{"id":2650,"date":"2015-07-27T07:03:07","date_gmt":"2015-07-27T07:03:07","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2650"},"modified":"2015-07-27T07:03:07","modified_gmt":"2015-07-27T07:03:07","slug":"le-pere-paul-henry-dupuis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2650","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Paul-Henry DUPUIS"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1086px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2649\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/DUPUIS_Paul.jpg\" alt=\"DUPUIS Paul\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 20 novembre 1925 \u00e0 Saint-Omer<br \/>dans le dioc\u00e8se d&rsquo;Arras<br \/>membre de la SMA le 27 octobre 1947<br \/>pr\u00eatre le 12 f\u00e9vrier 1951<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 20 ao\u00fbt 2009<\/td>\n<td>\n<p>1951-1959 Ouidah, professeur<br \/>1959-1962 Dassa-Zoum\u00e9, cur\u00e9<br \/>1962-1970 Kilibo, cur\u00e9<br \/>1970-1973 Sav\u00e9, cur\u00e9<br \/>1974-1983 Bohicon, cur\u00e9<br \/>1983-1990 Za-Kpota; cur\u00e9<br \/>1990-2002 Akajam\u00e9, retir\u00e9, \u00e9crit l&rsquo;Histoire religieuse du B\u00e9nin<br \/>2002-2009 Mesnil le Roi, puis Bretagne, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Morlaix (France), le 20 ao\u00fbt 2009<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 83 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Paul-Henry DUPUIS (1925 &#8211; 2009)<\/p>\n<p>Paul-Henry est n\u00e9 le 20 novembre 1925 \u00e0 Saint-Omer, dans le pays des Ch&#8217;tis : il aimait se caract\u00e9riser ainsi. Son papa \u00e9tait propri\u00e9taire d&rsquo;une scierie \u00ab\u00a0la Boisellerie de l&rsquo;Artois\u00a0\u00bb qu&rsquo;il revendra plus tard pour s&rsquo;associer \u00e0 une scierie d&rsquo;Arras. Sa maman avait sept s\u0153urs dont trois \u00e9taient religieuses dominicaines. On imagine bien que le petit Paul fut \u00e9lev\u00e9 selon les meilleurs principes religieux. Second gar\u00e7on de la famille, son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 sera pr\u00eatre dioc\u00e9sain, il sera suivi par deux s\u0153urs.<\/p>\n<p>Tout naturellement, ses parents le mettent, d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans, au coll\u00e8ge Saint-Bertin, \u00e0 Saint-Omer. Il \u00e9tait pr\u00e9vu qu&rsquo;il y fasse toute sa scolarit\u00e9, mais les \u00e9v\u00e9nements de 1940 vont en d\u00e9cider autrement. L&rsquo;offensive de l&rsquo;arm\u00e9e allemande, en mai 1940, et le bombardement de Saint-Omer contraignent la famille Dupuis \u00e0 fuir leur ville et \u00e0 venir se r\u00e9fugier chez des cousins \u00e0 Nantes. Ainsi, \u00e0 la rentr\u00e9e scolaire de 1940, il se retrouve en classe de seconde au coll\u00e8ge Saint-Stanislas de Nantes. Il \u00e9tait bon \u00e9l\u00e8ve, surtout en fran\u00e7ais et en histoire ; malheureusement pour lui, il \u00e9choue au bac en juin 1942. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que la famille se retrouve \u00e0 Arras et Paul rentre au coll\u00e8ge Saint-Joseph d&rsquo;Arras pour y redoubler la classe de premi\u00e8re. Il a alors 17 ans.