{"id":288,"date":"2014-11-26T19:06:31","date_gmt":"2014-11-26T19:06:31","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=288"},"modified":"2014-11-26T19:06:31","modified_gmt":"2014-11-26T19:06:31","slug":"le-pere-alphonse-allirand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=288","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Alphonse ALLIRAND"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\"><strong>Le P&egrave;re Alphonse Allirand<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 822px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-287\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/allirand.jpg\" alt=\"allirand\" width=\"120\" height=\"150\" \/><\/td>\n<td>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"font-size: 11.8181819915771px;\">n&eacute; le 4 d&eacute;cembre 1925 &agrave; Moudeyres<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"font-size: 11.8181819915771px;\">dans le dioc&egrave;se du Puy-en-Velay<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"font-size: 11.8181819915771px;\">membre de la SMA le 27 d&eacute;cembre 1947<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"font-size: 11.8181819915771px;\">pr&ecirc;tre le 12 f&eacute;vrier 1951<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"font-size: 11.8181819915771px;\">d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 12 d&eacute;cembre 2012<\/p>\n<\/td>\n<td>&nbsp;1951-1953Dimbokro (Yamoussoukro) vicaire<br \/>1953-1956M&rsquo;Batto (Yamoussoukro) responsable<br \/>1956-1957Chanly<br \/>1957-1974M&rsquo;Batto (Yamoussoukro) responsable<br \/>1974-1986Ti&eacute;m&eacute;l&eacute;kro (Yamoussoukro), responsable<br \/>1986-1987Lyon 150, ann&eacute;e sabbatique<br \/>1987-1988Rez&eacute;, responsable<br \/>1988-2003Bouak&eacute; cath&eacute;drale, vicaire<br \/>charg&eacute; de la chapelle St Joseph Mukasa<br \/>2004Chamali&egrave;res<br \/>2005-2012Montferrier, retir&eacute;<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de Montpellier le 12 d&eacute;cembre 2012,<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 87 ans<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-size: 12px;\">Le p&egrave;re Alphonse ALLIRAND (1925 &#8211; 2012)<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Les pauvres et les petits ont perdu un grand ami ; tous les t&eacute;moignages sont unanimes. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il faudrait dire, avant tout, s&rsquo;il fallait r&eacute;sumer en trois mots ce que fut la vie de notre confr&egrave;re Alphonse Allirand.<\/p>\n<p class=\"p1\">Apr&egrave;s ses &eacute;tudes primaires &agrave; Freycenet-Latour, il entre &agrave; Chamali&egrave;res en 1935, puis va &agrave; Pont-Rousseau terminer ses &eacute;tudes secondaires et obtient la premi&egrave;re partie du baccalaur&eacute;at. Apr&egrave;s deux ann&eacute;es de noviciat &agrave; Chanly, il rentre directement &agrave; Lyon pour la th&eacute;ologie &#8211; &eacute;tant de la classe 45, il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; appel&eacute; pour le service militaire &#8211; et il est ordonn&eacute; pr&ecirc;tre en f&eacute;vrier 1951. Durant toutes ses ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes, les jugements de ses sup&eacute;rieurs sont extr&ecirc;mement positifs. Au moment de l&rsquo;envoyer en Afrique, comme il fait pour chaque confr&egrave;re, le Conseil provincial note : \u00ab\u00a0Jeune pr&ecirc;tre bien &eacute;quilibr&eacute;, consciencieux ; sans avoir l&rsquo;air de se presser, se donne &agrave; son travail avec t&eacute;nacit&eacute; et m&eacute;thode. Bien surnaturel, ce n&rsquo;est pourtant pas un mystique ; semble fait pour l&rsquo;action. [&hellip;] A le go&ucirc;t de la pr&eacute;cision et de l&rsquo;ordre.