{"id":2584,"date":"2015-06-22T07:57:34","date_gmt":"2015-06-22T07:57:34","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2584"},"modified":"2015-06-22T07:57:34","modified_gmt":"2015-06-22T07:57:34","slug":"le-pere-jean-dauphin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2584","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Jean DAUPHIN"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash; Province de Strasbourg<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 217px; width: 800px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2583\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DAUPHIN.jpg\" alt=\" DAUPHIN\" width=\"181\" height=\"237\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\" \/><\/td>\n<td>n&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1907 &agrave; Th&eacute;ding<br \/>dans le dioc&egrave;se de Metz, France<br \/>membre de la SMA le 28 juillet 1929<br \/>pr&ecirc;tre le 6 janvier 1934<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1972<\/td>\n<td>\n<p>1934-1935 propagandiste en Moselle<br \/>1937-1942 missionnaire au Togo<br \/>1943-1945 aum&ocirc;nier militaire<br \/>1945-1961 missionnaire au Togo<br \/>1961-1972 Forbach, aum&ocirc;nier d&rsquo;h&ocirc;pital<\/p>\n<p>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; Forbach, France, le 5 ao&ucirc;t 1972,<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 65 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le p&egrave;re Jean DAUPHIN (1907 &#8211; 1972)&nbsp;(<a href=\"#temoignage\">voir aussi le t&eacute;moignage de Mgr Joseph Strebler<\/a>)<\/strong><\/p>\n<p>Jean Dauphin est n&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1907 &agrave; Th&eacute;ding, village des environs de Forbach, au dioc&egrave;se de Metz. Il &eacute;tait l&rsquo;a&icirc;n&eacute; d&rsquo;une famille de cinq enfants. Ses parents &eacute;taient agriculteurs. &Eacute;l&egrave;ve au Coll&egrave;ge &eacute;piscopal et s&eacute;minaire dioc&eacute;sain de Bitche, de 1920 &agrave; 1926, il termina ses &eacute;tudes secondaires &agrave; l&rsquo;&eacute;cole apostolique des Missions Africaines &agrave; Bischwiller en 1926-1927, fit ses &eacute;tudes de philosophie et son temps de noviciat &agrave; Chanly en 1927-1929, et ses &eacute;tudes th&eacute;ologiques au s&eacute;minaire s.m.a. de Lyon, en 1930-1934. Il fut ordonn&eacute; pr&ecirc;tre le 6 janvier 1934, &agrave; Lyon. Il &eacute;tait entr&eacute; dans la s.m.a. par le serment le 28 juillet 1929. Il avait fait une ann&eacute;e de service militaire &agrave; Strasbourg, en 1929-1930.<\/p>\n<p><strong>&Agrave; sa sortie du s&eacute;minaire,<\/strong> il fut d&rsquo;abord nomm&eacute; recruteur et propagandiste en Moselle, et c&rsquo;est en exer&ccedil;ant ces fonctions d&rsquo;animation missionnaire qu&rsquo;il passa l&rsquo;ann&eacute;e scolaire 1934-1935, la maison de Vigneulles &eacute;tant son point d&rsquo;attache. Il obtint ensuite d&rsquo;&ecirc;tre envoy&eacute; en missions. Il faisait partie d&rsquo;un groupe de dix-huit confr&egrave;res qui s&rsquo;embarqu&egrave;rent &agrave; Marseille &agrave; l&rsquo;automne 1935. Faisant escale &agrave; Freetown, ils all&egrave;rent se recueillir sur les tombes de nos premiers missionnaires. Puis &agrave; Port-Bouet, le 5 novembre, dix confr&egrave;res d&eacute;barqu&egrave;rent pour gagner les missions de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire. Les huit autres, parmi lesquels le P&egrave;re Dauphin, continuant leur route, arriv&egrave;rent le 7 novembre 1935 &agrave; Lom&eacute;, terme de leur voyage.<\/p>\n<p><strong>Le P&egrave;re Dauphin a not&eacute; avec &eacute;motion le chaleureux accueil<\/strong> qui fut r&eacute;serv&eacute; aux nouveaux arrivants. Plusieurs P&egrave;res vinrent les saluer &agrave; bord du navire. Puis, &agrave; terre, le P&egrave;re Riebstein les attendait avec les 1 500 &eacute;coliers de la mission et une foule de gens qui manifestaient leur joie. Aux accents des instruments de musique et au son du tambour, on se dirigea vers la r&eacute;sidence des missionnaires. L&agrave;, Mgr Steinmetz, qui &eacute;tait alors &agrave; Lom&eacute;, accueillit les jeunes missionnaires en leur souhaitant la bienvenue. La bienvenue dans notre ch&egrave;re Afrique, &eacute;crit le P&egrave;re Dauphin qui, selon ce qu&rsquo;il ajoute, esp&eacute;rait bien maintenant se rendre digne de la faveur qui lui avait &eacute;t&eacute; faite d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; envoy&eacute; en Afrique.