{"id":347,"date":"2012-01-05T14:43:58","date_gmt":"2012-01-05T14:43:58","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=347"},"modified":"2024-02-16T23:04:12","modified_gmt":"2024-02-16T23:04:12","slug":"le-pere-francis-hippolyte-barnabe-hery","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=347","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Francis Hippolyte Barnab\u00e9 H\u00c9RY"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1001px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-346\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/hery_francis.jpg\" alt=\"hery francis\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 23 mars 1924 \u00e0 Plourhan (C\u00f4tes d&rsquo;Armor)<br \/>dans le dioc\u00e8se de Saint-Brieuc (France)<br \/>membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944<br \/>pr\u00eatre le 17 f\u00e9vrier 1948<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 5 janvier 2012<\/td>\n<td>\n<p>1948-1949 Ave (Belgique), professeur de 5e<\/p>\n<p>1949-1951 Rez\u00e9, professeur de 7e<br \/>1951-1953 coll\u00e8ge de Tanta (Egypte), \u00e9tudiant et professeur<br \/>1953-1954 Choubra (H\u00e9liopolis), vicaire<br \/>1954-1960 coll\u00e8ge de Tanta, pr\u00e9fet de discipline et professeur<br \/>1960-1970 coll\u00e8ge de Tanta, sup\u00e9rieur<br \/>1970-1973 Baudonne, \u00e9conome<br \/>1973-1977 Rez\u00e9, sup\u00e9rieur<br \/>1977-1991 Paris, Crillon, service librairie<br \/>1991-1992 Lyon, 150, recyclage<br \/>1992-2011 Le Caire, paroisse et aum\u00f4nerie<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Paris (maison m\u00e9dicale Jeanne Garnier, le 5 janvier 2012,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 87 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Francis H\u00c9RY (1924-2012)<\/p>\n<p>A Marseille, au moment de prendre le bateau pour rejoindre l&rsquo;Egypte o\u00f9 il vient d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 en 1951, il envoie un t\u00e9l\u00e9gramme au Conseil provincial : \u00ab\u00a0La Fuite en Egypte, myst\u00e8re douloureux\u00a0\u00bb. Il ne savait qu&rsquo;il allait y passer toute sa vie missionnaire et ne conna\u00eetrait jamais l&rsquo;Afrique Noire.<\/p>\n<p>Il voit le jour \u00e0 Plourhan, dans les C\u00f4tes d&rsquo;Armor, le 23 mars 1924 et est ondoy\u00e9 le m\u00eame jour : le suppl\u00e9ment des c\u00e9r\u00e9monies du bapt\u00eame ne se fera que 4 ans plus tard. Ils seront quatre gar\u00e7ons dans la famille, dont le papa est marin. On ne sait rien de lui avant son entr\u00e9e \u00e0 Pont-Rousseau, en 1935, sinon que l&rsquo;un de ses fr\u00e8res d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 mois et, des 7 ann\u00e9es qu&rsquo;il a pass\u00e9es aux Naudi\u00e8res, on a seulement une note du sup\u00e9rieur disant qu&rsquo;il est admis au noviciat en 1942, et qu&rsquo;il n&rsquo;a pas obtenu le baccalaur\u00e9at \u00e0 la fin de ses \u00e9tudes. Apr\u00e8s deux ans de noviciat \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud, il fait son premier serment en 1944 et poursuit tout de suite sa formation \u00e0 Lyon, au 150 : \u00e9tant de la classe 44, il est en effet exempt\u00e9 du service militaire. Au bout de quatre ans, il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre en f\u00e9vrier 1948, et d\u00e8s la fin de son s\u00e9minaire, en juin, il n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle de la plupart des jeunes ordonn\u00e9s de la Soci\u00e9t\u00e9 : il est nomm\u00e9 professeur. Il commence par enseigner une ann\u00e9e \u00e0 Ave (Belgique) en 5e, puis deux ann\u00e9es \u00e0 Rez\u00e9 en classe de 7e. C&rsquo;\u00e9tait la r\u00e8gle presque g\u00e9n\u00e9rale, comme pour mettre un point final \u00e0 la formation.