{"id":2912,"date":"2015-08-03T08:26:04","date_gmt":"2015-08-03T08:26:04","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2912"},"modified":"2015-08-03T08:26:04","modified_gmt":"2015-08-03T08:26:04","slug":"le-pere-paul-aubry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2912","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Paul AUBRY"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 983px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2911\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/AUBRY_Paul.jpg\" alt=\"AUBRY Paul\" width=\"113\" height=\"142\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 7 f\u00e9vrier 1933 \u00e0 Nantes<br \/>dans le dioc\u00e8se de Nantes (France)<br \/>membre de la SMA le 16 juillet 1956<br \/>pr\u00eatre le 6 janvier 1962<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 6 septembre 2012<\/td>\n<td>\n<p>1962-1963 Lyon, ann\u00e9e pastorale<br \/>1963-1965 Man, petit s\u00e9minaire, professeur<br \/>1965-1972 Zouan-Hounien (Man), vicaire<br \/>1972-1983 Danan\u00e9 (Man), cur\u00e9<br \/>1983-1986 Siably (Man), cur\u00e9<br \/>1986-1988 Nantes, animation missionnaire<br \/>1988-1996 Paris, DCC, paroisse africaine et<br \/>aum\u00f4nier en chef \u00e0 la prison de Fresnes<br \/>1997-2001 B\u00e9lembok\u00e9 (Berb\u00e9rati), pr\u00eatre habitu\u00e9<br \/>2001 soins et repos<br \/>2001-2008 Rez\u00e9, comptable<br \/>2009-2012 Montferrier, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Montpellier le 6 septembre 2012,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 79 ans<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Paul AUBRY (1933 &#8211; 2012)<\/p>\n<p>Paul Aubry est n\u00e9 \u00e0 Nantes en 1933 dans une famille nombreuse : ils \u00e9taient 6 gar\u00e7ons et 2 filles et le papa \u00e9tait repr\u00e9sentant en engrais. A 13 ans, \u00e0 la fin de ses \u00e9tudes primaires, il va au coll\u00e8ge Saint-Similien, \u00e0 Nantes, puis, en 1950, il entre \u00e0 Leg\u00e9, au petit s\u00e9minaire, comme vocation tardive. C&rsquo;est de l\u00e0 qu&rsquo;il fait sa demande d&rsquo;entrer aux Missions Africaines en 1953, et il est admis \u00e0 Chanly, au noviciat, cette m\u00eame ann\u00e9e. En donnant son appr\u00e9ciation sur le jeune Paul, et en \u00e9crivant en particulier que c&rsquo;est un \u00ab\u00a0excellent gar\u00e7on, de haute valeur morale\u00a0\u00bb, le sup\u00e9rieur de Leg\u00e9 pr\u00e9cise qu&rsquo;il a eu des probl\u00e8mes de sant\u00e9 au niveau des nerfs, mais \u00ab\u00a0qu&rsquo;il para\u00eet parfaitement gu\u00e9ri\u00a0\u00bb. Il en gardera cependant toujours quelque chose : un petit tremblement de t\u00eate et une certaine difficult\u00e9 d&rsquo;\u00e9locution qu&rsquo;il savait corriger en parlant lentement d&rsquo;une voix tr\u00e8s pos\u00e9e. Quant \u00e0 ses parents, ils appr\u00e9cient le choix de leur fils : \u00ab\u00a0Nous appr\u00e9cions, comme il se doit, le grand honneur de voir notre .fils a\u00een\u00e9 se diriger vers le sacerdoce et le croyons r\u00e9ellement bien dans sa voie\u00a0\u00bb (03\/09\/53).