{"id":2197,"date":"2015-05-06T06:59:23","date_gmt":"2015-05-06T06:59:23","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2197"},"modified":"2015-05-06T06:59:23","modified_gmt":"2015-05-06T06:59:23","slug":"le-pere-bernard-fortin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2197","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Bernard FORTIN"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1060px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2196\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/FORTIN_Bernard.jpg\" alt=\"FORTIN Bernard\" width=\"113\" height=\"142\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 25 mai 1921 \u00e0 La Flocelli\u00e8re<br \/>dans le dioc\u00e8se de Lu\u00e7on, France<br \/>membre de la SMA le 10 ao\u00fbt 1942<br \/>pr\u00eatre le 28 octobre 1947<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 23 juin 1992<\/td>\n<td>\n<p>1947-1948 Ave, professeur<br \/>1948-1962 missionnaire au B\u00e9nin, Parakou<br \/>1962-1969 missionnaire en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire, Daloa<br \/>1969-1971 Chaponost, \u00e9conome<br \/>1971-1976 missionnaire au B\u00e9nin, Natitingou<br \/>1976-1981 La Flocelli\u00e8re, en famille, retir\u00e9<br \/>1982-1992 Montournais, foyer de retraite<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Montournais, France, le 23 juin 1992,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 71 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Bernard FORTIN (1921 &#8211; 1992)<\/p>\n<p>Fils de Georges et d&rsquo;Augustine Blanchard, Bernard est n\u00e9 \u00e0 la Flocelli\u00e8re, en Vend\u00e9e, le 25 mai 1921, dans une famille de cultivateurs. Le lendemain, il est baptis\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise paroissiale Notre-Dame. Il poursuit ses \u00e9tudes secondaires au petit s\u00e9minaire dioc\u00e9sain de Chavagnes jusqu&rsquo;en 1937, puis rejoint Pont-Rousseau jusqu&rsquo;en 1940. Comme c&rsquo;est la guerre, Bernard accomplit son noviciat \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud, en Ille-et-Vilaine, d&rsquo;octobre 1940 \u00e0 ao\u00fbt 1942. Il devient membre de la SMA, le 10 ao\u00fbt 1942. Puis, c\u2019est le grand s\u00e9minaire \u00e0 Lyon, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses \u00e9tudes th\u00e9ologiques. Celles-ci seront interrompues par les Chantiers de jeunesse, \u00e0 Rumilly, d&rsquo;octobre 1942 au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1943, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital mixte de Carcassonne, jusqu&rsquo;en mars 1944. L&rsquo;aum\u00f4nier militaire \u00e9crira \u00e0 son sujet : Il a donn\u00e9 l\u2019exemple de la pi\u00e9t\u00e9, et a fait du bien, tant aux europ\u00e9ens qu&rsquo;aux indig\u00e8nes, auxquels il s&rsquo;est particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9, comme il est naturel, \u00e9tant donn\u00e9 sa vocation missionnaire. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 28 octobre 1947.<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole apostolique d&rsquo;Ave, en Belgique, il pense , tr\u00e8s vite, que cette mission d&rsquo;\u00e9ducateur de jeunes n&rsquo;est pas faite pour lui. A la suite de ses dol\u00e9ances, le Conseil provincial acc\u00e8de \u00e0 ses d\u00e9sirs, le 23 juin 1948, en le d\u00e9signant pour la pr\u00e9fecture de Parakou, plac\u00e9e sous l&rsquo;autorit\u00e9 de monseigneur Faroud. En 1954, il est rapatri\u00e9 pour un probl\u00e8me s\u00e9rieux d&rsquo;ankylostomiase. A son retour au Dahomey, nous le retrouvons \u00e0 Natitingou avec le p\u00e8re