<\/p>\n<p>En 1951, comme signal\u00e9 plus haut, il est envoy\u00e9 en Egypte. Ce n&rsquo;est pas la grande joie\u2026 Il aurait bien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire ou le Dahomey. Il se retrouve, pour commencer, au coll\u00e8ge de Tanta o\u00f9, pendant deux ann\u00e9es, il va partager son temps entre le professorat et l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;arabe. En 1953, en acceptant d&rsquo;\u00eatre vicaire \u00e0 Choubra, au Caire, il pensait peut-\u00eatre que c&rsquo;en \u00e9tait fini pour lui d&rsquo;\u00eatre professeur : erreur\u2026 Non seulement l&rsquo;ann\u00e9e suivante, le voil\u00e0 de nouveau nomm\u00e9 au coll\u00e8ge de Tanta comme professeur et pr\u00e9fet de discipline, mais en 1961, et pour 9 ans, il en est nomm\u00e9 sup\u00e9rieur, un comble pour lui plut\u00f4t timide et r\u00e9serv\u00e9 et peu enclin \u00e0 rechercher les responsabilit\u00e9s. Si l&rsquo;on fait le compte, on voit qu&rsquo;il passe 18 ans au coll\u00e8ge de Tanta, dont la moiti\u00e9 comme sup\u00e9rieur. On aurait bien aim\u00e9 que le p\u00e8re soit un peu plus prolixe et \u00e9crive plus souvent au Conseil provincial pour conna\u00eetre quelques d\u00e9tails sur sa vie au coll\u00e8ge. Assur\u00e9ment, il y faisait du bon travail et sa pr\u00e9sence \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9e. Il faut conna\u00eetre un peu le contexte dans lequel il s&rsquo;est trouv\u00e9 en Egypte.<\/p>\n<p>D\u00e8s 1952, de gros probl\u00e8mes surgissent dans le pays. Gamal Abdel Nasser prend le pouvoir, nationalise le canal, provoquant l\u2019intervention militaire anglo-fran\u00e7aise, et d\u00e9cide l\u2019arabisation totale. Les responsables du coll\u00e8ge s\u2019adaptent avec sagesse, prudence, et m\u00eame succ\u00e8s, \u00e0 la nouvelle situation. En 1960, le P\u00e8re Andr\u00e9 Huchet est reconduit pour encore trois ans comme responsable, la propagande officielle jugeant sa direction tr\u00e8s satisfaisante, malgr\u00e9 les contraintes impos\u00e9es par Nasser aux \u00e9coles catholiques en faveur des \u00e9l\u00e8ves musulmans, contraintes qui bousculent les coutumes, le r\u00e8glement, l\u2019enseignement. Mais, en cette p\u00e9riode de tensions, il sera victime de d\u00e9nonciations de professeurs et de parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves. Le P\u00e8re est expuls\u00e9 en 1961. Devenu \u00ab persona non grata \u00bb et r\u00e9fugi\u00e9 au Caire o\u00f9 il se cache, il rentre, fatigu\u00e9 en septembre 1961. Pour le remplacer, le r\u00e9gional, le p\u00e8re Dubois propose le nom de Francis H\u00e9ry, et il \u00e9crit au Conseil de Lyon : \u00ab\u00a0C&rsquo;est le p\u00e8re Francis H\u00e9ry qui para\u00eet le plus d\u00e9sign\u00e9, mais il ne se laisse pas facilement persuader. J&rsquo;arriverai cependant \u00e0 le faire accepter. [\u2026] Le p\u00e8re H\u00e9ry met en avant, pour refuser, sa timidit\u00e9, sa crainte des responsabilit\u00e9s devant les d\u00e9cisions \u00e0 prendre, ses brusqueries ; mais il redoute surtout les r\u00e9actions de ses confr\u00e8res.