{"id":1840,"date":"2015-04-10T07:36:32","date_gmt":"2015-04-10T07:36:32","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=1840"},"modified":"2015-04-10T07:36:32","modified_gmt":"2015-04-10T07:36:32","slug":"le-pere-lucien-reibel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=1840","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Lucien REIBEL"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1028px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1839\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/REIBEL_Lucien.jpg\" alt=\"REIBEL Lucien\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 21 septembre 1908 \u00e0 Saint-Pierre-Bois<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 29 juillet 1928<br \/>pr\u00eatre le 8 janvier 1933<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 21 mai 1988<\/td>\n<td>\n<p>1933-1934 missionnaire au Togo, Palim\u00e9<br \/>1934-1936 au repos en famille<br \/>1936-1937 Haguenau, administration<br \/>1937-1938 Aubure, Saint-Pierre, Mulhouse<br \/>1938-1946 Vigneulles, \u00e9conome<br \/>1946-1988 Saint-Pierre<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre, France, le 21 mai 1988,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 79 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Lucien REIBEL (1908 &#8211; 1988)<\/p>\n<p>Lucien Reibel est n\u00e9 le 21 septembre 1908 \u00e0 Saint-Pierre-Bois, village situ\u00e9 au pied de la montagne et qui avait pris, au lointain Moyen \u00c2ge, le nom de premier titulaire de l\u2019\u00e9glise qui domine toute la contr\u00e9e.<\/p>\n<p>Le Kirchberg, appel\u00e9 aussi Aegidi\u00acberg, est bien connu dans tout le Val de Vill\u00e9. Au sommet de cette colline, s\u2019\u00e9levait de vieille date, \u00e0 proximit\u00e9 de la for\u00eat, sous le patronage de saint Pierre, une \u00e9glise : santi Petri ad nemus. Tomb\u00e9e en ruine, puis reconstruite, elle avait, au cours des temps, \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9e au moine saint Gilles et \u00e9tait devenue un lieu de p\u00e8lerinage tr\u00e8s populaire. Le P\u00e8re Lucien Reibel aima beaucoup cette \u00e9glise : c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9glise de ses ann\u00e9es d\u2019enfance et de sa premi\u00e8re messe.<\/p>\n<p>Les P\u00e8res des Missions Africaines passaient dans le Val de Vill\u00e9 et y faisaient conna\u00eetre l\u2019\u0153uvre des missions. Lorsque le jeune Lucien eut atteint ses douze ans, il d\u00e9cida de se pr\u00e9parer \u00e0 mener plus tard la vie apostolique. Le 2 octobre 1920, il entra \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019Andlau. Il n\u2019y a pas loin de Saint-Pierre-Bois \u00e0 Andlau, il suffit de cheminer quelques heures sur l\u2019antique voie qui unit la vall\u00e9e \u00e0 la plaine et que suivirent tant de p\u00e8lerins qui allaient prier au tombeau de sainte Richarde, abbesse d\u2019Andlau. C\u2019est dans un des b\u00e2timents de l\u2019ancienne abbaye que le P\u00e8re Desribes avait \u00e9tabli une maison des Missions Africaines. Notre futur missionnaire y fut \u00e9l\u00e8ve de la classe de 7e. L\u2019ann\u00e9e suivante, le 28 septembre 1921, il commen\u00e7a \u00e0 Saint-Pierre ses \u00e9tudes secondaires. Il ne fit pas la classe de 6e : d\u00e8s le mois de novembre, il fit partie d\u2019un groupe d\u2019une douzaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves qu\u2019on avait mis \u00e0 part, sous la direction du P\u00e8re Brugger, pour qu\u2019ils puissent passer au bout d\u2019un an en 4e. C\u2019est ainsi qu\u2019il entra en 4e en 1922 \u00e0 Bischwiller et, apr\u00e8s 4 ans, il accomplit \u00e0 Chanly le temps du noviciat qui se termina par le serment s.m.a. le 29 juillet 1928. Il fit ses \u00e9tudes th\u00e9ologiques, au grand s\u00e9minaire \u00e0 Lyon de 1928 \u00e0 1933, avec une interruption de 18 mois pour le service militaire en 1929-1930. Il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 Lyon par Mgr Hauger, le 8 janvier 1933.