{"id":2491,"date":"2015-05-25T14:38:40","date_gmt":"2015-05-25T14:38:40","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2491"},"modified":"2015-05-25T14:38:40","modified_gmt":"2015-05-25T14:38:40","slug":"le-pere-fernand-bioret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2491","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Fernand BIORET"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1083px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2490\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/BIORET_Fernand.jpg\" alt=\"BIORET Fernand\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 2 octobre 1923 \u00e0 Saint-Andr\u00e9-des Eaux<br \/>dans le dioc\u00e8se de Nantes (France)<br \/>membre de la SMA le 6 juillet 1946<br \/>pr\u00eatre le 28 octobre 1949<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 25 juillet 2012<\/td>\n<td>\n<p>1950-1951 Parakou, vicaire<br \/>1951-1953 Ou\u00e9nou (Parakou), vicaire<br \/>1953-1954 Kandi, vicaire<br \/>1954 Pont-Rousseau, professeur et pr\u00e9fet de discipline<br \/>1954-1955 Lyon, 150, charg\u00e9 des foires<br \/>1955-1956 Porto-Novo, vicaire<br \/>1956-1958 Bemb\u00e9r\u00e9k\u00e9 (Parakou), cur\u00e9<br \/>1958 Parakou, vicaire<br \/>1958-1959 Djougou, vicaire<br \/>1960-1962 Nikki (Parakou), cur\u00e9<br \/>1982-1987 Chamali\u00e8res, procureur<br \/>1987-1998 Paris, Crillon, procureur<br \/>1998-2000 Rez\u00e9, services \u00e0 la maison<br \/>2000-2008 Rez\u00e9, procureur<br \/>2009-2012 Montferrier, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Montpellier le 25 juillet 2012,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 88 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Fernand Louis Jean-Baptiste BIORET (1923-2012)<\/p>\n<p>Il est n\u00e9 en 1923 \u00e0 Saint-Andr\u00e9-des-Eaux, dioc\u00e8se de Nantes, dans une famille de cultivateurs profond\u00e9ment chr\u00e9tienne. Ils sont quatre gar\u00e7ons dans la famille et une petite s\u0153ur est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le jour de sa naissance. Quand on demandait au jeune Fernand quelle \u00e9tait la situation \u00e9conomique de sa famille, il r\u00e9pondait :\u00a0\u00bbMes parents sont des travailleurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il rentre \u00e0 Pont-Rousseau, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Dorg\u00e8re, en classe de 6e en 1935 et y reste pendant toute sa scolarit\u00e9 jusqu&rsquo;en 1942. Il obtient les deux baccalaur\u00e9ats, option latin grec. Il fait alors son noviciat \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud pendant deux ans, mais contrairement \u00e0 plusieurs de ses confr\u00e8res qui ont fait leur premier serment en 1944, il attendra encore deux ans avant de faire son premier engagement. En effet, en 1944-1945, il est enferm\u00e9 dans la poche de Saint-Nazaire avec les Allemands et il note avec humour qu&rsquo;il passe 13 mois en civil dans le dioc\u00e8se de Nantes. Il fera ensuite 9 mois de service militaire dans l&rsquo;ouest de la France &#8211; il est bless\u00e9 \u00e0 Tours en service command\u00e9 en ao\u00fbt &#8211; et ce n&rsquo;est qu&rsquo;en avril 1946 qu&rsquo;il peut rejoindre le 150. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il devient officiellement membre de la Soci\u00e9t\u00e9. A la fin de son s\u00e9minaire, il est not\u00e9 ainsi : \u00ab\u00a0paisible, calme, docile, aptitude pour le dessin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1950, il re\u00e7oit la nomination suivante : \u00ab\u00a0Nous avons le plaisir de vous faire savoir que le Conseil provincial vous a affect\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9fecture de Parakou, au Dahomey. [\u2026] Vous allez \u00eatre \u00e0 m\u00eame de faire vos premi\u00e8res armes de jeune missionnaire en terre d&rsquo;Afrique ; soyez heureux !\u00a0\u00bb (15\/03\/50) Si l&rsquo;on excepte une ann\u00e9e, 1954-1955, qu&rsquo;il passe en France dans divers postes, on constate qu&rsquo;il passe plus de trente ans de sa vie au Dahomey devenu B\u00e9nin, et ces longues ann\u00e9es peuvent se diviser en deux. Les dix premi\u00e8res ann\u00e9es, jusqu&rsquo;en 1960, il est ce qu&rsquo;on pourrait appeler un \u00ab\u00a0missionnaire itin\u00e9rant\u00a0\u00bb : il change 7 fois de poste : illustration sans doute de ce qu&rsquo;on \u00e9crivait de lui au grand s\u00e9minaire o\u00f9 l&rsquo;on avait remarqu\u00e9 sa docilit\u00e9 : il passe successivement 1 an \u00e0 Parakou, 2 ans \u00e0 Ou\u00e9nou, moins d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 Kandi, 1 an \u00e0 Porto-Novo, 2 ans \u00e0 Bemb\u00e9r\u00e9k\u00e9, encore 3 mois \u00e0 Parakou puis 1 an \u00e0 Djougou. Tous ces changements ne l&#8217;emp\u00eachent pas de travailler la langue bariba parl\u00e9e dans le nord du pays ; il en deviendra un expert et cela lui sera bien pr\u00e9cieux quand il deviendra le cur\u00e9 de Nikki.<\/p>\n<p>Dans le cours de ces dix ann\u00e9es, il faut inclure une p\u00e9riode d&rsquo;une dizaine de mois qu&rsquo;il passe en France en 1954-1955, \u00e0 la suite de son premier cong\u00e9. Il sera tour \u00e0 tour professeur et pr\u00e9fet de discipline aux Naudi\u00e8res, aum\u00f4nier des s\u0153urs de Menton \u00e0 Lamure-sur-Azergues, puis charg\u00e9 des foires au 150. Il avait certainement besoin de prendre un peu de repos et ses sup\u00e9rieurs ont profit\u00e9 de lui selon les demandes du moment dans les maisons de la Province.<\/p>\n<p>Quand il quitte Djougou o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 durant une ann\u00e9e le vicaire du p\u00e8re Yves Rocher, il est nomm\u00e9 \u00e0 Nikki, et c&rsquo;est l\u00e0 que son nom va rester : Fernand Bioret, c&rsquo;est Nikki. Seul dans cette mission, sans vicaire, il va y rester pendant 22 ans sans discontinuer. Fond\u00e9e en 1948, la mission est loin d&rsquo;avoir toutes les infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 son bon fonctionnement, et le p\u00e8re va mettre toutes ses qualit\u00e9s manuelles au service de ses r\u00e9alisations : construction de son \u00e9glise (il quittera Nikki sans l&rsquo;avoir termin\u00e9e), construction aussi de chapelles dans les villages, constructions d&rsquo;\u00e9coles. D&rsquo;ailleurs qui n&rsquo;a pas fait appel \u00e0 ses connaissances en mati\u00e8re de construction ? Il \u00e9crit lui-m\u00eame qu&rsquo;il rend des services aux confr\u00e8res pour des plans d&rsquo;\u00e9glise: Bohicon, Kouand\u00e9, Dompago, Tchaourou, Fo Bour\u00e9, Tobr\u00e9, Manta, Parakou, S\u00e9rarou, Gogounou. \u00ab\u00a0Les fondations de mon \u00e9cole sont \u00e0 niveau, ainsi que la dalle ; je pense qu&rsquo;au mois de juin prochain, je serai sous les t\u00f4les. Dix ans d&rsquo;apatam, \u00e7a suffit.