{"id":2985,"date":"2015-08-05T07:01:57","date_gmt":"2015-08-05T07:01:57","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=2985"},"modified":"2015-08-05T07:01:57","modified_gmt":"2015-08-05T07:01:57","slug":"monseigneur-joseph-diss","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=2985","title":{"rendered":"Monseigneur Joseph DISS"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash;Province de Strasbourg<\/strong> <\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1029px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-2984\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/DISS_Joseph_Mgr.jpg\" alt=\"DISS Joseph Mgr\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n&eacute; le 24 janvier 1879 &agrave; Strasbourg<br \/>dans le dioc&egrave;se de Strasbourg, France<br \/>membre de la SMA le 2 octobre 1900<br \/>pr&ecirc;tre le 7 juillet 1901<br \/>pr&eacute;fet apostolique le 21 juin 1921<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 15 septembre 1963<\/td>\n<td>\n<p>1900-1907 Richelieu puis Keer, professeur<br \/>1907-1909 Chanly puis Andlau, professeur<br \/>1909-1911 Samos<br \/>1911-1912 Lyon, 150, professeur au grand s&eacute;minaire<br \/>1912-1938 missionnaire en C&ocirc;te-d&rsquo;Ivoire<br \/>pr&eacute;fet apostolique de Korhogo en 1921<br \/>1939-1946 cur&eacute; en plusieurs paroisses d&rsquo;Alsace<br \/>1946-1955 missionnaire en C&ocirc;te-d&rsquo;Ivoire<br \/>1955-1959 Le Zinswald, retir&eacute;<br \/>1959-1963 Haguenau, retir&eacute;<\/p>\n<p>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; Haguenau, France, le 15 septembre 1963,<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 85 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Monseigneur Joseph DISS (1878 &#8211; 1963)<\/p>\n<p>Joseph Diss est n&eacute; &agrave; Strasbourg, le 24 janvier 1878. Son p&egrave;re &eacute;tait originaire de Willgottheim et sa m&egrave;re de Morschwiller. Ils &eacute;taient venus s&rsquo;&eacute;tablir &agrave; Strasbourg, sur le territoire de la paroisse Saint-Louis. Apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;cole primaire, le jeune Joseph Diss d&eacute;cida de se pr&eacute;parer &agrave; devenir missionnaire et, en 1891, il suivit le P&egrave;re Schimpf aux Pays-Bas pour y commencer ses &eacute;tudes secondaires.<\/p>\n<p>Le P&egrave;re Schimpf, d&rsquo;Altenstadt, avait &eacute;t&eacute; missionnaire &agrave; l&rsquo;&icirc;le Maurice. Entr&eacute; aux Missions Africaines, il &eacute;tait professeur aux Pays-Bas o&ugrave; la Soci&eacute;t&eacute; venait d&rsquo;&eacute;tablir une &eacute;cole apostolique. Cette &eacute;cole &eacute;tait une extension de celle de Richelieu &agrave; Chamali&egrave;res. Le P&egrave;re Desribes l&rsquo;avait ouverte, au mois de mai 1891, d&rsquo;abord provisoirement au petit ch&acirc;teau d&rsquo;Oost, pr&egrave;s de la fronti&egrave;re belge, du c&ocirc;t&eacute; de Li&egrave;ge, puis d&eacute;finitivement dans une maison qu&rsquo;il avait fait construire sur la colline de Keer-les-Maastricht et qui fut inaugur&eacute;e en 1893. La nouvelle fondation &eacute;tait destin&eacute;e &agrave; recevoir des &eacute;l&egrave;ves des Pays-Bas, mais aussi les enfants originaires d&rsquo;Alsace-Lorraine, alors s&eacute;par&eacute;es de la France.