\u00a0\u00bb (07\/07\/51)&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Le Conseil provincial vous a d&eacute;sign&eacute; pour la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, o&ugrave; vous &ecirc;tes mis &agrave; la disposition de S. Ex Mgr Boivin, vicaire apostolique d&rsquo;Abidjan.\u00a0\u00bb (21\/06\/51) A partir de ce jour, la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire va devenir son pays d&rsquo;adoption et il va y passer pratiquement 50 ans. Il commence &agrave; &ecirc;tre vicaire &agrave; Dimbokro, aujourd&rsquo;hui dans le dioc&egrave;se de Yamoussoukro et, trois ans plus tard, il est envoy&eacute; &agrave; la mission de M&rsquo;Batto qui vient d&rsquo;&ecirc;tre fond&eacute;e. Lors de son cong&eacute; en 1956, il a la mauvaise surprise de recevoir une lettre du Conseil provincial : \u00ab\u00a0Dans sa r&eacute;union de ce jour, le Conseil provincial a d&eacute;cid&eacute; de faire appel &agrave; votre d&eacute;vouement et &agrave; votre premi&egrave;re exp&eacute;rience des missions pour collaborer &agrave; la formation des s&eacute;minaristes de la maison de probation. Vous &ecirc;tes nomm&eacute; \u00ab\u00a0socius\u00a0\u00bb du R.P. sup&eacute;rieur de Chanly.\u00a0\u00bb (23\/06\/56) Il n&rsquo;y a m&ecirc;me aucune explication du sens donn&eacute; &agrave; ce mot \u00ab\u00a0socius\u00a0\u00bb. Cependant le p&egrave;re r&eacute;pond : \u00ab\u00a0Je me sais incapable et bien mal pr&eacute;par&eacute; pour ce r&ocirc;le et cette vie s&eacute;dentaire d&rsquo;intellectuel qui m&rsquo;attend &agrave; Chanly est tout &agrave; fait contraire &agrave; mon temp&eacute;rament. [&hellip;] Je prie le Seigneur de h&acirc;ter le plus possible mon retour en Afrique.\u00a0\u00bb (07\/08\/56) Heureusement pour lui, d&egrave;s l&rsquo;ann&eacute;e suivante, il peut retrouver la mission de M&rsquo;Batto o&ugrave; il va travailler pendant 17 ans de suite.&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Il a fort &agrave; faire, car la mission est toute jeune et au d&eacute;but il est seul. Il y a l&rsquo;organisation, les constructions, les cat&eacute;chismes, les &eacute;coles, le cat&eacute;chum&eacute;nat, les visites dans les villages et tout ce qu&rsquo;on peut imaginer comme travail dans une mission &agrave; ses d&eacute;buts. Quelques ann&eacute;es plus tard, il aura le jeune p&egrave;re Ren&eacute; Hoc comme vicaire, avec qui il fera une tr&egrave;s bonne &eacute;quipe ; il &eacute;tait d&rsquo;ailleurs difficile de ne pas s&rsquo;entendre avec lui et de jeunes confr&egrave;res du dioc&egrave;se venaient volontiers et r&eacute;guli&egrave;rement le visiter pour chercher des conseils aupr&egrave;s de lui. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux t&eacute;moigne : \u00ab\u00a0Il se montrait toujours ferme, et moi je trouvais qu&rsquo;il &eacute;tait parfois d&rsquo;une sagesse un peu trop prudente, mais je l&rsquo;&eacute;coutais toujours.\u00a0\u00bb En 1970, il obtient de faire les trois mois de recyclage &agrave; l&rsquo;Arbresle &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e : il veut se tenir au courant de ce qui se fait en France : \u00ab\u00a0J&rsquo;aimerais pouvoir assister &agrave; des expos&eacute;s sur des sujets th&eacute;ologiques qui m&rsquo;int&eacute;ressent. Et aussi, je voudrais pouvoir me recycler au point de vue pastoral en ayant contact avec une ou des paroisses bien organis&eacute;es de ville. Je sais bien que tout ne sera pas &agrave; transposer ici, mais au moins j&rsquo;aurai une id&eacute;e de la pastorale moderne.