{"id":3553,"date":"2015-08-21T07:46:16","date_gmt":"2015-08-21T07:46:16","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=3553"},"modified":"2015-08-21T07:46:16","modified_gmt":"2015-08-21T07:46:16","slug":"le-pere-nicolas-mouterde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=3553","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Nicolas MOUTERDE"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash; Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 1032px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-3552\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/MOUTERDE_Nicolas.jpg\" alt=\"MOUTERDE Nicolas\" width=\"113\" height=\"136\" \/><\/td>\n<td>n&eacute; le 1er octobre 1928 &agrave; Lyon<br \/>dans le dioc&egrave;se de Lyon (France)<br \/>membre de la SMA le 24 juillet 1948<br \/>pr&ecirc;tre le 11 f&eacute;vrier 1953<br \/>d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 19 novembre 2013<\/td>\n<td>\n<p>1953-1958 Pont-Rousseau, professeur de 4&egrave;me<br \/>1958-1970 Tangui&eacute;ta (Natitingou), vicaire, puis cur&eacute;<br \/>1970-1972 K&eacute;rou (Natitingou) cur&eacute;<br \/>1972-1974 Chaponost, responsable des foires<br \/>1974-1989 Gouand&eacute; (Natitingou), cur&eacute;<br \/>1989-1990 Lyon, recyclage<br \/>1990-1992 Djougou, vicaire<br \/>1992-2003 Gouand&eacute;, cur&eacute;<br \/>2003-2013 Montferrier, maison de retraite<\/p>\n<p>d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; Montferrier-sur-Lez, le 19 novembre,<br \/>&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 85 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p&egrave;re NICOLAS PAUL MARIE NO&Euml;L MOUTERDE<\/p>\n<p>1928 &#8211; 2013<\/p>\n<p>Pur lyonnais d&rsquo;origine, Nicolas Mouterde voit le jour le 1er octobre 1928 entre Rh&ocirc;ne et Sa&ocirc;ne, dans l&rsquo;appartement de sa grand-m&egrave;re maternelle ; il n&rsquo;&eacute;tait pas attendu pour ce jour-l&agrave;, sa maman &eacute;tant en visite chez sa m&egrave;re. Ses parents habitaient sur la colline, dans l&rsquo;ouest lyonnais, chez la grand-m&egrave;re paternelle, une propri&eacute;t&eacute; de pr&egrave;s de deux hectares avec de nombreux arbres fruitiers ; c&rsquo;&eacute;tait presque encore la campagne &agrave; cette &eacute;poque. Son papa &eacute;tait employ&eacute; aux syndicats agricoles du Sud-Est. Ils &eacute;taient cinq enfants dans la famille. C&rsquo;est sa grand-m&egrave;re, personne tr&egrave;s instruite, qui lui apprit &agrave; lire alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait que cinq ans ; aussi, il s&rsquo;ennuya fort au cours de sa premi&egrave;re ann&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;cole primaire de sa paroisse quand le ma&icirc;tre apprenait &agrave; lire aux enfants. C&rsquo;est le vieux cur&eacute; de la paroisse, le p&egrave;re Augustin Saron, qui le pr&eacute;pare &agrave; la premi&egrave;re communion. Nicolas &eacute;crit : \u00ab\u00a0Je me souviens tr&egrave;s bien du jour o&ugrave; il a dit : Je suis vieux ; quel est celui d&rsquo;entre vous qui va me remplacer ? En moi-m&ecirc;me je me suis dit : Pourquoi pas moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1937, &#8211; il a 9 ans &#8211; il entre en 7e au coll&egrave;ge Notre-Dame des Minimes, coll&egrave;ge tenu par les pr&ecirc;tres du dioc&egrave;se. Il y fait toute sa scolarit&eacute;. Quand il &eacute;voque cette p&eacute;riode de sa vie, il a encore en m&eacute;moire la photo de ses anciens professeurs qu&rsquo;il d&eacute;crit avec humour : il &eacute;crit par exemple : \u00ab\u00a0Le professeur de 7e, le p&egrave;re Fran&ccedil;ois Charpe, &eacute;tait gros, rouge de figure, parlant fort et maniant le martinet de temps en temps. Il faisait peur ; il &eacute;tait surnomm&eacute; &lsquo;l&rsquo;&eacute;l&eacute;phant rouge&rsquo;. Mais c&rsquo;&eacute;tait un fort brave homme.