\u00a0\u00bb (11\/08\/61) Le Conseil provincial approuve enti\u00e8rement ce choix et \u00e9crit au p\u00e8re : \u00ab\u00a0C&rsquo;est une lourde charge qui vous est confi\u00e9e ; l&rsquo;estime de vos confr\u00e8res, l&rsquo;appui du R\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re sup\u00e9rieur r\u00e9gional, et surtout la gr\u00e2ce du Bon Dieu vous aideront \u00e0 la supporter.\u00a0\u00bb (25\/08\/61)<\/p>\n<p>A partir de cette \u00e9poque, en tant que sup\u00e9rieur du coll\u00e8ge, c&rsquo;est lui qui \u00e9crit pour envoyer les v\u0153ux du nouvel an aux membres du Conseil. Il en profite pour donner des nouvelles de chacun, et plusieurs fois renouvelle ses craintes de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur de sa t\u00e2che. \u00ab\u00a0Quant \u00e0 moi, j&rsquo;essaie de m&rsquo;en tirer de mon mieux, sans toujours tr\u00e8s bien y r\u00e9ussir. De plus en plus, nous devons nous effacer et laisser place aux natifs. \u00ab\u00a0(23\/12\/61) Assur\u00e9ment, diriger un tel \u00e9tablissement est une grosse responsabilit\u00e9. Il a des probl\u00e8mes avec le b\u00e2timent que l&rsquo;urbanisme lui demande de consolider : \u00ab\u00a0Je ne puis vous cacher que tout ceci est une lourde responsabilit\u00e9 pour mes faibles \u00e9paules. Je crains fort de n&rsquo;\u00eatre pas \u00e0 la hauteur de la situation. [\u2026] Cette ann\u00e9e scolaire dans l&rsquo;ensemble a \u00e9t\u00e9 calme, heureusement. Car pour parer \u00e0 notre petit nombre, j&rsquo;ai d\u00fb cumuler les fonctions : sup\u00e9rieur, \u00e9conome, professeur de fran\u00e7ais et pr\u00e9fet de discipline. Dans ces conditions, il est difficile, du moins pour moi, de faire les choses comme il faut.\u00a0\u00bb (29\/05\/64) Il \u00e9crit quelques mois plus tard : \u00ab\u00a0Nous avons atteint 750 \u00e9l\u00e8ves.\u00a0\u00bb Deux ans plus tard, dans sa lettre de v\u0153ux, il \u00e9crit encore : \u00ab\u00a0Par suite de la limitation volontaire des places dans les \u00e9coles du gouvernement en secondaire, nous avons \u00e9t\u00e9 contraints, sous peine peut-\u00eatre de r\u00e9quisition des locaux vacants, d&rsquo;accepter les nombreux \u00e9l\u00e8ves refus\u00e9s ailleurs. Si bien que nous avons atteint le chiffre record de 1080 \u00e9l\u00e8ves, la majorit\u00e9 en secondaire.\u00a0\u00bb Mais il pr\u00e9cise : \u00ab\u00a0Evidemment, je m&rsquo;occupe de tr\u00e8s loin de cette section qui est entre les mains de M. Choucry et des professeurs la\u00efcs.\u00a0\u00bb (26\/12\/66)<\/p>\n<p>En 1967, durant son cong\u00e9, il demande \u00e0 faire une petite session de recyclage \u00e0 Chartres. Pour la SMA, la fin de ce grand coll\u00e8ge se pr\u00e9cise. \u00ab\u00a0Dans quelques semaines, nous esp\u00e9rons obtenir l&rsquo;approbation officielle pour le transfert de notre coll\u00e8ge au patriarcat copte catholique. [\u2026] C&rsquo;est p\u00e9nible d&rsquo;en \u00eatre arriv\u00e9 l\u00e0.\u00a0\u00bb (07\/09\/69) Les tractations sont difficiles et lentes. \u00ab\u00a0L&rsquo;affaire du coll\u00e8ge avance lentement, puisque ce n&rsquo;est pas termin\u00e9. C&rsquo;est comme le Nil, il faut franchir les barrages et les cataractes. Nous sommes arr\u00eat\u00e9s sur un point du contrat. Je crois qu&rsquo;il faut me r\u00e9signer \u00e0 terminer l&rsquo;ann\u00e9e scolaire ici.