<\/p>\n<p>Deux semaines apr\u00e8s la rentr\u00e9e, en octobre 1942, il tombe malade : ad\u00e9nite tuberculeuse. Le docteur de famille l&rsquo;envoie en cure \u00e0 Roscoff, au nord du Finist\u00e8re, en zone interdite : il se retrouve dans une clinique tenue par les S\u0153urs dominicaines o\u00f9 il va rester jusqu&rsquo;au mois de janvier 1945. Il n&rsquo;est plus question d&rsquo;\u00e9tudes secondaires. Il se remet \u00e0 \u00e9tudier le piano, il se lance dans le th\u00e9\u00e2tre, il s&rsquo;initie \u00e0 la peinture gr\u00e2ce \u00e0 son camarade de chambre. De plus, avec le caract\u00e8re qui est le sien, dans ce milieu un peu ferm\u00e9 d&rsquo;une clinique de convalescence, les relations sont faciles. L&rsquo;une des infirmi\u00e8res de la maison commence \u00e0 prendre de la place dans sa vie. Mais, comme il l&rsquo;\u00e9crit lui-m\u00eame \u00ab\u00a0les choses de Dieu me tourmentaient.\u00a0\u00bb Lorsqu&rsquo;il quitte Roscoff en janvier 1945, il ne sait pas o\u00f9 est sa vocation. Il est pourtant arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 il faut choisir son avenir. Avec son intuition f\u00e9minine, la jeune infirmi\u00e8re lui avait laiss\u00e9 entendre que Dieu le voulait pour lui. Sur l&rsquo;insistance de sa maman, il se rend \u00e0 Paris pour faire une retraite de discernement. Et c&rsquo;est en novembre 1945, \u00e0 la suite d&rsquo;une lecture, qu&rsquo;il comprend que Dieu l&rsquo;appelle. \u00ab\u00a0Ma d\u00e9cision fut instantan\u00e9e : je serai missionnaire\u00a0\u00bb, \u00e9crit-il dans son journal. Il demande aussit\u00f4t son entr\u00e9e aux Missions Africaines, \u00e9crivant : \u00ab\u00a0Je vois plus que jamais que les aspirations de mon enfance d&rsquo;\u00eatre un jour missionnaire r\u00e9pondaient parfaitement \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu. [\u2026] Si j&rsquo;aspire \u00e0 la vie missionnaire, c&rsquo;est que je vois dans l&rsquo;amour des \u00e2mes un \u00e9panouissement plus \u00e9quilibr\u00e9 de mon amour de Dieu.\u00a0\u00bb (09\/11\/45) Sa demande tardive fait qu&rsquo;il ne rentre au noviciat, \u00e0 Chanly, que le 15 d\u00e9cembre 1945.<\/p>\n<p>A la fin de son noviciat, il est not\u00e9 ainsi : \u00ab\u00a0Se d\u00e9voue facilement au travail manuel, travail intellectuel un peu en amateur ; aid\u00e9 et dirig\u00e9, il peut donner davantage.\u00a0\u00bb Il fait les quatre ann\u00e9es de th\u00e9ologie de 1947 \u00e0 1951. Ses sup\u00e9rieurs le connaissent assez bien quand ils \u00e9crivent : \u00ab\u00a0Paul est toujours un peu id\u00e9aliste.\u00a0\u00bb (1949) \u00ab\u00a0Facile \u00e0 l&rsquo;enthousiasme, souvent distrait, heureux caract\u00e8re.\u00a0\u00bb (1950) \u00ab\u00a0A des dons pour l&rsquo;art oratoire et en g\u00e9n\u00e9ral pour la litt\u00e9rature ; ce n&rsquo;est pas un mystique, mais il semble sinc\u00e8rement pieux.\u00a0\u00bb (1951) Ordonn\u00e9 pr\u00eatre en f\u00e9vrier 1951, il est mis \u00e0 la disposition de Mgr Parisot, vicaire apostolique de Ouidah, au Dahomey. Il va d\u00e9sormais travailler pendant 51 ans dans ce pays qui deviendra le B\u00e9nin en 1975.<\/p>\n<p>Il commence par passer 8 ans \u00e0 Ouidah professeur au petit s\u00e9minaire. Dans ce genre d&rsquo;activit\u00e9, les ann\u00e9es se suivent et se ressemblent. Il enseigne l&rsquo;anglais dans les basses classes (6\u00e8me et 5\u00e8me ) et le fran\u00e7ais et la litt\u00e9rature en classe de seconde. Il essaie aussi d&rsquo;initier ses \u00e9l\u00e8ves au th\u00e9\u00e2tre, mais, d\u00e8s qu&rsquo;il en a l&rsquo;occasion, il s&rsquo;\u00e9chappe en brousse. