint minist\u00e8re. Et quelques mois plus tard, il \u00e9crivait encore : Le P\u00e8re Hickenbick travaille avec ardeur. L\u2019acclimatation a \u00e9t\u00e9 un peu difficile pour lui. Maintenant le voil\u00e0 solide.<\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s, comme bien l\u2019on pense, ne manquaient pas. La pauvret\u00e9 \u00e9tait extr\u00eame \u00e0 tous \u00e9gards. Ainsi par exemple, le P\u00e8re Girerd signale que, pour deux stations, il n\u2019y a qu\u2019un seul ciboire, et il est de petite taille. L\u2019ann\u00e9e suivante, il re\u00e7oit un beau ciboire en argent. Mais autre souci, un cyclone s\u2019est abattu sur la r\u00e9gion. La toiture de la maison de la mission a \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e et emport\u00e9e \u00e0 40 m\u00e8tres de distance.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Girerd mourut le 7 d\u00e9cembre 1924. Les habitants du pays avaient fait un accueil chaleureux \u00e0 ce missionnaire qui, le premier, \u00e9tait venu s\u2019\u00e9tablir parmi eux. Apr\u00e8s lui, la religion chr\u00e9tienne continua \u00e0 faire des progr\u00e8s. Le P\u00e8re Hickenbick restait vicaire de la mission. \u00c0 P\u00e2ques 1927, il fit une trentaine de bapt\u00eames \u00e0 Sokponta, station secondaire. La chr\u00e9tient\u00e9 demeurait vivante. Cependant l\u2019\u00e9lan vers le catholicisme n\u2019\u00e9tait pas unanime dans la r\u00e9gion. Il y eut m\u00eame, de la part de certaines gens, une v\u00e9ritable hostilit\u00e9 contre les catholiques, \u00e0 qui il fallait un grand courage pour demeurer fid\u00e8les. Une joie du missionnaire \u00e9tait de constater que ce courage existait.<\/p>\n<p>En 1929, le P\u00e8re Hickenbick rentre en cong\u00e9 en Alsace. Mgr Steinmetz, Vicaire Apostolique, avait esp\u00e9r\u00e9 qu\u2019il reviendrait au Dahomey. Le P\u00e8re le d\u00e9sirait et l\u2019\u00c9v\u00eaque aussi. Mais r\u00e9cemment avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e la Province d\u2019Alsace. En principe, le P\u00e8re Hickenbick en \u00e9tait membre et de ce fait, il \u00e9tait \u00e0 la disposition du Provincial d\u2019Alsace. Apr\u00e8s quelque h\u00e9sitation, il d\u00e9cida de s\u2019en tenir \u00e0 cela. Il fut donc affect\u00e9 \u00e0 la mission du Togo, o\u00f9 la nouvelle Province envoyait des missionnaires. Il arriva au Togo le 2 octobre 1930.<\/p>\n<p>D\u2019abord il resta \u00e0 Lom\u00e9 pour \u00e9tudier la langue de sa nouvelle mission. En 1931, il fut nomm\u00e9 pour la station de Ts\u00e9vi\u00e9. En septembre 1934, Mgr Cessou, Vicaire Apostolique du Togo, le nomma quasi-cur\u00e9 de la quasi-paroisse Saint-Augustin, au quartier d\u2019Amoutiv\u00e9 \u00e0 Lom\u00e9. Cette paroisse \u00e9tait une nouvelle fondation. Elle fut inaugur\u00e9e officiellement le 2 d\u00e9cembre 1934, par une messe pontificale de l\u2019\u00c9v\u00eaque et par l\u2019installation du P\u00e8re Hickenbick comme premier sup\u00e9rieur, avec le P\u00e8re W\u0153lffel comme premier vicaire. La construction des b\u00e2timents avait \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9e en mai 1933. Il y avait une grande \u00e9glise de 62 m de long sur 23 de large, une sacristie-presbyt\u00e8re, des d\u00e9pendances, une \u00e9cole \u00e0 7 classes. Mgr Cessou t\u00e9moignait que les travaux furent faits consciencieusement et qu\u2019ils avaient bonne apparence. Il notait aussi que bien des choses restaient \u00e0 faire.