\u00a0\u00bb Il raconte que, d&eacute;j&agrave; &agrave; cette &eacute;poque, il aimait bien lire : \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;&eacute;tais libre, j&rsquo;allais souvent dans la salle de travail de ma grand-m&egrave;re pour lire. C&rsquo;est ainsi que je fis connaissance avec l&rsquo;Almanach Noir des Missions Africaines que ma grand-m&egrave;re achetait tous les ans. J&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; aimer l&rsquo;Afrique.\u00a0\u00bb En 1945, il &eacute;choue &agrave; la premi&egrave;re partie du baccalaur&eacute;at ; c&rsquo;est alors qu&rsquo;il se pr&eacute;sente aux Missions Africaines, &agrave; Lyon, o&ugrave; il est re&ccedil;u par le p&egrave;re Paul Perrin, conseiller provincial. Et, en septembre, &agrave; la rentr&eacute;e scolaire, il entre &agrave; Pont-Rousseau, en classe de philo. \u00ab\u00a0Durant la seule ann&eacute;e de philosophie pass&eacute;e dans notre maison a toujours &eacute;t&eacute; bon exemple, timide parce que modeste, Vocation solide.\u00a0\u00bb (le sup&eacute;rieur de Pont-Rousseau, 01\/07\/46)<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;aller plus avant dans cette biographie, il ne faut pas passer sous silence deux &eacute;l&eacute;ments importants de la vie de Nicolas durant sa scolarit&eacute; &agrave; Lyon : la guerre et la colonie de Coisia. M&ecirc;me s&rsquo;il &eacute;tait trop jeune pour y participer, il a connu de pr&egrave;s cette guerre de 39-45, les bombardements, les alertes, les restrictions, l&rsquo;occupation. Il &eacute;crit : \u00ab\u00a0Les premi&egrave;res ann&eacute;es, j&rsquo;ai connu les alertes a&eacute;riennes, les tirs de la DCA, j&rsquo;ai souvent entendu les &eacute;clats des obus qui retombaient sur le sol. [&hellip;] Beaucoup de produits &eacute;taient rationn&eacute;s. Je me retrouvais souvent le ventre vide et les repas au coll&egrave;ge n&rsquo;&eacute;taient pas tr&egrave;s nourrissants. [&hellip;] Pendant l&rsquo;occupation allemande, nous avons connu la faim et les bombardements. Le plus important de la r&eacute;gion lyonnaise fut celui du 26 mai 1944 fait par les forteresses volantes am&eacute;ricaines, vers 11 h. Je m&rsquo;attendais &agrave; mourir. J&rsquo;ai eu tr&egrave;s peur. Les quartiers de Perrache et de Vaise avaient &eacute;t&eacute; les plus touch&eacute;s &agrave; cause des gares. J&rsquo;ai beaucoup travaill&eacute; &agrave; sortir des meubles des maisons sinistr&eacute;es. [&hellip;] Des balles m&rsquo;ont siffl&eacute; aux oreilles, dont deux fois par ma faute.