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agissait, en effet, pour les apostoliques, d&rsquo;entrer dans un programme d&rsquo;&eacute;tudes exclusivement fran&ccedil;ais, tel qu&rsquo;il &eacute;tait suivi &agrave; Richelieu, et l&rsquo;on comprend que les d&eacute;buts demandaient certaines adaptations pour des enfants enti&egrave;rement ignorants de la langue fran&ccedil;aise. Ils faisaient les premi&egrave;res classes aux Pays-Bas, puis allaient continuer leurs &eacute;tudes &agrave; Richelieu. C&rsquo;est ainsi que le jeune Diss fut d&rsquo;abord &eacute;l&egrave;ve &agrave; Oost et Keer en 1891-1895, puis &agrave; Richelieu en 1895-1897. Il entra ensuite au grand s&eacute;minaire &agrave; Lyon, fut admis au serment le 2 octobre 1900 et fut ordonn&eacute; pr&ecirc;tre le 7 juillet 1901. Il c&eacute;l&eacute;bra sa premi&egrave;re messe solennelle &agrave; Strasbourg le 14 juillet 1901.<\/p>\n<p>Il ne fut pas envoy&eacute; d&rsquo;abord en Afrique, mais retenu en Europe comme professeur, &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de Richelieu de 1901 &agrave; 1904. Au mois de mai 1904, Richelieu fut ferm&eacute; en cons&eacute;quence de la politique anticl&eacute;ricale du gouvernement fran&ccedil;ais. Toutes les classes furent transf&eacute;r&eacute;es &agrave; Keer, o&ugrave; le P&egrave;re Diss continua d&rsquo;&ecirc;tre professeur de 1904 &agrave; 1907. La vie de Richelieu se continuait sans changement &agrave; Keer : m&ecirc;me r&egrave;glement, m&ecirc;me programme des &eacute;tudes, m&ecirc;me sup&eacute;rieur le P&egrave;re Desribes. Les professeurs y confectionnaient une petite revue au titre solennel de La Pens&eacute;e Contemporaine et qui devait proposer &agrave; ses lecteurs, dit le premier num&eacute;ro du 15 octobre 1904, des articles sp&eacute;ciaux consacr&eacute;s au mouvement de la pens&eacute;e humaine dans l&rsquo;ordre religieux, philosophique, litt&eacute;raire, artistique, scientifique, politique et social.<\/p>\n<p>Le P&egrave;re Diss, qui fut professeur de langues et de musique, y collaborait, se proposant en particulier d&rsquo;entretenir ses aimables lecteurs de l&rsquo;Histoire dans ses grandes lignes : sa n&eacute;cessit&eacute;, ses avantages, sa beaut&eacute;, la divine Providence manifest&eacute;e par le va-et-vient des contingences humaines. Il quitta Keer en 1907 et, de 1907 &agrave; 1909, il fut professeur &agrave; Chanly et &agrave; Andlau. La maison de Chanly &eacute;tait une &eacute;cole apostolique, mais elle ferma en 1907 : cette ann&eacute;e-l&agrave;, les apostoliques de Chanly rejoignirent la maison de Keer et furent remplac&eacute;s par les novices de Lyon. En 1909, le P&egrave;re Diss fut envoy&eacute; &agrave; l&rsquo;&icirc;le de Samos et charg&eacute; de l&rsquo;&eacute;cole de la mission catholique. Enfin il revint en France en 1911 et, pendant l&rsquo;ann&eacute;e scolaire 1911-1912, il fut professeur au grand s&eacute;minaire &agrave; Lyon.<\/p>\n<p>En 1912, il put partir pour la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire. Il devait &ecirc;tre missionnaire dans ce pays de 1912 &agrave; 1939 et de 1946 &agrave; 1955. Il y fut Pr&eacute;fet Apostolique pendant 17 ans, de 1921 &agrave; 1938.<\/p>\n<p>&Agrave; son arriv&eacute;e en 1912, il fut nomm&eacute; pour la mission de Bingerville, o&ugrave; il resta jusqu&rsquo;&agrave; la guerre. Mobilis&eacute; le 2 ao&ucirc;t 1914, car il avait opt&eacute; pour la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise, il fit d&rsquo;abord un stage d&rsquo;infirmier de six mois &agrave; Dakar, puis renvoy&eacute; &agrave; Abidjan au 5e B.T.S., Bataillon de Tirailleurs S&eacute;n&eacute;galais, il tint les fonctions de vaguemestre et de sergent fourrier. Mis en sursis d&rsquo;appel &agrave; la fin de 1917, il resta &agrave; Abidjan, o&ugrave; il &eacute;tait seul missionnaire. Vers la fin de 1919, il rentra en Alsace pour un cong&eacute;. De retour en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire l&rsquo;ann&eacute;e suivante, il fut nomm&eacute; vicaire &agrave; Memni, chez le P&egrave;re M&eacute;raud. Quelque temps plus tard, il fut, selon son expression, transplant&eacute; de la grande for&ecirc;t dans la grande savane. En effet, le 25 juin 1921, une d&eacute;cision romaine le nommait Pr&eacute;fet Apostolique de Korhogo.