{"id":1671,"date":"2015-04-07T14:45:46","date_gmt":"2015-04-07T14:45:46","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1671"},"modified":"2015-04-07T14:45:46","modified_gmt":"2015-04-07T14:45:46","slug":"le-pere-yves-guillou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1671","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Yves GUILLOU"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1039px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1670\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/GUILLOU_Yves.jpg\" alt=\"GUILLOU Yves\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 2 mai 1923 \u00e0 Douarnenez<br \/>dans le dioc\u00e8se de Quimper, France<br \/>membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944<br \/>pr\u00eatre le 6 janvier 1949<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 4 mai 2006<\/td>\n<td>\n<p>1950-1956 Kouand\u00e9, B\u00e9nin<br \/>vicaire, puis responsable<br \/>1956-1970 K\u00e9rou, B\u00e9nin<br \/>fondateur de la mission<br \/>1970-2003 Brignamaro, B\u00e9nin<br \/>fondateur de la mission<br \/>2003-2006 Douarnenez, retir\u00e9 en famille<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Douarnenez, France, le 4 mai 2006,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 84 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Yves GUILLOU (1923-2006)<\/p>\n<p>Yves Th\u00e9ophile Marie Guillou est n\u00e9 \u00e0 Douarnenez, le 2 mai 1923, et il fut baptis\u00e9 le 6 mai. Son p\u00e8re \u00e9tait charpentier, construisant des bateaux de p\u00eache, et sa m\u00e8re, commer\u00e7ante. Ils n\u2019eurent que deux enfants qui arriv\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte : Yves, et sa s\u0153ur Annie. Apr\u00e8s son \u00e9cole primaire \u00e0 Douarnenez, Yves partit en formation chez les Spiritains : d\u2019abord \u00e0 Langonet (1935-1937), puis Allex dans la Dr\u00f4me, et Saint-Hilan. Demandant \u00e0 entrer aux Missions Africaines, il est admis \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud en 1941. Il devient membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944, et commence sa th\u00e9ologie au 150 cours Gambetta \u00e0 Lyon.<\/p>\n<p>Du 30 mai 1945 au 11 juin 1946, il accomplit son service militaire dans la marine : apr\u00e8s une campagne en Afrique du Nord, il fera 7 mois de campagne en Indochine. On signale que par sa conduite et ses qualit\u00e9s, il a exerc\u00e9 une excellente influence sur ses camarades. Revenu au 150 pour ses \u00e9tudes de th\u00e9ologie, pendant les vacances, il rend service \u00e0 la \u00ab Stella Maris \u00bb, soci\u00e9t\u00e9 sportive de la paroisse de Douarnenez o\u00f9 on parle de lui comme d\u2019un entra\u00eeneur remarquable. Le 11 f\u00e9vrier 1949, il est ordonn\u00e9 sous-diacre, et re\u00e7oit l\u2019ordination presbyt\u00e9rale le 6 juillet de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En novembre 1949, le p\u00e8re Yves Guillou re\u00e7oit sa nomination pour la pr\u00e9fecture apostolique de Parakou au Dahomey, sous l\u2019autorit\u00e9 de monseigneur Faroud. Afin de faire des \u00e9conomies, pour le voyage, il se fait embaucher \u00e0 bord d\u2019un langoustier, en compagnie du p\u00e8re Roumier. Parti de Douarnenez, celui-ci les conduira jusqu\u2019\u00e0 Port-Etienne en Mauritanie. L\u00e0, ils trouveront un hydravion qui les m\u00e8nera \u00e0 Dakar, o\u00f9 ils pourront prendre un paquebot pour aller en C\u00f4te d\u2019Ivoire, puis au Dahomey.<\/p>\n<p>Monseigneur Faroud le nomme \u00e0 la mission de Kouand\u00e9, o\u00f9 il rejoint le p\u00e8re Br\u00e9hier. Le p\u00e8re Guillou s\u2019occupe de la mission et de ses stations, tandis que le p\u00e8re Br\u00e9hier, par son travail de transporteur, essaie de trouver les moyens de subsistance. En 1951, il \u00e9crit : Me voil\u00e0 constructeur, ma\u00e7on, charpentier. J\u2019ach\u00e8ve deux chapelles dont l\u2019une est \u00e0 45 km de Kouand\u00e9. Toujours \u00e0 v\u00e9lo : le soleil chauffe et le pauvre missionnaire fond. Il obtient l\u2019ouverture de 4 \u00e9coles officielles : celles de Kouand\u00e9, Tobr\u00e9, K\u00e9rou et Guilmaro. D\u00e8s le d\u00e9part, le p\u00e8re Guillou avait sa station pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, K\u00e9rou, et c\u2019est en 1956 qu\u2019il s\u2019y installe d\u00e9finitivement pour fonder une nouvelle paroisse.