<\/p>\n<p><strong>Les nouveaux missionnaires re&ccedil;urent leurs affectations<\/strong> et gagn&egrave;rent leurs missions respectives. Le P&egrave;re Dauphin, destin&eacute; &agrave; Bassari, dut rester quelques semaines &agrave; Lom&eacute;, attendant le sup&eacute;rieur de la mission, le P&egrave;re Kennis, qui devait l&rsquo;emmener avec lui au Nord Togo, dans le courant du mois de d&eacute;cembre.<\/p>\n<p>Bassari (qui s&rsquo;appellerait ult&eacute;rieurement Bassar), &eacute;tait le centre d&rsquo;un district missionnaire d&rsquo;environ 6 000 km2. Le P&egrave;re Kennis &eacute;tait venu s&rsquo;y &eacute;tablir un peu plus de deux ans auparavant, le 31 mars 1933. Lorsque le P&egrave;re Dauphin lui fut adjoint comme auxiliaire, c&rsquo;&eacute;tait donc une mission commen&ccedil;ante. Il y avait &agrave; peine une trentaine de chr&eacute;tiens et une centaine de cat&eacute;chum&egrave;nes. Le travail n&rsquo;allait pas manquer pour annoncer l&rsquo;&Eacute;vangile.<\/p>\n<p><strong>Le jeune vicaire se montra, d&egrave;s le d&eacute;but, tel qu&rsquo;il serait<\/strong> tout au long de sa carri&egrave;re missionnaire, tr&egrave;s d&eacute;vou&eacute; au service des &acirc;mes, plein de z&egrave;le, d&rsquo;une grande pi&eacute;t&eacute;, travaillant inlassablement et se d&eacute;pensant chaque jour avec une remarquable patience. Sous la direction du P&egrave;re Kennis, il s&rsquo;initie &agrave; la pastorale missionnaire. Il &eacute;tudie la langue du pays, laquelle, avoue-t-il, lui para&icirc;t des plus compliqu&eacute;es. Mais il s&rsquo;y fait peu &agrave; peu. Avec toutes gens, il entretient d&rsquo;excellents rapports ; les chr&eacute;tiens l&rsquo;aiment. Il se pla&icirc;t &agrave; merveille, dit-il, &agrave; Bassari. On est alors en train de construire une &eacute;glise et cela est un gros souci pour les missionnaires. Mais des centaines de personnes viennent assister &agrave; la messe le dimanche : une &eacute;glise est indispensable. Celle de Bassari fut termin&eacute;e et inaugur&eacute;e en juillet 1937. Elle mesurait 33 m de long sur 12 m de large. C&rsquo;&eacute;tait la plus belle et la plus grande de tout le Nord Togo.<\/p>\n<p><strong>Le 18 mai 1937, le nord du Togo fut &eacute;rig&eacute; en Pr&eacute;fecture Apostolique<\/strong>, par division du Vicariat Apostolique du Togo, et il devint la Pr&eacute;fecture Apostolique de Sokod&eacute;. La circonscription de Bassari en fit partie, avec, peu de temps apr&egrave;s, le P&egrave;re Dauphin comme sup&eacute;rieur. Le P&egrave;re Kennis, en effet, au d&eacute;but de juillet, fut &eacute;lu, par l&rsquo;assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la Soci&eacute;t&eacute;, conseiller du Sup&eacute;rieur G&eacute;n&eacute;ral et, comme tel, fut appel&eacute; &agrave; r&eacute;sider &agrave; Rome, &agrave; la maison g&eacute;n&eacute;ralice.<\/p>\n<p><strong>Pendant des ann&eacute;es, le P&egrave;re Dauphin allait &ecirc;tre seul<\/strong> dans le grand district de Bassari, aid&eacute; cependant par le Pr&eacute;fet Apostolique, Mgr Strebler, qui vint souvent travailler avec son jeune confr&egrave;re. Celui-ci lui en fut bien reconnaissant et, ainsi encourag&eacute; par le Chef de Mission, il avait la joie de voir la mission de Bassari se d&eacute;velopper normalement. Lui-m&ecirc;me n&rsquo;&eacute;pargnait pas sa peine, et tr&egrave;s souvent &agrave; pied il visita le pays, de Bassari &agrave; Gu&eacute;rin-Kouka, de Kabou &agrave; Bangili. Longtemps plus tard, nous dit Mgr Strebler, les gens parlaient encore des randonn&eacute;es p&eacute;destres que le P&egrave;re Dauphin faisait, en prenant son temps, afin de pouvoir rencontrer ses ouailles et leur parler &agrave; l&rsquo;aise.<\/p>\n<p><strong>Dans cet immense district<\/strong>, la station principale &eacute;tant mise en bonne voie, il s&rsquo;agit ensuite de s&rsquo;occuper de la cr&eacute;ation et de l&rsquo;&eacute;quipement des stations secondaires. Au mois de f&eacute;vrier 1938, le P&egrave;re commence &agrave; construire une chapelle &agrave; Kabou. Il y passe beaucoup de temps pour y diriger les travaux, surveiller les ouvriers man&oelig;uvres, circuler dans la brousse &agrave; la recherche de bois pour la charpente. Au mois d&rsquo;ao&ucirc;t, la chapelle est couverte et cr&eacute;pie &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Elle mesure 22 m de long sur 8 m de large et 3 m de haut. Il y a &agrave; Kabou pr&egrave;s de 100 cat&eacute;chum&egrave;nes. Plus loin, la r&eacute;gion de Gu&eacute;rin-Kouka donne aussi des espoirs.