{"id":2699,"date":"2015-07-27T09:36:25","date_gmt":"2015-07-27T09:36:25","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2699"},"modified":"2015-07-27T09:36:25","modified_gmt":"2015-07-27T09:36:25","slug":"le-pere-antonin-gautier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2699","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Antonin GAUTIER"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 999px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2698\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/GAUTIER_Antonin.jpg\" alt=\"GAUTIER Antonin\" width=\"113\" height=\"142\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 15 mars 1884 au G\u00e2vre<br \/>dans le dioc\u00e8se de Nantes, France<br \/>membre de la SMA le 20 d\u00e9cembre 1904<br \/>pr\u00eatre le 22 juillet 1906<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 25 ao\u00fbt 1966<\/td>\n<td>\n<p>1906-1907 repos en famille<br \/>1907-1909 missionnaire au Dahomey<br \/>1909-1911 Cadier en Keer (Hollande)<br \/>1911-1-25 missionnaire au Dahomey<br \/>1925-1933 Pont-Rousseau, recruteur<br \/>1939-1942 missionnaire en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire<br \/>1942-1945 Chamali\u00e8res, recruteur<br \/>1945-1966 missionnaire au Dahomey<\/p>\n<p>commandeur de l&rsquo;Ordre national du Dahomey<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Tchaourou, Dahomey, le 25 ao\u00fbt 1966,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 82 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Antonin GAUTIER (1884 &#8211; 1966)<\/p>\n<p>Antonin Gautier est n\u00e9 le 15 mars 1884 au G\u00e2vre, dans le dioc\u00e8se de Nantes. Il suit l\u2019\u00e9cole primaire au Coudray. Puis il est envoy\u00e9 au petit s\u00e9minaire de Pont-Rousseau, pr\u00e8s de Nantes, et au petit s\u00e9minaire de Richelieu (Chamali\u00e8res) pour ses \u00e9tudes secondaires.<\/p>\n<p>Il rejoint le grand s\u00e9minaire \u00e0 Lyon, puis termine ses \u00e9tudes au Caire. Membre des Missions Africaines le 20 d\u00e9cembre 1904, il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre en juillet 1906, mais sa sant\u00e9 l&#8217;emp\u00eache de partir de suite en mission. Il se repose alors en famille pendant pr\u00e8s d&rsquo;une ann\u00e9e avant de s&#8217;embarquer, le 12 mai 1907, pour Porto-Novo, Ouidah et enfin K\u00e9tou, d&rsquo;o\u00f9 il \u00e9crit en 1908 : A part le p\u00e8re Aupiais qui n&rsquo;est pass\u00e9 ici que par \u00e9chapp\u00e9e, je suis le premier missionnaire arriv\u00e9 jusque-l\u00e0, et ce n&rsquo;est pas un mince honneur.<\/p>\n<p>A la fin de cette m\u00eame ann\u00e9e 1908, il est \u00e0 Cotonou sur le conseil d&rsquo;un docteur qui lui recommande un mois de repos. Mais, malade, il doit quitter le Dahomey dans les premiers mois de 1909. Il se retrouve alors \u00e0 Cadier-en-Keer, en Hollande, professeur d&rsquo;une petite classe pendant deux ann\u00e9es. R\u00e9tabli en 1911, il rejoint de nouveau le Dahomey.<\/p>\n<p>C&rsquo;est lui qui est charg\u00e9 par Mgr Steinmetz, en 1914, d&rsquo;ouvrir le s\u00e9minaire Sainte-Jeanne d&rsquo;Arc, \u00e0 Ouidah. Le 17 f\u00e9vrier, jour de l&rsquo;ouverture, il \u00e9crit : Tout le monde se f\u00e9licite de voir enfin commenc\u00e9e l&rsquo;oeuvre \u00e0 laquelle on avait r\u00eav\u00e9 depuis longtemps, celle des vocations indig\u00e8nes. Parmi les premiers \u00e0 entrer au s\u00e9minaire, un certain Thomas Moul\u00e9ro qui sera le premier pr\u00eatre du pays. Comme monseigneur de Br\u00e9sillac, cette oeuvre sera l&rsquo;une des lignes fortes de sa vie. Il ira jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9crire en 1928, alors qu&rsquo;il \u00e9tait recruteur en France : Si toute l&rsquo;ardeur de la Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines, si le meilleur de son capital humain et p\u00e9cuniaire est donn\u00e9 \u00e0 cette fabrique en s\u00e9rie de missionnaires blancs pour les envoyer aux colonies, et que rien ou quasiment rien n&rsquo;est fait pour le clerg\u00e9 indig\u00e8ne, dans ces conditions, rien ne me pla\u00eet en France, pas m\u00eame de rester dans la Soci\u00e9t\u00e9. En 1919, le p\u00e8re Gautier est nomm\u00e9 visiteur pour le Dahomey et le Togo ; mais il continue son travail d&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation et ses \u00e9crits montrent combien il s&rsquo;int\u00e9resse toujours beaucoup \u00e0 tout ce qui touche l&rsquo;Afrique et les Africains.