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il peut donner libre cours \u00e0 son d\u00e9sir de servir les pauvres ; c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il d\u00e9couvre l&rsquo;Afrique profonde, son mode de vie, ses probl\u00e8mes, sa religion traditionnelle et son inalt\u00e9rable joie de vivre. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que, r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 ce qui fait la richesse de sa vie, il \u00e9crit : \u00ab\u00a0La saintet\u00e9, ma premi\u00e8re erreur est d&rsquo;en faire mon affaire plut\u00f4t que celle de Dieu. Il faut simplement se laisser prendre par Dieu. Or, j&rsquo;ai ma petite conception de la saintet\u00e9, ma perfection \u00e0 moi, que je fa\u00e7onne \u00e0 partir de moi, selon moi et pour moi\u2026 et que je veux r\u00e9aliser par moi-m\u00eame\u2026 C&rsquo;est toute mon erreur ! Presque toujours, nous n&rsquo;accomplissons la volont\u00e9 de Dieu que dans la mesure o\u00f9 elle correspond \u00e0 la n\u00f4tre. Telle r\u00e9solution, telle vertu me pla\u00eet, j&rsquo;y travaille. Tel effort me sourit, je l&rsquo;entreprends volontiers\u2026 Je ne devrais avoir qu&rsquo;une seule r\u00e9solution : ob\u00e9ir \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu, \u00e0 sa parole ; la saintet\u00e9 est l\u00e0 et nulle part ailleurs. Le jour o\u00f9 je serai humble au point d&rsquo;ignorer mes vertus, c&rsquo;est-\u00e0-dire de ne pas en faire \u00ab\u00a0ma\u00a0\u00bb perfection, alors Dieu commencera \u00e0 \u00eatre vivant en moi. Pour le moment, je reste ce que je suis, avec mes reculs, mes accommodements, mes conditions. Comme Dieu est bon de s&rsquo;en contenter quand m\u00eame !\u00a0\u00bb (ao\u00fbt 1955)<\/p>\n<p>Mars 1958, joyeuse surprise, il est nomm\u00e9 cur\u00e9 doyen de Dassa-Zoum\u00e9. Il avait pris go\u00fbt \u00e0 former des futurs pr\u00eatres, il est vraiment heureux de se retrouver sur le terrain. C&rsquo;est dans cette paroisse qu&rsquo;ont lieu les c\u00e9r\u00e9monies du centenaire de l&rsquo;arriv\u00e9e des premiers p\u00e8res au Dahomey, les p\u00e8res Borghero et Fernandez, c\u00e9r\u00e9monies pr\u00e9sid\u00e9es par le cardinal Tisserand. Dans son discours d&rsquo;accueil plein de verve et de couleur, Paul-Henry a l&rsquo;occasion de donner libre cours \u00e0 ses qualit\u00e9s d&rsquo;orateur. Il salue ainsi son illustre visiteur : \u00ab\u00a0La coutume veut que l&rsquo;abondance des b\u00e9n\u00e9dictions soit proportionn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;importance du visiteur. Cependant, que votre Eminence se rassure ! Je n&rsquo;abuserai pas de ce droit coutumier\u2026 qui devient plut\u00f4t un p\u00e9rilleux devoir lorsqu&rsquo;il faut l&rsquo;exercer en l&rsquo;honneur d&rsquo;un membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, \u00ab\u00a0la plus pure assembl\u00e9e litt\u00e9raire du monde\u00a0\u00bb, au dire du cardinal Oreglia, qui fut l&rsquo;un de vos pr\u00e9d\u00e9cesseurs comme Doyen au Sacr\u00e9 Coll\u00e8ge. Au reste, il s&rsquo;agit moins de bien dire que de dire du bien, d&rsquo;appeler le bien sur Votre Eminence, en reconnaissance du bien, des b\u00e9n\u00e9dictions dont votre pr\u00e9sence nous est en ce jour