{"id":2850,"date":"2015-07-30T08:34:02","date_gmt":"2015-07-30T08:34:02","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2850"},"modified":"2015-07-30T08:34:02","modified_gmt":"2015-07-30T08:34:02","slug":"le-pere-jacques-knaebel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2850","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Jacques KNAEBEL"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 966px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2849\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/KNAEBEL_Jacques.jpg\" alt=\"KNAEBEL Jacques\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 30 mars 1909 \u00e0 Salmbach<br \/>dans le dioc\u00e8se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 29 juillet 1928<br \/>pr\u00eatre le 8 janvier 1933<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 14 ao\u00fbt 1986<\/td>\n<td>\n<p>1933-1975 missionnaire au Togo<br \/>1975-1986 Guebwiller, aum\u00f4nier \u00e0 B\u00e9thanie<br \/>1986 Saint-Pierre<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Colmar, France, le 14 ao\u00fbt 1986,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 77 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Jacques KNAEBEL (1909 &#8211; 1986)<\/p>\n<p>Jacques Knaebel est n\u00e9 le 30 mars 1909 \u00e0 Salmbach, dans l\u2019Alsace du Nord. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de six ans, il commen\u00e7a ses \u00e9tudes primaires \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale. Un jour, en 1921, le P\u00e8re Joseph Vogel, du village voisin de Scheibenhard, \u00e9tant pass\u00e9 dans les classes pour parler des missions aux enfants, le jeune Jacques se pr\u00e9senta comme candidat missionnaire. D\u00e8s lors, il se met \u00e0 prendre des le\u00e7ons de latin aupr\u00e8s du cur\u00e9 de la paroisse et, au mois d\u2019octobre 1921, d\u00e9sirant devenir missionnaire, il gagne l\u2019\u00e9cole apostolique de Bischwiller. Au terme de ses \u00e9tudes secondaires, il entre en 1926 au noviciat et s\u00e9minaire de philosophie de Chanly, fait le serment le 29 juillet 1928 et, de 1928 \u00e0 1933, avec une interruption d\u2019une ann\u00e9e de service militaire \u00e0 Nancy, il accomplit le cycle des \u00e9tudes th\u00e9ologiques au s\u00e9minaire des Missions Africaines \u00e0 Lyon. Il y est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 8 janvier 1933.<\/p>\n<p>Au sortir du s\u00e9minaire, il est envoy\u00e9 \u00e0 la Mission du Togo, s\u2019embarque \u00e0 Marseille le 3 octobre 1933 et arrive \u00e0 Lom\u00e9, o\u00f9 il re\u00e7oit pour premi\u00e8re affectation la mission d\u2019Atakpam\u00e9. Le P\u00e8re Joseph Legrand en \u00e9tait en ce temps le sup\u00e9rieur, aid\u00e9 par le P\u00e8re Bardol. Celui-ci rentre en cong\u00e9 en France en 1934 et, en f\u00e9vrier 1936, le P\u00e8re Legrand rentre \u00e9galement en France. Le P\u00e8re Jacques devient sup\u00e9rieur de la mission d\u2019Atakpam\u00e9. Il a alors pour collaborateur le P\u00e8re Robert Simon, puis, \u00e0 partir de novembre 1936, le P\u00e8re Jean No\u00ebl et, un peu plus tard, le P\u00e8re W\u0153lffel.<\/p>\n<p>Le jeune sup\u00e9rieur, qui avait deux ans et demi de s\u00e9jour seulement, accepta courageusement sa charge. La t\u00e2che n\u2019\u00e9tait pas facile. Sans doute, la ville d\u2019Atakpam\u00e9 avait re\u00e7u d\u00e9j\u00e0 en 1886 ses premiers missionnaires, les P\u00e8res Moran et Bauquis. En 1900, la mission avait \u00e9t\u00e9 rouverte par les P\u00e8res allemands du Verbe divin. Ceux-ci durent partir par suite des circonstances issues de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. La mission, quelque temps abandonn\u00e9e, avait \u00e9t\u00e9 ouverte de nouveau, au d\u00e9but de 1922, par le P\u00e8re Hebting et le P\u00e8re Kennis, et, le 15 avril 1928, la mission d\u2019Atakpam\u00e9 avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par des f\u00eates grandioses le 25e anniversaire de la b\u00e9n\u00e9diction de son \u00e9glise. Malgr\u00e9 tout cela, lorsque le P\u00e8re Jacques Knaebel arriva, l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation \u00e9tait encore assez peu avanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Le territoire \u00e9tait immense : 200 km de long sur 50 km de large. Les