<\/p>\n<p>En 1925, il rentre pour un cong\u00e9 et est retenu au pays, pour devenir recruteur dans l&rsquo;Ouest de la France. Un peu d\u00e9sabus\u00e9, car il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9norm\u00e9ment travaill\u00e9 l&rsquo;une des langues du Dahomey, il \u00e9crit : Pour pr\u00e9parer l&rsquo;avenir, j&rsquo;avais pr\u00e9par\u00e9 un minuscule syllabaire en langue dahom\u00e9enne tir\u00e9 \u00e0 10.000 exemplaires. Cela m&rsquo;a co\u00fbt\u00e9 700 francs ; c&rsquo;\u00e9tait beaucoup pour ma bourse. Et je sais que mes 10 000 exemplaires, vu ma nomination en France, n&rsquo;ont plus qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre jet\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Il doit attendre 1933 pour reprendre le chemin de son cher Dahomey. Il est nomm\u00e9 \u00e0 Sav\u00e9, poste tenu par l&rsquo;abb\u00e9 Moul\u00e9ro, ordonn\u00e9 en 1928. Il fonde alors l&rsquo;oeuvre des petits clercs qui veut pr\u00e9parer de jeunes enfants \u00e0 entrer au petit s\u00e9minaire et il construit, en m\u00eame temps, la l\u00e9proserie des Saints-Anges \u00e0 Ouidah.<\/p>\n<p>En 1939, \u00e0 la fin d&rsquo;un cong\u00e9 de 10 mois, juste au d\u00e9but de la seconde guerre mondiale, il est envoy\u00e9 en C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire, o\u00f9 monseigneur Boivin lui dit en guise d&rsquo;accueil : Vous savez, p\u00e8re Gautier, que mon s\u00e9minaire tient la premi\u00e8re place dans mes pr\u00e9occupations. C&rsquo;est donc ici que je vous place. Faites-y de la bonne besogne. Il y cr\u00e9e l\u2019oeuvre des petits clercs puis, au bout de trois ans, il se retrouve, en 1942, recruteur \u00e0 Chamali\u00e8res. Repartir au Dahomey est une pens\u00e9e qui ne le quittera jamais, mais la route lui en est ferm\u00e9e \u00e0 cause de la guerre. En 1943, il \u00e9crit \u00e0 son p\u00e8re provincial : D\u00e8s que le chemin des mers nous sera rendu, je vous exprimerai mon d\u00e9sir de retourner en mission.<\/p>\n<p>Il peut s&#8217;embarquer le 13 ao\u00fbt 1945 et est affect\u00e9 \u00e0 la mission d&rsquo;Abomey par monseigneur Parisot. Il annonce son programme \u00e0 ses nouveaux paroissiens: Je viens ici pour prier, vous faire prier. Je d\u00e9sire toujours vous voir sans p\u00e9ch\u00e9 mortel, aussi je serai au confessionnal tous les jours pour vous recevoir. Je viens surtout pour vous faire aimer davantage la Sainte Vierge. Monseigneur m&rsquo;envoie ici pour travailler, c&rsquo;est vrai, mais ce travail, c&rsquo;est la Sainte Vierge qui le fera. Il fonde la L\u00e9gion de Marie et pr\u00eache, aux hommes et aux femmes, des retraites spirituelles qui sont tr\u00e8s suivies.<\/p>\n<p>Il choisit le 8 d\u00e9cembre, solennit\u00e9 de l&rsquo;Immacul\u00e9e-Conception de Marie, pour organiser une messe des \u00ab\u00a0bokonons\u00a0\u00bb, ou chefs f\u00e9ticheurs. Voici ce qu&rsquo;en \u00e9crit le p\u00e8re Grenot : Tous les chefs f\u00e9ticheurs \u00e9taient pr\u00e9sents. Ils regardaient et \u00e9coutaient, un peu surpris par le chant et le ronflement de l&rsquo;harmonium. La messe se c\u00e9l\u00e9brait en plein air ; soudain, un son m\u00e9tallique, puis une voix entonne un air du pays, que toutes les femmes chr\u00e9tiennes reprennent en agitant des castagnettes: c&rsquo;est le &lsquo;Hany\u00e9&rsquo;, musique dahom\u00e9enne, royale et mystique. Quel enchantement !<\/p>\n<p>Les bokonons dressent leurs oreilles, ouvrent de grands yeux : &lsquo;Pas possible ! Le Hany\u00e9 chez le f\u00e9tiche des Blancs, cela peut-il se faire ? Alors, ils se sentent chez eux, ils remuent la t\u00eate, battent la mesure, leur bonnet blanc s&rsquo;agite sur leurs t\u00eates. Il y en a m\u00eame qui chantent au refrain les louanges de Marie. La messe se termine dans un enchantement g\u00e9n\u00e9ral. Le comit\u00e9 paroissial offre un vin d&rsquo;honneur. Quand ils repartent chez eux, ils r\u00e9p\u00e8tent : ce y\u00eahou\u00e9non (pr\u00eatre) n\u2019est pas comme les autres ! Le soir, une grande procession fait le tour du march\u00e9, avec la statue de la Sainte Vierge , des chants Hany\u00e9 l\u2019accompagnent.