un si grand gage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1962, il est nomm\u00e9 cur\u00e9 de Kilibo, paroisse toute jeune qui n&rsquo;a que trois ans, \u00ab\u00a0mission qu&rsquo;on s&rsquo;efforce de lancer et qui n&rsquo;est encore qu&rsquo;un vaste chantier o\u00f9 tout est \u00e0 faire dans les \u00e2mes, et avec des pierres. [\u2026] Rien de neuf, oubliant d\u00e9j\u00e0 que le toit de nouvelle mission a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 par une tornade le mardi de la Pentec\u00f4te ! C&rsquo;est un coup tr\u00e8s dur, une tr\u00e8s grosse perte de temps et d&rsquo;argent, mais je finis par me plaire dans chaumi\u00e8re en banco.\u00a0\u00bb (13\/06\/63) Il raconte avec beaucoup d&rsquo;humour comment il met \u00e0 contribution les gens de sa paroisse pour le transport des pierres en vue des constructions \u00e0 faire : \u00e9glise, r\u00e9sidence, \u00e9cole\u2026 \u00ab\u00a0Il est \u00e0 pr\u00e9voir que j&rsquo;aurai \u00e0 secouer assez souvent leur inertie. Au commencement, tout va bien, ils vont \u00e0 la carri\u00e8re avec entrain et en reviennent en chantant, une grosse pierre sur la t\u00eate, mais ici [\u2026], c&rsquo;est le royaume de l&rsquo;inertie, on n&rsquo;est pas au bout de nos peines, il y aura pour des ann\u00e9es de travaux.\u00a0\u00bb C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque qu&rsquo;il commence son travail sur Mgr Parisot. Il relit tout l&rsquo;\u00e9vangile de saint Luc, car, dit-il, \u00ab\u00a0je crois avoir compris que toute l&rsquo;\u00e2me de Mgr Parisot est dans saint Luc (cf. son blason d&rsquo;\u00e9v\u00eaque)\u00a0\u00bb. Mais le travail avance lentement. \u00ab\u00a0Je soigne mes impatiences en me rappelant ce qui est \u00e9crit sur certains dindons taxis : Rien n&rsquo;est tard si la vie se prolonge.\u00a0\u00bb Quand il apprend, en 1970, que son \u00e9v\u00eaque veut le nommer \u00e0 Sav\u00e9, il exprime sa satisfaction, car il explique :\u00a0\u00bbCe qui me console, c&rsquo;est qu&rsquo;avec un jeune vicaire dahom\u00e9en, qui fut autrefois mon \u00e9l\u00e8ve, j&rsquo;aurai moins de fatigues et de tribulations, et partant un peu plus de temps pour achever le travail sur Mgr Parisot.\u00a0\u00bb (30\/07\/70)<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 1972, il sollicite une pause en France pour terminer son travail sur Mgr Parisot, mais son \u00e9v\u00eaque est \u00ab\u00a0r\u00e9ticent \u00e0 toute prolongation de s\u00e9jour en France et surtout pas d&rsquo;accord pour une absence prolong\u00e9e.\u00a0\u00bb C&rsquo;est alors que le Conseil provincial lui demande de renflouer \u00ab\u00a0l&rsquo;Echo des Missions Africaines\u00a0\u00bb et de faire \u00e9quipe avec \u00ab\u00a0Peuples du Monde\u00a0\u00bb. En r\u00e9ponse, il \u00e9crit : \u00ab\u00a0Je ne saurais plus me r\u00e9adapter \u00e0 la vie en Europe. L&rsquo;atmosph\u00e8re des cong\u00e9s m&rsquo;a toujours \u00e9t\u00e9 p\u00e9nible ; je me sens compl\u00e8tement d\u00e9phas\u00e9.\u00a0\u00bb Quelques ann\u00e9es plus tard, dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, il \u00e9crira : Dans nos publications sma, \u00ab\u00a0il faudrait quelques grains d&rsquo;humour, un peu de sel, un peu de piment. On n&rsquo;est pas f\u00e2ch\u00e9 du boulot qu&rsquo;on fait, mais on narre tout sur le ton le plus grave. On a l&rsquo;impression que la route de la mission, c&rsquo;est la travers\u00e9e du d\u00e9sert, monotone, aride, pas souriante, pas joyeuse du tout. Exactement ce que dit le Droit Canon au sujet de la tenue eccl\u00e9siastique : nihil nisi grave, moderatum et religione plenum.