{"id":2467,"date":"2015-05-24T15:38:38","date_gmt":"2015-05-24T15:38:38","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2467"},"modified":"2015-05-24T15:38:38","modified_gmt":"2015-05-24T15:38:38","slug":"le-pere-joseph-arthur-eschlimann","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2467","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Joseph Arthur ESCHLIMANN"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1072px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2466\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/ESCHLIMANN_Joseph.jpg\" alt=\"ESCHLIMANN Joseph\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 6 mars 1907 \u00e0 Flexbourg<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 27 juillet 1927<br \/>pr\u00eatre le 3 janvier 1932<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 23 juillet 1983<\/td>\n<td>\n<p>1931-1936 Lyon, licence en th\u00e9ologie, puis<br \/>Rome ; licence en \u00e9criture sainte<br \/>1936-1938 Saint-Pierre, professeur<br \/>1938-1939 \u00e9cole biblique de J\u00e9rusalem<br \/>1940-1943 Saint-Pierre, professeur<br \/>1943-1945 Saint-Jean de Bassel, cur\u00e9 et aum\u00f4nier<br \/>1946-1952 Lyon, directeur spirituel et professeur<br \/>1952-1958 au conseil provincial de la Province de Strasbourg&nbsp;<br \/>1958-1969 Lyon, puis Saint-Pierre, professeur<br \/>1969-1970 Matzenheim, aum\u00f4nier<br \/>1970-1981 Haguenau<br \/>1981-1983 Saint-Pierre, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 S\u00e9lestat, France, le 23 juillet 1983,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 76 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Joseph Arthur ESCHLIMANN (1907 &#8211; 1983)<\/p>\n<p>Joseph Arthur Eschlimann est n\u00e9 le 6 mars 1907 \u00e0 Flexbourg, paroisse du dioc\u00e8se de Strasbourg, plac\u00e9e sous le patronage de saint Hippolyte. Il est mort \u00e2g\u00e9 de 76 ans, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de S\u00e9lestat, le 23 juillet 1983.<\/p>\n<p>Voici, pr\u00e9cis\u00e9es par leurs dates, quelles furent les principales \u00e9tapes de sa vie. Il entra \u00e0 l\u2019\u00e9cole apostolique de Saint-Pierre le 5 octobre 1920, fit ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 Saint-Pierre en 1920-1921 et \u00e0 Bischwiller de 1921 \u00e0 1925. De 1925 \u00e0 1927 il est \u00e0 Chanly pour le noviciat et l\u2019\u00e9tude de la philosophie scolastique. Il fait le serment s.m.a. le 27 juillet 1927. Il est au grand s\u00e9minaire \u00e0 Lyon de 1927 \u00e0 1932, sauf pour l\u2019ann\u00e9e scolaire 1928-1929, pendant laquelle il est mis \u00e0 la disposition de l\u2019\u00e9tablissement de Haguenau et s\u2019y pr\u00e9pare au baccalaur\u00e9at, tout en donnant quelques classes d\u2019arithm\u00e9tique. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 Lyon par Mgr Moury le 3 janvier 1932.<\/p>\n<p>De 1931 \u00e0 1934, il est \u00e9tudiant aux Facult\u00e9s catholiques de Lyon et obtient le doctorat en th\u00e9ologie. Il poursuit ses \u00e9tudes, de 1934 \u00e0 1936, \u00e0 Rome, \u00e0 l\u2019Institut Biblique, qu\u2019il quitte avec la Licence en \u00c9criture Sainte.