Chenevier, tous les deux, vicaires du p\u00e8re Matthieu. En 1962, le p\u00e8re, \u00e0 nouveau fatigu\u00e9, pr\u00e9pare son cong\u00e9 et parle m\u00eame de ne plus revenir. Il est d\u00e9courag\u00e9 par certaines critiques et parle d&rsquo;aller en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire. Ce serait une grande perte pour Natitingou, \u00e9crit un confr\u00e8re, car il conna\u00eet tr\u00e8s bien le pays yaabou et parle couramment la langue. En effet, il a \u00e9tudi\u00e9 celle-ci avec le concours de quelques \u00e9coliers. Devenus \u00e9tudiants, ceux-ci passeront leurs loisirs de vacances \u00e0 traduire, avec lui, les \u00c9vangiles, si bien qu&rsquo;il pourra, quelques ann\u00e9es plus tard, \u00e9diter un missel yaabou. Parmi ces \u00e9tudiants, sur lesquels il exercera une influence profonde, se distinguent Maurice Kouand\u00e9t\u00e9 et Mathieu K\u00e9r\u00e9kou, \u00e9l\u00e8ves officiers en France. En 1972, Mathieu K\u00e9r\u00e9kou s&#8217;emparera du pouvoir, et fera du Dahomey une r\u00e9publique marxiste-l\u00e9niniste, mais, n\u00e9anmoins, veillera \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation chr\u00e9tienne de ses enfants. Travailleur infatigable, le p\u00e8re Fortin est, \u00e0 cette \u00e9poque, un grand b\u00e2tisseur. La vaste \u00e9glise de Natitingou, l&rsquo;actuelle cath\u00e9drale, fut construite de ses mains, avec un man\u0153uvre qu&rsquo;il initiera \u00e0 la ma\u00e7onnerie.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les regrets de monseigneur Chopard-Lallier, pr\u00e9fet apostolique de Parakou, le p\u00e8re est autoris\u00e9 \u00e0 partir pour la C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire o\u00f9 l&rsquo;accueille monseigneur Rouanet. Il sert \u00e0 Issia, puis \u00e0 Z\u00e9o. Quand, en 1966, il sera question de transf\u00e9rer le p\u00e8re Fortin de la paroisse de Z\u00e9o (pr\u00e8s de Bangolo) \u00e0 un autre poste, la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne locale fera des pieds et des mains, pour qu&rsquo;il soit maintenu sur place. Mais, c&rsquo;est \u00e0 Guiglo que le p\u00e8re continuera son apostolat, de 1967 \u00e0 1969. Il y construit une vaste \u00e9glise, bien aid\u00e9 mat\u00e9riellement par les forestiers europ\u00e9ens, mais il est, \u00e0 nouveau, tr\u00e8s fatigu\u00e9, surtout apr\u00e8s un accident de voiture au moment de No\u00ebl. Il \u00e9tait descendu avec le p\u00e8re Isoleri \u00e0 Tabou, par la route de Ta\u00ef, ex\u00e9crable. Le chassis avait \u00e9t\u00e9 ab\u00eem\u00e9 et, lors d&rsquo;un voyage \u00e0 Du\u00e9kou\u00e9, le volant s&rsquo;\u00e9tait sectionn\u00e9 et lui \u00e9tait rest\u00e9 entre les mains. Abasourdi, il n&rsquo;a m\u00eame pas frein\u00e9, a heurt\u00e9 la paroi droite de la route et bris\u00e9 sa voiture.<\/p>\n<p>Il rentre donc en juillet 1969, et le Conseil provincial lui confie alors la charge d&rsquo;\u00e9conome \u00e0 Chaponost. Il accepte celle-ci avec humour : Aucun emp\u00eachement pour mon mariage avec la maison de Chaponost et, selon vos recommandations, je ne publie pas les bans. Il sera lyonnais jusqu&rsquo;en 1971.<\/p>\n<p>Mis \u00e0 la disposition du dioc\u00e8se de Natitingou, il se met au travail \u00e0 Partago, non loin de Djougou, et y construit une petite mission. Les gens ne sont pas riches, les chr\u00e9tiens peu nombreux, ce qui lui fait dire : Avec des qu\u00eates de 7 \u00e0 9 fr. par dimanche, je vais faire l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;un coffre-fort. Le ton est parfois plus amer, quand il regrette ce qu&rsquo;il d\u00e9signe comme un partage de ressources non \u00e9quitable, entre les diff\u00e9rentes missions.