\u00a0\u00bb Il ajoute un peu plus avant dans la lettre : \u00ab\u00a0Ce ne sont l&agrave; que des d&eacute;sirs, et je me plierai volontiers aux n&eacute;cessit&eacute;s du moment et de l&rsquo;organisation commune pour le recyclage pr&eacute;vue pour les confr&egrave;res.\u00a0\u00bb (07\/01\/70)&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Le Conseil lui demande alors de passer une ann&eacute;e enti&egrave;re en France et de \u00ab\u00a0succ&eacute;der au p&egrave;re Ranchin pendant une ann&eacute;e scolaire, pour vivre avec les universitaires s&eacute;minaristes et jeunes pr&ecirc;tres et poursuivre ainsi son recyclage.\u00a0\u00bb (18\/02\/70) Il tarde &agrave; envoyer sa r&eacute;ponse, car \u00ab\u00a0ma r&eacute;flexion est lente comme celle d&rsquo;un paysan.\u00a0\u00bb (07\/04\/70) Il accepte de rester, mais finalement les choses s&rsquo;arrangent autrement et il pourra repartir. Pendant ce cong&eacute;, il remplace pendant un temps l&rsquo;aum&ocirc;nier de l&rsquo;h&ocirc;pital de Sainte-Foy et aide aussi le p&egrave;re Jean-Marie Favier qui a la charge de plusieurs paroisses en Haute-Loire. Avec joie, il retrouve la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, toujours &agrave; M&rsquo;Batto, mais il va de plus en plus souvent &agrave; Ti&eacute;m&eacute;l&eacute;kro, une de ses stations secondaires, laissant le p&egrave;re Hoc au centre, &agrave; M&rsquo;Batto, en attendant que son &eacute;v&ecirc;que veuille bien y fonder une nouvelle paroisse, ce qui se fait en 1974. Il y construit une mission, avec une citerne, une maison pour les s&oelig;urs : \u00ab\u00a0J&rsquo;ach&egrave;ve la maison qui accueillera trois religieuses espagnoles des s&oelig;urs de la charit&eacute; de sainte Anne de Saragosse.\u00a0\u00bb (30\/08\/76) Devant les r&eacute;sultats catastrophiques de l&rsquo;&eacute;cole aux examens, il prend la d&eacute;cision bien arr&ecirc;t&eacute;e de reprendre en main la classe du CMI-CM2, tout en esp&eacute;rant achever la construction d&rsquo;une &eacute;cole de 6 classes et agrandir la mission. Pour mener &agrave; bien sa vie de pasteur et d&rsquo;instituteur, Alphonse se donne un r&eacute;gime spartiate. D&egrave;s 5 heures, il est dans les villages voisins. Les gens appr&eacute;cient ces messes matinales qui leur permettent d&rsquo;aller au champ et de vaquer &agrave; leurs occupations. Les dimanches et jeudis sont r&eacute;serv&eacute;s aux villages &eacute;loign&eacute;s.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il &eacute;crit rarement pour donner des nouvelles, mais il est fid&egrave;le &agrave; remercier les membres du Conseil lorsqu&rsquo;il re&ccedil;oit une carte &agrave; l&rsquo;occasion de sa f&ecirc;te. \u00ab\u00a0A travers vous, je dis merci &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines qui me permet de vivre l&rsquo;appel de Dieu dans la joie et l&rsquo;action de gr&acirc;ces.\u00a0\u00bb (03\/08\/82) Il vivra particuli&egrave;rement cette joie et cette action de gr&acirc;ces lorsque des vocations na&icirc;tront sur sa paroisse : en 1983, c&rsquo;est l&rsquo;ordination du 1er pr&ecirc;tre originaire de Ti&eacute;m&eacute;l&eacute;kro, l&rsquo;abb&eacute; Kadjane Aman David ; en 1984, c&rsquo;est une fille de la paroisse qui fait sa profession de religieuse chez les s&oelig;urs NDA : H&eacute;l&egrave;ne Affia ; en 1986, c&rsquo;est l&rsquo;ordination du second pr&ecirc;tre de la paroisse, l&rsquo;abb&eacute; Joseph Kpin. Il a suivi de tr&egrave;s pr&egrave;s &eacute;galement la formation sacerdotale du p&egrave;re Abou Y&eacute;pi&eacute; Herv&eacute;, jeune sma ordonn&eacute; en 2004, aujourd&rsquo;hui sup&eacute;rieur de la maison de Tenafly, aux USA.