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019automne suivant, le P\u00e8re Reibel partit pour la mission du Togo, et il fut affect\u00e9 \u00e0 Palim\u00e9. Il en fut heureux. C\u2019est, disait-il, la plus belle des missions actuelles au Togo. Il \u00e9tait plein de v\u00e9n\u00e9ration pour le P\u00e8re Keimer, sup\u00e9rieur de la station. D\u00e8s le d\u00e9but, il prit un grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 des \u00e9coles catholiques : les enfants sont l\u2019avenir. D\u00e8s le d\u00e9but aussi, il estimait que notre premier devoir c\u2019est de conna\u00eetre l\u2019\u00e2me du peuple auquel nous voulons donner la nouvelle du salut. Aussi s\u2019int\u00e9ressait-il \u00e0 la culture africaine et il se donnait la peine de recueillir les vieux r\u00e9cits o\u00f9 s\u2019\u00e9tait exprim\u00e9e la sagesse des anciens.<\/p>\n<p>Mais brusquement ce bel \u00e9lan du jeune missionnaire fut arr\u00eat\u00e9. Le 1er juillet 1934, malade, le P\u00e8re fut hospitalis\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Lom\u00e9. On crut d\u2019abord \u00e0 de l\u2019\u00e9rysip\u00e8le et on esp\u00e9ra que c\u2019\u00e9tait b\u00e9nin. En r\u00e9alit\u00e9 il s\u2019agissait d\u2019une septic\u00e9mie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Il avait 40\u00b0 de fi\u00e8vre et bient\u00f4t son \u00e9tat se r\u00e9v\u00e9la \u00eatre tr\u00e8s grave. La fi\u00e8vre \u00e9lev\u00e9e persistait. Il pouvait \u00e0 peine parler. Il \u00e9tait tr\u00e8s amaigri. Le cas semblait, humainement, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, il n\u2019y avait pas de possibilit\u00e9 facile de rapatriement sanitaire. Le voyage par bateau pour l\u2019Europe \u00e9tait long et fatigant et l\u2019on se demandait si le P\u00e8re Reibel, qui \u00e9tait encore en danger de mort, aurait la force de le supporter. Enfin vers la fin d\u2019ao\u00fbt, il parut \u00eatre physiquement en \u00e9tat d\u2019affronter la travers\u00e9e. Le P\u00e8re Br\u00e9diger, Provincial de Strasbourg, qui faisait la visite des missions depuis novembre 1933, se trouvait au Togo et il devait se rembarquer \u00e0 Lom\u00e9 le 3 septembre. Avec le consentement du m\u00e9decin de l\u2019h\u00f4pital, il emmena avec lui le P\u00e8re Reibel. Celui-ci \u00e9tait tr\u00e8s faible, extr\u00eamement fatigu\u00e9, il pouvait \u00e0 peine faire quelques pas. N\u00e9anmoins il n\u2019y eut pas d\u2019anicroche et l\u2019on arriva heureusement \u00e0 Marseille le 22 septembre. Il semblait m\u00eame que le malade s\u2019\u00e9tait quelque peu r\u00e9tabli, mais en m\u00eame temps \u00e9tait apparue, au cours du voyage, une p\u00e9nible cons\u00e9quence de l\u2019intoxication qui l\u2019avait atteint : le P\u00e8re devenait sourd et sa surdit\u00e9 augmentait de jour en jour.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es qui suivirent son retour furent pour le malade une suite d\u2019examens et de soins m\u00e9dicaux, une succession aussi d\u2019efforts pour s\u2019adapter \u00e0 une situation difficile, qui se prolongeait contrairement \u00e0 tout espoir. N\u00e9anmoins, le climat vivifiant de la vall\u00e9e natale et la douceur du foyer paternel parurent devoir \u00eatre les meilleurs moyens de l\u2019aider \u00e0 recouvrer la sant\u00e9. Il vint donc r\u00e9sider \u00e0 Saint-Pierre-Bois. Mais son s\u00e9jour fut entrecoup\u00e9 par plusieurs hospitalisations. Les bienfaits du repos n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9cisifs, la surdit\u00e9 persistait et des sympt\u00f4mes divers r\u00e9v\u00e9laient que le mal n\u2019\u00e9tait pas vaincu.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de janvier 1935, il se rendit pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la Clinique Sainte-Odile \u00e0 Strasbourg. Une sorte d\u2019abc\u00e8s s\u2019\u00e9tait form\u00e9 au bras, avec une enflure qui se d\u00e9veloppait. Il y retourna plusieurs fois, les abc\u00e8s se multipliant au bras, \u00e0 la jambe, au pied. Il fallait les inciser. Ils n\u2019\u00e9taient pas encore cicatris\u00e9s que d\u2019autres se pr\u00e9sentaient. Tout cela n\u2019\u00e9tait pas sans souffrance. Le P\u00e8re ne se plaignait pas. Je ne m\u2019en effraie pas, disait-il, je suis aguerri. Il \u00e9tait surtout reconnaissant des bons soins qu\u2019il recevait de la part des m\u00e9decins et des S\u0153urs infirmi\u00e8res : toute sa vie il garda le souvenir \u00e9mu des S\u0153urs qui