<\/p>\n<p>En 1936, la Province de l\u2019Est ouvre son grand s\u00e9minaire \u00e0 Saint-Pierre. Le P\u00e8re Eschlimann y devient professeur d\u2019\u00c9criture Sainte et d\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise. En 1938-1939, il est \u00e0 l\u2019\u00c9cole Biblique fran\u00e7aise de J\u00e9rusalem. En 1939, \u00e0 cause de la guerre, le s\u00e9minaire de Saint-Pierre est ferm\u00e9 ; le P\u00e8re est au Rozay, o\u00f9 se trouvent les novices, et il enseigne l\u2019\u00c9criture Sainte et l\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise au s\u00e9minaire de Lyon. Il rentre en Alsace en 1940 et il enseigne \u00e0 Saint-Pierre l\u2019\u00c9criture Sainte, l\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise et l\u2019Histoire de la Philosophie, cela jusqu\u2019en 1943, c\u2019est-\u00e0-dire tant qu\u2019il reste au s\u00e9minaire quelques s\u00e9minaristes qui ne soient pas mobilis\u00e9s pour la guerre. De 1943 \u00e0 1945, il est aum\u00f4nier au Couvent des S\u0153urs de la Divine Providence de Saint-Jean-de-Bassel et en m\u00eame temps administrateur de la paroisse. Il retourne au s\u00e9minaire de Lyon en 1946 ; il y est directeur spirituel et enseigne l\u2019\u00c9criture Sainte.<\/p>\n<p>En 1952, l\u2019assembl\u00e9e provinciale l\u2019\u00e9lit conseiller provincial. Il devient sup\u00e9rieur du petit s\u00e9minaire de Haguenau et professeur de philosophie. En 1954, la Province de l\u2019Est ouvre un s\u00e9minaire de philosophie au Zinswald ; le P\u00e8re Eschlimann en est le sup\u00e9rieur et y enseigne la philosophie. Ce s\u00e9minaire est ferm\u00e9 en 1958 ; le P\u00e8re retourne pour une ann\u00e9e au s\u00e9minaire de Lyon et y enseigne l\u2019\u00c9criture Sainte, l\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise et la Liturgie.<\/p>\n<p>En 1959, la Province de l\u2019Est ouvre de nouveau son s\u00e9minaire \u00e0 Saint-Pierre. Le P\u00e8re est \u00e0 Saint-Pierre de 1959 \u00e0 1969, il enseigne l\u2019\u00c9criture Sainte et l\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise. En 1968, les s\u00e9minaristes viennent suivre les cours \u00e0 la Facult\u00e9 catholique de Strasbourg et ils quittent d\u00e9finitivement Saint-Pierre en 1969. Le P\u00e8re Eschlimann est d\u2019abord, pendant l\u2019ann\u00e9e 1969-1970, aum\u00f4nier au Coll\u00e8ge Saint-Joseph des Fr\u00e8res de Matzenheim. Puis en 1970, il vient r\u00e9sider \u00e0 la maison de Haguenau et, jusqu\u2019en 1981, il est le responsable de la pastorale pour le Quartier Missions Africaines de la paroisse Saint-Georges de Haguenau. En 1981, il se retire \u00e0 la maison de retraite de Saint-Pierre.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Joseph-Arthur Eschlimann fut un excellent professeur dans les s\u00e9minaires. Il fut aussi, abondamment, auteur de conf\u00e9rences sur des sujets bibliques, pr\u00e9dicateur de retraites et de r\u00e9collections pour pr\u00eatres et religieuses, directeur d\u2019\u00e2me, pasteur dans les paroisses et les couvents. Avec quelle comp\u00e9tence, avec quel z\u00e8le il accomplit toute cette \u0153uvre spirituelle, le P\u00e8re Jean-Marie Guillaume le fit bien justement ressortir dans l\u2019hom\u00e9lie prononc\u00e9e lors des obs\u00e8ques, qui furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 Saint-Pierre le 27 juillet 1983. Dans toute son activit\u00e9, le P\u00e8re Eschlimann n\u2019avait eu pour but que de faire conna\u00eetre la Parole de Dieu dans les \u00c9critures, que de faire conna\u00eetre et aimer J\u00e9sus-Christ. Et vraiment le P\u00e8re Guillaume pouvait dire : Le P\u00e8re Eschlimann \u00e9tait un saint, passionn\u00e9 de J\u00e9sus-Christ et de sa Parole&#8230;<\/p>\n<p>On pourra lire le texte, bien vivant et circonstanci\u00e9, de l\u2019hom\u00e9lie du P\u00e8re Jean-Marie Guillaume dans le Ralliement n\u00b0 4 de 1983, aux pages 12 \u00e0 16. Une traduction en langue allemande paru dans Terre d\u2019Afrique-Messager, en janvier-f\u00e9vrier 1984, pages 5 et suivantes.