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la fatigue et la maladie qui l&rsquo;obligent \u00e0 rentrer d\u00e9finitivement en France. Il \u00e9crit, fin f\u00e9vrier 1977. Depuis que je suis en Vend\u00e9e, je me soigne pour l&rsquo;ur\u00e9mie, et des douleurs dans la r\u00e9gion lombaire m&rsquo;obligent \u00e0 un repos absolu. Ici, ma pr\u00e9sence est un peu utile \u00e0 mes parents, \u00e2g\u00e9s de 83 ans, et plus tard, je prendrai un petit travail pour vivre. Il permet ainsi \u00e0 une de ses s\u0153urs, religieuse, de rejoindre sa congr\u00e9gation. Son autre s\u0153ur, Jeanne, a travaill\u00e9 longtemps, au dioc\u00e8se de Natitingou ; elle \u00e9tait membre de la famille des S\u0153urs missionnaires cat\u00e9chistes de Menton.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de ses parents, il pr\u00e9f\u00e8re rester au pays, \u00e0 la maison de retraite de la Flocelli\u00e8re. En 1982, le p\u00e8re Fortin est admis au foyer de retraite de Montournais. Il y occupait un logement ind\u00e9pendant de deux pi\u00e8ces, assez vastes pour accumuler tout son bric \u00e0-brac de bricoleur, recevoir de nombreuses visites de ses amis, car il \u00e9tait tr\u00e8s accueillant, bon vivant. Il aimait, surtout, parler de ses souvenirs d&rsquo;Afrique, des villages de l&rsquo;Atacora qui occupaient encore son esprit et son c\u0153ur. Un ami dira, encore, \u00e0 son sujet : Il aimait la soci\u00e9t\u00e9, et masquait sa douleur par la plaisanterie. Il \u00e9tait toujours pr\u00eat \u00e0 rendre service, \u00e0 mettre ses talents de m\u00e9canicien au service de tous\u2026Mais, les derni\u00e8res ann\u00e9es de son s\u00e9jour \u00e0 Montournais, il dut renoncer \u00e0 se hisser p\u00e9niblement dans sa vieille 2 CV. pour aller prendre son repas au restaurant de la cit\u00e9 des retrait\u00e9s. Il fut r\u00e9duit \u00e0 passer d&rsquo;un fauteuil \u00e0 un autre, aux quatre coins de sa chambre, \u00e0 souffrir parfois dans les longues nuits. Dans sa solitude forc\u00e9e, il s&rsquo;\u00e9tait fait deux amis : deux petits gar\u00e7ons d&rsquo;un voisin, qui lui apportaient chaque jour son repas de midi, dont il gardait une partie pour le soir. Peut-\u00eatre lui rappelaient-ils les petits africains, si simples et si attachants.<\/p>\n<p>Le 23 juin 1992, le Seigneur vint chercher son bon et fid\u00e8le serviteur. Son ami, le p\u00e8re Roger Erhel, rel\u00e8vera dans l&rsquo;hom\u00e9lie de la messe d&rsquo;enterrement : Il ne sympathisait pas tellement avec les grands, les riches. Il \u00e9tait plus \u00e0 l&rsquo;aise avec les pauvres, les humbles, les petits. Volontairement, il a voulu vivre dans la pauvret\u00e9. On a racont\u00e9 que lors de ses obs\u00e8ques, \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, sur le premier banc, tout pr\u00e8s du cercueil du P\u00e8re, se tenait un petit gar\u00e7on, immobile, les yeux fix\u00e9s intens\u00e9ment sur le cercueil, tout le temps de la c\u00e9r\u00e9monie, sans bouger d&rsquo;un pouce. Que se passait-il dans l&rsquo;esprit et le c\u0153ur de ce petit ? Quel rendez-vous se sont-ils donn\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Lyon n\u00e9 le 25 mai 1921 \u00e0 La Flocelli\u00e8redans le dioc\u00e8se de Lu\u00e7on, Francemembre de la SMA le 10 ao\u00fbt 1942pr\u00eatre le 28&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2196,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2197","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2197\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}