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un peu plus d&rsquo;une ann\u00e9e en Allemagne (juillet 57-octobre 58), il fait la fin de son service militaire sur la c\u00f4te oranaise, en Alg\u00e9rie, comme comptable dans la batterie (jusqu&rsquo;en novembre 59). Son aum\u00f4nier dira de lui : \u00ab\u00a0Tr\u00e8s bon grad\u00e9, serviable, beaucoup de personnalit\u00e9 et de ressources\u00a0\u00bb (05\/11\/58). Lui-m\u00eame \u00e9crit de son bled en Alg\u00e9rie : \u00ab\u00a0Il me semble ne pas avoir eu de grosses difficult\u00e9s \u00e0 surmonter. Je me suis astreint un r\u00e9gime spirituel et intellectuel : chapelet, m\u00e9ditation, lecture spirituelle et profane d&rsquo;une heure et demie par jour que je pense avoir tenu assez fid\u00e8lement.\u00a0\u00bb (16\/09\/59) Au moment de l&rsquo;appel aux ordres, ses sup\u00e9rieurs mentionnent encore son point faible : \u00ab\u00a0Il y a chez lui une fragilit\u00e9 nerveuse ; il a fait une grave crise en 1956-1957, [\u2026] , mais apr\u00e8s l&rsquo;arm\u00e9e semble avoir retrouv\u00e9 un bon \u00e9quilibre\u00a0\u00bb (16\/04\/61). Ordonn\u00e9 pr\u00eatre au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1962, il fait un ann\u00e9e pastorale \u00e0 Lyon, \u00e0 la paroisse Notre-Dame de l&rsquo;Assomption.<\/p>\n<p>En 1963, il est nomm\u00e9 au dioc\u00e8se de Daloa. Mgr Rouanet le nomme professeur au petit s\u00e9minaire de Man, qui faisait partie de son dioc\u00e8se \u00e0 cette \u00e9poque. Avec sa nomination, le provincial le note ainsi : \u00ab\u00a0intelligence un peu lente, mais tr\u00e8s m\u00e9thodique, [&#8230;] \u00e0 situer avec un sup\u00e9rieur qui le soutienne, ne le jette pas dans l&rsquo;inconnu, s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 lui et \u00e0 son travail\u00a0\u00bb (02\/07\/63). Au bout de deux ans, il est nomm\u00e9 vicaire du p\u00e8re Mahy \u00e0 Zouan-Hounien. Ind\u00e9pendant, ayant des id\u00e9es pastorales qui ne cadraient pas trop bien avec celles de son cur\u00e9, il prend en charge le sud de la paroisse, la sous-pr\u00e9fecture de Bin-Houy\u00e9, et plus particuli\u00e8rement un village qu&rsquo;il appela \u00ab\u00a0Saint-Paul hors les murs\u00a0\u00bb. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il commen\u00e7a l&rsquo;\u00e9tude du peuple \u00ab\u00a0dan\u00a0\u00bb (yacouba), sa langue, ses coutumes et qu&rsquo;il mit en place sa premi\u00e8re communaut\u00e9, avec ses divers responsables. D\u00e9j\u00e0 en 1969, apr\u00e8s une visite, un membre du Conseil provincial \u00e9crit : \u00ab\u00a0Paul se d\u00e9brouille assez bien en yacouba et pourrait donc se charger des sessions de cat\u00e9chistes. Il a fini son missel yacouba et fait du bon travail ; [&#8230;] il voudrait faire une grammaire, un lexique. [&#8230;] Il s&rsquo;occupe des villages, mais voudrait aussi faire constructions\u00a0\u00bb (11\/69).<\/p>\n<p>C&rsquo;est certainement \u00e0 Danan\u00e9 qu&rsquo;il va donner sa pleine mesure. Il y reste 11 ans, de 1972 \u00e0 1983 et aura successivement comme vicaire les p\u00e8res Charles Chevalier et Joseph Moulian. Peu apr\u00e8s son arriv\u00e9e, Paul \u00e9crit : \u00ab\u00a0Notre but est de cr\u00e9er des communaut\u00e9s pleinement responsables jusqu&rsquo;\u00e0 faire l&rsquo;Eucharistie. [\u2026] .Nous aimerions seulement une petite parole de notre \u00e9v\u00eaque: &lsquo;allez-y, cherchez, exp\u00e9rimentez, on verra apr\u00e8s&rsquo; ; ce petit mot n&rsquo;est pas encore venu, Mais soyez rassur\u00e9s, nous sommes patients et nous avons le moral. Avec Charles Chevalier, nous