\u00a0\u00bb En octobre 1973, dans l&rsquo;intention de mettre un terme \u00e0 son travail sur Mgr Parisot, il s&rsquo;installe \u00e0 Saint-Briac \u00ab\u00a0pour six mois au maximum, mais j&rsquo;esp\u00e8re bien avoir fini et d\u00e9croch\u00e9 avant.\u00a0\u00bb Il trouve m\u00eame une religieuse carm\u00e9lite pour \u00eatre sa dactylo. Quand il rentre au B\u00e9nin six mois plus tard, le Conseil provincial lui fait savoir qu&rsquo;il n&rsquo;est pas d&rsquo;accord pour que cette publication ait lieu dans sa forme actuelle beaucoup trop volumineuse, mais avance l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une plaquette strictement historique, avec un chapitre sur la spiritualit\u00e9 de Mgr Parisot.<\/p>\n<p>Il ne reste que quatre ann\u00e9es \u00e0 Sav\u00e9. En 1974, il est nomm\u00e9 cur\u00e9 de Bohicon, \u00e0 la paroisse Saint-Charles Lwanga. En plus du travail pastoral inh\u00e9rent \u00e0 une paroisse et de tout le c\u00f4t\u00e9 mat\u00e9riel dans l&#8217;emploi du temps d&rsquo;un responsable de mission, il consacre beaucoup de son temps et de son \u00e9nergie \u00e0 la r\u00e9daction finale de la biographie de Mgr Parisot. Il faudra tout son acharnement et toute sa t\u00e9nacit\u00e9 pour que cette biographie voie enfin le jour en 1985, mais seulement sous la forme d&rsquo;une plaquette d&rsquo;une centaine de pages ; elle para\u00eet \u00e0 l&rsquo;occasion du 25\u00e8me anniversaire la mort de Mgr Parisot. En d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, pour ce travail, il re\u00e7oit le prix Emmanuel Andr\u00e9 You d\u00e9cern\u00e9 par l&rsquo;Acad\u00e9mie des Sciences d&rsquo;Outre-mer (lettre sign\u00e9e par Monsieur Cornevin). L&rsquo;ann\u00e9e suivante, pour la r\u00e9ception officielle de ce prix, devant tous les membres de cette Acad\u00e9mie, il fait un discours \u00ab\u00a0\u00e0 la Dupuis\u00a0\u00bb o\u00f9 il dit notamment : \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbJe ne puis passer sous silence un homme de c\u0153ur, le p\u00e8re Jacques Clarisse qui passa plus de vingt cinq ann\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper une \u0153uvre dont le p\u00e8re Louis Parisot avait jet\u00e9 les bases il y a cinquante ans, la l\u00e9proserie des Saints-Anges de Ouidah, au B\u00e9nin. Je cite d&rsquo;autant plus volontiers le p\u00e8re Clarisse que votre acad\u00e9mie lui rendait un juste hommage en lui attribuant en 1971 le m\u00eame prix Emmanuel You, prix de vertu cette fois, ce qui est plus honorable encore ! Et votre prix litt\u00e9raire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui aura les m\u00eames retomb\u00e9es \u00e9conomiques que le prix de vertu d&rsquo;hier, puisque mon intention est de remettre le montant de ce prix \u00e0 la l\u00e9proserie de Ouidah.