<\/p>\n<p>Pour son doctorat de Th\u00e9ologie, le P\u00e8re Eschlimann avait pr\u00e9sent\u00e9 une th\u00e8se sur La Pri\u00e8re dans saint Paul. Elle a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e \u00e0 Lyon, 1934, 160 pages. Il semble que les professeurs de la Facult\u00e9 de Th\u00e9ologie auraient aim\u00e9 que le P\u00e8re explore un autre sujet. Lui-m\u00eame se rendait bien compte que pour un commen\u00e7ant, c\u2019\u00e9tait une entreprise t\u00e9m\u00e9raire d\u2019aborder l\u2019\u00e9tude de saint Paul. Cependant, c\u00e9dant \u00e0 la fascination d\u2019un sujet qui l\u2019int\u00e9ressait, il n\u2019h\u00e9sita pas \u00e0 consacrer son travail \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la pri\u00e8re paulinienne.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir donc esquiss\u00e9 les traits essentiels de la pri\u00e8re juive et de la pri\u00e8re pa\u00efenne dans le monde gr\u00e9co-romain (milieu historique de la pri\u00e8re paulinienne), il en vient \u00e0 la pri\u00e8re de saint Paul, qui est l\u2019\u00e9panouissement de la pri\u00e8re enseign\u00e9e par le Christ. Il en d\u00e9gage les caract\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux, puis les formes particuli\u00e8res qu\u2019elle prend dans la demande, dans la louange de Dieu, dans l\u2019action de gr\u00e2ces, et enfin il montre la relation de la pri\u00e8re paulinienne avec le Christ, le r\u00f4le du Christ dans la pri\u00e8re de saint Paul. L\u2019examen r\u00e9fl\u00e9chi des \u00e9p\u00eetres permet de dire que la pri\u00e8re de l\u2019ap\u00f4tre est la source de sa prodigieuse activit\u00e9. Elle est aussi le mod\u00e8le de toute pri\u00e8re chr\u00e9tienne. Et c\u2019est pourquoi le P\u00e8re \u00e9crit en conclusion : Saint Paul, h\u00e9ros de la pri\u00e8re, en est aussi le ma\u00eetre. Par un geste symbolique, le Christ lui-m\u00eame nous envoie \u00e0 cette \u00e9cole : va trouver Paul, car, voici, il prie ! (Act., 9, 11).<\/p>\n<p>En dehors de cette th\u00e8se, le P\u00e8re Eschlimann n\u2019a rien publi\u00e9, sauf un article sur La r\u00e9daction des \u00c9p\u00eetres pauliniennes, paru dans la Revue Biblique en 1946. Sans doute lui-m\u00eame aimait grandement les livres et les revues, il lisait beaucoup, il \u00e9tudiait sans cesse. Il se faisait aussi un plaisir des loisirs du dimanche soir, o\u00f9 il pourrait lire quelques pages d\u2019un beau livre. Mais la t\u00e2che \u00e0 laquelle il se donna de toutes ses forces ce ne fut pas la publication de livres ou d\u2019articles, ce fut la communication orale. Il pr\u00e9parait soigneusement par \u00e9crit ses cours, ses conf\u00e9rences, ses hom\u00e9lies. Mais c\u2019est la parole, qu\u2019il a mise au service de la gloire divine et de la conversion des c\u0153urs, une parole toute p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e d\u2019int\u00e9riorit\u00e9, d\u2019une conviction personnelle profonde, d\u2019une charit\u00e9 communicative.<\/p>\n<p>Il a tout de m\u00eame volontiers, par mani\u00e8re de charit\u00e9 fraternelle, pendant plusieurs ann\u00e9es, \u00e9crit les textes des premi\u00e8res pages de notre revue Ralliement. L\u2019ensemble de ces textes ferait un excellent recueil. Mais ils ne sont plus gu\u00e8re accessibles que dans quelque collection d\u2019archives.