<\/p>\n<p>Mais, entre-temps, <strong>une dure &eacute;preuve est venue frapper le missionnaire<\/strong>. L&rsquo;&eacute;glise de Bassari fut d&eacute;truite par une effroyable tornade qui souleva la toiture, renversa les piliers et endommagea fortement les murs. C&rsquo;&eacute;tait le 11 avril 1938, la veille du Jeudi-Saint. Le P&egrave;re, qui se r&eacute;jouissait &agrave; la pens&eacute;e d&rsquo;y c&eacute;l&eacute;brer pour la premi&egrave;re fois les belles c&eacute;r&eacute;monies pascales, faillit tomber malade &agrave; la suite de la catastrophe. Cependant il se ressaisit, avec courage et volont&eacute; et, au prix de bien des tracas, il s&rsquo;occupa de relever les ruines de l&rsquo;&eacute;glise de Bassari. Les journ&eacute;es enti&egrave;res sur le chantier, les grandes fatigues, lui valent de fr&eacute;quents et violents acc&egrave;s de fi&egrave;vres palud&eacute;ennes. Le moral reste bon et la confiance en Dieu totale. La nouvelle &eacute;glise de Bassari fut termin&eacute;e au mois de d&eacute;cembre 1939. Elle &eacute;tait grande et solide, une des plus belles de tout le Togo. C&rsquo;est l&agrave; que, &agrave; No&euml;l 1939, le Pr&eacute;fet Apostolique, pour une inauguration solennelle, chanta la premi&egrave;re messe pontificale qu&rsquo;il c&eacute;l&eacute;brait dans la Pr&eacute;fecture de Sokod&eacute;.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;en &eacute;tait fallu de peu que le P&egrave;re Dauphin n&rsquo;ait pu &ecirc;tre pr&eacute;sent &agrave; cette f&ecirc;te. Au mois de septembre pr&eacute;c&eacute;dent, il avait d&ucirc; quitter Bassari : mobilis&eacute; d&egrave;s le d&eacute;but de la guerre, il &eacute;tait &agrave; Gao, sur le Niger, d&egrave;s le 13 septembre, affect&eacute; comme infirmier dans une unit&eacute; d&rsquo;aviation. Il pensait se faire nommer aum&ocirc;nier militaire, mais bient&ocirc;t, gr&acirc;ce au d&eacute;cret Mandel, il fut autoris&eacute; &agrave; quitter l&rsquo;arm&eacute;e et il &eacute;tait de retour le 16 novembre dans sa mission, la mission, dit-il, que j&rsquo;aime plus que jamais.<\/p>\n<p><strong>La mission de Bassari semblait donc maintenant bien &eacute;tablie<\/strong> et deux stations secondaires, Kabou et Gu&eacute;rin-Kouka, laissaient esp&eacute;rer pour l&rsquo;avenir. En 1942, le P&egrave;re, qui &eacute;tait au Togo depuis 1935, sentit qu&rsquo;il devait interrompre son travail. Il &eacute;tait fatigu&eacute; et avait beaucoup de paludisme. Aussi se d&eacute;cida-t-il &agrave; rentrer en France pour se reposer, faire une cure &agrave; Vichy, avant de revenir. Le P&egrave;re Christ, en attendant, le rempla&ccedil;ait &agrave; Bassari.<\/p>\n<p>Le P&egrave;re Dauphin d&eacute;barqua &agrave; Marseille le 15 mai 1942, apr&egrave;s un voyage calme et paisible, de presque six semaines en mer. Il se rendit chez ses parents qui, r&eacute;fugi&eacute;s en 1939 &agrave; Nonaville en Charente, &eacute;taient rest&eacute;s dans ce village apr&egrave;s l&rsquo;armistice, ne voulant pas retourner alors dans leur pays lorrain annex&eacute; par les Allemands. Restant en France le temps de refaire sa sant&eacute;, il pensait repartir pour le Togo vers le mois de janvier 1943.<\/p>\n<p>Mais les &eacute;v&eacute;nements contrari&egrave;rent ses intentions. Du 8 au 11 novembre 1942, les Alli&eacute;s d&eacute;barqu&egrave;rent au Maroc et en Alg&eacute;rie, les Allemands &agrave; Tunis. Le 11 novembre, les Allemands envahirent la zone fran&ccedil;aise non occup&eacute;e. Ne pouvant rejoindre l&rsquo;Afrique, le P&egrave;re, apr&egrave;s son s&eacute;jour en famille, passa quelque temps &agrave; la Croix-Valmer et &agrave; Lyon. Au mois d&rsquo;avril 1943, il devint aum&ocirc;nier au camp de d&eacute;tenus de No&eacute; en Haute-Garonne, sous la direction de l&rsquo;Abb&eacute; Lagarde, aum&ocirc;nier g&eacute;n&eacute;ral des camps. Inqui&eacute;t&eacute; par la Gestapo, en &eacute;t&eacute; 1944, il finit par gagner le maquis, toujours comme aum&ocirc;nier et, apr&egrave;s la lib&eacute;ration par les F.F.I., le 19 ao&ucirc;t 1944, il suivit &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e ses amis de lutte clandestine et servit comme aum&ocirc;nier militaire dans une formation de troupes coloniales pendant plusieurs mois. Finalement, quittant l&rsquo;arm&eacute;e, il s&rsquo;embarqua le 14 mai 1945 &agrave; Marseille. Quelques jours plus tard, il pouvait &eacute;crire : enfin je suis sur le chemin du retour pour ma ch&egrave;re mission, apr&egrave;s trois ans d&rsquo;une vie p&eacute;nible en France. Il arriva &agrave; Lom&eacute; le 29 juin 1945.