<\/p>\n<p>A K\u00e9rou, le p\u00e8re sera tr\u00e8s attentif aux probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement de la population. En 1960, il re\u00e7oit les religieuses b\u00e9ninoises OCPSP dont il construit la maison, puis un dortoir et un internat pour les filles. En 1967, on pourra ouvrir la maternit\u00e9 que le p\u00e8re a fait construire. Lorsque les sup\u00e9rieurs lui proposent un vicaire pour K\u00e9rou, il r\u00e9pond : Bien s\u00fbr que j\u2019en prendrai soin avec tout mon c\u0153ur, car je sais par o\u00f9 je suis pass\u00e9, et je ne voudrais pas que quelqu\u2019un qui se trouve \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s soit malheureux. Le p\u00e8re aura toujours le souci de ses confr\u00e8res, sp\u00e9cialement de ceux de sa famille missionnaire.<\/p>\n<p>En 1970, il vient s\u2019installer \u00e0 Brignamaro, non loin de K\u00e9rou, devenant le fondateur de cette paroisse. Malgr\u00e9 sa rudesse, il aime ce peuple : La population est sympathique, \u00e9crit-il. Il y a de braves gens dans ce pays qui ont bon c\u0153ur, qui savent s\u2019aider les uns les autres. Le village est une grande famille. Il y a des gens qui savent r\u00e9fl\u00e9chir, penser. Il y a des sages dans le village. Il n\u2019est pas besoin d\u2019\u00eatre lettr\u00e9 pour cela\u2026Mais, pour devenir chr\u00e9tien, l\u2019heure de Dieu n\u2019a pas encore sonn\u00e9. Peut-\u00eatre que nous ne sommes pas assez saints, ce qui est bien vrai. On fait pour le mieux, semant quand m\u00eame la Parole. Un jour, elle trouvera une bonne terre pour germer.<\/p>\n<p>En 1976, alors que le B\u00e9nin avait un gouvernement marxiste tr\u00e8s strict, il conna\u00eet une m\u00e9saventure que nous relate le p\u00e8re Pierre Bio Sanou : Le p\u00e8re Guillou a \u00e9t\u00e9 gard\u00e9 \u00e0 vue au commissariat central de Cotonou pendant 4 jours. Il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Il a rejoint sa paroisse. Au cours de cette rencontre, le p\u00e8re Guillou n\u2019avait pas eu peur d\u2019affirmer, haut et fort, sa foi en Dieu, devant un ministre proclamant l\u2019ath\u00e9isme.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Guillou se montre attentif aux conditions de vie des gens, et s\u2019efforce de les am\u00e9liorer gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9seau fid\u00e8le d\u2019amis et de bienfaiteurs. Ainsi, il r\u00e9pandra la culture attel\u00e9e : J\u2019ai donn\u00e9 b\u0153ufs, charrues et charrettes \u00e0 des cat\u00e9chistes et ils se sont bien d\u00e9brouill\u00e9s. Ils ont sem\u00e9 du ma\u00efs blanc et l\u2019un d\u2019eux en a r\u00e9colt\u00e9 8 tonnes. Il aura le souci de fournir de l\u2019eau potable en faisant creuser des puits, quelquefois en affrontant le granit. Il aidera les villageois \u00e0 am\u00e9liorer leur habitat en leur fournissant du ciment. Souvent, il fera \u00e9vacuer les malades graves vers l\u2019h\u00f4pital qui est tr\u00e8s loin. Sa plus grande r\u00e9alisation sera le Centre de Sant\u00e9 de Brignamaro : il reculera m\u00eame son d\u00e9part pour la retraite en France, afin d\u2019\u00e9quiper ce Centre d\u2019un grand bloc op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>Homme de relation, le p\u00e8re Guillou aimait beaucoup recevoir dans sa mission isol\u00e9e de Brignamaro. Cela se savait. Les visiteurs sont venus nombreux profiter de sa chaleureuse hospitalit\u00e9. Parmi ses visiteurs, il re\u00e7ut un jour un jeune artiste, \u00e0 la fois peintre et po\u00e8te, qui demeura quelques jours avec lui. Dans un livre, paru quelques mois plus tard, il parlera ainsi de celui qui lui avait, un jour, ouvert sa porte : Le p\u00e8re Guillou arrive et, avec lui, son charisme et son aura. Sa voix tonne. Ses yeux se plissent. Ses mots sont justes et malicieux. J\u2019\u00e9tais pr\u00e9venu. Je ne suis pas d\u00e9\u00e7u. Le p\u00e8re Guillou est aux Missions Africaines ce que Jean Gabin doit \u00eatre au cin\u00e9ma fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Mais toutes ces activit\u00e9s de d\u00e9veloppement ne le d\u00e9tourneront pas du souci de faire na\u00eetre des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes, et de les nourrir de la Parole de Dieu. D\u00e8s le d\u00e9but de sa vie missionnaire, il manifeste une grande attention dans l\u2019\u00e9veil et le soutien des vocations, convaincu qu\u2019elles sont l\u2019avenir de cette \u00c9glise qui peine \u00e0 na\u00eetre en monde bariba. Il aura la joie de voir 4 jeunes hommes de Brignamaro devenir pr\u00eatres, et 3 jeunes filles devenir religieuses.