{"id":3469,"date":"2015-08-20T07:54:43","date_gmt":"2015-08-20T07:54:43","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=3469"},"modified":"2015-08-20T07:54:43","modified_gmt":"2015-08-20T07:54:43","slug":"le-pere-joseph-hery","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=3469","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Joseph H\u00c9RY"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1025px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3468\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/HERY_Joseph.jpg\" alt=\"HERY Joseph\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n&eacute; le 11 mars 1928 &agrave; St Philbert de Grand Lieu<br \/>dans le dioc&egrave;se de Nantes<br \/>membre de la SMA le 27 octobre 1947<br \/>pr&ecirc;tre le 11 f&eacute;vrier 1952<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 8 novembre 2010<\/td>\n<td>\n<p>1952-1955 Pont-Rousseau, professeur<br \/>1955-1957 Tanta (Egypte)<br \/>1957-1963 Chibin, cur&eacute;, rite copte<br \/>1963-1970 Bouak&eacute;, professeur au s&eacute;minaire<br \/>1970-2006 Gagnoa, professeur au s&eacute;minaire<br \/>2006-2010 Montferrier, maison de retraite<\/p>\n<p>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; Montferrier sur Lez, le 8 novembre 2010,<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 82 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p&egrave;re Joseph H&Eacute;RY (1928 &#8211; 2010)<\/p>\n<p>Joseph H&eacute;ry est n&eacute; le 11 mars 1928 &agrave; Saint-Philbert de Grand Lieu, dans le dioc&egrave;se de Nantes. La famille est modeste : le papa et la maman travaillent la terre pour &eacute;lever leurs cinq enfants, trois gar&ccedil;ons et deux filles. Joseph se fait remarquer par une intelligence plut&ocirc;t au-dessus de la moyenne. Il saute sans doute une classe pendant ses &eacute;tudes primaires, ce qui fait que, lorsqu&rsquo;il rentre &agrave; Pont-Rousseau en classe de 6e, en 1938, il est le plus jeune &eacute;l&egrave;ve du petit s&eacute;minaire. Cela lui vaudra, lui le b&eacute;b&eacute; de la maison, d&rsquo;avoir le droit le manger la bouillie le jour de la f&ecirc;te des Saints Innocents, le 28 d&eacute;cembre 1938. Il obtient normalement la premi&egrave;re partie du baccalaur&eacute;at, fait son noviciat de 1945 &agrave; 1947 et n&rsquo;a pas encore 20 ans lorsqu&rsquo;il fait son premier serment d&rsquo;appartenance &agrave; la Soci&eacute;t&eacute;. Apr&egrave;s une ann&eacute;e de service militaire dans la r&eacute;gion de Dinant, puis au camp militaire d&rsquo;Aucaleuc, o&ugrave; il est particuli&egrave;rement appr&eacute;ci&eacute;, et quatre ans de th&eacute;ologie au s&eacute;minaire du 150, il est ordonn&eacute; pr&ecirc;tre le 11 f&eacute;vrier 1952, par le cardinal Gerlier. Ils sont 12 nouveaux pr&ecirc;tres ce jour-l&agrave;, comme les ap&ocirc;tres !<\/p>\n<p>Il ne part pas en Afrique de suite apr&egrave;s son ordination : il est nomm&eacute; professeur &agrave; Pont-Rousseau o&ugrave; il sera titulaire de la classe de 5e. Plusieurs de ses anciens &eacute;l&egrave;ves de l&rsquo;&eacute;poque &eacute;voquent encore aujourd&rsquo;hui son souvenir : excellent professeur, toujours souriant, calme et pr&eacute;parant fort bien tous ses cours. Lorsqu&rsquo;il avait termin&eacute; ce qu&rsquo;il avait pr&eacute;par&eacute; de pr&eacute;senter pour une classe, il prenait alors un livre de lecture distrayante : deux de ses anciens &eacute;l&egrave;ves racontent que c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils ont connu pour la premi&egrave;re fois le Petit Chose, le roman autobiographique d&rsquo;Alphonse Daudet. Au bout de trois ans, en 1955, il re&ccedil;oit une nomination pour l&rsquo;Egypte. Il commence par enseigner au coll&egrave;ge de Tanta pendant deux ans, avant d&rsquo;&ecirc;tre cur&eacute; &agrave; Chibin, paroisse de rite copte. Mais il ne trouve pas son plein &eacute;panouissement dans cette paroisse et, peut-&ecirc;tre aussi, regrette-t-il ses ann&eacute;es de professorat. Alors il demande son changement et obtient d&rsquo;&ecirc;tre envoy&eacute; en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et de nouveau dans l&rsquo;enseignement. Nous sommes en 1963. Il ne quittera le pays qu&rsquo;en 2006 apr&egrave;s 43 ann&eacute;es pass&eacute;es dans l&rsquo;enseignement secondaire, un record, sans doute !