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d\u2019exemple, il ne sera pas inutile de donner ici des extraits d\u2019un de ces articles. On prendra celui qu\u2019il pr\u00e9senta pour la f\u00eate de la Toussaint 1963 et qu\u2019il intitula Saintet\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. (Ralliement, n\u00b0 35).<\/p>\n<p>Dans cet article, le P\u00e8re rappelle d\u2019abord qu\u2019il y a un aspect fondamental commun \u00e0 toute saintet\u00e9 authentique : c\u2019est qu\u2019elle est une participation \u00e0 la charit\u00e9 du Christ&#8230; Nous recevons tout de lui. \u00c0 chaque instant notre vie surnaturelle ou spirituelle et son \u00e9panouissement, la charit\u00e9, sont un don du Christ. Il y a donc une condition primordiale de toute saintet\u00e9. Ce sera de demeurer sous la d\u00e9pendance du Christ dans l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 son Esprit d\u2019amour. Cette condition est permanente et ne change pas selon les \u00e9poques.<\/p>\n<p>Pourtant chaque \u00e9poque a ses caract\u00e9ristiques et le style de saintet\u00e9 ne peut manquer d\u2019en \u00eatre lui aussi marqu\u00e9. On peut ainsi discerner trois tendances du monde moderne, qui influenceront sp\u00e9cialement le saint moderne : le monde de notre temps se dilate immens\u00e9ment dans toutes les dimensions, il a pris conscience que les probl\u00e8mes doivent \u00eatre envisag\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019univers. Il comprend aussi, de plus en plus, que l\u2019humanit\u00e9 est une et que les hommes doivent s\u2019unir dans une seule communaut\u00e9 humaine. Enfin, troisi\u00e8me caract\u00e8re, le monde moderne est d\u00e9mocratique. Chacun de ces trois caract\u00e8res a une influence sur le style de saintet\u00e9.<\/p>\n<p>Voici les r\u00e9flexions du P\u00e8re sur les correspondances du troisi\u00e8me caract\u00e8re du monde moderne et de la saintet\u00e9 de notre temps : la saintet\u00e9 moderne aura aussi pour caract\u00e9ristique une certaine d\u00e9mocratisation. Nous ne sommes plus gu\u00e8re sensibles, \u00e9crit le P\u00e8re, aux titres et aux costumes des dignitaires eccl\u00e9siastiques, mais \u00e0 leur bont\u00e9. Nous ne sommes plus \u00e9merveill\u00e9s par les performances asc\u00e9tiques des P\u00e8res du d\u00e9sert, mais par la charit\u00e9 de M. Vincent. Le saint moderne aspire \u00e0 une spiritualit\u00e9 simplifi\u00e9e, \u00e0 la port\u00e9e de tous. Ce n\u2019est pas seulement le costume religieux qu\u2019il veut simplifier, c\u2019est la religion ou la spiritualit\u00e9 m\u00eame. L\u2019asc\u00e8se tend \u00e0 se confondre avec la pratique fid\u00e8le et amoureuse du devoir d\u2019\u00e9tat. La mystique cherche la rencontre avec Dieu, non dans l\u2019extase, mais dans l\u2019ob\u00e9issance aux indications providentielles du moment pr\u00e9sent, sp\u00e9cialement dans l\u2019acte de charit\u00e9 qui s\u2019impose hic et nunc.<\/p>\n<p>En cela le saint moderne tient compte m\u00eame du mat\u00e9rialisme de ses contemporains. Il sait que la gloire de Dieu, \u00ab\u00a0c\u2019est que les hommes vivent\u00a0\u00bb (Saint Ir\u00e9n\u00e9e). Il professe un grand respect pour le corps, pour l\u2019hygi\u00e8ne et pour le sport. Il participe volontiers aux campagnes d\u2019aide aux pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s et de la lutte contre la faim dans le monde ; il concentre l\u2019effort de car\u00eame de son entourage sur quelque micro-r\u00e9alisation pratique. C\u2019est