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9glise, telle quelle, \u00e9tait susceptible de servir, mais elle \u00e9tait inachev\u00e9e et devait attendre jusqu\u2019\u00e0 des jours meilleurs son ach\u00e8vement. Il y manquait surtout l\u2019ameublement int\u00e9rieur : autels lat\u00e9raux, table de communion, baptist\u00e8re, etc. De l\u2019\u00e9cole, la charpente m\u00e9tallique et la toiture \u00e9taient mont\u00e9es, mais les murs restaient \u00e0 construire et le mobilier scolaire \u00e9tait absent. Seul le presbyt\u00e8re \u00e9tait achev\u00e9 et pr\u00eat \u00e0 \u00eatre habit\u00e9. Les P\u00e8re Hickenbick et W\u0153lffel s\u2019y trouvaient depuis le 1er d\u00e9cembre 1934.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Hickenbick se donna beaucoup de mal pour achever et am\u00e9nager la mission d\u2019Amoutiv\u00e9. Il le regrettait : Le travail spirituel ne manque pas, \u00e9crivait-il, mais le mat\u00e9riel nous occupe une bonne partie du temps. Il y a tant \u00e0 faire ici, avant que la paroisse soit dot\u00e9e de tout ce qu\u2019il faut. Ce qui lui importait avant tout, c\u2019\u00e9tait le travail spirituel. Il attachait une grande importance aux relations personnelles avec les habitants : \u00c0 tous les moments libres, nous visitons nos paroissiens, chr\u00e9tiens, protestants, non-chr\u00e9tiens. C\u2019est un travail de pr\u00e9paration : amener d\u2019abord les gens \u00e0 venir \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Il appr\u00e9cie beaucoup son jeune vicaire qui d\u2019abord s\u2019applique \u00e0 \u00e9tudier la langue du pays, et avec qui il s\u2019entend tr\u00e8s bien, mais aussi l\u2019accompagne dans ses visites et emploie ses brillantes aptitudes picturales \u00e0 rendre moins aust\u00e8re la froide construction de l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>Les travaux \u00e0 Amoutiv\u00e9 \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s termin\u00e9s en 1939, y compris un haut mur de cl\u00f4ture d\u2019un p\u00e9rim\u00e8tre de 460 m\u00e8tres. Il y avait fallu bien de la peine, bien des appels \u00e0 la charit\u00e9 des bienfaiteurs. Le travail avait avanc\u00e9 doucement, au rythme plus ou moins lent des ressources qui rentraient. C\u2019\u00e9tait une station difficile. C\u2019\u00e9tait aussi l\u2019une des plus importantes du Vicariat Apostolique. Les dimensions de l\u2019\u00e9glise \u00e9taient propices aux grandes c\u00e9r\u00e9monies. Ainsi en 1942, lorsque fut comm\u00e9mor\u00e9 le cinquantenaire de la mission catholique au Togo, c\u2019est par une messe pontificale \u00e0 Saint-Augustin d\u2019Amoutiv\u00e9 que les f\u00eates furent commenc\u00e9es le 30 ao\u00fbt et cl\u00f4tur\u00e9es le 6 septembre. Mgr Cessou, ces deux dimanches, y pr\u00eacha sur le th\u00e8me : Cinquante ans de travail missionnaire : ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, ce qui reste \u00e0 faire. C\u2019est \u00e0 Amoutiv\u00e9 aussi que furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es tr\u00e8s solennellement en 1945 les obs\u00e8ques de ce vaillant \u00c9v\u00eaque et c\u2019est dans cette \u00e9glise m\u00eame qu\u2019il fut inhum\u00e9, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 gauche du transept.