<\/p>\n<p>En 1948, monseigneur Parisot le d\u00e9place \u00e0 K\u00e9tou, le lieu de ses premiers pas missionnaires puis, en 1951, \u00e0 Pob\u00e9. En ao\u00fbt 1956, \u00e0 l&rsquo;occasion de ses 50 ans d&rsquo;apostolat, ses confr\u00e8res lui rendent hommage, et monseigneur Parisot rappelle, en ces termes, ce que le p\u00e8re a fait \u00e0 Abomey : Pour cette foule, vous avez eu, le premier, l&rsquo;inspiration d&rsquo;introduire le \u00ab\u00a0Hany\u00e9\u00a0\u00bb dans l&rsquo;\u00e9glise, le \u00ab\u00a0Hany\u00e9\u00a0\u00bb, chant royal, dont on a christianis\u00e9 les paroles, mais conserv\u00e9 le rythme. Le \u00ab\u00a0Hany\u00e9\u00a0\u00bb a si bien fait son chemin qu&rsquo;il a envahi \u00e0 peu pr\u00e8s tout le bas-Dahomey et qu&rsquo;il attire les pa\u00efens qui se sentent d\u00e9sormais chez eux \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, et qu&rsquo;il a m\u00eame eu raison de la plupart de ses opposants. N&rsquo;ai-je pas \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin moi-m\u00eame, l&rsquo;an pass\u00e9, du choc que vous a donn\u00e9 la tenue du premier congr\u00e8s de \u00ab\u00a0Hany\u00e9\u00a0\u00bb. Le p\u00e8re Gautier ne r\u00e9pondit rien, trop \u00e9mu peut-\u00eatre&#8230; Monseigneur Lucien Agboka, \u00e9v\u00eaque d\u2019Abomey, a voulu rendre hommage au p\u00e8re Gautier en donnant son nom au centre national du Hany\u00e9, install\u00e9 sur la paroisse Saint-Mo\u00efse de Bohicon.<\/p>\n<p>Finalement en 1956, il est nomm\u00e9 \u00e0 Tchaourou. \u00ab\u00a0Fr\u00e8res d&rsquo;Armes\u00a0\u00bb \u00e9crira simplement en avril 1960 : Le p\u00e8re Gautier est venu \u00e0 Tchaourou pour ouvrir une maison de petits clercs baribas. L&rsquo;oeuvre est en marche&#8230; Une vieille maison pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise&#8230; Un jardinet de goyaviers et d&rsquo;orangers&#8230; Six petits clercs. La m\u00eame revue ajoute : Ce m\u00eame p\u00e8re Gautier vient d&rsquo;ouvrir l&rsquo;oeuvre du &lsquo;casse-cro\u00fbte&rsquo; du matin pour les jeunes apprentis de la ville et les \u00e9coliers, loin de leur village et couchant \u00e0 Tchaourou : bol de bouillie, coco, verre de gari, 4 morceaux de sucre sont distribu\u00e9s gratuitement.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 Tchaourou qu&rsquo;il meurt le 25 ao\u00fbt 1966. Le p\u00e8re Grenot \u00e9crit : Avant sa mort, il avait choisi lui-m\u00eame l&#8217;emplacement de sa tombe, tout pr\u00e8s du clocher, dans la cour de la mission. Il avait indiqu\u00e9 la fa\u00e7on dont sa tombe devait \u00eatre creus\u00e9e et ciment\u00e9e, pr\u00e9vu le bois n\u00e9cessaire pour son cercueil et choisi les ornements dont il devait \u00eatre rev\u00eatu.<\/p>\n<p>On vint de partout pour ses obs\u00e8ques : \u00e9v\u00eaques, pr\u00eatres, religieuses, chr\u00e9tiens et cat\u00e9chum\u00e8nes, ainsi que des protestants, des musulmans et des membres des religions traditionnelles. Monseigneur Gantin d\u00e9clara que tout le clerg\u00e9 dahom\u00e9en lui doit son sacerdoce, puisqu&rsquo;il fonda le petit s\u00e9minaire de Ouidah, puis les petits Clercs \u00e0 Sav\u00e9, \u00e0 Pob\u00e9. Il fut vraiment un tr\u00e8s grand missionnaire, amoureux de l\u2019Afrique et des Africains, tout orient\u00e9 vers le d\u00e9veloppement d\u2019un clerg\u00e9 local, respectueux de la culture, assez audacieux pour introduire les rythmes royaux d\u2019Abomey dans la liturgie, soucieux d\u2019aider les petits et les pauvres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Lyon n\u00e9 le 15 mars 1884 au G\u00e2vredans le dioc\u00e8se de Nantes, Francemembre de la SMA le 20 d\u00e9cembre 1904pr\u00eatre le 22 juillet&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2698,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2699","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2699","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2699\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2698"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}