l\u2019avaient si bien soign\u00e9 \u00e0 Strasbourg. Lorsqu\u2019il pouvait revenir dans son village, il profitait des bienfaits de la belle nature pour aider \u00e0 sa gu\u00e9rison. Le silence qui forc\u00e9ment m\u2019entoure, disait-il encore, est vivifi\u00e9 par des sorties quotidiennes dans la for\u00eat et \u00e9gay\u00e9 par les rayons du bon soleil. Il cherchait aussi \u00e0 se rendre utile. Pendant quelque temps m\u00eame la paroisse voisine de Thanvill\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficia de ses services. Le cur\u00e9 de cette paroisse \u00e9tait malade et son rempla\u00e7ant \u00e9galement. Le P\u00e8re Reibel qui ne pouvait ni entendre des confessions ni chanter des grands-messes, c\u00e9l\u00e9brait des messes sans chant, pr\u00e9sidait le chapelet et les Saluts du Tr\u00e8s-Saint Sacrement. Et constatant que les gens pr\u00e9f\u00e9raient quand m\u00eame cela \u00e0 rien du tout, me voil\u00e0, \u00e9crivait-il, r\u00e9duit au r\u00f4le de moindre mal. Disons plut\u00f4t : \u00e9tant sourd, et ne valant pas grand-chose, il se trouve que je suis encore utile \u00e0 quelque chose.<\/p>\n<p>Mais il ne voulait pas, selon son expression, ind\u00e9finiment prolonger ses vacances \u00e0 la maison. Il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 reprendre quelque service aux Missions Africaines. Une collaboration \u00e0 l\u2019administration du Missions Gl\u00f6cklein paraissant le mieux convenir \u00e0 ses aptitudes actuelles, il vint \u00e0 Haguenau, en janvier 1936. Puis, en juin 1937, il monta \u00e0 Aubure comme aum\u00f4nier du sanatorium Les Pins. Il visitait les malades, disait la messe au sanatorium voisin Les Bruy\u00e8res qui avait une chapelle et o\u00f9 se trouvaient des Religieuses. Dans ses loisirs, il \u00e9tudiait les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise et la spiritualit\u00e9, il se documentait sur les missions, car, disait-il, je fais provision, il s\u2019agit de mon retour en Afrique, je n\u2019y renonce pas.<\/p>\n<p>Mais le climat des montagnes ne l\u2019a pas encore suffisamment r\u00e9tabli, car l\u2019hiver est rude \u00e0 Aubure, situ\u00e9 \u00e0 800 m d\u2019altitude. \u00c0 la fin de janvier 1938 il retourne \u00e0 Saint-Pierre. Ayant appris la reliure, il se proposa aussi de s\u2019occuper d\u2019apiculture lorsque l\u2019occasion favorable se pr\u00e9sentera. Au mois de juin 1938, il est envoy\u00e9 \u00e0 la Clinique du Saint-Sauveur de la Rue du Bourg \u00e0 Mulhouse pour y aider l\u2019aum\u00f4nier, Mgr Waller qui, \u00e2g\u00e9 et malade, ne peut plus accomplir toutes les obligations de sa charge. Pendant quelques semaines, le P\u00e8re Reibel exerce avec z\u00e8le, de tout son pouvoir, le minist\u00e8re aupr\u00e8s des malades. Mais l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de Mgr Waller s\u2019aggravant, il fallut pourvoir la Clinique d\u2019un aum\u00f4nier valide qui puisse faire tout le travail. Le P\u00e8re Eug\u00e8ne Gasser fut alors envoy\u00e9 de Vigneulles \u00e0 Mulhouse pour exercer les fonctions d\u2019aum\u00f4nier.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Reibel ne pouvait pas assurer un service complet. Sa surdit\u00e9 \u00e9tait un obstacle insurmontable. Il avait consult\u00e9 pour cela beaucoup de m\u00e9decins auristes mais ceux-ci demeuraient impuissants face au mal. Pourtant au St\u00e4dtisches Krankenhaus de Reuchen en Bade, o\u00f9 il avait pass\u00e9 quelques semaines, le Docteur lui avait donn\u00e9 l\u2019assurance qu\u2019il entendrait de nouveau. \u00c0 Aubure, on avait per\u00e7u une am\u00e9lioration, il pouvait entendre la T.S.F. et quelques bruits acoustiques. Il \u00e9tait pass\u00e9 aussi \u00e0 l\u2019Institut des sourds-muets \u00e0 Strasbourg pour s\u2019exercer \u00e0 la lecture labiale et gr\u00e2ce \u00e0 un appareil, il commen\u00e7a d\u2019entendre de nouveau quelque peu. Il gardait un secret espoir de gu\u00e9rison. Mais lorsque le 2 janvier 1940, devant \u00eatre r\u00e9form\u00e9 du service aux arm\u00e9es, il comparut devant la facult\u00e9 m\u00e9dicale militaire, il perdit cet espoir. De fait, la possibilit\u00e9 d\u2019audition ne fit que diminuer au cours des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>En