<\/p>\n<p>Il consid\u00e9rait l\u2019abb\u00e9 Donatien Sabi Sika comme son fils spirituel. Voici les conseils qu\u2019il lui donnait en novembre 1992 dans l\u2019hom\u00e9lie qu\u2019il fit \u00e0 l\u2019occasion de la premi\u00e8re messe du jeune pr\u00eatre \u00e0 Brignamaro. Le p\u00e8re Guillou nous confie l\u00e0 ce qui lui a permis de tenir dans un contexte si difficile : Surtout, Donatien, aie une tr\u00e8s grande foi en J\u00e9sus-Christ. Ne te d\u00e9courage jamais, m\u00eame si parfois la vie t\u2019accable de son lot de peines, de soucis, m\u00eame si parfois tu te sentiras las de travailler pour le Seigneur sans trop de r\u00e9sultats, m\u00eame si parfois tu te sentiras mal aim\u00e9 de tes paroissiens, m\u00eame si parfois tu te sentiras seul pour supporter tes peines, tes d\u00e9ceptions qui ne manqueront pas\u2026 Alors pense que tu n\u2019es jamais seul, que le Seigneur est avec toi, m\u00eame s\u2019il ne se fait pas sentir, et puise chez Lui le courage n\u00e9cessaire pour continuer \u00e0 le servir jusqu\u2019au bout. C\u2019est ainsi que j\u2019ai fait, c\u2019est ainsi que tous les missionnaires font. Et c\u2019est pourquoi ils sont toujours joyeux.<\/p>\n<p>En reconnaissance de ses m\u00e9rites, plusieurs distinctions ont \u00e9t\u00e9 remises au P\u00e8re Yves Guillou :<br \/>&#8211; le 15 janvier 1988, il re\u00e7oit \u00e0 Cotonou la d\u00e9coration de Chevalier de l\u2019Ordre National du M\u00e9rite, des mains de l\u2019ambassadeur de France, ainsi que la m\u00e9daille des Anciens Combattants de la guerre 1939-1945,<br \/>&#8211; le 27 novembre 1999, il re\u00e7oit la distinction papale Pro Ecclesia et Pontifice des mains du nonce apostolique,<br \/>&#8211; le 27 janvier 2001, il re\u00e7oit \u00e0 Brignamaro la m\u00e9daille de Grand Officier de l\u2019Ordre National du B\u00e9nin.<\/p>\n<p>En juin 2003, le P\u00e8re Yves Guillou quitte Brignamaro apr\u00e8s 53 ans d\u2019Afrique pour aller poser son sac, comme il dit, dans sa ville natale de Douarnenez. L\u00e0, il vit une retraite heureuse dans la maison qui l\u2019a vu na\u00eetre, aupr\u00e8s de sa s\u0153ur Annie et de sa cousine Madeleine, fid\u00e8le \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019Eucharistie dans son \u00e9glise de Douarnenez.<\/p>\n<p>En mars 2006, de s\u00e9rieux ennuis de sant\u00e9 le conduisent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Bien soign\u00e9, il conna\u00eet un moment de r\u00e9pit, puis il faut de nouveau l\u2019hospitaliser ; une embolie pulmonaire l\u2019emportera le 4 mai 2006, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 83 ans. Voici ce que son Ev\u00eaque de Natitingou, monseigneur Pascal N\u2019Kou\u00e9, a \u00e9crit \u00e0 la suite de la nouvelle de son d\u00e9c\u00e8s, des mots qui montrent qu\u2019il connaissait bien son vieux missionnaire : Apr\u00e8s l\u2019avoir eu dans ce dioc\u00e8se comme un vaillant missionnaire ne reculant devant aucune difficult\u00e9, voil\u00e0 que nous l\u2019avons maintenant au Paradis comme un puissant intercesseur. Comme il aimait rousp\u00e9ter, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il poussera l\u2019Esprit-Saint \u00e0 s\u2019occuper davantage de Brignamaro.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 2 mai 1923 \u00e0 Douarnenezdans le dioc\u00e8se de Quimper, Francemembre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944pr\u00eatre le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1670,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1671","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1671","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1671"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1671\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1671"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1671"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1671"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}