\u00a0\u00bb (11\/10\/70) Il trouve cependant que les r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9cole catholique ne sont pas satisfaisants. Pourtant il ajoute, \u00ab\u00a0Un ancien \u00e9l\u00e8ve chr\u00e9tien \u00e0 rassembl\u00e9 30 \u00e0 40 jeunes gens, cultivateurs comme lui, et ils font r\u00e9guli\u00e8rement la pri\u00e8re, un peu d&rsquo;\u00e9tude de religion, et quelques rares font du fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb Il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la culture attel\u00e9e, et il voudrait y int\u00e9resser ses paroissiens : \u00ab\u00a0Je continue la culture attel\u00e9e et, au d\u00e9but du mois, j&rsquo;ai achet\u00e9e trois \u00e2nes\u2026\u00a0\u00bb (m\u00eame lettre) Il avoue bien cependant que \u00ab\u00a0le travail est ingrat \u00e0 Nikki. [\u2026] Ici, il faut se r\u00e9p\u00e9ter : autre est le semeur, autre le moissonneur.\u00a0\u00bb (09\/08\/70)<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, pendant son cong\u00e9, il a suivi les trois mois de recyclage \u00e0 l&rsquo;Arbresle, et il en parlera de fa\u00e7on tr\u00e8s positive, lorsqu&rsquo;il retrouvera au B\u00e9nin l&rsquo;un des conf\u00e9renciers : \u00a0\u00bb A Fo-Bour\u00e9, nous avons retrouv\u00e9 l&rsquo;un de nos conf\u00e9renciers de l&rsquo;Arbresle en 1969, le p\u00e8re Biot ; c&rsquo;est toujours avec plaisir que je relis mes notes de ce stage th\u00e9ologique inoubliable \u00e0 bien des points de vue. Pour la premi\u00e8re fois, durant la retraite de cette ann\u00e9e, j&rsquo;ai lu Karl Rahner, sur l&rsquo;Eucharistie, Je regrette de ne pas l&rsquo;avoir connu plus t\u00f4t.\u00a0\u00bb (09\/08\/71)<\/p>\n<p>Le 9 f\u00e9vrier 1978, le p\u00e8re Domas, provincial, lui \u00e9crit pour lui demander s&rsquo;il ne voudrait pas prendre la direction du nouveau mus\u00e9e r\u00e9nov\u00e9. En r\u00e9ponse, il parle de son travail, de sa fatigue et il conclut: \u00ab\u00a0Je suis d\u00e9sol\u00e9 de te d\u00e9cevoir, mais vraiment je ne suis pas l&rsquo;homme de la situation, et mon retour n&rsquo;est pas pr\u00e9visible avant un certain temps. \u00a0\u00bb (27\/02\/78) En 1981, il se d\u00e9sole, parce que l&rsquo;\u00e9glise de Nikki n&rsquo;est toujours pas termin\u00e9e. Un jour il n&rsquo;y pas moyen de trouver du ciment, un autre jour il cherche des menuisiers et \u00ab\u00a0l&rsquo;herbe pousse dans le sanctuaire \u00a0\u00bb [\u2026] l&rsquo;ouvrier qui faisait des briques a \u00e9migr\u00e9 vers d&rsquo;autres travaux sans laisser d&rsquo;adresse, On a les bras coup\u00e9 sur toute la ligne. Je ne peux plus recevoir les amis comme je voudrais, car je suis seul et peu comp\u00e9tent pour la cuisine. \u00a0\u00bb (14\/06\/81) Dans plusieurs de ses lettres, on voit que le probl\u00e8me de son \u00e9glise inachev\u00e9e le tracasse.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 que le provincial revient \u00e0 la charge en 1982, et cette fois il lui propose le poste de procureur \u00e0 Chamali\u00e8res : \u00ab\u00a0Evidemment, ce n&rsquo;est pas la Bretagne, ce n&rsquo;est que l&rsquo;Auvergne.