<\/p>\n<p><strong>Il retrouve Bassari.<\/strong> Bien du progr&egrave;s a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; depuis sa premi&egrave;re arriv&eacute;e, dix ans auparavant. Il y a maintenant quelques centaines de catholiques et cat&eacute;chum&egrave;nes. Mais l&rsquo;&oelig;uvre &agrave; accomplir reste immense, surtout si l&rsquo;on songe que la population totale du district d&eacute;passe les 50 000 habitants. Et puis, la mission a &eacute;t&eacute; ferm&eacute;e pendant de longs mois durant la guerre, le P&egrave;re Christ ayant &eacute;t&eacute; mobilis&eacute; en 1943. La ferveur des chr&eacute;tiens a un peu baiss&eacute;, il s&rsquo;agit de raviver la vie chr&eacute;tienne. Pour continuer l&rsquo;annonce du salut, pour ranimer la ferveur religieuse des chr&eacute;tiens, le P&egrave;re Dauphin se remet avec &eacute;nergie au travail.<\/p>\n<p>D&eacute;sormais, heureusement, il ne fut plus seul, en g&eacute;n&eacute;ral. Des confr&egrave;res vinrent l&rsquo;aider. Le P&egrave;re Bannwarth, le P&egrave;re Widl&oelig;cher et d&rsquo;autres encore &oelig;uvr&egrave;rent &agrave; Bassari. Lui-m&ecirc;me fut appel&eacute; occasionnellement &agrave; travailler ailleurs. Ainsi, en 1948-1949, il ne r&eacute;side plus gu&egrave;re &agrave; Bassari, mais &agrave; Sokod&eacute;, &agrave; Lama-Kara, &agrave; Niamtougou. Dans cette derni&egrave;re localit&eacute;, il est appel&eacute; pour construire une nouvelle &eacute;cole et en m&ecirc;me temps assurer un peu de minist&egrave;re dans la mission. Le P&egrave;re Bannwarth est sup&eacute;rieur de Bassari. En 1951, apr&egrave;s un retour de cong&eacute;, alors que le P&egrave;re Bannwarth est &agrave; son tour en cong&eacute;, le P&egrave;re Dauphin revient &agrave; Bassari, il commence la construction du clocher de l&rsquo;&eacute;glise.<\/p>\n<p>En octobre 1953, il est encore fait appel &agrave; son aide pour des travaux de construction, &agrave; Siou, chez le P&egrave;re Angst. Et, achev&eacute; son travail &agrave; Siou, il re&ccedil;oit une nouvelle responsabilit&eacute; : fonder Gu&eacute;rin-Kouka comme station principale. Le P&egrave;re Widl&oelig;cher est alors sup&eacute;rieur de Bassari.<\/p>\n<p><strong>En novembre 1953, le P&egrave;re Dauphin est donc &agrave; Gu&eacute;rin-Kouka pour la fondation de la mission<\/strong>. Gu&eacute;rin-Kouka est situ&eacute; &agrave; 60 km au nord de Bassari. C&rsquo;est le centre d&rsquo;un groupe ethnique de plus de 20 000 habitants, groupe bien particularis&eacute;, les Konkombas, rest&eacute;s jusqu&rsquo;alors presque compl&egrave;tement en dehors de toute influence europ&eacute;enne, et r&eacute;fractaires &agrave; l&rsquo;influence tant de l&rsquo;Islam que du Christianisme. Le P&egrave;re Dauphin les conna&icirc;t depuis des ann&eacute;es, et il les aime. Eux-m&ecirc;mes le re&ccedil;oivent avec bienveillance. Il a construit chez eux une chapelle, qu&rsquo;il a d&eacute;di&eacute;e &agrave; Notre-Dame de Lourdes pour les placer sous la protection de la Vierge Marie. Mais autrement, tout est &agrave; faire et &agrave; cr&eacute;er dans ce pays et les d&eacute;buts sont bien durs. Il y a peu de chr&eacute;tiens encore. Le P&egrave;re loge dans une d&eacute;pendance du dispensaire officiel ; il commence la construction d&rsquo;une petite r&eacute;sidence. Le 25 d&eacute;cembre 1953, pour la premi&egrave;re fois, il c&eacute;l&egrave;bre la f&ecirc;te de No&euml;l chez ses chers Konkombas.<\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;eut pas le temps de d&eacute;velopper l&rsquo;&oelig;uvre qu&rsquo;il venait de fonder. Au mois de novembre 1954, il fut rappel&eacute; &agrave; Sokod&eacute; pour &ecirc;tre charg&eacute; des constructions dans la Pr&eacute;fecture. Gu&eacute;rin-Kouka n&rsquo;eut plus alors de pr&ecirc;tre &agrave; demeure. La mission, confi&eacute;e de nouveau au P&egrave;re de Bassari, ne fut rouverte que plus tard.