\u00a0\u00bb (26\/12\/69) Il va donc se retrouver libre et se demande si ce n&rsquo;est pas pour lui l&rsquo;occasion de faire un bon recyclage. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il fait en 70-71.<\/p>\n<p>A la fin de son recyclage, Mgr Hubert, le vicaire apostolique d&rsquo;H\u00e9liopolis, lui propose \u00ab\u00a0un travail int\u00e9ressant au sein d&rsquo;une bonne \u00e9quipe\u00a0\u00bb, mais le Conseil le retient comme \u00e9conome pour Baudonne. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;avais jamais envisag\u00e9 de rester en France, et surtout pour faire \u00e9conome. \u00c7a ne me sourit gu\u00e8re, car, exp\u00e9rience faite, je doute fort de mes comp\u00e9tences dans ce domaine dans une maison en France.\u00a0\u00bb (06\/03\/71) Il est nomm\u00e9 le 3 avril et r\u00e9pond dans la m\u00eame semaine : \u00ab\u00a0Je vais me mettre en rapport avec la maison de Baudonne, puisqu&rsquo;il le faut.\u00a0\u00bb (13\/04\/71) Rapidement, il se rend compte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas l&rsquo;homme de la situation : \u00ab\u00a0Vous me demandez d&rsquo;\u00eatre polyvalent, pouvoir passer de la ferme \u00e0 la cat\u00e9ch\u00e8se, de la comptabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;animation spirituelle. C&rsquo;est trop me demander. Aussi, je caresse l&rsquo;espoir que la Providence vous fera trouver quelqu&rsquo;un de plus comp\u00e9tent que moi.\u00a0\u00bb (21\/06\/71) En 1973, il a un accident de voiture assez s\u00e9rieux dans la r\u00e9gion de Tr\u00e9guier et passe cinq jours \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital : \u00ab\u00a0entorse au cou, torse assez secou\u00e9. [\u2026] Je suis d\u00e9sol\u00e9, pour ne pas dire d\u00e9courag\u00e9 en pensant au travail que je laisse aux autres \u00e0 Baudonne au moment o\u00f9 commencent les foires.\u00a0\u00bb (05\/04\/73)<\/p>\n<p>Il disait que le travail d&rsquo;\u00e9conome ne lui convenait pas. A la rentr\u00e9e de 1973, le Conseil le nomme sup\u00e9rieur de la maison de Rez\u00e9, en remplacement du p\u00e8re Serpault. Il doit se charger en m\u00eame temps de la comptabilit\u00e9 de la maison et est aussi conseiller ou relais du sup\u00e9rieur des confr\u00e8res en Europe. Pour quelqu&rsquo;un qui, par temp\u00e9rament, a toujours cherch\u00e9 \u00e0 fuir les responsabilit\u00e9s, c&rsquo;est r\u00e9ussi ! Quelques lettres de cette \u00e9poque montrent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il porte aux malades de la maison, les p\u00e8res Choimet, Galliou et Briens notamment. On le d\u00e9couvre plein d&rsquo;humour quand il \u00e9crit \u00e0 ses sup\u00e9rieurs du Conseil provincial : \u00ab\u00a0On dit que saint Fran\u00e7ois Xavier se mettait \u00e0 genoux quand il \u00e9crivait \u00e0 son sup\u00e9rieur. Je vous avoue que je n&rsquo;en suis pas encore l\u00e0. Cependant, je vous remercie beaucoup de vos v\u0153ux, de vos pri\u00e8res et de vos paroles d&rsquo;amiti\u00e9 toujours r\u00e9confortantes.\u00a0\u00bb (27\/11\/75) Au mois de janvier 1977, il passe la main \u00e0 Camille Allain. \u00ab\u00a0Vous \u00eates en train de vous demander ce que vous allez faire de moi ; moi je me le demande aussi. Surtout, je t&rsquo;en prie, avant une nomination, avant de me mettre quelque part, consulte-moi et voyons ensemble.