<\/p>\n<p>De quoi s&rsquo;agissait-il ? La C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, constitu&eacute;e en colonie fran&ccedil;aise en 1893, les P&egrave;res des Missions Africaines y &eacute;taient arriv&eacute;s en 1895. C&rsquo;&eacute;tait une Pr&eacute;fecture Apostolique. En 1911, le Sud devint Vicariat Apostolique, tandis que le Nord fut la Pr&eacute;fecture Apostolique de Korhogo. Le premier Pr&eacute;fet Apostolique de Korhogo fut le P&egrave;re Kernivinen, qui d&eacute;missionna en 1918. Le P&egrave;re Bedel le rempla&ccedil;a en qualit&eacute; de Pro-Pr&eacute;fet de 1918 &agrave; 1920. Le territoire de la Pr&eacute;fecture s&rsquo;&eacute;tendait sur plus de 100 000 km2 et comprenait tout le nord de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire &agrave; partir de 8&deg; de latitude nord environ.<\/p>\n<p>Lorsque le P&egrave;re Diss y arriva comme Pr&eacute;fet Apostolique, il y avait deux missions, Katiola et Korhogo, avec quelques dizaines de chr&eacute;tiens et quatre missionnaires : les P&egrave;res Vion et Van Leeuwen &agrave; Korhogo et les P&egrave;res Porte et Tranchant &agrave; Katiola. La mission de Katiola &eacute;tait constitu&eacute;e par quatre cases rondes, situ&eacute;es en pleine solitude, au haut d&rsquo;une colline ; il y avait une &eacute;glise assez grande : 25 m de long sur 7 de large. &Agrave; Korhogo, la mission et son humble chapelle &eacute;taient &eacute;galement isol&eacute;es, au milieu d&rsquo;un bois et loin de toute circulation.<\/p>\n<p>Mgr Diss passa &agrave; Katiola au mois de novembre 1921. Il redescendit &agrave; Memni, qu&rsquo;il quitta d&eacute;finitivement le 8 janvier 1922. Il resta deux mois &agrave; Katiola et se rendit ensuite &agrave; Korhogo.<\/p>\n<p>&Agrave; Korhogo, l&rsquo;emplacement de la mission &eacute;tait d&eacute;cid&eacute;ment trop d&eacute;fectueux et ne favorisait pas l&rsquo;action des missionnaires. Monseigneur autorise &agrave; entreprendre de nouvelles constructions. On envisage donc de se transporter au centre du village, d&rsquo;y construire une maison d&rsquo;habitation avec ses d&eacute;pendances, une &eacute;cole et une &eacute;glise. Les travaux commencent d&egrave;s 1922. Mais l&rsquo;on se demande si les ressources permettront d&rsquo;arriver au bout des travaux. C&rsquo;est que la Pr&eacute;fecture de Mgr Diss souffre d&rsquo;une grande p&eacute;nurie de moyens mat&eacute;riels. Cependant, le 25 d&eacute;cembre 1923, la mission de Korhogo put f&ecirc;ter No&euml;l dans sa nouvelle &eacute;glise. Mais elle n&rsquo;&eacute;tait pas tr&egrave;s richement meubl&eacute;e et, l&rsquo;ann&eacute;e suivante encore, le P&egrave;re Knops, constatant que l&rsquo;&eacute;glise de Korhogo si pauvre commen&ccedil;ait &agrave; se parer, se dit : elle passe de la mis&egrave;re &agrave; la pauvret&eacute;.