ainsi qu\u2019il veut incarner le message chr\u00e9tien dans quelque t\u00e9moignage concret. Il ne veut pas fuir le monde, mais s\u2019y engager, afin de le rendre plus humain. Il y aurait mille applications \u00e0 faire de cette d\u00e9mocratisation de la saintet\u00e9 moderne, depuis le plus humble service rendu \u00e0 la communaut\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019indispensable dialogue avec les sup\u00e9rieurs ou les inf\u00e9rieurs pour moderniser l\u2019ob\u00e9issance, depuis la suppression des faux ors de nos autels jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un vrai signe de croix, qui veut signifier quelque chose. En tout, le saint moderne vise la simplicit\u00e9 et la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p>Ainsi, dans la pens\u00e9e du P\u00e8re Eschlimann, la saintet\u00e9 moderne comporte, en ses caract\u00e9ristiques, des aspects bien positifs. Cependant, le P\u00e8re revient encore, en conclusion, et pour y insister, sur sa constatation premi\u00e8re. Quel que soit, \u00e9crit-il, le caract\u00e8re d\u00e9mocratique, engag\u00e9, \u0153cum\u00e9nique et optimiste de la saintet\u00e9 moderne, il faut toujours revenir \u00e0 ce qui reste primordial pour toute saintet\u00e9 authentique : la conformit\u00e9 au Christ. Or, en m\u00eame temps que l\u2019amour le plus pratique \u00e0 l\u2019\u00e9gard du prochain, le Christ n\u2019a cess\u00e9 de pr\u00eacher aussi la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un certain renoncement au monde et \u00e0 soi-m\u00eame, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une fuite du monde et d\u2019une mort \u00e0 soi.<\/p>\n<p>C\u2019est que d\u2019une part, le salut d\u00e9finitif de l\u2019homme et sa saintet\u00e9 sont d\u2019ordre surnaturel, \u00e9ternel, et que, d\u2019autre part, ce monde que nous voudrions pouvoir aimer sans arri\u00e8re-pens\u00e9e, est profond\u00e9ment d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par le p\u00e9ch\u00e9 et influenc\u00e9 par les esprits du mal. Et ce que nous disons du monde est d\u2019abord vrai de chacun de nous.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi les hommes d\u2019aujourd\u2019hui comme ceux d\u2019hier et de demain ne peuvent parvenir \u00e0 la saintet\u00e9 et au salut qu\u2019en passant par le chemin \u00e0 sens unique que le Christ nous a trac\u00e9 : le chemin de la croix. Si tant de nos contemporains ont fait des r\u00eaves de saintet\u00e9 moderne, pour aboutir \u00e0 un \u00e9chec aussi rapide que lamentable, c\u2019est qu\u2019ils ont m\u00e9connu ces conditions \u00e9l\u00e9mentaires de toute saintet\u00e9 : le renoncement et le d\u00e9passement, l\u2019humble recours \u00e0 la pri\u00e8re et aux sacrements. Faisons confiance \u00e0 l\u2019Esprit sanctificateur que le Christ nous donne pour nous rendre capables de \u00ab\u00a0juger le monde\u00a0\u00bb. Il nous apprendra \u00e0 aimer et \u00e0 faire aboutir les aspirations profondes de notre temps, mais aussi \u00e0 rejeter ce qu\u2019il y a de mauvais et de d\u00e9moniaque dans l\u2019esprit du monde. Cela n\u2019ira pas sans d\u00e9passement et un crucifiement continuel de nos propres d\u00e9sirs. C\u2019est par la croix qu\u2019il faut sauver le monde et se sanctifier soi-m\u00eame, aujourd\u2019hui comme hier. C\u2019est la saintet\u00e9 de toujours. Armons-nous de courage, le courage de l\u2019amour et le courage des saints. Quod isti et istae, cur non ego ?