missionnaires \u00e9taient tr\u00e8s peu nombreux. \u00c0 cause des distances et du manque de personnel missionnaire, bien des stations n\u2019avaient pu \u00eatre visit\u00e9es qu\u2019une fois tous les 4 \u00e0 5 mois. Les d\u00e9placements d\u2019ailleurs \u00e9taient difficiles. C\u2019est bien souvent \u00e0 pied et le plus fr\u00e9quemment \u00e0 bicyclette, que le P\u00e8re devait suivre les sentiers et les pistes de la brousse. En outre, les ressources mat\u00e9rielles \u00e9taient maigres, et cela aussi retardait l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation. C\u2019est ainsi que le P\u00e8re avait ouvert une station \u00e0 Tado, dont il voulait faire un avant-poste, mais il dut la fermer ensuite, parce qu\u2019il n\u2019avait plus d\u2019argent pour payer le salaire d\u2019un cat\u00e9chiste. Pour la m\u00eame raison, il dut encore fermer d\u2019autres stations. On venait le voir pour le supplier qu\u2019il donne un cat\u00e9chiste \u00e0 un village, mais il \u00e9tait oblig\u00e9 de refuser, parce qu\u2019il n\u2019avait pas le moyen de r\u00e9mun\u00e9rer un cat\u00e9chiste et que les gens du pays ne le pouvaient pas non plus, la r\u00e9gion \u00e9tant tr\u00e8s pauvre. Cela me fait chaque fois mal au c\u0153ur, \u00e9crit le P\u00e8re, de voir ces gens de bonne volont\u00e9, qui viennent de loin demander la lumi\u00e8re de la foi et qui repartent tristes de n\u2019avoir pu obtenir ce cat\u00e9chiste qui la leur porterait. Il a de m\u00eame des difficult\u00e9s pour ouvrir des \u00e9coles et payer les ma\u00eetres.<\/p>\n<p>En 1939, \u00e9tant rentr\u00e9 en cong\u00e9, il est surpris par la guerre. Il est mobilis\u00e9 \u00e0 \u00c9pinal, puis au mois de d\u00e9cembre autoris\u00e9 \u00e0 retourner au Togo, en vertu des dispositions d\u2019une circulaire minist\u00e9rielle. Il passe les f\u00eates de No\u00ebl chez ses parents, \u00e9vacu\u00e9s aux Grands Ch\u00e9zeaux, en Haute-Vienne. Il les quitte apr\u00e8s les f\u00eates, sans se douter qu\u2019il ne les reverra plus sur la terre : l\u2019un et l\u2019autre moururent avant son cong\u00e9 suivant, la m\u00e8re en 1943, le p\u00e8re au d\u00e9but de 1947. Pour le moment, heureux et content, il repart en Afrique et s\u2019embarque \u00e0 Marseille le 28 d\u00e9cembre. Arriv\u00e9 \u00e0 Lom\u00e9, il est de nouveau mobilis\u00e9, d\u2019abord \u00e0 Ouidah, puis \u00e0 Cotonou, jusqu\u2019au 2 ao\u00fbt 1940. Lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette date, Mgr Cessou l\u2019envoie \u00e0 Atakpam\u00e9, o\u00f9 se trouve le P\u00e8re Szmania. Celui-ci \u00e9tant devenu, au d\u00e9but de 1944, aum\u00f4nier du Camp de r\u00e9fugi\u00e9s polonais \u00e0 Lusaka, en Rhod\u00e9sie du Nord, le P\u00e8re Jacques est alors seul missionnaire pour les districts d\u2019Atakpam\u00e9 et d\u2019Agadji. En 1945, le P\u00e8re W\u0153lffel vient l\u2019aider, remplac\u00e9 en f\u00e9vrier 1946, par le P\u00e8re Georges Erhard.<\/p>\n<p>En 1947, le P\u00e8re Jacques rentre en cong\u00e9 en France. Mgr Strebler lui demande de fonder une nouvelle mission. Il s\u2019agit de cr\u00e9er, par division du district d\u2019Atakpam\u00e9, un nouveau district dont la station principale sera Ani\u00e9. D\u00e8s le mois de juin 1948, retourn\u00e9 au Togo, le P\u00e8re se met \u00e0 visiter le nouveau district, qu\u2019il connaissait d\u2019ailleurs depuis 1934 et, le 1er octobre 1948, il s\u2019installe d\u00e9finitivement \u00e0 Ani\u00e9. D\u2019abord il habite au campement, puis, peu \u00e0 peu, tout en prenant le temps de visiter les nombreuses stations secondaires, il organise la r\u00e9sidence missionnaire d\u2019Ani\u00e9 et se met \u00e0 construire une maison d\u2019habitation. D\u2019autres r\u00e9alisations suivront. Faisant le point en 1951, il constate qu\u2019il y a 2 290 chr\u00e9tiens. Il a fait 298 bapt\u00eames d\u2019adultes et 50 mariages. Dans la station principale, il est oblig\u00e9 de biner le dimanche : la chapelle, pourtant agrandie et qui mesure 25 m de long sur 7 de large, est trop petite pour accueillir en une seule fois les assistants \u00e0 la messe. Il faudra construire une \u00e9glise et aussi des \u00e9coles. Il y a dans le district 20 stations secondaires et on pourrait en ouvrir d\u2019autres, mais les cat\u00e9chistes manquent. De nouvelles et grandes chapelles ont \u00e9t\u00e9 construites par les gens eux-m\u00eames. \u00c0 Blitta, une belle chapelle a \u00e9t\u00e9 construite, de 15 m sur 7.