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il est seul &agrave; la mission, mais il accepte de recevoir en stage un grand s&eacute;minariste, ce qui lui permet d&rsquo;&eacute;crire : \u00ab\u00a0Je jouis d&rsquo;une bonne sant&eacute; et les petits probl&egrave;mes quotidiens n&rsquo;atteignent pas le moral qui est solide. [&hellip;] Certes ma pr&eacute;f&eacute;rence va plut&ocirc;t vers la solitude, mais je crois qu&rsquo;il m&rsquo;est salutaire d&rsquo;accepter ce partage qui m&rsquo;oblige &agrave; sortir de mon &eacute;go&iuml;sme naturel.\u00a0\u00bb (01\/08\/81) Son &eacute;v&ecirc;que est d&rsquo;accord pour qu&rsquo;il prenne une ann&eacute;e de recul : il fait alors une ann&eacute;e de recyclage &agrave; Lyon en 86-87, et en f&eacute;vrier d&eacute;j&agrave;, le Conseil lui propose de prendre la direction de la maison de Rez&eacute;. Il va voir le sup&eacute;rieur de la maison pour s&rsquo;informer sur le travail qu&rsquo;on lui demande et il r&eacute;pond au Conseil : \u00ab\u00a0Si je suis libre de r&eacute;pondre non &agrave; votre proposition, ma r&eacute;ponse est non ! [&hellip;] mais je peux me tromper dans ma fa&ccedil;on de voir les choses ; alors vous parlez en sup&eacute;rieurs, et dans ce cas j&rsquo;ob&eacute;is.\u00a0\u00bb (28\/03\/87) Il est nomm&eacute; pour trois ans et peut effectuer auparavant un voyage en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire pour mettre en ordre ses affaires ; mais, d&egrave;s l&rsquo;ann&eacute;e suivante, il est autoris&eacute; &agrave; rejoindre la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire. \u00ab\u00a0Merci de me rendre &agrave; l&rsquo;Afrique et merci aussi de cette exp&eacute;rience de Rez&eacute; qui je redoutais un peu, en plus du sacrifice que cela m&rsquo;imposait. Cela &eacute;t&eacute; une bonne exp&eacute;rience.\u00a0\u00bb (07\/06\/88)&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Comme il l&rsquo;avait souhait&eacute; aupr&egrave;s de son &eacute;v&ecirc;que, il est maintenant en second, nomm&eacute; vicaire &agrave; la cath&eacute;drale de Bouak&eacute;, et plus sp&eacute;cialement charg&eacute; de la chapelle Saint-Joseph Mukasa. C&rsquo;est &agrave; un travail de pionnier auquel il doit faire face : \u00ab\u00a0L&rsquo;apostolat dans les quartiers pauvres de Bouak&eacute; et les villages est vraiment un travail de premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation. Il est exaltant. Il faudrait seulement avoir vingt ans de moins.\u00a0\u00bb (01\/08\/89) \u00ab\u00a0Dans les villages autour de Bouak&eacute;, il faut se contenter de labourer et de semer sans se d&eacute;courager et de tout confier &agrave; celui qui donne la croissance.\u00a0\u00bb (28\/07\/93) \u00ab\u00a0Dans la chapelle dont je suis desservant, 88 bapt&ecirc;mes. [&#8230;] Mais dans la dizaine des petits villages de la savane que je visite, le nombre des premiers baptis&eacute;s, apr&egrave;s 5 ou 6 ans de visites, ne d&eacute;passera pas la quinzaine.