cherchons \u00e0 faire \u00e9quipe, et nous effor\u00e7ons de travailler ensemble. Nous souhaiterions la pr\u00e9sence d&rsquo;un troisi\u00e8me p\u00e8re, \u00e0 deux, c&rsquo;est trop crevant\u00a0\u00bb (31\/10\/74). Il poss\u00e8de bien maintenant la langue dan et ses traductions des textes bibliques, particuli\u00e8rement ceux du Nouveau Testament sont d&rsquo;un grand service pour les c\u00e9l\u00e9brations en langue. Un de ses soucis fut encore la formation des la\u00efcs ; cat\u00e9chistes, chefs de communaut\u00e9, pr\u00e9sidente des femmes, jeunes, tous sont pass\u00e9s par le centre de formation de Danan\u00e9. \u00ab\u00a0Je me souviens, \u00e9crit Joseph Moulian, d\u2019une ann\u00e9e o\u00f9 44 sessions de formation d\u2019une semaine ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es pour les diff\u00e9rents groupes, sur les 52 semaines que compte l\u2019ann\u00e9e. Tous ceux qui avaient quelques comp\u00e9tences ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s : les religieuses bien s\u00fbr, mais aussi les m\u00e9decins de l\u2019h\u00f4pital et des grandes end\u00e9mies, des profs, car tous les groupes invit\u00e9s recevaient une part de formation humaine. Au bout de quelques ann\u00e9es, nous nous sommes aper\u00e7us que les cat\u00e9chistes, en particulier, au vu de leur formation, \u00e9taient sollicit\u00e9s par les villageois pour prendre des responsabilit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole du village ou \u00e0 la coop\u00e9rative ou encore dans d\u2019autres structures sociales.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et puis il a eu tr\u00e8s vite le souci de l\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re. Mieux vaut trouver des ressources sur place disait-il, plut\u00f4t que de passer les cong\u00e9s \u00e0 chercher de l\u2019argent. C\u2019est ainsi que la mission a pris en g\u00e9rance une station d\u2019essence, que l\u2019on vendait briques et claustras\u2026 Et lorsqu\u2019il a fallu se s\u00e9parer de la station, il a mont\u00e9 une librairie-pap\u00e8terie dont les premiers b\u00e9n\u00e9fices, au bout d\u2019une ann\u00e9e de fonctionnement, furent donn\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque pour le viaticum des pr\u00eatres (1.000.000 CFA). On a parfois reproch\u00e9 \u00e0 Paul de ne pas aller dans ses villages : c\u2019est faux ! Il connaissait bien sa paroisse et avec le travail accompli, il avait la confiance des cat\u00e9chistes et des responsables de communaut\u00e9. C\u2019est vrai qu\u2019il n\u2019avait pas le style du broussard : il aimait son confort, sa petite chaine st\u00e9r\u00e9o dans son pickup, ses petits voyages \u00e0 Abidjan o\u00f9 il pr\u00e9f\u00e9rait le confort de l\u2019accueil chez des amis plut\u00f4t que le campement du CAM. Tout cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les communaut\u00e9s de Danan\u00e9 et de Siably de progresser et de se prendre en charge. Lors de mon dernier voyage \u00e0 Abidjan en janvier 2012, certaines personnes rencontr\u00e9es m\u2019ont encore parl\u00e9 de lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Durant son cong\u00e9 de 1977, plusieurs lettres laissent supposer que quelque chose se serait pass\u00e9 \u00e0 Danan\u00e9. Il passe plusieurs mois \u00e0 la Pierre-qui-Vire pour faire