<\/p>\n<p>Ce d&eacute;part, un an seulement apr&egrave;s la fondation, ne fut pas sans affliger p&eacute;niblement le P&egrave;re Dauphin. Mais, en homme ob&eacute;issant qu&rsquo;il &eacute;tait, il accepta la d&eacute;cision du Pr&eacute;fet Apostolique. L&rsquo;&oelig;uvre missionnaire assur&eacute;ment est une &oelig;uvre avant tout spirituelle et surnaturelle. Le P&egrave;re Dauphin y pensait beaucoup. Mais il comprend aussi que cette &oelig;uvre ne peut s&rsquo;exercer sans un ensemble d&rsquo;installations mat&eacute;rielles : il faut des &eacute;glises, des r&eacute;sidences pour les missionnaires, des &eacute;coles, des dispensaires. Les missionnaires en ces ann&eacute;es-l&agrave; ne pouvaient compter que sur eux-m&ecirc;mes pour cela, et ce fut bien souvent l&rsquo;une de leurs grandes croix. Le P&egrave;re Dauphin se donna donc g&eacute;n&eacute;reusement &agrave; ce genre sp&eacute;cial d&rsquo;activit&eacute; missionnaire, non pas exclusivement cependant, car autant qu&rsquo;il le pouvait, il restait adonn&eacute; au minist&egrave;re des &acirc;mes.<\/p>\n<p><strong>&Agrave; Sokod&eacute;, il eut plusieurs chantiers &agrave; diriger,<\/strong> en particulier des &eacute;coles et, avant tout, la cath&eacute;drale de Sokod&eacute;. La Pr&eacute;fecture Apostolique &eacute;tait devenue &Eacute;v&ecirc;ch&eacute; le 14 septembre 1955, et le premier &eacute;v&ecirc;que, Mgr Lingenheim, fut sacr&eacute; &agrave; Strasbourg le 28 octobre 1956. Le P&egrave;re Dauphin, qui &eacute;tait en cong&eacute; &agrave; cette derni&egrave;re date, eut la joie d&rsquo;assister &agrave; la c&eacute;r&eacute;monie du sacre. Pour l&rsquo;intronisation de Mgr Lingenheim dans le nouveau dioc&egrave;se, en mai 1957, les travaux &eacute;taient termin&eacute;s &agrave; la cath&eacute;drale de Sokod&eacute;. C&rsquo;&eacute;tait un &eacute;difice important, long de 55 m sur 16 de large.<\/p>\n<p>Le P&egrave;re Dauphin construisit ensuite le Centre social de Sokod&eacute;. Jusqu&rsquo;en 1961, il continua ses travaux de constructeur, travaux qui lui faisaient beaucoup de soucis et occupaient bien son temps. Mais un jour il eut un accident qui entra&icirc;na une fracture du f&eacute;mur. Des soins sp&eacute;ciaux furent n&eacute;cessaires. Il fut oblig&eacute; de quitter le Togo et de rentrer en France, le 3 avril 1961.<\/p>\n<p><strong>Il revint en Lorraine<\/strong> o&ugrave;, d&egrave;s sa gu&eacute;rison, il reprit un service comme aum&ocirc;nier &agrave; Forbach, &agrave; l&rsquo;Hospice Bauer d&rsquo;abord, puis, en 1962, &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital Sainte-Barbe des Houill&egrave;res du Bassin de Lorraine. Il s&rsquo;y d&eacute;voua de grand c&oelig;ur aupr&egrave;s des malades, et il &eacute;tait heureux de pouvoir encore travailler au bien des &acirc;mes. Mais le 4 ao&ucirc;t 1972, il fut victime d&rsquo;un accident de voiture &agrave; Forbach, non loin de l&rsquo;H&ocirc;pital. Atteint de plusieurs blessures graves, il mourut le lendemain.<\/p>\n<p>L&rsquo;enterrement eut lieu au pays natal, &agrave; Th&eacute;ding, le 7 ao&ucirc;t, en pr&eacute;sence d&rsquo;une tr&egrave;s grande assistance. Mgr Lingenheim pr&eacute;sidait la messe conc&eacute;l&eacute;br&eacute;e. Mgr Strebler pronon&ccedil;a l&rsquo;hom&eacute;lie. Citant le psaume 89, il montra que la vie du P&egrave;re Dauphin, trop br&egrave;ve, &eacute;tait semblable &agrave; la fleur des champs qui fleurit le matin et qui le soir est coup&eacute;e et se fane, cette vie malgr&eacute; cela avait &eacute;t&eacute; tr&egrave;s fructueuse.<\/p>\n<p>Reprenant quelque temps plus tard pour Ralliement ses souvenirs africains, depuis les lointaines premi&egrave;res ann&eacute;es de Bassari, Mgr Strebler &eacute;crivait : le P&egrave;re Dauphin a toujours &eacute;t&eacute; un confr&egrave;re charmant, aim&eacute; de tous ceux qui ont travaill&eacute; avec lui. C&rsquo;&eacute;tait une &acirc;me ardente et d&eacute;vou&eacute;e, d&rsquo;une simplicit&eacute; avenante et il &eacute;tait profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; son travaiL.