\u00a0\u00bb (10\/01\/77) Il est d&rsquo;abord nomm\u00e9 \u00ab\u00a0comptable itin\u00e9rant, \u00e0 la disposition de l&rsquo;\u00e9conome provincial et au service des comptables des maisons d&rsquo;Europe, ceci afin de mettre d\u00e9finitivement au point la comptabilit\u00e9 de la Province.\u00a0\u00bb (19\/02\/77) Il va remplir ce service avec beaucoup de comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>Durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1977, il se retrouve quelques mois en Egypte : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai quand m\u00eame pu aller passer deux jours \u00e0 Tanta. J&rsquo;ai visit\u00e9 notre ex coll\u00e8ge o\u00f9 j&rsquo;ai pass\u00e9 19 ans ; c&rsquo;est devenu presque une \u00e9curie, tellement il y a du laisser aller pour la propret\u00e9. Le laisser aller, c&rsquo;est l&rsquo;envers du r\u00e9gime lib\u00e9ral de Sadate. On le constate partout, surtout dans les services publics.\u00a0\u00bb (07\/07\/77) \u00ab\u00a0Et cette population dans les rues des quartiers populaires. J&rsquo;en suis effar\u00e9. Par endroits, on se croirait en Inde, \u00e0 Calcutta ou \u00e0 Bombay. [\u2026] Le soir je me m\u00eale aux jeunes qui viennent au foyer paroissial dont s&rsquo;occupe le p\u00e8re Hadad ; [\u2026] un bon nombre parlent fran\u00e7ais, mais pour avoir des conversations pouss\u00e9es, il faut parler arabe et c&rsquo;est l\u00e0 mon handicap.\u00a0\u00bb (19\/07\/77) En septembre, il se retrouve \u00e0 Baudonne, toujours comptable itin\u00e9rant. Il voudrait bien retourner en Egypte. \u00ab\u00a0Ne devriez-vous pas encourager les rares confr\u00e8res qui acceptent encore d&rsquo;y aller. Les ann\u00e9es passent et je vois que je vais \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 rester en France jusqu&rsquo;\u00e0&#8230;\u00a0\u00bb (19\/09\/77) Il affirme qu&rsquo;il ne peut pas remplacer le p\u00e8re Rozier \u00e0 la comptabilit\u00e9, mais il ajoute : \u00ab\u00a0Je voudrais pouvoir vous aider en disant : je d\u00e9sire ceci, je d\u00e9sire cela, mais ce n&rsquo;est pas dans mon temp\u00e9rament quand il me faut prendre une d\u00e9cision me concernant.\u00a0\u00bb (17\/08\/78) On lui parle maintenant de remplacer le p\u00e8re Achard au service librairie de la rue Crillon.<\/p>\n<p>Il va inaugurer un nouveau service d\u00e9nomm\u00e9 : \u00ab\u00a0responsable des relations ext\u00e9rieures (librairie, achats et exp\u00e9ditions).\u00a0\u00bb (sa nomination du 10\/11\/78) Il fait l\u00e0 un travail de bureau, mais r\u00e9guli\u00e8rement manifeste son d\u00e9sir de repartir en Egypte. En 1984, le Conseil lui signifie qu&rsquo;il est d&rsquo;accord pour qu&rsquo;il reparte en Egypte, mais quand il lui auront trouv\u00e9 un rempla\u00e7ant. En 1987, le Conseil provincial (il est \u00e0 Crillon depuis 9 ans) trouve les meilleures raisons du monde pour le nommer encore au m\u00eame endroit pour une p\u00e9riode de deux ans. (30\/06\/87). En 1991, il re\u00e7oit encore une nomination du Conseil qui le maintient \u00e0 la rue Crillon jusqu&rsquo;en 1994. Alors, il demande une ann\u00e9e sabbatique, ce qui lui est accord\u00e9. Il fait ce recyclage \u00e0 Lyon : il peut prendre des cours \u00e0 la Catho et se reposer loin des bruits de la capitale. \u00ab\u00a0Je m&rsquo;int\u00e9resse surtout \u00e0 la patrologie. Les Sources chr\u00e9tiennes sont la sp\u00e9cialit\u00e9 de la Fac de Lyon. J&rsquo;ai retrouv\u00e9 Alexandrie avec les Cl\u00e9ment, Orig\u00e8ne, Athanase, Evagre le Pontique. Tout ceci me donne l&rsquo;envie d&rsquo;aller faire un p\u00e8lerinage dans le delta du Nil.