{"id":2652,"date":"2015-07-27T07:12:12","date_gmt":"2015-07-27T07:12:12","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2652"},"modified":"2015-07-27T07:12:12","modified_gmt":"2015-07-27T07:12:12","slug":"le-pere-henri-barottin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2652","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Henri BAROTTIN"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 145px; width: 988px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2651\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/BAROTTIN_Henri.jpg\" alt=\"BAROTTIN Henri\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 10 septembre 1904 \u00e0 Velaine-sous-Amance<br \/>dans le dioc\u00e8se de Nancy, France<br \/>membre de la SMA le 25 juillet 1933<br \/>pr\u00eatre le 6 janvier 1937<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 20 ao\u00fbt 1977<\/td>\n<td>\n<p>1937-1976 missionnaire au Dahomey<br \/>1976-1977 Saint-Pierre, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre, France, le 20 ao\u00fbt 1977,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 73 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Henri BAROTTIN (1904 &#8211; 1977)<\/p>\n<p>Henri Barottin na\u00eet le 10 septembre 1904 \u00e0 Velaine-sous-Amance, en Meurthe-et-Moselle, dans le dioc\u00e8se de Nancy. Il a deux fr\u00e8res et deux s\u0153urs. Ses parents sont de petits cultivateurs, profond\u00e9ment chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Henri fait ses \u00e9tudes primaires dans l\u2019\u00e9cole de son village. Puis, il travaille sans doute \u00e0 la ferme familiale, jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part au service militaire qu\u2019il accomplit \u00e0 Lun\u00e9ville en 1924-1925. Il travaille aussi comme chauffeur d\u2019un ch\u00e2telain. C\u2019est en 1928 qu\u2019il rejoint le s\u00e9minaire des vocations tardives \u00e0 Saint-Priest, dans la banlieue lyonnaise. Il rejoint ensuite la maison de Chanly, en Belgique, pour sa philosophie et son noviciat. Le 25 juillet 1933, il devient membre des Missions Africaines. Il rejoint ensuite le grand s\u00e9minaire de Lyon et est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 6 janvier 1937. Il a alors 32 ans. On dit de lui qu\u2019il est un homme bon, de caract\u00e8re heureux, tr\u00e8s sociable et qu\u2019il a un bon esprit. Il est affect\u00e9 le 28 juillet 1937 \u00e0 la mission du Dahomey.<\/p>\n<p>Il rejoint d\u2019abord la paroisse Notre-Dame de Cotonou o\u00f9 il va rester 5 ans, avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9, au nord de Porto-Novo, en remplacement du p\u00e8re Gros, mobilis\u00e9. A cause de la guerre, il ne partira en cong\u00e9 qu\u2019en 1945, assez fatigu\u00e9, apr\u00e8s un s\u00e9jour de 8 ans.<\/p>\n<p>Pendant son s\u00e9jour \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9, il continue l\u2019\u0153uvre du p\u00e8re Gros et ach\u00e8ve la mission, l\u2019\u00e9cole et l\u2019\u00e9glise. Pendant son temps de pr\u00e9sence, la mission se d\u00e9veloppe, mais il se plaint d\u2019un manque de personnel pour faire face \u00e0 toutes les demandes. En 1953, la chance lui sourit. Il ach\u00e8te \u00e0 des \u00e9coliers, pour 200 francs CFA, le dernier billet de tombola qu\u2019ils ont \u00e0 vendre : il gagne le premier prix, une traction-avant Citro\u00ebn.