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Coisia, c&rsquo;est un petit village du Jura o&ugrave; venaient, en colonie de vacances, des jeunes pieds noirs de Tunisie. Pendant la guerre, ils ne pouvaient pas venir et le p&egrave;re Pey &agrave; l&rsquo;origine de cette colonie, un membre du Prado d&rsquo;origine lyonnaise, les a remplac&eacute;s par des petits Lyonnais : Nicolas s&rsquo;est beaucoup investi dans cette colonie : il y a commenc&eacute; comme petit colon en 1942 et y sera fid&egrave;le comme moniteur jusqu&rsquo;&agrave; son d&eacute;part en Afrique en 1958, sauf pendant son temps de noviciat et de service militaire. Plusieurs confr&egrave;res de la Soci&eacute;t&eacute;, s&eacute;minaristes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, ont encadr&eacute; cette colonie sur son initiative. En 1951, il p&egrave;re Pey enverra le certificat suivant : \u00ab\u00a0Relations avec les enfants fermes et parfois un peu &lsquo;militaires&rsquo;, mais inspir&eacute;es par le bien de l&rsquo;enfant ; [&hellip;]m&eacute;ditation chaque matin 30 minutes avant le lever des colons.\u00a0\u00bb (10\/09\/51)<\/p>\n<p>En 1946, il part &agrave; Chanly pour le noviciat. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai bien appr&eacute;ci&eacute; ce temps de noviciat : le r&egrave;glement, l&rsquo;instruction, les promenades &agrave; pied dans les Ardennes, mon travail d&rsquo;apiculteur malgr&eacute; de tr&egrave;s nombreuses piqures d&rsquo;abeilles.\u00a0\u00bb Deux ans plus tard, apr&egrave;s seulement quelques semaines &agrave; Lyon au 150, il part au service militaire. Apr&egrave;s ses classes &agrave; Auxerre, il est envoy&eacute; &agrave; Strasbourg pour se pr&eacute;parer &agrave; une &eacute;cole d&rsquo;officiers, mais, \u00ab\u00a0&eacute;tant nul en math&eacute;matiques, je n&rsquo;ai pas &eacute;t&eacute; admis.\u00a0\u00bb Il finira sergent et sera lib&eacute;r&eacute; au moment o&ugrave; son bataillon est envoy&eacute; &agrave; Paris \u00ab\u00a0&agrave; cause de la gr&egrave;ve des boueux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 24 juin 1953, il re&ccedil;oit sa premi&egrave;re nomination sign&eacute;e du p&egrave;re Bruyas : \u00ab\u00a0Le Conseil provincial vous a nomm&eacute; comme professeur &agrave; Pont-Rousseau, en remplacement du RP Montagut qui a la chance de prendre le chemin de l&rsquo;Afrique. Ce sera un jour votre tour aussi.\u00a0\u00bb Apprenant par le p&egrave;re Kerl&eacute;v&eacute;o qu&rsquo;il allait &ecirc;tre charg&eacute; de la classe de quatri&egrave;me et non de la sixi&egrave;me comme on le lui avait laiss&eacute; entendre, il &eacute;crit au Provincial : \u00ab\u00a0Je crois que je puis arriver &agrave; faire un professeur de sixi&egrave;me, mais non de quatri&egrave;me. Je vous le dis franchement.\u00a0\u00bb (11\/07\/53) Il est aussi moniteur de pr&eacute;paration militaire pour des &eacute;l&egrave;ves qui avaient besoin d&rsquo;un sursis. Enfin, en ao&ucirc;t 1958, alors qu&rsquo;il est en colonie &agrave; Coisia, il apprend qu&rsquo;il est nomm&eacute; &agrave; la pr&eacute;fecture apostolique de Parakou, chez Monseigneur Chopard. Il embarque au mois d&rsquo;octobre sur le Jean Mermoz en compagnie du p&egrave;re Andr&eacute; Guillard.<\/p>\n<p>Au total, il va passer 42 ans de sa vie au nord B&eacute;nin, toujours en pays de premi&egrave;re &eacute;vang&eacute;lisation. Il commence par Tangui&eacute;ta o&ugrave; il est envoy&eacute; pour apprendre la langue, mais les circonstances vont faire qu&rsquo;il va y rester 12 ans. Il a comme cur&eacute; le p&egrave;re Jean-Baptiste Duff&egrave;s qu&rsquo;il doit remplacer au bout de deux ans. Tangui&eacute;ta signifie \u00ab\u00a0la montagne coup&eacute;e\u00a0\u00bb, le village est au pied de la montagne de l&rsquo;Atakora et est en pays Tankamba, mot qui veut dire \u00ab\u00a0les hommes de la montagne\u00a0\u00bb, mais il y a de nombreux &eacute;trangers. Sans n&eacute;gliger le moins du monde le c&ocirc;t&eacute; spirituel de sa mission, Nicolas sera toute sa vie tr&egrave;s sensible aux conditions mat&eacute;rielles tr&egrave;s difficiles de la population. Dans ses lettres, il parle toujours des conditions climatiques, de la famine, des maladies, des personnes qu&rsquo;il conduit &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, etc.