<\/p>\n<p>En 1947, le P\u00e8re Hickenbick pouvait c\u00e9l\u00e9brer son jubil\u00e9 sacerdotal d\u2019argent. Cependant il ne voulut aucune manifestation publique, d\u00e9sirant que tout se passe dans la plus stricte intimit\u00e9. Ce lui fut en tout cas une bonne occasion de se souvenir du pass\u00e9. Je veux revoir en esprit, \u00e9crit-il, ces 25 ann\u00e9es de sacerdoce et penser \u00e0 tous les confr\u00e8res avec qui j\u2019ai v\u00e9cu, qui m\u2019ont aid\u00e9 par leurs pri\u00e8res, leurs conseils, leur d\u00e9vouement, \u00e0 essayer de faire mon devoir de pr\u00eatre, de missionnaire. Je n\u2019oublie pas non plus ceux qui ont \u00e9t\u00e9 mes condisciples charitables, au petit comme au grand s\u00e9minaire. Le pr\u00eatre a toujours besoin de bonnes amiti\u00e9s, amiti\u00e9s qui soutiennent, r\u00e9confortent dans les moments difficiles. Et l\u2019on se souvient avec reconnaissance de toutes les \u00e2mes que le bon Dieu a mises sur notre chemin pour nous accompagner, nous soutenir, nous entra\u00eener.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re quitta Amoutiv\u00e9 au cours de cette m\u00eame ann\u00e9e 1947. Depuis lors et jusqu\u2019en 1971, il occupa divers postes au Togo : Agou, Agbelouv\u00e9, Ts\u00e9vi\u00e9, No\u00e9p\u00e9, Agadji, Danyi-Afagnan, et, \u00e0 partir de septembre 1966, Lom\u00e9-B\u00e8. Ces s\u00e9jours furent parfois interrompus pour cause d\u2019alertes de sant\u00e9.<\/p>\n<p>La plus longue de ces interruptions fut en 1955-1956, o\u00f9, tout en continuant \u00e0 fortifier sa sant\u00e9, il put rendre de bons services \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Haguenau, par des cours particuliers de fran\u00e7ais et de latin et par quelques surveillances qu\u2019il assurait. Mais d\u00e8s qu\u2019il le pouvait il retournait au Togo.<\/p>\n<p>Il rentra d\u00e9finitivement en Europe le 12 d\u00e9cembre 1971. Depuis presque 50 ans, il \u00e9tait en Afrique. Le P\u00e8re Klerlein, qui l\u2019a bien connu au Togo, a not\u00e9 quelques observations qui trouvent bien leur place ici : Le P\u00e8re Hickenbick savait marcher des jours entiers, restant des semaines dans les stations de brousse. Il n\u2019a jamais emport\u00e9 de quoi se nourrir, mais vivait comme l\u2019habitant. \u00c0 Amoutiv\u00e9, il visitait tous les quartiers de la paroisse. Ponctuel \u00e0 l\u2019extr\u00eame, il ne fut jamais en retard. \u00c0 Amoutiv\u00e9, il insistait beaucoup sur les \u00e9coles. \u00c0 la fin de son s\u00e9jour, il recommandait vivement la L\u00e9gion de Marie : il assistait \u00e0 toutes les pri\u00e8res des membres et ne quittait qu\u2019\u00e0 la fin. Toujours aimable, quelquefois taquin, mais jamais blessant. Il poss\u00e9dait bien la langue du sud Togo, ce qui lui permit de bien conna\u00eetre ses paroissiens et de pr\u00eacher sans interpr\u00e8te dans les stations.<\/p>\n<p>Faisant allusion \u00e0 son habillement et \u00e0 son style de vie, le P\u00e8re Klerlein ajoute : le P\u00e8re Hickenbick \u00e9tait l\u2019image m\u00eame du missionnaire de l\u2019ancien temps. On pourra dire aussi en v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il fut l\u2019image m\u00eame du missionnaire des Missions Africaines. Depuis longtemps, on a d\u00e9fini l\u2019esprit de la Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines, et plus r\u00e9cemment, on s\u2019est efforc\u00e9 de pr\u00e9ciser quel est le charisme de la Soci\u00e9t\u00e9. Nous sommes bien reconnaissants aux confr\u00e8res qui accomplissent cette t\u00e2che louable : ils nous montrent la grandeur de notre vocation s.m.a. et nous indiquent les ressources spirituelles que nous trouvons dans son appartenance. Tout cela a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu \u00e9minemment par notre confr\u00e8re, le P\u00e8re Hickenbick. Selon la pri\u00e8re que longtemps nous redisions chaque soir, il a \u00e9t\u00e9 l\u2019ap\u00f4tre selon le c\u0153ur de Dieu, g\u00e9n\u00e9reux et ardent, plein de foi, d\u2019humilit\u00e9 et