\u00a0\u00bb (05\/04\/96) En ville, il se r&eacute;jouit du travail r&eacute;alis&eacute; gr&acirc;ce au Renouveau charismatique : \u00ab\u00a0C&rsquo;est un merveilleux apostolat d&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation et de nouvelle &eacute;vang&eacute;lisation pour beaucoup de baptis&eacute;s qui se sont &eacute;loign&eacute;s du Christ. [&#8230;] L&rsquo;esprit Saint est &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans nos communaut&eacute;s. C&rsquo;est un temps de gr&acirc;ce que nous vivons.\u00a0\u00bb (04\/08\/99) Un temps de gr&acirc;ce, oui !, mais avec des jours sombres, par exemple le 26 septembre 2000, jour o&ugrave; l&rsquo;&eacute;glise de Saint-Joseph Mukasa est d&eacute;truite en partie par des rebelles. Sa foi lui permet d&rsquo;&eacute;crire : \u00ab\u00a0Nous sommes heureux d&rsquo;avoir souffert et nous souhaitons le rel&egrave;vement du pays. [&hellip;] Les &eacute;preuves sont parfois un coup de fouet et je peux dire que bien loin de m&rsquo;abattre, elles m&rsquo;ont r&eacute;veill&eacute; et rapproch&eacute; du Seigneur en qui tout prend un sens.\u00a0\u00bb (31\/10\/00)&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Il faut encore citer deux lettres &eacute;crites durant cette p&eacute;riode et qui permettent, au mieux, de d&eacute;crire l&rsquo;homme et ce que fut sa vie. Il a 75 ans lorsqu&rsquo;il &eacute;crit : \u00ab\u00a0Dans l&rsquo;ensemble, &ccedil;a va et j&rsquo;aimerais rester encore ici tant que je peux rendre quelques services : pr&eacute;sence &agrave; l&rsquo;association Saint-Camille ; Gr&eacute;goire ne veut pas que je rentre d&eacute;finitivement ; pr&eacute;sence aussi &agrave; la communaut&eacute; de la cath&eacute;drale o&ugrave; l&rsquo;entente avec les abb&eacute;s est excellente et service dans la desserte Saint Joseph Mukasa. Je suis pleinement heureux de pouvoir servir petitement : le p&egrave;re prieur du monast&egrave;re me demande d&rsquo;&ecirc;tre le confesseur de leur communaut&eacute; monastique deux fois par mois. Des jeunes trouvant difficilement des pr&ecirc;tres disponibles s&rsquo;adressent &agrave; moi pour la confession. Cela convient au v&eacute;t&eacute;ran que je suis. J&rsquo;essaye de me rendre disponible.\u00a0\u00bb (12\/04\/00) L&rsquo;ann&eacute;e suivante, il f&ecirc;te son jubil&eacute; d&rsquo;or sacerdotal : &agrave; cette occasion, il &eacute;crit : \u00ab\u00a0C&rsquo;est l&rsquo;ann&eacute;e de mon 50e anniversaire d&rsquo;ordination. [&#8230;] J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; un missionnaire heureux et plus j&rsquo;avance, plus je le dis: je suis un pr&ecirc;tre combl&eacute;. J&rsquo;ose le dire apr&egrave;s notre fondateur, tous les gens que j&rsquo;ai connus &agrave; M&rsquo;Batto, &agrave; Ti&eacute;m&eacute;l&eacute;kro, je les ai aim&eacute;s et j&rsquo;ai re&ccedil;u d&rsquo;eux beaucoup d&rsquo;amour. Tous ceux dont je suis le pr&ecirc;tre, [&#8230; ] je les aime. Ils ont &eacute;t&eacute; pour moi et ils sont des p&egrave;res, des m&egrave;res, des fr&egrave;res, des s&oelig;urs, des enfants. C&rsquo;est ma famille. [&#8230;] Ca ne fait pas original de parler ainsi. Pour &ecirc;tre int&eacute;ressant, il faut &eacute;taler ses probl&egrave;mes, ses difficult&eacute;s. J&rsquo;en ai aussi eu ma part, mais je ne les sens pas. [&#8230;] C&rsquo;est le piment de la vie, et j&rsquo;aime le piment.