\u00a0\u00bb (05\/03\/82) Il r\u00e9pond qu&rsquo;il est d&rsquo;accord, mais qu&rsquo;il regrette de devoir partir sans finir son \u00e9glise, et il ajoute: Les chr\u00e9tiens d&rsquo;ici m&rsquo;ont tourn\u00e9 le dos comme un seul homme, lorsque je leur ai annonc\u00e9 que je partais cette ann\u00e9e sans finir l&rsquo;\u00e9glise. Ils ont cess\u00e9 les cotisations mensuelles pour l&rsquo;\u00e9glise, ininterrompues depuis janvier 1976. Aucun chr\u00e9tien n&rsquo;a mis le pied \u00e0 la mission depuis d\u00e9but janvier. Le seul ami qui me reste est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;ennemi public. [\u2026] L&rsquo;ambiance n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement \u00e0 la joie. Quelle apoth\u00e9ose pour une carri\u00e8re de 32 ans d&rsquo;Afrique ! L&rsquo;avantage, c&rsquo;est que je ferai l&rsquo;\u00e9conomie des regrets et des adieux d\u00e9chirants. [\u2026] J&rsquo;ai au moins un avantage sur mon ex voisin de Ou\u00e9nou ; je n&rsquo;aurai pas \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 dehors sans pr\u00e9avis, par l&rsquo;unanimit\u00e9 fraternelle des chers confr\u00e8res. \u00a0\u00bb (28\/03\/82)<\/p>\n<p>Il est donc nomm\u00e9 responsable de la procure de Chamali\u00e8res en remplacement de Jean Driot. Il accepte la procure, mais il dit qu&rsquo;il n&rsquo;en veut en aucun cas la responsabilit\u00e9. Pourtant, en 1984, il est renomm\u00e9 pour deux ans. En 1986, il demande \u00e0 quitter Chamali\u00e8res et \u00e0 se rapprocher de chez lui ou m\u00eame \u00e0 aller \u00e0 Baudonne. La r\u00e9ponse du Conseil, qui veut le nommer \u00e0 Paris, alors qu&rsquo;il d\u00e9sirerait aller \u00e0 Rez\u00e9, lui fait r\u00e9pondre lui-m\u00eame ensuite: \u00ab\u00a0La r\u00e9ponse du Conseil ne m&rsquo;a pas tellement surpris, car j&rsquo;ai l&rsquo;habitude de n&rsquo;\u00eatre pas entendu, C&rsquo;est la troisi\u00e8me fois, dans ma vie, que je me permets de faire des suggestions \u00e0 mes sup\u00e9rieurs, et c&rsquo;est aussi la troisi\u00e8me fois que j&rsquo;obtiens la m\u00eame r\u00e9ponse. Ce que j&rsquo;ai remarqu\u00e9, c&rsquo;est que ceux qui parlent fort obtiennent ce qu&rsquo;ils veulent et il arrive m\u00eame qu&rsquo;on leur demande ce qu&rsquo;ils d\u00e9sirent. [\u2026] Les gens silencieux sont condamn\u00e9s \u00e0 d\u00e9panner les autres.\u00a0\u00bb (11\/05\/86) Bien s\u00fbr, il va accepter de rester encore un peu pour mettre le p\u00e8re S\u00e9bilo au courant. Finalement, il est nomm\u00e9 \u00e0 la rue Crillon o\u00f9 il trouvera une communaut\u00e9 plus nombreuses qu&rsquo;\u00e0 Chamali\u00e8res, (14\/06\/87) et il va demeurer 11 ans. Au bout de quatre ans, il demande \u00e0 aller \u00e0 Rez\u00e9. \u00ab\u00a0Si on m&rsquo;oblige \u00e0 rester \u00e0 Paris, ce sera contre mon gr\u00e9. Il est temps que je m&rsquo;en aille pour des raisons personnelles. (16\/01\/91) Pourtant, la vie parisienne ne lui d\u00e9plaisait pas. En homme cultiv\u00e9, il aimait sortir pour aller au th\u00e9\u00e2tre, au cin\u00e9ma, visiter des expositions ; son c\u00f4t\u00e9 artistique y trouvait son compte.<\/p>\n<p>En 1991, il est renomm\u00e9 pour trois ans, puis encore en 1994. En 1997, le Conseil lui promet de lui trouver un rempla\u00e7ant pour l&rsquo;ann\u00e9e suivante. De fait, le 14 mai 1998, il re\u00e7oit sa nomination pour la maison de Rez\u00e9, avec le p\u00e8re Perrochaud comme responsable. Pendant deux ans, \u00ab\u00a0sans nomination pour un service pr\u00e9cis dans la Province\u00a0\u00bb, il va rendre divers services dans la maison et prendra en charge l&rsquo;aum\u00f4nerie de la clinique Saint-Paul. En 2000, il est nomm\u00e9 procureur, et