d\u2019abn\u00e9gation&#8230;<\/p>\n<p>Rentr\u00e9 en Alsace en d\u00e9cembre 1971, le P\u00e8re Hickenbick vint d\u2019abord se reposer \u00e0 Saint-Pierre. Au mois de juin 1972, il f\u00eata dans la Chapelle du S\u00e9minaire son jubil\u00e9 d\u2019or sacerdotal, entour\u00e9 d\u2019une cinquantaine de confr\u00e8res, parmi lesquels le P\u00e8re Jung, Provincial, Mgr Lingenheim et Mgr Strebler qui pronon\u00e7a l\u2019hom\u00e9lie. Mais ensuite il voulut encore se rendre utile par quelque activit\u00e9 et il entra dans le service des confr\u00e8res en mission sp\u00e9ciale. Sa mission sp\u00e9ciale maintenant, ce fut l\u2019aum\u00f4nerie du Foyer Notre-Dame de la rue Th\u00e9nard \u00e0 Mulhouse, maison de personnes \u00e2g\u00e9es et centre de soins, que tenaient les S\u0153urs du Tr\u00e8s-Saint-Sauveur. Il commen\u00e7a ce nouveau minist\u00e8re le 17 octobre 1972. Il fut tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 par les personnes \u00e2g\u00e9es, qu\u2019il savait \u00e9couter et qui d\u00e9siraient ardemment ses visites. Lui-m\u00eame avouait recevoir beaucoup d\u2019elles : Vivre avec des octog\u00e9naires, des nonag\u00e9naires, c\u2019est une exp\u00e9rience qui fait r\u00e9fl\u00e9chir., \u00e9crit-il. Et il s\u2019\u00e9difiait aussi \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019esprit de compr\u00e9hension, de service, de d\u00e9vouement du personnel.<\/p>\n<p>Cela alla bien jusqu\u2019\u00e0 l\u2019automne 1983. \u00c0 84 ans, le moment est venu de se retirer. Le 28 octobre 1983, le P\u00e8re vient \u00e0 la maison de retraite de Saint-Pierre. C\u2019est l\u2019arri\u00e8re-saison. Il l\u2019envisage avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Il pense que toutes les \u00e9tapes de la vie sont bonnes et que c\u2019est Dieu qui a fait la vieillesse. Il aime la douceur du paysage qui entoure la maison de retraite et il ne manque pas de faire de longues promenades dans la propri\u00e9t\u00e9. Il prie beaucoup. Il rend de petits services \u00e0 ses confr\u00e8res, visite ceux qui ne peuvent plus sortir. Lui, si r\u00e9serv\u00e9, et pourtant si sensible \u00e0 l\u2019amiti\u00e9, il a la joie d\u2019avoir pr\u00e8s de lui, dans cette belle communaut\u00e9 de Saint-Pierre, des s\u0153urs et des fr\u00e8res pleins de bont\u00e9, de cette bont\u00e9 qui sait se r\u00e9jouir avec ceux qui sont dans la joie et pleurer aussi avec ceux qui pleurent.<\/p>\n<p>Le 19 janvier 1989, il entre dans sa 91e ann\u00e9e. Il ne d\u00e9sire pas qu\u2019on f\u00eate l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Peu \u00e0 peu d\u2019ailleurs, ses forces diminuent. La marche devient p\u00e9nible. Les yeux s\u2019obscurcissent. Vient l\u2019\u00e9preuve de la souffrance corporelle et d\u2019une certaine tristesse d\u2019exil\u00e9. Rien ne le retient plus sur la terre. Il a le mal d\u2019un autre pays. Il pense au Seigneur qui lui tend les bras. C\u2019est le mardi 11 avril \u00e0 l\u2019aube qu\u2019arriva l\u2019heure de Dieu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 19 janvier 1899 \u00e0 Gundolsheim par Rouffachdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 30 octobre 1920pr\u00eatre le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1391,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1392","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1392","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1392"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1392\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1391"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}