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; l&rsquo;extr&ecirc;me pauvret&eacute;, malgr&eacute; le manque aussi de missionnaires, toujours trop peu nombreux, malgr&eacute; les obstacles s&eacute;rieux venant de la situation religieuse et sociale des populations, l&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation fait des progr&egrave;s dans la Pr&eacute;fecture. En 1923, Monseigneur ouvre une nouvelle mission &agrave; 35 km de Korhogo, &agrave; Sin&eacute;matiali. Il y &eacute;tablit son palais &eacute;piscopal, une chaumi&egrave;re tr&egrave;s basse, compos&eacute;e de trois chambres. Il r&eacute;sidera &agrave; Sin&eacute;matiali jusqu&rsquo;en avril 1934. Plus &agrave; l&rsquo;est il commence &eacute;galement la mission de Ferk&eacute;ss&eacute;dougou. Le P&egrave;re Bonhomme, en 1924, est charg&eacute; de la fondation d&eacute;finitive de cette mission, avec le Fr&egrave;re Pierre Br&eacute;t&eacute;ch&eacute;.<\/p>\n<p>Le travail des missionnaires commen&ccedil;ait donc &agrave; donner des fruits. Partout, &eacute;crit Monseigneur, on demande la pr&eacute;sence des P&egrave;res ; de partout il arrive des d&eacute;putations nous suppliant de nous &eacute;tablir dans les villages ; partout on veut des &eacute;coles. Et il pouvait ajouter, au mois de janvier 1924 : Dieu b&eacute;nit nos efforts. Vraiment la Pr&eacute;fecture prend tournure. Dieu en soit lou&eacute; et remerci&eacute;.<\/p>\n<p>Pour mieux &eacute;tudier le pays, prendre des renseignements sur les religions, le degr&eacute; de p&eacute;n&eacute;tration d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute; par l&rsquo;Islam, Monseigneur entreprit un long voyage dans l&rsquo;Ouest de la Pr&eacute;fecture, en compagnie du P&egrave;re Vion. C&rsquo;&eacute;tait le d&eacute;but de 1924. Les 1 168 km de cette tourn&eacute;e devaient &ecirc;tre parcourus &agrave; pied et &agrave; bicyclette. Car les moyens de transport &eacute;taient fort r&eacute;duits en ce temps-l&agrave;. La bicyclette m&ecirc;me &eacute;tait une mani&egrave;re de luxe. Nous voyons un vieux missionnaire, le P&egrave;re Bonhomme, 72 ans, &agrave; Ferk&eacute;ss&eacute;dougou, en 1925, se r&eacute;jouissant d&rsquo;une bonne nouvelle, l&rsquo;envoi d&rsquo;une bicyclette : combien il remercie le g&eacute;n&eacute;reux donateur qui lui a procur&eacute; ce rapide moyen de transport.<\/p>\n<p>Les souvenirs de Monseigneur sur le voyage de 1924 ont &eacute;t&eacute; reproduits dans le Messager des Missions Africaines en 1948-1949. Les deux P&egrave;res commenc&egrave;rent leur tourn&eacute;e d&rsquo;&eacute;tude et d&rsquo;inspection le 28 f&eacute;vrier ; ils pass&egrave;rent &agrave; Boundiali, Kouto, Odienn&eacute;, Touba, S&eacute;gu&eacute;la, Bouak&eacute; et arriv&egrave;rent &agrave; Katiola, o&ugrave; prenait fin leur exploration. Au retour, Monseigneur note que, en g&eacute;n&eacute;ral, l&rsquo;Islam est d&eacute;j&agrave; bien r&eacute;pandu dans la r&eacute;gion. Mais il reste beaucoup &agrave; faire dans les villages o&ugrave; domine encore l&rsquo;animisme. Et il est temps, grand temps de s&rsquo;y mettre. On essaiera contre et malgr&eacute; tout, &eacute;crit-il. Dieu n&rsquo;abandonnera pas les missionnaires qui comptent sur sa providence, qui se fient &agrave; elle et qui, avec bonne volont&eacute; et sans craindre ni d&eacute;boires ni sacrifices, veulent faire l&rsquo;&oelig;uvre du Christ R&eacute;dempteur. Oui, malgr&eacute; tout, nous irons de l&rsquo;avant : Dieu le veut !