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a id=\"temoignage\"><\/a>T&Eacute;MOIGNAGE DE LA VIE DU P&Egrave;RE DAUPHIN par Mgr Joseph Strebler, sma<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le P&egrave;re Dauphin 1907 -1972<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vendredi 4 Ao&ucirc;t 1972, vers 17 heures, le P&egrave;re DAUPHIN &eacute;tait victime d&rsquo;un grave accident de route, en pleine ville de Forbach, &agrave; quelques pas de l&rsquo;h&ocirc;pital Sainte-Barbe dont il &eacute;tait l&rsquo;aum&ocirc;nier depuis pr&egrave;s de dix ans. Il a d&ucirc; perdre connaissance au volant. Le choc entraina une fracture du cr&acirc;ne et d&rsquo;autres fractures. On le porta imm&eacute;diatement &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital o&ugrave; il re&ccedil;ut les soins urgents que r&eacute;clamait son &eacute;tat. L&rsquo;abb&eacute; KIEFFER aum&ocirc;nier de l&rsquo;h&ocirc;pital Ste Marie Madeleine lui administra le sacrement des malades, tandis que les P&egrave;res DASTILLUNG e et DERR restaient &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s pour prier jusque tard dans la nuit.<br \/>Le P&egrave;re rendit son &acirc;me &agrave; Dieu samedi matin vers 5 heures, sans avoir repris connaissance. Il avait 65 ans ce jour-l&agrave;, il &eacute;tait dans la trente-huiti&egrave;me ann&eacute;e de son sacerdoce.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>LE TEMPS DE L&rsquo;&Eacute;DUCATION<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le P&egrave;re DAUPHIN est n&eacute; &agrave; Th&eacute;ding en Moselle, le 5 Ao&ucirc;t 1907, l&rsquo;ain&eacute; d&rsquo;une famille de cinq enfants. Ses parents cultivaient la terre et faisaient de l &lsquo;&eacute;levage.&nbsp;Ils &eacute;taient profond&eacute;ment chr&eacute;tiens et vivaient leur foi avec leurs enfants. Une s&oelig;ur du P&egrave;re DAUPHIN devint religieuse dans la Congr&eacute;gation de Ste. Clotilde &agrave; Paris.<br \/>Apr&egrave;s le primaire &agrave; l&rsquo;&eacute;cole du village, Jean-Adolphe commen&ccedil;a ses &eacute;tudes secondaires au petit s&eacute;minaire de Bitche, et &agrave; partir de la troisi&egrave;me, il continua &agrave; l&rsquo;Ecole Apostolique de Haguenau. Ce fut alors le noviciat &agrave; Chanly et Le grand s&eacute;minaire &agrave; Lyon. Il fut ordonn&eacute; pr&ecirc;tre le 6 Janvier 1934 avec dix autres confr&egrave;res&hellip; Ses sup&eacute;rieurs le retinrent une ann&eacute;e comme \u00ab\u00a0recruteur\u00a0\u00bb dans le dioc&egrave;se de Metz, mais il voulait partir pour l&rsquo;Afrique et ne cessait de solliciter cette faveur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>PREMI&Egrave;RES ANN&Eacute;ES D&rsquo;AFRIQUE, SASSARI .<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il re&ccedil;ut sa nomination pour le Togo &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e scolaire I935. Le 22 Octobre il d&eacute;barqua &agrave; Lom&eacute;. Mgr. CESSOU l&rsquo;envoya &agrave; Sassari. La mission en &eacute;tait &agrave; ses d&eacute;buts, elle avait &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par le p&egrave;re KENNIS en Mars 1933. D&rsquo;Avril 1935 &agrave; Juillet 1936, le lieutenant MASSU (le futur g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;Alger) veillait &agrave; la s&eacute;curit&eacute; de la r&eacute;gion pour emp&ecirc;cher des vendettas trop meurtri&egrave;res. Entre la mission et le soldat r&eacute;gnait une amiti&eacute; sinc&egrave;re qui ne s&rsquo;est jamais d&eacute;mentie. Bien souvent les missionnaires et le lieutenant faisaient ensemble leur tourn&eacute;e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&Agrave; l&rsquo;&eacute;cole du P&egrave;re KENNIS, le P&egrave;re DAUPHIN apprit la langue Sassari et s &lsquo;initia &agrave; la m&eacute;thode d&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation. Il apprit aussi &agrave; manier les outils car l&rsquo;&eacute;glise (33 m&egrave;tres sur 12) et la r&eacute;sidence de la mission &eacute;taient en construction.&nbsp;Le P&egrave;re KENNIS avait d&eacute;j&agrave; termin&eacute; la traduction du grand cat&eacute;chisme de Cambrais en langue du pays, ainsi que les Evangiles et les &Eacute;p&icirc;tres du dimanche&nbsp;: le P&egrave;re DAUPHIN avait donc ces instruments pr&eacute;cieux pour le guider dans son apostolat. Ces livres n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; imprim&eacute;s).