charg\u00e9 de r\u00e9pondre aux bienfaiteurs. Avec une r\u00e9gularit\u00e9 exemplaire, on le voyait chaque matin prendre tr\u00e8s rapidement le petit d\u00e9jeuner, puis monter en voiture pour aller \u00e0 la poste chercher le courrier du jour. Il ne pouvait pas attendre la lev\u00e9e du facteur qui ne venait que tard dans la matin\u00e9e ! Il disposait ainsi rapidement des lettres auxquelles il devait r\u00e9pondre et du journal o\u00f9 il prenait, en premier lieu, connaissance des d\u00e9c\u00e8s de la r\u00e9gion. Il aimait aussi, de temps en temps, aller passer quelques jours dans sa maison de Saint-Nazaire, mais sur les conseils de ses confr\u00e8res, il ne conduisait plus en ville. Il prenait sa voiture pour aller \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat du tramway, puis prenait le tram pour aller \u00e0 la gare.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il a commenc\u00e9 \u00e0 avoir des probl\u00e8mes de sant\u00e9, le Conseil provincial lui a propos\u00e9 d&rsquo;aller \u00e0 Montferrier o\u00f9 il serait bien suivi. Il rejoint la maison de retraite en 2009 : il a d\u00e9j\u00e0 plus de 85 ans. Il va y passer moins de trois ans. Avec Fernand Bioret, dispara\u00eet l&rsquo;un des pionniers de l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation du nord B\u00e9nin, l&rsquo;un des semeurs des graines qui germent aujourd&rsquo;hui.<br \/>__________<\/p>\n<p>Voici maintenant deux t\u00e9moignages qui permettent de mieux conna\u00eetre l&rsquo;homme :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0[\u2026] J\u2019ai eu la joie de conna\u00eetre le P\u00e8re Bioret durant trois ans alors que j\u2019\u00e9tais jeune pr\u00eatre en recherche d\u2019exp\u00e9rience pastorale. C\u2019\u00e9tait \u00e0 une \u00e9poque difficile pour notre Eglise locale en raison de la R\u00e9volution b\u00e9ninoise qui avait nationalis\u00e9 les \u00e9coles priv\u00e9es. Le P\u00e8re Bioret avait mis son c\u0153ur dans l\u2019enseignement pour atteindre les \u00e2mes. Cette nationalisation a \u00e9t\u00e9 pour lui comme si on lui avait coup\u00e9 les mains et les pieds\u2026<br \/>Cependant, en dehors de l\u2019artiste vaillant qu\u2019on lui reconna\u00eet et du b\u00e2tisseur de chapelles, le P\u00e8re Bioret reste un champion de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de la promotion humaine. Il est peut-\u00eatre parti d\u00e9\u00e7u \u00e0 l\u2019instar de J\u00e9r\u00e9mie ; mais ce qu\u2019il a sem\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre vain. C\u2019est bien lui qui a traduit toute la cat\u00e9ch\u00e8se de l\u2019\u00e9poque en langue locale, et j\u2019en ai longuement profit\u00e9. En outre, nombreuses sont les \u00e9lites du nord que sa mission a marqu\u00e9es. Ses \u00e9l\u00e8ves ne sont peut-\u00eatre pas tous devenus chr\u00e9tiens, mais il ont gard\u00e9 le souvenir de l\u2019homme qui les aimaient et qui souhaitaient vraiment qu\u2019ils deviennent l\u2019espoir de leur nation. L\u2019annonce de sa mort ne peut pas ne pas faire fr\u00e9mir les c\u0153urs et provoquer une demande de pardon en sa faveur. Le Seigneur sait se servir des lignes bris\u00e9es que nous sommes pour sa plus grande gloire. Pour moi personnellement, il demeure un grand homme et un vaillant ap\u00f4tre ; et je ne crois pas que ceux qui l\u2019ont c\u00f4toy\u00e9 le d\u00e9mentiraient.