<\/p>\n<p>Le premier pas dans ce sens fut la fondation de Kouto. Dans son voyage, Monseigneur avait remarqu&eacute; ce village &eacute;tendu mollement sur le flanc de la colline qu&rsquo;il venait de grimper. Grand et beau village, &eacute;crit-il, et la premi&egrave;re id&eacute;e qui jaillit dans ma t&ecirc;te en descendant vers le cours d&rsquo;eau, est celle-ci : comme une mission serait bien plac&eacute;e sur ce coteau. Il y a ici plus de vie, plus de mouvement que dans les autres villages. Nombre de femmes s&rsquo;en viennent puiser de l&rsquo;eau. Je n&rsquo;avais pas, comme Notre Seigneur &agrave; la Samaritaine au puits de Jacob, l&rsquo;intention de demander &agrave; boire, mais je me disais : si seulement tout ce monde, pouss&eacute; par la soif de la v&eacute;rit&eacute;, venait un jour &agrave; la mission, aupr&egrave;s des missionnaires, puiser de l&rsquo;eau qui rejaillit &agrave; la vie &eacute;ternelle. La mission fut fond&eacute;e le 12 janvier 1927 par le P&egrave;re Vion. Elle se d&eacute;veloppa. Le 9 juin 1936, le Pr&eacute;fet Apostolique put y b&eacute;nir solennellement une vaste et belle &eacute;glise, construite par le P&egrave;re Vion et par le P&egrave;re Vonwyl.<\/p>\n<p>Ainsi &eacute;tait donn&eacute;e au Pr&eacute;fet Apostolique et &agrave; ses missionnaires, la joie de voir se r&eacute;pandre la foi chr&eacute;tienne. Monseigneur pensa aussi &agrave; se faire aider dans cette &oelig;uvre par des Religieuses, en particulier pour le soin des malades. Ce furent les S&oelig;urs missionnaires du Sacr&eacute;-C&oelig;ur de Menton ; les premi&egrave;res arriv&egrave;rent en 1927 &agrave; Sin&eacute;matiali, un deuxi&egrave;me groupe suivit en mars 1929 &agrave; Katiola.<\/p>\n<p>Il y eut aussi, bien s&ucirc;r, de grandes &eacute;preuves, sans compter les privations de chaque jour. Ce fut surtout la mort des missionnaires, qui succombaient, parfois jeunes, &agrave; la t&acirc;che. Ce furent aussi des dommages mat&eacute;riels. Ainsi, en 1926, au d&eacute;but de janvier, l&rsquo;&eacute;glise, l&rsquo;&eacute;cole, les d&eacute;pendances de la mission de Katiola furent compl&egrave;tement d&eacute;truites par un incendie. En 1927, un incendie, caus&eacute; par un feu de brousse, d&eacute;truisit la mission de Ferk&eacute;ss&eacute;dougou. Le P&egrave;re Bonhomme assistait &agrave; la ruine de son &oelig;uvre. En moins de deux heures, &eacute;crit-il, la moiti&eacute; du village &eacute;tait r&eacute;duite en cendres. Notre chapelle-&eacute;cole, notre magasin &agrave; provisions, les cases servant de logement &agrave; nos enfants, toutes les d&eacute;pendances de la mission, ont &eacute;t&eacute; la proie des flammes.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; les &eacute;preuves et les obstacles, partout et avec succ&egrave;s on poursuivait le travail missionnaire. En est un beau t&eacute;moignage la double f&ecirc;te que l&rsquo;on put c&eacute;l&eacute;brer &agrave; Katiola un dimanche de Quasimodo en 1933 : le 25e anniversaire de la fondation de la mission et l&rsquo;inauguration d&rsquo;une belle et grande &eacute;glise, 60 m de long sur 18 m 40 de large, murs construits enti&egrave;rement en pierres, les piliers en b&eacute;ton, une &oelig;uvre r&eacute;alis&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie et au d&eacute;vouement de l&rsquo;excellent Fr&egrave;re Th&eacute;odose Kalbermatten.<\/p>\n<p>Mgr Diss, qui peinait alors &agrave; Kouto comme un simple missionnaire, descendit pour pr&eacute;sider les f&ecirc;tes et inaugurer l&rsquo;&eacute;glise, une &eacute;glise pour laquelle, &eacute;crit le P&egrave;re Etrillard, il avait si souvent tendu la main &agrave; ses g&eacute;n&eacute;reux bienfaiteurs de France et dont il avait lui-m&ecirc;me dress&eacute; les plans. On vit aussi &agrave; ces f&ecirc;tes Mgr Moury, Vicaire Apostolique de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire : il avait &eacute;t&eacute;, avec le P&egrave;re Porte, le fondateur de la mission de Katiola en 1908 ; ces deux P&egrave;res, comme l&rsquo;&eacute;crit encore le P&egrave;re &Eacute;trillard plant&egrave;rent la croix de Katiola et tout en construisant de tr&egrave;s modestes cases recouvertes d&rsquo;herbes s&egrave;ches, ils commenc&egrave;rent &agrave; jeter la bonne semence. Et la bonne semence avait fructifi&eacute; : en cette ann&eacute;e 1933, la mission de Katiola comptait plus de 3 000chr&eacute;tiens baptis&eacute;s.