\u00a0\u00bb (01\/01\/01)&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\">Pour le p&egrave;re Alphonse, les 15 ann&eacute;es qu&rsquo;il a pass&eacute;es &agrave; Bouak&eacute; sont marqu&eacute;es sa collaboration avec Gr&eacute;goire dont il a suivi les d&eacute;buts, accompagn&eacute; le d&eacute;veloppement de l&rsquo;association Saint-Camille et favoris&eacute; les initiatives ; il a &eacute;t&eacute; le t&eacute;moin privil&eacute;gi&eacute; du cheminement de ce b&eacute;ninois install&eacute; &agrave; Bouak&eacute;, d&rsquo;abord avec son groupe de pri&egrave;re&nbsp; qui visitait les malades non seulement pour prier avec eux, mais aussi pour faire soigner les plus pauvres, puis lorsqu&rsquo;il entreprit la visite de la prison et qu&rsquo;il se mit en demeure d&rsquo;apporter aux prisonniers une vie plus d&eacute;cente, non seulement en leur procurant de la nourriture, mais en entreprenant aussi de r&eacute;habiliter les sanitaires. Enfin, lorsque Gr&eacute;goire se pencha sur les malades mentaux qui tra&icirc;naient en ville, ou qui passaient leur vie attach&eacute;s &agrave; des bois et nus, &agrave; la limite des villages, et commen&ccedil;a &agrave; construire des centres pour leur apporter une vie d&eacute;cente, la pr&eacute;sence du p&egrave;re lui &eacute;tait pr&eacute;cieuse. On le verra souvent avec Gr&eacute;goire pour soigner les malades, pour leur partager la nourriture, pour aller les chercher dans des villages. Il &eacute;tait bien quelquefois inquiet devant les audaces de Gr&eacute;goire &#8211; jamais je n&rsquo;aurais os&eacute; faire ce qu&rsquo;il fait &#8211; , mais il restait &eacute;merveill&eacute; devant la foi de cet homme et sa confiance en un Dieu Providence qui veille sur les pauvres. Sur la demande pressante de Gr&eacute;goire, il se rend au B&eacute;nin pour l&rsquo;inauguration du premier centre Saint-Camille pour les malades mentaux, mais il n&rsquo;ose pas lui parler de son retour d&eacute;finitif en France.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au moment de quitter la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, il &eacute;crit une r&eacute;flexion de deux pages sur le th&egrave;me suivant: \u00ab\u00a0partir n&rsquo;est pas mourir\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Le missionnaire qui apr&egrave;s une longue vie au milieu d&rsquo;un peuple devenu sa famille doit se retirer ressent douloureusement ce d&eacute;part d&eacute;finitif. C&rsquo;est un nouvel appel &agrave; tout quitter que le Christ nous adresse, comme le premier appel &agrave; quitter sa famille. [&#8230; ] Laissant tout derri&egrave;re soi, il faut le suivre jusqu&rsquo;au bout, car il est la vraie vie et, en le trouvant, on trouve tout ce qu&rsquo;on a quitt&eacute; et au centuple.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Il passe une ann&eacute;e &agrave; Chamali&egrave;res, avant de se retirer &agrave; Montferrier, &agrave; la maison de retraite. Comme toujours, il reste tr&egrave;s fid&egrave;le &agrave; envoyer une petite lettre au Conseil provincial pour le remercier des v&oelig;ux de f&ecirc;te et donner quelques nouvelles. On sent qu&rsquo;il est heureux. Tout se passe bien, tranquillement, jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; les m&eacute;decins constatent qu&rsquo;il est atteint d&rsquo;un an&eacute;vrisme abdominal : ils laissent alors le p&egrave;re devant le choix, pratiquer une op&eacute;ration lourde sans garantie de succ&egrave;s ou laisser le mal progresser. C&rsquo;est cette seconde alternative que choisit le p&egrave;re Alphonse. R&eacute;cemment, il avait demand&eacute; &agrave; recevoir le sacrement des malades, et d&eacute;j&agrave; en septembre, sur l&rsquo;insistance d&rsquo;une de ses ni&egrave;ces venue le visiter, il avait accept&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre enterr&eacute; dans le caveau familial. Dans la nuit du 11 au 12 d&eacute;cembre, il a appel&eacute; le service de garde qui l&rsquo;a fait conduire d&rsquo;urgence &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital o&ugrave; il allait d&eacute;c&eacute;der dans la matin&eacute;e. Le samedi 14, une messe a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute;e &agrave; la maison de retraite, puis le corps a &eacute;t&eacute; transport&eacute; &agrave; Freycenet-Latour o&ugrave; se fit l&rsquo;inhumation.