le point, d&rsquo;abord sur lui- m\u00eame, en profondeur ; il \u00e9crit qu&rsquo;il red\u00e9couvre la pri\u00e8re, l&rsquo;Eucharistie. \u00ab\u00a0Je me suis remis en gr\u00e2ce devant le Seigneur, avec le d\u00e9sir vrai de me reprendre\u00a0\u00bb (07\/02\/77). De plus, il h\u00e9site \u00e0 retourner \u00e0 Danan\u00e9. Il demande conseil \u00e0 droite et \u00e0 gauche et finalement, il d\u00e9cide de retourner \u00e0 Danan\u00e9. En mars 1982, il fait le point sur la formation des responsables la\u00efcs qui est l&rsquo;un des points forts de sa pastorale. Il a 62 communaut\u00e9s sur la paroisse. Dans ce petit rapport, il parle de la formation, du financement, des sessions, des nouveaux, de l&rsquo;avenir, des fianc\u00e9s, et il conclut : \u00ab\u00a0Depuis que la paroisse s&rsquo;est lanc\u00e9e dans la formation, l&rsquo;esprit a chang\u00e9. Les responsables prennent conscience d&rsquo;eux-m\u00eames et de leurs charges. Ils et elles sont heureux d&rsquo;\u00eatre hommes dans l&rsquo;Eglise et si seulement, tels qu&rsquo;ils sont et sans faire du cl\u00e9ricalisme, on songeait \u00e0 des minist\u00e8res pour eux dans l&rsquo;Eglise, il y aurait des tas de r\u00e9alit\u00e9s qui se vivent \u00e0 mettre en place sans que cela pose des probl\u00e8mes financiers aux \u00e9v\u00eaques locaux\u00a0\u00bb (03\/82). Quelques mois plus tars, il \u00e9crit \u00e0 son \u00e9v\u00eaque pour lui dire qu&rsquo;il est disponible pour une autre nomination apr\u00e8s 11 ans de service \u00e0 Danan\u00e9.<\/p>\n<p>Il est alors nomm\u00e9 \u00e0 Siably o\u00f9 il va rester trois ans, et quand on lui demande de faire partie de l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;animation \u00e0 Nantes, il r\u00e9pond: \u00ab\u00a0Si tu crois que je r\u00e9ponds quelque peu au profil d&rsquo;un animateur missionnaire \u00e0 la Sencive, c&rsquo;est d&rsquo;accord pour 1986. [&#8230;] Je ne vois pas tr\u00e8s clair dans ce qui m&rsquo;attend. Je m&rsquo;efforcerai de ne pas \u00eatre trop bougnoule, et surtout de r\u00e9pondre du mieux qu&rsquo;il me sera possible au service que vous attendez de moi. Apr\u00e8s avoir fait de nombreux petits chr\u00e9tiens, faire de grands missionnaires, quelle promo !\u00a0\u00bb (22\/02\/85).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re ann\u00e9e, \u00e0 Nantes, il est avec Claude Templ\u00e9 ; il est nomm\u00e9, en principe pour 4 ans. Ernest Moulin rejoint l&rsquo;\u00e9quipe en octobre 1987. Au d\u00e9but, il doit surtout s&rsquo;investir dans l&rsquo;aum\u00f4nerie des \u00e9tudiants (un mi-temps) et \u00eatre au service de l&rsquo;animation missionnaire et vocationnelle. A bout de deux ans, il apprend que la DCC (D\u00e9l\u00e9gation Catholique \u00e0 la Coop\u00e9ration) recherche quelqu&rsquo;un pour participer aux diff\u00e9rentes activit\u00e9s de l&rsquo;organisme. Paul Aubry donne son accord, et il s&rsquo;informe pour savoir exactement en quoi consistera son travail : ce sera surtout la formation des jeunes sur le d\u00e9part. Pour cette nouvelle fonction, il quitte Nantes et s&rsquo;installe \u00e0 Paris, \u00e0 la rue Crillon, et il garde un mi-temps pour l&rsquo;aum\u00f4nerie des \u00e9tudiants africains.<\/p>\n<p>En octobre 1988, il fait un long compte rendu apr\u00e8s une r\u00e9union \u00ab\u00a0week-end de retour\u00a0\u00bb avec 45 jeunes qui viennent de rentrer apr\u00e8s deux ans de s\u00e9jour en coop\u00e9ration. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai rencontr\u00e9 des jeunes de qualit\u00e9 qui ont fait une grande exp\u00e9rience de la relation, motiv\u00e9s, g\u00e9n\u00e9reux. [&#8230;] J&rsquo;ai senti que l&rsquo;exp\u00e9rience de Nantes aupr\u00e8s des \u00e9tudiants m&rsquo;a beaucoup facilit\u00e9 le contact. Je n&rsquo;\u00e9tais pas paum\u00e9 et ai parl\u00e9 avec plusieurs en profondeur\u00a0\u00bb (29\/10\/88). En tant que responsable de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne des Africains \u00e0 Paris, en mars 1989, il fait la demande de visiter les d\u00e9tenus en prison. Il est autoris\u00e9 en juillet. Le 28 juin 1989, le nouveau Conseil provincial le renomme pour les trois points suivants: collaboration avec la DCC, animation de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne des travailleurs africains \u00e0 Paris (il sera lib\u00e9r\u00e9 de cette t\u00e2che en septembre 1991), et responsable de Justice et Paix pour la Province.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Cr\u00e9teil le nomme aum\u00f4nier de la prison de Fresnes le 30 ao\u00fbt 1989, pour la troisi\u00e8me division ; Fresnes : 1400 prisonniers, dont 700 noirs et 500 autres \u00e9trangers. Puis, deux ans plus tard, il est nomm\u00e9 responsable de l&rsquo;\u00e9quipe des aum\u00f4niers de Fresnes. Soit \u00e0 la DCC, soit \u00e0 la prison, il aura un grand rayonnement : le p\u00e8re Joseph Hardy, responsable alors de la DCC, t\u00e9moigne : \u00ab\u00a0Dans l&rsquo;\u00e9quipe que j&rsquo;animais, Paul a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gulier, comp\u00e9tent et dynamique dans son travail de prospection et d&rsquo;accompagnement des coop\u00e9rants. Son temp\u00e9rament de solitaire ne l&#8217;emp\u00eachait pas d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s proche des jeunes et des partenaires auxquels il les envoyait. A la fin des stages de pr\u00e9paration au d\u00e9part, au moment de la pr\u00e9sentation des groupes, de l&rsquo;envoi et de la s\u00e9paration, je me souviens du \u00ab\u00a0triomphe\u00a0\u00bb sympathique qui \u00e9tait fait par son groupe \u00e0 \u00ab\u00a0Paulo\u00a0\u00bb. Il n&rsquo;oubliait jamais de donner son t\u00e9moignage sur les prisonniers de Fresnes, ceux dont il s&rsquo;\u00e9tait senti l&rsquo;ami et le fr\u00e8re, presque instinctivement. Sous des dehors parfois taciturnes, il avait sa mani\u00e8re bien \u00e0 lui de se faire proche et solidaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La lettre de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Cr\u00e9teil, lorsqu&rsquo;il apprend que Paul va rejoindre l&rsquo;Afrique, apporte le m\u00eame regret de le voir partir : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai appris que la d\u00e9cision \u00e9tait prise maintenant d\u00e9finitivement de votre d\u00e9part en Afrique. J&rsquo;en suis tout triste. Nous sommes tellement heureux de votre collaboration et je vous sens vous-m\u00eame tellement \u00e0 l&rsquo;aise dans votre minist\u00e8re. Je sais que les prisonniers vous aiment beaucoup et que vous avez beaucoup fait depuis votre pr\u00e9sence \u00e0 Fresnes pour faciliter la vie d&rsquo;\u00e9quipe au sein de