<\/p>\n<p>Dans sa circulaire de fin d&rsquo;ann&eacute;e 1970, au moment o&ugrave; il va quitter Tangui&eacute;ta, il est tout heureux d&rsquo;&eacute;crire : \u00ab\u00a0Le 29 juin, inauguration spectaculaire de l&rsquo;h&ocirc;pital Saint-Jean-de-Dieu par le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, entour&eacute; de nombreux ministres. [&hellip;] La joie de la population &eacute;tait grande de penser qu&rsquo;on pourrait, enfin, se faire soigner convenablement. [&hellip;] Ce qui a malheureusement le plus marqu&eacute; Tangui&eacute;ta, cette ann&eacute;e, c&rsquo;est la famine, cons&eacute;quence d&rsquo;une mauvaise r&eacute;partition des pluies ; les gens ont beaucoup souffert, certains en sont morts. [&hellip;] Si la pluie a manqu&eacute; en juin, et fait d&eacute;faut encore actuellement, il n&rsquo;en a pas &eacute;t&eacute; de m&ecirc;me le 17 septembre. Ce jour l&agrave;, je montais sur Tora conduire une jeune femme r&eacute;cemment op&eacute;r&eacute;e. Vers 16 heures, la pluie venait de commencer. Quelques instants apr&egrave;s, c&rsquo;&eacute;tait un vrai d&eacute;luge qui m&rsquo;obligeait &agrave; m&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; plusieurs reprises avant que je me d&eacute;cide &agrave; faire demi-tour. Dans les gorges, deux kilom&egrave;tres avant Tangui&eacute;ta, la route &eacute;tait coup&eacute;e. Un torrent furieux m&rsquo;obligeait &agrave; attendre une heure, avant d&rsquo;abandonner ma voiture et de rentrer &agrave; pied. Ce soir-l&agrave;, les d&eacute;g&acirc;ts n&rsquo;&eacute;taient pas encore catastrophiques, mais la pluie devait durer toute la nuit, violente par moments. Au matin, il n&rsquo;y avait plus de route en dessus et en dessous de ma voiture, sur 5 kilom&egrave;tres? Je n&rsquo;ai r&eacute;cup&eacute;r&eacute; la voiture que 15 jours plus tard.\u00a0\u00bb (20\/11\/70)<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il &eacute;crit cette circulaire, il est d&eacute;j&agrave; &agrave; K&eacute;rou : \u00ab\u00a0Cette lettre vous apportera une nouvelle qui vous surprendra peut-&ecirc;tre. J&rsquo;ai quitt&eacute; Tangui&eacute;ta. J&rsquo;avoue que cela n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; sans peine. [&hellip;] Bien que mon ancienne et ma nouvelle paroisse se touchent, j&rsquo;ai d&ucirc; faire 625 kilom&egrave;tres pour m&rsquo;y rendre tellement les routes sont mauvaises. Je peux vous dire que j&rsquo;ai trouv&eacute; une maison &agrave; peu pr&egrave;s vide. Mon pr&eacute;d&eacute;cesseur fondant une nouvelle mission dans les environs ne m&rsquo;a laiss&eacute; que le strict minimum.\u00a0\u00bb Il doit aussi apprendre une nouvelle langue, le bariba. \u00ab\u00a0Ajoutez &agrave; cela que j&rsquo;ai une &eacute;cole de 90 &eacute;l&egrave;ves au centre et un internat de 30 gar&ccedil;ons, quatre s&oelig;urs du Sacr&eacute;-C&oelig;ur de Menton qui tiennent un dispensaire, une maternit&eacute; et font le cat&eacute;chisme. En brousse, 7 cat&eacute;chistes et des chapelles &agrave; construire. Mgr voudrait que j&rsquo;en fasse une par an. Vous avez ainsi un aper&ccedil;u de ma nouvelle situation.