\u00a0\u00bb (20\/06\/86)<\/p>\n<p>En 1985, au moment de la parution de cette plaquette, il est depuis deux ans cur\u00e9 de Za-Kponta. L&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, il avait \u00e9crit au Conseil provincial : \u00ab\u00a0Mon projet est de stopper en 1990 (65 ans) mes activit\u00e9s apostoliques \u00e0 Za-Kponta et de consacrer alors, en un lieu de rafra\u00eechissement, de lumi\u00e8re et de paix, \u00e0 la r\u00e9daction de l&rsquo;histoire du Dahomey, les restes d&rsquo;une voix qui tombe et d&rsquo;une ardeur qui s&rsquo;\u00e9teint. (Bossuet) Pour le reste, Dieu fera.\u00a0\u00bb (31\/12\/84) Mais, tant qu&rsquo;il est sur place, il demeure tr\u00e8s actif. Dans sa derni\u00e8re circulaire qu&rsquo;il envoie, dit-il, ad titulum curiositatis au Conseil provincial, il raconte comment il s&rsquo;est fait pi\u00e9ger par ses paroissiens. Dans les villages qui s&rsquo;ouvraient \u00e0 l&rsquo;\u00e9vangile et qui voulaient un lieu de rassemblement pour le culte, et aussi pour les r\u00e9unions de cat\u00e9ch\u00e8se, il avait dit que, si les murs \u00e9taient mont\u00e9s, il se chargerait de fournir les t\u00f4les ondul\u00e9es pour la couverture. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;avant de partir en cong\u00e9 en mai 1989 il avait pu couvrir 5 chapelles. Mais voil\u00e0 qu&rsquo;\u00e0 son retour de France, dans 6 nouveaux villages de la paroisse, il trouve les murs pr\u00eats \u00e0 recevoir une toiture\u2026 \u00ab\u00a0Il faut d&rsquo;autant plus encourager ces villages o\u00f9 les baptis\u00e9s se comptent sur les doigts d&rsquo;une main, et o\u00f9 les cat\u00e9chum\u00e8nes et les sympathisants sont tr\u00e8s nombreux, car beaucoup d&rsquo;activit\u00e9s de d\u00e9veloppement (alphab\u00e9tisation, promotion f\u00e9minine, apprentissage\u2026) se d\u00e9roulent \u00e0 la mission catholique. [\u2026] Pi\u00e9g\u00e9, mais confiant, puisqu&rsquo;un tel pi\u00e8ge nous laisse entrevoir tant de progr\u00e8s possibles pour l&rsquo;ann\u00e9e qui s&rsquo;ouvre.\u00a0\u00bb (20\/12\/89)<\/p>\n<p>Comme il l&rsquo;avait dit, il se retire en 1990 \u00e0 Akadjam\u00e9, sur la paroisse de Tori-Bossito. Il y a achet\u00e9 une petite concession o\u00f9 se trouvait une maison qu&rsquo;il a am\u00e9nag\u00e9e pour r\u00e9aliser son souhait : en effet, maintenant son esprit est enti\u00e8rement tourn\u00e9 vers la parution d&rsquo;une histoire religieuse de son pays d&rsquo;adoption. Il commence alors un travail de fourmi pour chercher, recueillir, amonceler toutes les informations qui lui seront n\u00e9cessaires pour la r\u00e9daction de cet ouvrage. Il visite des archives, recueille les t\u00e9moignage, interroge les t\u00e9moins. La maison r\u00e9gionale lui ach\u00e8te une machine de traitement de texte, ce qui facilite de beaucoup son travail. Mgr de Souza, l&rsquo;archev\u00eaque de Cotonou accepte d&rsquo;\u00e9crire la pr\u00e9face du premier tome, \u00ab\u00a0Le temps des semeurs\u00a0\u00bb, qui est pr\u00eat en 1996. Il \u00e9crit : \u00ab\u00a0Aussi, sommes-nous reconnaissants au p\u00e8re Paul Dupuis, sma, de nous offrir la possibilit\u00e9 de remonter \u00e0 la source de ceux et celles qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, pionniers de l&rsquo;Eglise du B\u00e9nin. Son livre nous permet de puiser dans leur souvenir la sagesse, l&rsquo;esprit de sacrifice, l&rsquo;endurance, la pers\u00e9v\u00e9rance dans l&rsquo;effort, le d\u00e9vouement sans borne, le courage intr\u00e9pide qui ont fait d&rsquo;eux, et peuvent faire de nous, l&rsquo;humble chemin que Dieu, hier et aujourd&rsquo;hui, choisit d&#8217;emprunter pour rejoindre l&rsquo;homme.