\u00a0\u00bb (16\/12\/91) Apr\u00e8s ce voyage en Egypte durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 92, il obtient enfin sa nomination pour repartir en Egypte. Il va y rester de nouveau 19 ans.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Finie la petite vie bourgeoise de Paris ; me voici au milieu du peuple, du peuple souvent bien pauvre, mais sympathique.\u00a0\u00bb (1992) \u00ab\u00a0Le plus p\u00e9nible et fatigant, ce sont les d\u00e9placements dans Le Caire infernal. A cause de cela, la plus grande partie de mon temps, je reste au foyer. Les s\u0153urs sont aux petits soins pour moi, trop m\u00eame.\u00a0\u00bb (09\/11\/92) \u00ab\u00a0Je rencontre de temps en temps nos cinq stagiaires. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que leur programme est bien rempli. Jean Vincent a d\u00e9j\u00e0 acquis une bonne exp\u00e9rience, ajout\u00e9e \u00e0 celle de Jean Lebrun, c&rsquo;est bon pour ces jeunes.\u00a0\u00bb (09\/12\/96) Il fait son jubil\u00e9 d&rsquo;or \u00e0 Choubra en 1998. La Province lui envoie un Fax qu&rsquo;il appr\u00e9cie. \u00ab\u00a0Les anciens comme moi ne voient pas ce qu&rsquo;on pourrait faire d&rsquo;autre que ce qu&rsquo;on a fait jusqu&rsquo;ici : minist\u00e8re paroissial traditionnel et des aum\u00f4neries, dans un esprit \u0153cum\u00e9nique ; nous assurons donc une pr\u00e9sence latine au service de nos fr\u00e8res chr\u00e9tiens orientaux. Aupr\u00e8s des musulmans, nous en restons \u00e0 des relations de bon voisinage impos\u00e9es par la vie sociale, les circonstances, les rencontres. Puissent nos jeunes confr\u00e8res de la Fondation Afrique ouvrir pour la SMA en Egypte des chemins nouveaux.\u00a0\u00bb (10\/11\/99) En 2002, il se r\u00e9jouit de la venue de deux jeunes confr\u00e8res africains en Egypte. \u00ab\u00a0Il en faudrait d&rsquo;autres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis son nouveau d\u00e9part en Egypte, il revenait chaque ann\u00e9e en cong\u00e9 et, \u00e0 chacun de ses voyages, les confr\u00e8res de la maison provinciale appr\u00e9ciaient les visites qu&rsquo;il leur faisait \u00e0 l&rsquo;aller et au retour. Sa gentillesse, sa simplicit\u00e9, la douceur qu&rsquo;il manifestait tout naturellement par son regard et par sa voix mettaient tout le monde \u00e0 l&rsquo;aise, et nous l&rsquo;\u00e9coutions volontiers. On peut retenir de lui la phrase suivante : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9chec qui a marqu\u00e9 ma vie missionnaire, c&rsquo;est de ne m&rsquo;\u00eatre pas assez battu pour qu&rsquo;on garde le grand coll\u00e8ge Saint-Louis de Tanta, fleuron de la pr\u00e9sence sma en Egypte, car, en Egypte, a \u00e9crit le p\u00e8re Planque, on est missionnaire par les \u00e9coles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis son retour en Egypte, il \u00e9tait aum\u00f4nier du foyer Sainte-Marie, maison de retraite tenue par des religieuses. S\u0153ur Marie Vianney, la sup\u00e9rieure de la maison t\u00e9moigne : \u00ab\u00a0P\u00e8re Francis a v\u00e9cu 20 ans de service au foyer de la Vierge Marie, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vivant assurant toutes les c\u00e9r\u00e9monies. Il passait voir les r\u00e9sidents pour r\u00e9conforter