<\/p>\n<p class=\"p1\">Pour dire qu&rsquo;un homme est bon, les Baoul&eacute; disent que son ventre est blanc. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;&eacute;tait le p&egrave;re Allirand, homme juste et droit, qui n&rsquo;a qu&rsquo;une parole, qui sait &eacute;couter et conseiller, qui apporte la paix, qui ne sait pas dire du mal de quelqu&rsquo;un.<\/p>\n<p class=\"p1\">Bernard Favier, sma<\/p>\n<p class=\"p1\">Re&ccedil;u de Gr&eacute;goire apr&egrave;s l&rsquo;annonce du d&eacute;c&egrave;s du p&egrave;re Alphonse<\/p>\n<p class=\"p1\">[&hellip;] Je rends gr&acirc;ce &agrave; Dieu pour ce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; pour moi-m&ecirc;me et pour les malades depuis son arriv&eacute;e &agrave; Bouak&eacute; en 1988. Il me revient le souvenir des nuits partag&eacute;es &agrave; distribuer des repas aux malades dans les rues. Il lui arrivait m&ecirc;me d&rsquo;y aller seul lorsque j&rsquo;&eacute;tais absent.<\/p>\n<p class=\"p1\">Plusieurs fois, nous sommes all&eacute;s ensemble dans les villages pour lib&eacute;rer les malades encha&icirc;n&eacute;s ou retenus dans les bois. Que de larmes a-t-il vers&eacute; &agrave; chaque lib&eacute;ration de malade. Il a toujours &eacute;t&eacute; &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s dans les moments difficiles. C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; son intuition que je suis parti ouvrir les Centres du B&eacute;nin. Il a tenu &agrave; &ecirc;tre pr&eacute;sent &agrave; l&rsquo;inauguration du premier Centre au B&eacute;nin. M&ecirc;me &agrave; la retraite, il continuait &agrave; porter le souci des malades et des pauvres qu&rsquo;il a tant aim&eacute;s et servies en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire.<\/p>\n<p class=\"p1\">Mon P&egrave;re Allirand, je me r&eacute;jouis &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que tous les malades abandonn&eacute;s et recueillis par la Saint-Camille, tous ensemble avec la Vierge Marie se sont r&eacute;jouis d&rsquo;entendre J&eacute;sus te dire: : \u00ab\u00a0Viens le B&eacute;ni de mon P&egrave;re, car j&rsquo;ai eu faim et tu m&rsquo;as donn&eacute; &agrave; manger, j&rsquo;ai eu soif ,&rsquo;&eacute;tais nu, malade, abandonn&eacute;, en prison&hellip; et tu t&rsquo;es occup&eacute; de moi !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">P&egrave;re Allirand, c&rsquo;est maintenant pour toi le d&eacute;but de ta nouvelle mission. Comme je te l&rsquo;ai dit souvent : \u00ab\u00a0Tu n&rsquo;es pas parti au ciel pour dormir\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p class=\"p1\">Ton fils, ton ami, Gr&eacute;goire uni &agrave; tous les malades te disent ADIEU !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &#8211; Province de Lyon Le P&egrave;re Alphonse Allirand &nbsp; n&eacute; le 4 d&eacute;cembre 1925 &agrave; Moudeyres dans le dioc&egrave;se du Puy-en-Velay membre de la SMA&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":287,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=288"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/288\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}