<\/p>\n<p>Ces quelques extraits sont loin de refl\u00e9ter toute la richesse et la vari\u00e9t\u00e9 de ces textes. Il les faudrait citer tous. Lisons du moins encore, pour terminer, un court passage de l\u2019article sur la parabole du Semeur (Ralliement n\u00b0 29, f\u00e9vrier 1963).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re qualit\u00e9 que Dieu d\u00e9sire trouver en nous, c\u2019est une certaine disposition d\u2019accueil, l\u2019\u00e9veil \u00e0 sa venue et l\u2019attention \u00e0 sa pr\u00e9sence, un c\u0153ur ouvert et spontan\u00e9ment accueillant pour tous ses d\u00e9sirs de p\u00e8re et d\u2019ami, une attitude habituelle d\u2019oblation de nous-m\u00eames qui nous porte au-devant du Semeur divin. Mais lorsque le Seigneur a f\u00e9cond\u00e9 notre esprit par la semence de sa gr\u00e2ce, il faut &#8211; \u00e0 l\u2019exemple de sa bienheureuse M\u00e8re &#8211; retenir et savourer en notre c\u0153ur \u00ab\u00a0omnia verba haec\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019exclusion de beaucoup d\u2019autres. Saint Jean de la Croix nous parle d\u2019une indispensable purification de la m\u00e9moire. Nous avons tort de retenir et de ruminer en notre esprit mille pens\u00e9es ou souvenirs inutiles, mille pr\u00e9occupations nuisibles, \u00e9go\u00efstes et mondaines, qui \u00e9touffent la pens\u00e9e de Dieu, le souvenir de sa pr\u00e9sence. Le moyen par excellence pour progresser dans la vie spirituelle, n\u2019est-ce pas le souvenir habituel de la pr\u00e9sence divine et l\u2019attention affectueuse \u00e0 ses d\u00e9sirs ? Pour y r\u00e9ussir, il suffit d\u2019un peu d\u2019amour, car l\u2019homme pense spontan\u00e9ment \u00e0 ce qu\u2019il aime&#8230;<\/p>\n<p>Telles sont quelques-unes de pens\u00e9es que le P\u00e8re Eschlimann proposait \u00e0 notre m\u00e9ditation. Peut-\u00eatre, s\u2019agissant ici d\u2019une simple esquisse biographique, quelqu\u2019un trouvera-t-il un peu longues les citations de textes d\u00e9j\u00e0 anciens ? Du moins ont-elles l\u2019avantage de nous faire mieux conna\u00eetre notre confr\u00e8re et de nous montrer quelque chose de la qualit\u00e9 de son \u00e2me : ce qu\u2019il disait pour le bien des autres, il \u00e9tait tr\u00e8s attentif \u00e0 le faire passer dans sa vie. Ces textes sont encore \u00e0 notre m\u00e9moire le rappel agr\u00e9able d\u2019une voix amie et fraternelle, une voix qui nous invitait, avec saint Paul, \u00e0 rechercher les choses d\u2019en haut, o\u00f9 le Christ est assis \u00e0 la droite de Dieu, \u00e0 penser aux choses d\u2019en haut, non \u00e0 celles qui sont sur la terre. Ainsi, au demeurant, notre bienveillant lecteur n\u2019aura pas perdu son temps \u00e0 la lecture de ces textes et je pense que, de surcro\u00eet, il y aura pris plaisir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 6 mars 1907 \u00e0 Flexbourgdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 27 juillet 1927pr\u00eatre le 3 janvier&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2466,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2467","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2467","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2467"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2467\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2466"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2467"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2467"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2467"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}