<br \/>Nous rendons gr\u00e2ce au Seigneur de nous avoir donn\u00e9 un c\u0153ur dilat\u00e9 aux dimensions du monde, qui ne faisait vraiment pas acception des personnes qu\u2019il consid\u00e9rait comme des hommes et des femmes aim\u00e9s de Dieu \u00e0 lui confi\u00e9s pour qu\u2019il en fasse des \u00eatres matures. Puisse le Seigneur lui accorder maintenant la r\u00e9compense promise aux serviteurs fid\u00e8les ! [\u2026] \u00a0\u00bb (un membre du clerg\u00e9 b\u00e9ninois)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il rejoint aupr\u00e8s du Seigneur tous les vieux amis du pays Baatonu au Borgou: Jean Prigent, Andr\u00e9 Roux, Jean Potiron, Andr\u00e9 Guillard, Yves Lagoutte, Roger Erhel qui l&rsquo;a remplac\u00e9 comme vicaire de D\u00e9sir\u00e9 Cuq \u00e0 Parakou, Roger Barthelemy dont il a \u00e9t\u00e9 le vicaire \u00e0 Ouenou, Paul Baudu qu&rsquo;il a remplac\u00e9 \u00e0 Nikki, Ren\u00e9 Lemasson qui lui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Nikki.<br \/>Je suis all\u00e9 le visiter r\u00e9cemment et, alors qu&rsquo;il ne me reconnaissait pas, lorsque j&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 mes tourn\u00e9es de village de la paroisse de Bemb\u00e9r\u00e9ke qui me ramenaient r\u00e9guli\u00e8rement de Bwanri \u00e0 Nikki par des voies seulement praticables en mobylette il s&rsquo;est mis \u00e0 \u00ab\u00a0sourire\u00a0\u00bb, \u00e0 retrouver la m\u00e9moire et \u00e0 \u00e9voquer biens des d\u00e9tails que j&rsquo;avais moi-m\u00eame oubli\u00e9s. Son accueil \u00e9tait des plus chaleureux, avec une bonne, tr\u00e8s bonne table pour la circonstance, m\u00eame s&rsquo;il \u00e9voquait souvent des blessures dont il ne semblait pas se remettre. [\u2026] Son excellente ma\u00eetrise de la langue Baatonu, il l&rsquo;avait acquise contre vents et mar\u00e9es au sein de l&rsquo;Eglise.<br \/>Excellent \u00ab\u00a0ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole\u00a0\u00bb il avait orient\u00e9 toute sa vie missionnaire par la perfection de son enseignement au service des enfants du pays, Baribas et Gandos, qu&rsquo;il voulait amener aux r\u00eanes de la vie civile (et il y est arriv\u00e9). Il \u00e9tait tr\u00e8s critique au sujet des \u00ab\u00a0marabouts\u00a0\u00bb m\u00eame devant eux et dans leur langue, car il d\u00e9non\u00e7ait de r\u00e9els m\u00e9faits, toutefois il se mettait en quatre \u00e0 leur service et au service de leurs enfants et de leurs familles. J&rsquo;en ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin souvent en allant le visiter \u00e0 Nikki. [\u2026] (un confr\u00e8re de la Soci\u00e9t\u00e9)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon n\u00e9 le 2 octobre 1923 \u00e0 Saint-Andr\u00e9-des Eauxdans le dioc\u00e8se de Nantes (France)membre de la SMA le 6 juillet 1946pr\u00eatre le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2490,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2491","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2491","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2491"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2491\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2490"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2491"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2491"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2491"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}