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&Agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e G&eacute;n&eacute;rale de Juillet 1937, au moment o&ugrave; le Nord Togo fut &eacute;rig&eacute; en pr&eacute;fecture Apostolique, le P&egrave;re KENNIS fut rappel&eacute; &agrave; Rome comme conseiller du Sup&eacute;rieur G&eacute;n&eacute;ral. Le P&egrave;re DAUPHIN resta seul &agrave; Sassari pour &eacute;vang&eacute;liser cet immense district. Il aimait sa mission et tr&egrave;s souvent, &agrave; pied, il visitait ses stations secondaires de Bassari &agrave; Gu&eacute;rin-Kouka, de Kabou &agrave; Bang&eacute;li et au pays Konkornba. Aujourd&rsquo;hui encore les gens parlent de ses randonn&eacute;es p&eacute;destres qu&rsquo;il faisait, en prenant son temps, afin de pouvoir rencontrer ses ouailles et leur parler &agrave; l&rsquo;aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 13 Avril 1938, un cyclone endommageait gravement l&rsquo;&eacute;glise de Bassari qui avait &eacute;t&eacute; livr&eacute;e au culte moins d&rsquo;une ann&eacute;e auparavant.&nbsp;C&rsquo;&eacute;tait la veille du Jeudi Saint vers 17 heures. Le P&egrave;re venait de pr&eacute;parer le reposoir pour le lendemain, tout &agrave; coup une terrible tornade &eacute;clata, la toiture de l&rsquo;&eacute;glise fut soulev&eacute;e en l&rsquo;air et transport&eacute;e dans les champs voisins, les piliers hauts de 8 m&egrave;tres s&rsquo;&eacute;cras&egrave;rent et furent r&eacute;duits en miettes, des blocs de 300 kilos furent projet&eacute;s par-dessus les murs pour retomber &agrave; six m&egrave;tres de l&agrave;.&nbsp;Le lendemain le P&egrave;re m&rsquo;envoya le t&eacute;l&eacute;gramme suivant : \u00ab\u00a0Eglise en ruine, toiture emport&eacute;e, piliers &eacute;cras&eacute;s, murs endommag&eacute;s, moi-m&ecirc;me malade. DAUPHIN\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me rendis aussit&ocirc;t sur place et trouvai le P&egrave;re d&eacute;sol&eacute;. Il avait &middot;&rsquo;pleur&eacute; toute la nuit et avait une double conjonctivite. Il fallait l&rsquo;&eacute;loigner imm&eacute;diatement du lieu du sinistre pour lui remonter le moral et gu&eacute;rir son mal . Gr&acirc;ce aux soins du Dr. BIDOT de Pagouda, notre cher P&egrave;re se remit vite de sa secousse. Ensemble, on lan&ccedil;a un S.O.S. &agrave; la presse d&rsquo;Alsace et de Metz&nbsp;; sans tarder, nos amis r&eacute;pondirent g&eacute;n&eacute;reusement &agrave; notre appel, et les travaux de reconstruction purent reprendre rapidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>LA GUERRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En septembre 1939, la guerre &eacute;clata d&egrave;s le premier jour le P&egrave;re DAUPHIN fut mobilis&eacute; &agrave; Niamey (Niger). Il dut quitter sa mission sans avoir compl&egrave;tement termin&eacute; son &eacute;glise. Mais gr&acirc;ce au D&eacute;cret Mandel il revint au d&eacute;but de Novembre, &agrave; la grande joie des fid&egrave;les. Il se remit au, travail et &agrave; No&euml;l, tout &eacute;tait pr&ecirc;t pour la d&eacute;dicace du nouveau sanctuaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La veille de No&euml;l, il y eut d&rsquo;abord la b&eacute;n&eacute;diction de deux grandes cloches offertes par la Lorraine. &Agrave; No&euml;l m&ecirc;me, j&rsquo;ai b&eacute;ni l&rsquo;&eacute;glise et chant&eacute; ma premi&egrave;re messe pontificale dans la Pr&eacute;fecture de Sokod&eacute;, et le 30 d&eacute;cembre, le P&egrave;re DAUPHIN baptisait les trois premiers adultes de son district&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1942 apr&egrave;s le d&eacute;barquement des Alli&eacute;s en Afrique du Nord, le P&egrave;re fut de nouveau rappel&eacute; sous les drapeaux mais fort heureusement, le P. KENNIS put alors revenir pour reprendre en main la direction de sa mission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En f&eacute;vrier 1944 le P. DAUPHIN signalait sa pr&eacute;sence au&nbsp;Camp &agrave; No&eacute;, en Haute Garonne ,o&ugrave; il s&rsquo;occupait surtout des r&eacute;fugi&eacute;s.&nbsp;Un message laconique est arriv&eacute; &agrave; Sokode le 18&nbsp;\/4\/1944&nbsp;: &ldquo;Sant&eacute; bonne malgr&eacute; cafard.&rdquo; &Agrave; No&eacute;, il &eacute;tait aum&ocirc;nier b&eacute;n&eacute;vole et s&rsquo;occupait surtout de ces pauvres gens qui poursuivis par la Gestapo.&nbsp;Apr&egrave;s la guerre, Il fut heureux de revenir &agrave; son poste. D&eacute;sormais, il eut toujours avec lui un confr&egrave;re plus jeune&nbsp;: le P. Joseph FISCHER, le P. CHRIST, le futur Mgr. BAKPESSI, mais surtout le P. BANNWARTH, qui devint son successeur en 1949, quand il fut lui-m&ecirc;me envoy&eacute; &agrave; Niamtougou, pour un int&eacute;rim.