<\/p>\n<p>En 1934, Mgr Diss s&rsquo;installa d&eacute;finitivement &agrave; Katiola, la mission la plus belle assur&eacute;ment de la Pr&eacute;fecture, la plus florissante. Il y ouvrit, en septembre 1936, un petit s&eacute;minaire, qui fut confi&eacute; aux P&egrave;res Jules Meyer et Pfister.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres stations furent ouvertes dans le sud de la Pr&eacute;fecture. D&eacute;j&agrave; en 1924, une mission avait &eacute;t&eacute; commenc&eacute;e &agrave; Tafir&eacute;. Mais elle avait d&ucirc; &ecirc;tre abandonn&eacute;e, elle fut ouverte de nouveau en 1936. En 1936 &eacute;galement, il fut d&eacute;cid&eacute; la cr&eacute;ation d&rsquo;un poste principal &agrave; Boni&eacute;r&eacute;dougou ; la mission de Katiola y avait ouvert une &eacute;cole en 1934 ; en 1937 le P&egrave;re Mockers fut nomm&eacute; pour Boni&eacute;r&eacute;dougou et il devint ainsi le premier ap&ocirc;tre du peuple djimini. Enfin en 1937, la mission de Niakaramandougou, &agrave; 70 km au nord de Katiola, fut ouverte par le P&egrave;re Nicolas Weber et le P&egrave;re Albert R&oelig;sch.<\/p>\n<p>Mais une grande portion de la Pr&eacute;fecture, tout l&rsquo;est, &eacute;tait rest&eacute;e longtemps sans missionnaires. En 1924, Mgr Diss &eacute;crivait au P&egrave;re Chabert, sup&eacute;rieur g&eacute;n&eacute;ral, qu&rsquo;il avait l&rsquo;intention de faire une tourn&eacute;e du c&ocirc;t&eacute; de Bondoukou, mais que, les circonstances ne l&rsquo;ayant pas permis, ce n&rsquo;&eacute;tait que partie remise. C&rsquo;est seulement au mois de mars 1934 qu&rsquo;il put faire un voyage dans ce pays, en compagnie du P&egrave;re Br&eacute;diger, provincial de Strasbourg, et du P&egrave;re &Eacute;trillard. Ils trouv&egrave;rent des chr&eacute;tiens &agrave; Bondoukou. Monseigneur retourna dans l&rsquo;est vers la fin de l&rsquo;ann&eacute;e et &agrave; No&euml;l il c&eacute;l&eacute;bra la messe de minuit &agrave; Bondoukou. Une mission serait &eacute;tablie dans cette r&eacute;gion. Le choix de la station principale fut fix&eacute; sur Tanda qui, au mois de janvier 1935, re&ccedil;ut son premier missionnaire, le P&egrave;re Jean Jacoby, suivi au mois de mars par le P&egrave;re Georges Fix, sup&eacute;rieur de la station.<\/p>\n<p>Parvenu &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 60 ans, Mgr Diss jugea qu&rsquo;il fallait laisser &agrave; un plus jeune la responsabilit&eacute; et l&rsquo;autorit&eacute; dans la Pr&eacute;fecture Apostolique. Il pr&eacute;senta sa d&eacute;mission le 13 juin 1938. Elle fut accept&eacute;e le 1er octobre, mais il devait continuer &agrave; administrer la Pr&eacute;fecture jusqu&rsquo;&agrave; la nomination de son successeur. Celui-ci fut nomm&eacute; le 7 janvier 1939 ; c&rsquo;&eacute;tait le P&egrave;re Edmond Wolff, qui &eacute;tait alors visiteur et sup&eacute;rieur de la mission de Ferk&eacute;ss&eacute;dougou.