<\/p>\n<p>Il est d&rsquo;abord envoy&eacute; au petit s&eacute;minaire de Bouak&eacute;, au centre du pays : cette maison ne couvrait que le premier cycle des &eacute;tudes secondaires. Il y enseigne l&rsquo;histoire et la g&eacute;ographie dans plusieurs classes et le fran&ccedil;ais en 3e. Discret, effac&eacute;, comme il le sera toujours, casanier m&ecirc;me, mais toujours pr&eacute;sent et disponible pour les &eacute;l&egrave;ves qui avaient besoin de raconter leurs mis&egrave;res ou leurs difficult&eacute;s, beaucoup l&rsquo;avaient choisi comme directeur spirituel : il savait &eacute;couter et prenait son temps. On le voyait aussi de temps en temps effectuer quelques travaux dans le jardin du s&eacute;minaire : ce qu&rsquo;il faisait, il le faisait bien. En 1970, c&rsquo;est la fermeture du petit s&eacute;minaire de Bouak&eacute; qui devient alors le s&eacute;minaire second cycle B, pour pr&eacute;parer les jeunes &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e au grand s&eacute;minaire, sans la perspective d&rsquo;un dipl&ocirc;me final officiel, mais avec une culture &eacute;largie, alliant l&rsquo;apprentissage de la cat&eacute;ch&egrave;se &agrave; l&rsquo;&eacute;tude de la comptabilit&eacute; ou de la m&eacute;canique. Joseph H&eacute;ry est alors envoy&eacute; au petit s&eacute;minaire de Gagnoa. Il n&rsquo;en sortira que pour prendre sa retraite en 2006.<\/p>\n<p>Professeur titulaire de la classe de 4e, &#8211; mais durant 36 ans, il n&rsquo;est certainement pas toujours rest&eacute; dans la m&ecirc;me classe &#8211; il conserve &agrave; Gagnoa les qualit&eacute;s qui ont fait de lui un bon professeur &agrave; Bouak&eacute;. Toujours souriant, accueillant, bienveillant, il a su, malgr&eacute; les ann&eacute;es, rester proche des &eacute;l&egrave;ves qui n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; aller frapper &agrave; sa porte. Tous les apr&egrave;s-midi, il &eacute;tait pr&eacute;sent &agrave; l&rsquo;infirmerie pour s&rsquo;occuper de tous les bobos qui pouvaient arriver dans un groupe d&rsquo;une centaine de jeunes gar&ccedil;ons. Il avait m&ecirc;me &agrave; c&oelig;ur de s&rsquo;entourer dans cette t&acirc;che de quelques &eacute;l&egrave;ves qu&rsquo;il formait pour soigner et qu&rsquo;il encadrait pour organiser l&rsquo;infirmerie. Toujours rev&ecirc;tu de sa soutane beige, on le voyait le plus souvent avec, au bord des l&egrave;vres, un m&eacute;got de cigarette qu&rsquo;il avait roul&eacute;e lui-m&ecirc;me avec du bon gris qu&rsquo;il avait fait venir expr&egrave;s de France. Il savait &agrave; merveille r&eacute;parer les chaussures : c&rsquo;&eacute;tait le cordonnier du s&eacute;minaire. Certains de ceux qui l&rsquo;ont connu affirment m&ecirc;me qu&rsquo;il passait de longues heures dans sa chambre &agrave; tricoter pour les &eacute;l&egrave;ves. Pour les &eacute;preuves officielles du baccalaur&eacute;at, on avait recours &agrave; ses services pour la correction des &eacute;preuves de grec.