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GUERIN-KOUKA ET SOKODE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1953, il fut charg&eacute; d&rsquo;ouvrir un poste principal &agrave;&nbsp;Gu&eacute;rin-Kouka, il b&acirc;tit une &eacute;glise d&eacute;finitive et un modeste presbyt&egrave;re. Bassari comptait alors 548 baptis&eacute;s et 350 cat&eacute;chum&egrave;nes.&nbsp;En 1954, Mgr. Lingenheim lui confia la d&eacute;licate mission de b&acirc;tir la cath&eacute;drale de Sokod&eacute; : un b&acirc;timent important de 55 m&egrave;tres sur 16. Les travaux &eacute;taient termin&eacute;s pour l&rsquo;intronisation de Mgr. Lingenheim, au mois de mai 1957.&nbsp;Le P&egrave;re construisit alors le Centre Social de Sokod&eacute; et plusieurs &eacute;coles en dur, financ&eacute;es par le F.A.C. ou la France d&rsquo;Outre-Mer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>RETOUR EN FRANCE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&Agrave; la suite d&rsquo;un accident, qui entra&icirc;na une fracture du f&eacute;mur et qui n&eacute;cessitait des soins sp&eacute;ciaux, il fut oblig&eacute; de quitter le Togo d&eacute;finitivement le 3 avril 1961&nbsp;: avant son rapatriement en France, il &eacute;crivit &agrave; son successeur &ldquo;qu&rsquo;il offrait sa vie pour le pays bassari-konkomba, qu&rsquo;il voulait aimer jusqu&rsquo;&agrave; la fin&rdquo;.&nbsp;D&egrave;s sa gu&eacute;rison le P&egrave;re s&rsquo;est remis au minist&egrave;re, d&rsquo;abord &agrave; l&rsquo;Hospice Bauer et un an plus tard &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Ste Barbe &agrave; Forbach o&ugrave; durant dix ans il s&rsquo;est donn&eacute; tout entier &agrave; ses chers malades et c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;il est mort.<br \/>L&rsquo;enterrement eut lieu &agrave; Th&eacute;ding le 7 ao&ucirc;t, en pr&eacute;sence d&rsquo;une tr&egrave;s grande assistance : plus de cinquante pr&ecirc;tres assistaient &agrave; l &lsquo; office et suivaient le cercueil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mgr. Lingenheim pr&eacute;sidait la messe de Requiem, conc&eacute;l&eacute;br&eacute;e par quinze pr&ecirc;tres, dont le R.P. Provincial et plusieurs de nos confr&egrave;res. Je fis moi-m&ecirc;me l&rsquo;hom&eacute;lie, retra&ccedil;ant la bri&egrave;vet&eacute; de sa vie si f&eacute;conde, semblable &agrave; la fleur des champs &ldquo;qui fleurit le matin et qui le soir, est coup&eacute;e et se fane..&rdquo; Ps.89. 6.&nbsp;L&rsquo;Afrique &eacute;tait repr&eacute;sent&eacute;e par une s&oelig;ur togolaise N.D.A. Sr. Marie-Magdala et une forte d&eacute;l&eacute;gation de S&oelig;urs de Peltre du Togo-Nord.&nbsp;Notre cher d&eacute;funt repose dans la tombe de ses parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mgr. Bakpessi disait dans sa lettre de condol&eacute;ances&nbsp;:<br \/>&ldquo;Le P&egrave;re DAUPHIN &eacute;tait missionnaire jusque dans l&rsquo;&acirc;me et bien que&nbsp;retir&eacute; en France, il se disait missionnaire chez les Konkombas .&nbsp;Notre-dioc&egrave;se perd en lui un de ses plus vaillants missionnaires.&nbsp;Nous garderons sa m&eacute;moire en v&eacute;n&eacute;ration.&rdquo;&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un service fun&egrave;bre a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute; par les pr&ecirc;tres du dioc&egrave;se de Sokod&eacute; &agrave; Gu&eacute;rin-Kouka, fin septembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le P&egrave;re DAUPHIN a toujours &eacute;t&eacute; un confr&egrave;re charmant, aim&eacute; de tous ceux qui ont travaill&eacute; avec lui. C&rsquo;&eacute;tait une &acirc;me ardente et d&eacute;vou&eacute;e, d&rsquo;une simplicit&eacute; avenante, profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; son travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Saint Pierre le 12\/9\/1972<br \/><\/strong><strong>Mgr Joseph STREBLER, sma<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash; Province de Strasbourg n&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1907 &agrave; Th&eacute;dingdans le dioc&egrave;se de Metz, Francemembre de la SMA le 28 juillet 1929pr&ecirc;tre le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2583,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2584","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2584\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2583"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}