<\/p>\n<p>Mgr Diss quitta la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire le 25 mai 1939. Il arriva &agrave; Marseille le 5 juin. Du mois de septembre 1939 au 1er ao&ucirc;t 1940, il s&eacute;journa &agrave; Vigneulles. Puis, en 1940-1941, &agrave; cause des circonstances nouvelles issues de l&rsquo;annexion allemande, il resta dans sa famille &agrave; Strasbourg. Il fut, en novembre-d&eacute;cembre 1941, aum&ocirc;nier chez les S&oelig;urs de Ribeauvill&eacute; &agrave; Soultzbach. En 1942-1943, il fut vicaire, puis administrateur de la paroisse de Dieuze, qui &eacute;tait alors Duss, Westmark. Enfin, du 4 septembre 1943 au mois de janvier 1946, il fut administrateur de la paroisse de Hattstatt, dans le Haut-Rhin. Ainsi s&rsquo;&eacute;taient pass&eacute;es les ann&eacute;es de guerre.<\/p>\n<p>Mgr Diss d&eacute;cide alors de retourner en Afrique. Le 28 mai 1946, &acirc;g&eacute; de 68 ans, il s&rsquo;embarque pour la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire. Il est missionnaire &agrave; Niakaramandougou, &agrave; Boni&eacute;r&eacute;dougou et, en 1948-1951, &agrave; Tanda. Il f&ecirc;te &agrave; Tanda, en 1951, ses noces d&rsquo;or sacerdotales, qu&rsquo;il vient &eacute;galement c&eacute;l&eacute;brer en Alsace durant un cong&eacute; au cours de l&rsquo;&eacute;t&eacute;. De retour en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, il se trouve &agrave; Boni&eacute;r&eacute;dougou &agrave; No&euml;l 1951 : Notre mission est le pauvre entre les pauvres de la Pr&eacute;fecture, &eacute;crit-il. Il reste &agrave; Boni&eacute;r&eacute;dougou jusqu&rsquo;en 1955. Il s&rsquo;embarque &agrave; Abidjan le 30 juillet 1955 pour rentrer d&eacute;finitivement en Alsace.<\/p>\n<p>Ap&ocirc;tre g&eacute;n&eacute;reux, Mgr Diss avait port&eacute; jusque-l&agrave; le poids du jour et de la chaleur. Joies et peines avaient &eacute;t&eacute; son lot. Il les avait accept&eacute;es les unes et les autres selon les exigences de sa vocation missionnaire. Le moment &eacute;tait venu maintenant de cesser les grandes activit&eacute;s. Il passa les premi&egrave;res ann&eacute;es de cette retraite au Zinswald, qui &eacute;tait alors notre maison d&rsquo;accueil pour les confr&egrave;res &acirc;g&eacute;s et malades. Le P&egrave;re Schahl s&rsquo;y trouvait d&eacute;j&agrave; et l&rsquo;on vit souvent les deux v&eacute;n&eacute;rables v&eacute;t&eacute;rans se confier leurs id&eacute;es, leurs souvenirs et leurs esp&eacute;rances tandis qu&rsquo;ils se promenaient ensemble sur la petite route sinueuse qui relie au monde le Ch&acirc;teau du Zinswald. En 1959, la maison de Zinswald &eacute;tant devenue &eacute;cole apostolique, Mgr Diss se retira dans notre maison de Haguenau. Il mourut &agrave; la Clinique Saint-Fran&ccedil;ois de Haguenau le 15 septembre 1963.<\/p>\n<p>Mgr Diss &eacute;tait Chevalier de l&rsquo;&Eacute;toile Noire du B&eacute;nin, Officier de la L&eacute;gion d&rsquo;Honneur, Chanoine d&rsquo;Honneur de la Cath&eacute;drale de Strasbourg.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash;Province de Strasbourg n&eacute; le 24 janvier 1879 &agrave; Strasbourgdans le dioc&egrave;se de Strasbourg, Francemembre de la SMA le 2 octobre 1900pr&ecirc;tre le 7 juillet&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2984,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2985","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2985","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2985"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2985\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2984"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2985"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2985"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2985"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}