tous ceux qui souffrent par son \u00e9coute et sa disponibilit\u00e9 ; il lui arrivait souvent de donner \u00e0 manger aux handicap\u00e9s ; d\u00e8s le matin avant l&rsquo;Eucharistie, il faisait le tour du patio en chantant, il aimait beaucoup le chant, et apr\u00e8s l&rsquo;Eucharistie, il faisait le tour du jardin, le soir il se faisait un plaisir de ranger ce qu&rsquo;il trouvait en d\u00e9sordre , tr\u00e8s proche de chacun, de leurs familles, toujours pr\u00e9sent, disponible. [\u2026] Bon conseiller, discret et attentif, il avait un sens tr\u00e8s aigu du devoir, bien organis\u00e9, pr\u00e9cis, toujours \u00e0 l&rsquo;heure. [\u2026] L&rsquo;Eucharistie quotidienne qu&rsquo;il assurait \u00e9tait tr\u00e8s priante et nous appr\u00e9ciions beaucoup son petit mot court et profond. Nous avons eu de la chance de l&rsquo;avoir sur place, toujours disponible \u00e0 chaque fois que nous avions besoin de ses services pour assister les r\u00e9sidents qui \u00e9taient en fin de vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rapatri\u00e9 sanitaire le 17 d\u00e9cembre 2011, il a \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9 d\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Paris. Il a fallu plusieurs jours d&rsquo;examen et de contr\u00f4le pour d\u00e9couvrir enfin qu&rsquo;il souffrait d&rsquo;un cancer au pancr\u00e9as, et les docteurs se sont vite rendu compte qu&rsquo;ils ne pouvaient plus rien faire pour lui. Apr\u00e8s le 1er janvier, son \u00e9tat de sant\u00e9 a d\u00e9clin\u00e9 tr\u00e8s rapidement et il a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 dans une maison de soins palliatifs, la maison Jeanne Garnier. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 tr\u00e8s calmement, tr\u00e8s sereinement dans la soir\u00e9e du 5 janvier. Les confr\u00e8res qui se sont tout de suite rendus sur place ont appr\u00e9ci\u00e9 la d\u00e9licatesse de l&rsquo;infirmi\u00e8re qui \u00e9tait l\u00e0 au moment de sa mort : son br\u00e9viaire \u00e9tait pos\u00e9 sur son corps et ses mains semblaient le tenir.<\/p>\n<p>Sa famille a demand\u00e9 que son corps soit ramen\u00e9 dans son pays natal. C&rsquo;est \u00e0 Saint-Quay-Portrieux qu&rsquo;eut lieu la messe de s\u00e9pulture en pr\u00e9sence du vicaire g\u00e9n\u00e9ral du dioc\u00e8se. Dix confr\u00e8res avaient fait le d\u00e9placement, venus de Brest, de Nantes et de Paris. Il repose maintenant dans le caveau de sa famille.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 23 mars 1924 \u00e0 Plourhan (C\u00f4tes d&rsquo;Armor)dans le dioc\u00e8se de Saint-Brieuc (France)membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944pr\u00eatre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":346,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-347","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/347","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=347"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/347\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4580,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/347\/revisions\/4580"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/346"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=347"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=347"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=347"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}