l&rsquo;aum\u00f4nerie\u00a0\u00bb (01\/02\/96). Il r\u00e9pond: \u00ab\u00a0P\u00e8re, merci. Ce n&rsquo;est pas sans pincement de c\u0153ur que je quitterai ce lieu de vie particuli\u00e8rement intense, et que j&rsquo;aime. [\u2026] Vous me donnez de grandir mon regard d&rsquo;amour, sur l&rsquo;homme, sur la vie, sur le monde, sur Dieu, sur l&rsquo;Eglise aussi. Quand je frappe \u00e0 la porte d&rsquo;une cellule, je me dis &lsquo;compagnon d&rsquo;humanit\u00e9. [&#8230;] Vous me donnez de porter, de partager, de vivre, d&rsquo;aimer ce regard d&rsquo;humanit\u00e9, ce regard d&rsquo;amour sur l&rsquo;homme, la vie, le monde, sur Dieu, sur l&rsquo;Eglise\u00a0\u00bb (05\/01\/96).<\/p>\n<p>Il est nomm\u00e9 \u00e0 B\u00e9lembok\u00e9, en Centrafrique en 1996, mais avant de partir, il doit \u00eatre op\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un an\u00e9vrisme de l&rsquo;aorte abdominale. Tout se passe bien. Il rejoint le dioc\u00e8se de Berberati au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1997. Le Conseil provincial lui donne la mission suivante : \u00ab\u00a0Tu auras pour objectif d&rsquo;\u00eatre un soutien et une aide pour les jeunes confr\u00e8res des Fondations\u00a0\u00bb (09\/05\/96). Il va passer de la prison de Fresnes aux Pygm\u00e9es en gardant le m\u00eame regard tr\u00e8s positif sur l&rsquo;homme : \u00ab\u00a0Les Pygm\u00e9es ont besoin d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9s et reconnus comme personnes \u00e0 part enti\u00e8re. Il faut leur donner confiance en eux-m\u00eames : respect, dignit\u00e9, fiert\u00e9. Il faut les inciter aux soins, \u00e0 l&rsquo;instruction, \u00e0 faire leurs plantations. La religion est le moteur du d\u00e9veloppement : la foi les sauvera, leur donnera un id\u00e9al\u00a0\u00bb (30\/12\/97). Il s&rsquo;investit vite dans la langue. Il sait s&rsquo;\u00e9merveiller devant des faits de vie (la vie chr\u00e9tienne, la vie de tous les jours) qu&rsquo;il sait d\u00e9crire \u00e0 sa mani\u00e8re (il devait sourire en \u00e9crivant ces lignes) : \u00ab\u00a0Le jour de P\u00e2ques, je c\u00e9l\u00e9brais ma premi\u00e8re en sango \u00e0 B\u00e9lembok\u00e9, avec hom\u00e9lie en sango. Tr\u00e8s franchement, je suis fier, tr\u00e8s, tr\u00e8s fier de moi, de ma r\u00e9ussite, de mes comp\u00e9tences, de mes capacit\u00e9s, de mon courage, de ma pers\u00e9v\u00e9rance dans l&rsquo;effort, de la ma\u00eetrise de mes peurs et \u00e9motions. Devant la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne et mes confr\u00e8res, j&rsquo;ai marqu\u00e9 de gros points&#8230; d&rsquo;\u00e9tonnement, de stup\u00e9faction, d&rsquo;admiration ! Je suis un homme f\u00e9licit\u00e9. La note que je me donne: 18\/20. [&#8230;] Me voici d\u00e9sormais plus op\u00e9rationnel, plus performant. Reste maintenant \u00e0 parler couramment le langage des vieux et des femmes surtout qui parlent tellement vite !\u00a0\u00bb (18\/04\/98).<\/p>\n<p>Il rentre malade en juillet 2001, et se repose pratiquement deux mois \u00e0 Montferrier. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s 7 semaines pass\u00e9es \u00e0 la maison de retraite de Montferrier, je me sens bien et, je le pense, gu\u00e9ri.