<\/p>\n<p>En 1962, il c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9 ses 25 ans d\u2019ordination, en pr\u00e9sence du p\u00e8re Bothua, sup\u00e9rieur r\u00e9gional, mais aussi de plusieurs \u00e9v\u00eaques, monseigneur Gantin, monseigneur Boucheix et monseigneur Chopard-Lallier. Sak\u00e9t\u00e9 est devenue une paroisse tr\u00e8s vivante. Ce d\u00e9veloppement est d\u00fb, bien s\u00fbr, au travail du p\u00e8re, mais aussi de ses collaborateurs, les p\u00e8res Marcel Mahy et Candido Troconiz, ainsi que l\u2019abb\u00e9 Badou. D\u00e8s 1942, les s\u0153urs de Notre-Dame des Ap\u00f4tres sont \u00e9galement pr\u00e9sentes \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9 o\u00f9 elles ont install\u00e9 leur noviciat. A l\u2019occasion du jubil\u00e9 du p\u00e8re, le journal \u00ab La Croix au Dahomey \u00bb \u00e9crit : Parce qu\u2019un bon et d\u00e9vou\u00e9 missionnaire est pr\u00e9sent \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9 depuis 1942, gr\u00e2ce \u00e0 un dur labeur ininterrompu et des courses innombrables, le r\u00e8gne de Dieu s\u2019est \u00e9tendu.<\/p>\n<p>Avec sa population \u00e0 majorit\u00e9 yoruba, Sak\u00e9t\u00e9 est compos\u00e9e pour moiti\u00e9 de musulmans, d\u2019un bon groupe de chr\u00e9tiens et d\u2019une importante population animiste. De la part des non-chr\u00e9tiens, il y a, en g\u00e9n\u00e9ral, une forte sympathie pour le catholicisme et toute la population se retrouve \u00e0 l\u2019occasion de certaines grandes f\u00eates et pour le mois de Marie. C\u2019est dans ce contexte que le p\u00e8re Barottin va d\u00e9velopper les \u00e9coles, le cat\u00e9chum\u00e9nat, ainsi que divers mouvements d\u2019Action catholique pour les enfants, les jeunes et les adultes. Il s\u2019occupe aussi des villages qu\u2019il visite r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 v\u00e9lo. Il rencontre aussi des difficult\u00e9s et note celles qui lui semblent les plus importantes : la polygamie, le manque de ressources financi\u00e8res, le manque de pr\u00eatres, les divisons entre les diff\u00e9rentes ethnies pour des raisons politiques, le manque de pers\u00e9v\u00e9rance. Mais cela ne l\u2019emp\u00eache pas de continuer son travail. En 1968, \u00e0 l\u2019occasion de ses 25 ans de pr\u00e9sence \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9, la revue \u00ab Les Echos \u00bb \u00e9crira : Depuis 25 ans, le p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0au four et au moulin\u00a0\u00bb. Personnification de la simplicit\u00e9, de la patience et d\u2019une totale abn\u00e9gation, le p\u00e8re ne se souciait d\u2019aucun confort. Longtemps, pour logement, il se contenta de deux pi\u00e8ces v\u00e9tustes d\u2019une cabane de fortune.<\/p>\n<p>En 1969, le p\u00e8re Falcon, provincial, visite le p\u00e8re \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9. Il le trouve vieilli et fatigu\u00e9. Sa vue faiblit et il ne peut plus conduire sa voiture pour aller dans les villages. Mais il a r\u00e9alis\u00e9 un gros travail, en particulier aupr\u00e8s des jeunes et des familles, puisque l\u2019on compte, chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s de 40 mariages chr\u00e9tiens. Devant cette situation, le p\u00e8re Bellut lui propose de venir \u00e0 la maison r\u00e9gionale de Cotonou. Il la rejoint le 19 mars 1970 : peu \u00e0 peu, il va en devenir l\u2019h\u00f4telier. Il est heureux dans ce service qui lui permet de demeurer en Afrique et d\u2019accueillir les confr\u00e8res. Quelques ann\u00e9es plus tard, le 17 juillet 1974, avec l\u2019accord de monseigneur Adimou, archev\u00eaque de Cotonou, il est mis \u00e0 la disposition du p\u00e8re Vincent Adjanohoun, cur\u00e9 de saint-Michel de Cotonou, comme pr\u00eatre habitu\u00e9. Le p\u00e8re ne restera que deux ans \u00e0 saint-Michel. Fatigu\u00e9, il rentre en France en octobre 1976. Il rejoint alors la maison de retraite des Missions Africaines \u00e0 Saint-Pierre, en Alsace. Quelques mois plus tard, us\u00e9, il y rendra le dernier soupir le 20 ao\u00fbt 1977.