<\/p>\n<p>La situation \u00e9tait donc encourageante en 1951. Huit ans plus tard, en 1959, on pouvait appr\u00e9cier combien le travail missionnaire avait \u00e9t\u00e9 fructueux. Mgr Strebler note que, \u00e0 cette date, le P\u00e8re a syst\u00e9matiquement occup\u00e9 tous les villages les plus importants de tout le secteur de l\u2019Est-Mono et ceux de la route intercoloniale et de la ligne de chemin de fer et qu\u2019il y a alors 45 stations secondaires et plus de 6 000 baptis\u00e9s. Aussi a-t-il d\u00e9cid\u00e9 de diviser en deux districts le district d\u2019Ani\u00e9. Pour cela, le 1er janvier 1960, est \u00e9tabli le nouveau district de Pagala-Gare, d\u00e9tach\u00e9 de celui d\u2019Ani\u00e9 et confi\u00e9 au P\u00e8re Georges Knaebel, fr\u00e8re du P\u00e8re Jacques. Le P\u00e8re Georges se mit \u00e0 l\u2019\u0153uvre et p\u00e9n\u00e9tra le premier dans une immense r\u00e9gion encore \u00e0 peu pr\u00e8s inexplor\u00e9e par les missionnaires jusqu\u2019alors. Son fr\u00e8re continua \u00e0 donner tous ses soins \u00e0 la mission d\u2019Ani\u00e9.<\/p>\n<p>Malheureusement, d\u00e8s 1970, sa sant\u00e9 faiblissait. Il dut rentrer en France. Apr\u00e8s une ann\u00e9e de repos, il put toutefois retourner en missions, mais, en 1975, il quitta d\u00e9finitivement le Togo et regagna le pays natal. Le travail missionnaire, depuis 1933, avait min\u00e9 ses forces.<\/p>\n<p>Ce travail, il l\u2019avait assum\u00e9 avec courage et \u00e9nergie, avec d\u00e9cision et r\u00e9alisme, sans jamais se d\u00e9courager. Il fut avant tout un homme de devoir. D\u2019un ext\u00e9rieur un peu s\u00e9v\u00e8re, sa profonde sensibilit\u00e9 affleurait cependant parfois dans la douceur d\u2019un sourire, d\u2019un regard, d\u2019une parole. Notons aussi un trait qui r\u00e9v\u00e8le toute la bont\u00e9 de son \u00e2me et dont le P\u00e8re Jean Perrin, dans l\u2019hom\u00e9lie du jour des obs\u00e8ques \u00e0 Saint-Pierre, a port\u00e9 t\u00e9moignage en affirmant ceci : Je ne l\u2019ai jamais entendu critiquer personne, ni les Africains, ni les Confr\u00e8res, ni son \u00c9v\u00eaque, dont il \u00e9tait le conseiller toujours \u00e9cout\u00e9. Jamais aucune plainte non plus. Avec tout cela, homme d\u2019esprit surnaturel et de pri\u00e8re, le P\u00e8re Jacques Knaebel a \u00e9t\u00e9 en Afrique un v\u00e9ritable ap\u00f4tre.<\/p>\n<p>Rentr\u00e9 en Alsace, le P\u00e8re se mit comme aum\u00f4nier au service de la maison de B\u00e9thanie des S\u0153urs de Niederbronn, \u00e0 Guebwiller. Particularit\u00e9 int\u00e9ressante : c\u2019est, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 la maison de B\u00e9thanie qu\u2019avaient lieu, deux fois par an, les r\u00e9unions s.m.a. du secteur Haut-Rhin et le P\u00e8re \u00e9tait heureux d\u2019accueillir ses confr\u00e8res dans cette maison hospitali\u00e8re.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Jacques Knaebel resta plus de dix ans \u00e0 Guebwiller. Mais au printemps de 1986, il fallut aussi quitter B\u00e9thanie. Des troubles cardiaques et urologiques avaient n\u00e9cessit\u00e9 des hospitalisations. Le P\u00e8re se retira \u00e0 la maison de retraite de Saint-Pierre. D\u00e8s le mois d\u2019ao\u00fbt, il fut hospitalis\u00e9 une nouvelle fois et re\u00e7ut au Diaconat de Colmar les soins m\u00e9dicaux. Mais ces soins ne pouvaient plus le gu\u00e9rir. Le 14 ao\u00fbt, aux premi\u00e8res v\u00eapres de l\u2019Assomption de Marie, il s\u2019endormit dans le Seigneur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013Province de Strasbourg n\u00e9 le 30 mars 1909 \u00e0 Salmbachdans le dioc\u00e8se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 29 juillet 1928pr\u00eatre le 8 janvier&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2849,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2850","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2850"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2850\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2850"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2850"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}