<\/p>\n<p>Un confr&egrave;re qui l&rsquo;a bien connu &agrave; Gagnoa t&eacute;moigne ainsi : \u00ab\u00a0Joseph &eacute;tait un homme calme, [&hellip;] qui passait facilement inaper&ccedil;u. Pour entendre sa voix, il fallait lui poser des questions et attendre patiemment qu&rsquo;il choisisse les paroles pour r&eacute;pondre. C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;homme casanier qui avait toujours quelque chose &agrave; faire. On arrivait difficilement &agrave; l&rsquo;entra&icirc;ner dans quelque sortie dans les missions avoisinantes, et s&rsquo;il acceptait de taper une belote le dimanche, il pouvait fort bien passer la soir&eacute;e presque en silence, en se limitant aux \u00ab\u00a0annonces\u00a0\u00bb du jeu et &agrave; un sourire &agrave; peine &eacute;bauch&eacute; si le jeu lui &eacute;tait favorable. On voyait qu&rsquo;il aimait l&rsquo;enseignement (mati&egrave;res litt&eacute;raires, histoire et g&eacute;ographie) qui lui &eacute;tait rendu plus facile et m&ecirc;me agr&eacute;able par sa longue exp&eacute;rience. [&hellip;] Un homme facile &agrave; vivre, non insensible, mais qui ma&icirc;trisait parfaitement ses &eacute;motions et que l&rsquo;on sentait proche et amical en toute occasion.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La grande pi&egrave;ce o&ugrave; il logeait au premier &eacute;tage du s&eacute;minaire &#8211; coup&eacute;e en deux par un rideau qui s&eacute;parait le bureau de la chambre &#8211; valait la visite. Un thermom&egrave;tre suspendu &agrave; la porte ; un petit tableau accroch&eacute; au mur reproduisant une image et un texte en copte rappelait son s&eacute;jour &eacute;gyptien ; une chaise et un prie-dieu o&ugrave; il recevait pour le sacrement de r&eacute;conciliation les s&eacute;minaristes qu&rsquo;il accompagnait vers le sacerdoce, et aussi les confr&egrave;res qui, de passage &agrave; Gagnoa, &eacute;taient contents de b&eacute;n&eacute;ficier de sa disponibilit&eacute; permanente et de sa discr&eacute;tion ; sa table de travail avec des livres et des piles de cahiers &agrave; corriger ; et puis tout un ensemble de choses qui donnait &agrave; la pi&egrave;ce plus l&rsquo;allure d&rsquo;un atelier ou d&rsquo;une salle de soins que d&rsquo;un bureau d&rsquo;enseignant. [&hellip;] Il a v&eacute;cu de longues ann&eacute;es, pas toujours faciles et avec de profonds changements, avec le clerg&eacute; ivoirien dioc&eacute;sain, et il a ainsi contribu&eacute; &agrave; la formation de plusieurs dizaines de pr&ecirc;tres de Gagnoa et d&rsquo;ailleurs. Il a &eacute;t&eacute; le dernier membre de la Soci&eacute;t&eacute; au service du dioc&egrave;se de Gagnoa.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De s&eacute;rieuses alertes de sant&eacute; en 2005 lui font, pour la premi&egrave;re fois, parler d&rsquo;un retour possible en France. Il rentre dans des conditions difficiles et se remet peu &agrave; peu &agrave; Montferrier. L&rsquo;ann&eacute;e suivante, il obtient l&rsquo;autorisation d&rsquo;aller reprendre contact avec Gagnoa, mais il voudrait prolonger son s&eacute;jour et le Conseil provincial doit user de toute son autorit&eacute; pour le faire revenir. Il rejoint alors Montferrier d&eacute;finitivement et, pendant 4 ans, il va mener une vie de retrait&eacute; calme et paisible. Il passait de longues heures dans sa chambre, mais il aimait bien aussi aller se promener dans la nature, non loin de la maison. Il s&rsquo;&eacute;tait m&ecirc;me am&eacute;nag&eacute; un petit coin &agrave; lui, avec des vieux pneus et des pierres, o&ugrave; il aimait bien se retirer tout seul. Tr&egrave;s t&ocirc;t lev&eacute;, il avait choisi pourtant chaque jour de participer &agrave; la messe de 10 h ; et il y arrivait le premier, le chapelet &agrave; la main. Le matin, avant de descendre pour le petit d&eacute;jeuner, il se mettait &agrave; son bureau et priait son br&eacute;viaire. Le 8 novembre, ne le voyant pas au r&eacute;fectoire, l&rsquo;un des membres du personnel monte dans sa chambre pour aller aux nouvelles. Il &eacute;tait l&agrave;, assis devant sa table, devant son br&eacute;viaire ouvert, d&eacute;j&agrave; mort. 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