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Jean Vincent qui fut son vicaire rend ce beau t\u00e9moignage sur le p\u00e8re Barottin. J\u2019ai v\u00e9cu avec lui d\u2019octobre 1966 au mois d\u2019ao\u00fbt 1969 : c\u2019\u00e9tait mon premier s\u00e9jour en Afrique. La diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge et son temp\u00e9rament tranquille donn\u00e8rent \u00e0 nos relations un caract\u00e8re quasi familial, affectueux, sans formalisme. Tout \u00e9tait simple entre nous.<br \/>A la mission, il recevait beaucoup de visites ; les gens des villages aimaient venir le saluer \u00e0 leur passage \u00e0 Sak\u00e9t\u00e9. Il est vrai qu\u2019en 27 ans de pr\u00e9sence dans le m\u00eame secteur, il avait eu le temps de bien conna\u00eetre les communaut\u00e9s. Cat\u00e9chistes et ma\u00eetres d\u2019\u00e9cole venaient souvent le rencontrer dans son \u00e9troit bureau. Bien qu\u2019il comprenait mal le nagot et ne pouvait s\u2019exprimer autrement qu\u2019en fran\u00e7ais, chacun se sentait accueilli. Avec lui, j\u2019ai compris que parler la langue de celui qui est devant soi n\u2019est pas le seul chemin pour le rencontrer.<br \/>Malgr\u00e9 le handicap de la langue, il a \u00e9difi\u00e9 une magnifique communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. C\u2019est lui qui a fait d\u00e9marrer ou a fond\u00e9 toutes les stations qui existent aujourd\u2019hui dans les trois paroisses de Sak\u00e9t\u00e9, Pob\u00e9 et Banigb\u00e9 qui, autrefois, n\u2019en faisaient qu\u2019une. Il \u00e9tait fier de ce que beaucoup de ses paroissiens se mariaient \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Cela est d\u00fb en partie \u00e0 son activit\u00e9 pastorale et \u00e0 la connaissance personnelle de chacun.<br \/>C\u2019\u00e9tait un homme ouvert aux nouveaut\u00e9s. Il exprima le d\u00e9sir que je mette en place la nouvelle liturgie apr\u00e8s Vatican II, car il se sentait \u00ab\u00a0un peu perdu l\u00e0-dedans\u00a0\u00bb, selon ses propres mots.<br \/>Il vivait pauvrement, se satisfaisant de peu. Il arrivait que la caisse soit compl\u00e8tement vide ; cela ne l\u2019affectait pas, car la pauvret\u00e9 faisait partie de sa vie.<br \/>Il se couchait t\u00f4t mais, de bonne heure, le matin, il partait \u00e0 l\u2019\u00e9glise, avec sa lampe temp\u00eate, pour sa m\u00e9ditation avant la messe. En fin d\u2019apr\u00e8s-midi, il revenait pour son chapelet. Egal, sans h\u00e2te, tout \u00e9tait semblable en lui : son pas, sa parole, son minist\u00e8re. Je ne l\u2019ai jamais vu courir, bien que son temps f\u00fbt mesur\u00e9 \u00e0 la minute pr\u00e8s.<br \/>Un homme tranquille, au c\u0153ur sensible, un missionnaire adonn\u00e9 uniquement \u00e0 son minist\u00e8re, un pr\u00eatre proche de Dieu et des hommes, tel est le p\u00e8re Barottin que j\u2019ai connu et aim\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 10 septembre 1904 \u00e0 Velaine-sous-Amancedans le dioc\u00e8se de Nancy, Francemembre de la SMA le 25 juillet 1933pr\u00eatre le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2651,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2652","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2652"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2652\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2651"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2652"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}