quittant Mulhouse, en automne 1938, il vint \u00e0 Vigneulles o\u00f9 il r\u00e9sida jusqu\u2019en 1946. Il pouvait y rendre de grands services dans l\u2019administration de la revue La Croix sous les Palmiers et s\u2019occuper intensivement du beau rucher que poss\u00e9dait la maison. Lorsque les Allemands expuls\u00e8rent les P\u00e8res de Vigneulles le 21 novembre 1940, le P\u00e8re Reibel \u00e9tait absent. Il revint donc \u00e0 Vigneulles et ne fut pas inqui\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Au mois de mars 1946, il vint habiter la maison de Saint-Pierre. Il devait y demeurer jusqu\u2019\u00e0 sa mort, 42 ans plus tard, le 21 mai 1988, veille de la Pentec\u00f4te. Le P\u00e8re Derr, Provincial de l\u2019Est, a bien exprim\u00e9 dans l\u2019hom\u00e9lie du jour des obs\u00e8ques ce que fut la vie du P\u00e8re Reibel et lorsqu\u2019il mentionne ses propres souvenirs il nous dit ce que furent sp\u00e9cialement les longues ann\u00e9es que notre confr\u00e8re passa \u00e0 Saint-Pierre. On aimera retrouver ici les paroles du Provincial.<\/p>\n<p>Dure \u00e9preuve pour ce jeune pr\u00eatre qui lui impose une activit\u00e9 pastorale et sacerdotale r\u00e9duite : il ne peut plus pr\u00eacher, ni donner le sacrement du pardon dans les paroisses. Toute communication avec les autres devient difficile. Sa vie est chang\u00e9e : il servira modestement, selon ses possibilit\u00e9s, \u00e0 la reliure, au rucher, en traduisant en allemand des articles pour notre revue missionnaire&#8230; Il continuera \u00e0 rayonner l\u2019\u00c9vangile autrement&#8230; Je fais partie de ces grands s\u00e9minaristes qui ont \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s par sa vaste culture et son esprit d\u2019ouverture, ici \u00e0 Saint-Pierre. Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s de nos \u00e9changes, le P\u00e8re Lucien a su nous communiquer son amour de l\u2019\u00c9glise, son \u00e9merveillement pour certaines de ses grandes figures, tel le Cardinal Newman, il a su nous faire partager la grande esp\u00e9rance que suscitait en lui le Concile Vatican II. Cette culture patiemment acquise au gr\u00e9 de ses lectures, s\u2019alliait chez lui \u00e0 une foi limpide, une foi d\u2019enfant. Je le revois encore, c\u2019\u00e9tait il y a 2-3 ans, il me montrait avec \u00e9motion son chapelet en me faisant comprendre que la pri\u00e8re \u00e9tait devenue sa seule activit\u00e9. Les larmes aux yeux, il me demandait alors de le b\u00e9nir. Son infirmit\u00e9 l\u2019avait profond\u00e9ment marqu\u00e9, mais elle ne l\u2019avait pas rendu amer. Son c\u0153ur avait gard\u00e9 une fra\u00eecheur remarquable : Je remercie le Seigneur, me confiait-il, parce qu\u2019il m\u2019a donn\u00e9 de bons et fid\u00e8les amis, il m\u2019a permis de vivre de belles et solides amiti\u00e9s.<\/p>\n<p>Et en conclusion de son hom\u00e9lie, le Provincial ajoutait qu\u2019une telle vie illustre bien la mani\u00e8re de Dieu : Dieu se sert des pauvres, des petits, des infirmes pour r\u00e9aliser son \u0153uvre, selon la le\u00e7on du Magnificat et des B\u00e9atitudes.<\/p>\n<p>Jug\u00e9e ainsi, la vie du P\u00e8re Lucien Reibel fut une vie bien remplie et fructueuse. Lui, si isol\u00e9 par sa maladie, ne fut pas enferm\u00e9 sur lui-m\u00eame car il allait volontiers \u00e0 la rencontre des autres, comme il accueillait avec une particuli\u00e8re bienveillance ceux qui allaient chez lui. L\u00e0 encore, sa conversation faisait du bien. On sentait que la paix \u00e9tait dans son c\u0153ur, avec la joie, celle qui est fruit de l\u2019Esprit. En son \u00e2me confiante et sereine, il attendait son Seigneur, depuis si longtemps d\u00e9sir\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 21 septembre 1908 \u00e0 Saint-Pierre-Boisdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 29 juillet 1928pr\u00eatre le 8 janvier&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1839,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1840","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1840"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1840\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1839"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}