\u00a0\u00bb Au d\u00e9but de 2002, il est alors nomm\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9 de Rez\u00e9 pour prendre la charge de comptable. Pour cela, il suit au 150 la session d&rsquo;initiation \u00e0 l&rsquo;informatique organis\u00e9e par la Province. Il semble si peu dou\u00e9 que le responsable de la session pense qu&rsquo;il n&rsquo;y arrivera jamais. Il suit une seconde session organis\u00e9e \u00e0 Rez\u00e9 et, gr\u00e2ce \u00e0 son acharnement \u00e0 faire des r\u00e9ussites aux cartes sur l&rsquo;ordinateur de la maison, il arrive \u00e0 ma\u00eetriser l&rsquo;appareil et se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s comp\u00e9tent pour \u00e9tablir les comptes de la maison sur ordinateur. Le jour o\u00f9 il a une adresse \u00e9lectronique, il envoie un mail \u00e0 plusieurs confr\u00e8res avec ces seuls mots \u00e9crits en gros caract\u00e8res: \u00ab\u00a0Je suis un internaute !\u00a0\u00bb La fiert\u00e9 de la r\u00e9ussite !<\/p>\n<p>A Montferrier depuis le d\u00e9but 2009, il \u00e9tait rest\u00e9 lui-m\u00eame, calme, parlant toujours de la m\u00eame voix basse, lente et mesur\u00e9e ; il avait toujours ce petit balancement de la t\u00eate, souvenir de ses probl\u00e8mes nerveux d&rsquo;autrefois. La vie de retrait\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas pour lui d\u00e9plaire et il \u00e9tait parfaitement int\u00e9gr\u00e9 dans le groupe des confr\u00e8res de la maison. Il passait de longs moments devant son ordinateur \u00e0 faire des r\u00e9ussites aux cartes. \u00ab\u00a0Cela entretient les neurones du cerveau\u00a0\u00bb, disait-il, comme pour s&rsquo;excuser. Sa sant\u00e9 ne paraissait pas lui poser de probl\u00e8me. Lors d&rsquo;un dernier contr\u00f4le m\u00e9dical, un an\u00e9vrisme de l&rsquo;aorte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9, mais sans pour cela, semble-t-il, inqui\u00e9ter outre mesure les m\u00e9decins. Une op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e. Paul a donc \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital et a d\u00fb subir quelques nouveaux contr\u00f4les plus approfondis pour pr\u00e9parer l&rsquo;op\u00e9ration. L&rsquo;an\u00e9vrisme n&rsquo;a pas attendu et l&rsquo;aorte a \u00e9clat\u00e9 entrainant une mort imm\u00e9diate pratiquement la veille du jour pr\u00e9vu pour l&rsquo;op\u00e9ration. Son d\u00e9c\u00e8s a pris de court les \u00e9quipes m\u00e9dicales et surpris tous ses confr\u00e8res. Quelques-uns des membres de sa famille avaient fait le long d\u00e9placement depuis la Bretagne pour l&rsquo;accompagner jusqu&rsquo;\u00e0 sa derni\u00e8re demeure.<br \/>Qu&rsquo;il repose d\u00e9sormais dans la paix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 7 f\u00e9vrier 1933 \u00e0 Nantesdans le dioc\u00e8se de Nantes (France)membre de la SMA le 16 juillet 1956pr\u00eatre le 6&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2911,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2912","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2912","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2912"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2912\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2911"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2912"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2912"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2912"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}