\u00a0\u00bb Finalement ce livre para\u00eetra \u00e0 P\u00e2ques 1998. Il lui faudra attendre 2004 pour que le second tome, \u00ab\u00a0L&rsquo;aube nouvelle\u00a0\u00bb, sorte des presses. Mgr Agboka le pr\u00e9face en ces termes : \u00ab\u00a0Cher p\u00e8re Dupuis, merci pour ce grand cadeau d\u00e9di\u00e9 surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9piscopat et au clerg\u00e9 africains, en retra\u00e7ant ainsi la vie, l&rsquo;apostolat et les souffrances des missionnaires, nos P\u00e8res dans la foi, ceux-l\u00e0 qui nous ont engendr\u00e9s, moul\u00e9s pour la continuation de la cause de l&rsquo;\u00e9vangile.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au moment de la parution de ce second tome, il avait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 d\u00e9finitivement l&rsquo;Afrique. En effet, en 2002, il s&rsquo;\u00e9tait retir\u00e9 chez sa s\u0153ur \u00e0 Mesnil-le-Roi, dans la banlieue parisienne. L\u00e0, il occupe la plus grande partie de son temps \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture et \u00e0 la peinture : il peint des paysages, la mer, des bateaux, mais aussi des sujets religieux ou africains, et il commence \u00e0 \u00e9crire sa propre biographie. Il aime laisser courir sa plume all\u00e8grement sur le papier et il peut donner libre cours \u00e0 sa verve \u00e9pistolaire. A propos de ses projets d&rsquo;\u00e9criture, il dit : \u00ab\u00a0J&rsquo;aimerais les r\u00e9aliser avant que ma m\u00e9moire, copieusement et pittoresquement garnie, ne s&rsquo;\u00e9teigne.\u00a0\u00bb En 2004, il accepte \u00e9galement de se lancer dans l&rsquo;\u00e9criture de la biographie du fondateur des S\u0153urs Sal\u00e9siennes de Marie Immacul\u00e9e qui ont deux missions au B\u00e9nin, l&rsquo;abb\u00e9 Henri Chaumont. Oublie-t-il qu&rsquo;il a bient\u00f4t 80 ans et plus de 50 ann\u00e9es d&rsquo;Afrique derri\u00e8re lui ? Ce projet n&rsquo;aura pas de suite.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa s\u0153ur, en mars 2006, il s&rsquo;\u00e9tablit d\u00e9finitivement en Bretagne, chez des amis chez qui il avait d\u00e9j\u00e0 fait de longs s\u00e9jours. Des probl\u00e8mes d&rsquo;arthrose l&rsquo;am\u00e8nent peu \u00e0 peu \u00e0 r\u00e9duire ses activit\u00e9s. Il fait m\u00eame plusieurs s\u00e9jours \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Morlaix pour des ennuis intestinaux. Tr\u00e8s fatigu\u00e9 apr\u00e8s une intervention chirurgicale, il meurt d&rsquo;une h\u00e9morragie interne le 20 ao\u00fbt. Il est enterr\u00e9 \u00e0 Saint-Pol de L\u00e9on.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 20 novembre 1925 \u00e0 Saint-Omerdans le dioc\u00e8se d&rsquo;Arrasmembre de la SMA le 27 octobre 1947pr\u00eatre le 12 f\u00e9vrier 1951d\u00e9c\u00e9d\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2649,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2650","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2650","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2650"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2650\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2649"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2650"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}