\u00a0\u00bb (21\/12\/70) Il ajoutera quelques semaines plus tard : \u00ab\u00a0Je me fais tout doucement &agrave; la mission de K&eacute;rou. Quel changement par rapport &agrave; Tangui&eacute;ta ! Pas de montagnes, un horizon limit&eacute; &agrave; quelques m&egrave;tres par des tecks, une route &eacute;pouvantable et, qui plus est, peu de monde avec qui causer. [&hellip;] J&rsquo;esp&egrave;re que je ferai &agrave; peu pr&egrave;s convenablement les deux ou trois ans que Monseigneur Redois m&rsquo;a demand&eacute; et qu&rsquo;ensuite je retrouverai le pays yoabou.\u00a0\u00bb L&rsquo;ann&eacute;e suivante, il se sent moins seul : \u00ab\u00a0Pour la premi&egrave;re fois depuis que je suis dans le pays, j&rsquo;attends mon cong&eacute; avec impatience. Le p&egrave;re Guillou est arriv&eacute; hier &agrave; Kouand&eacute;. Je suis content de le voir de retour dans le secteur. K&eacute;rou Brignamaro n&rsquo;&eacute;tant qu&rsquo;&agrave; 11 kms de distance, on peut s&rsquo;&eacute;pauler dans les difficult&eacute;s.\u00a0\u00bb (13\/12\/71)<\/p>\n<p>Le Conseil provincial commence &agrave; lui parler d&rsquo;une nomination possible en France (pour des raisons de sant&eacute; et des raisons pastorales). Le 14 mai 1972, il &eacute;crit : \u00ab\u00a0Je ne me sens pas capable de travailler en France qui est pour moi un autre monde. La proposition du p&egrave;re Falcon m&rsquo;a paru encore plus impossible que tout. Chacun a son charisme. J&rsquo;avoue que je suis dou&eacute; pour peu de choses et il est certain qu&rsquo;il y a des choses qui me font peur, surtout en France.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En juin 1972, il est nomm&eacute; &agrave; la procure de Chaponost, mais en fait il doit s&rsquo;occuper des foires. Le 6 juin 1973 il &eacute;crit : \u00ab\u00a0Cela ne convient pas &agrave; mon &eacute;tat de goutteux. [&hellip;] Je constate qu&rsquo;il est plus facile de suivre mon r&eacute;gime dans l&rsquo;Atakora et demande &agrave; y retourner.\u00a0\u00bb Il r&eacute;it&egrave;re la m&ecirc;me demande en ao&ucirc;t de la m&ecirc;me ann&eacute;e. Le provincial &eacute;crit en haut de la lettre de Nicolas : \u00ab\u00a0qu&rsquo;il patiente et nous laisse le temps de r&eacute;fl&eacute;chir et de lui trouver un successeur.\u00a0\u00bb Au d&eacute;but de 1974, Nicolas suit le stage de l&rsquo;Arbresle. Finalement, en mars 1974, le Conseil lui apprend qu&rsquo;il le remet &agrave; la disposition de Mgr Redois, mais croit bon de pr&eacute;ciser dans la nomination : \u00ab\u00a0Depuis ton d&eacute;part de la r&eacute;gion de Tangui&eacute;ta, la pastorale dans le dioc&egrave;se de Natitingou a &eacute;volu&eacute; dans un souci d&rsquo;une plus grande adaptation aux besoins du peuple de l&rsquo;Atakora, devenant aussi plus exigeant pour les pr&ecirc;tres et les religieuses qui sont au service de ce peuple. Il te faudra sans doute, d&egrave;s ton arriv&eacute;e, &ecirc;tre attentif &agrave; cette &eacute;volution.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il reste deux ans &agrave; Mat&eacute;ri, avec Michel Auffray tout en cr&eacute;ant la mission de Gouand&eacute;. Mais la route entre Mat&eacute;ri et Gouand&eacute; est tr&egrave;s mauvaise et la voiture est souvent en panne. Sa circulaire de No&euml;l 1977 raconte son voyage de retour de cong&eacute; &agrave; travers le Sahara avec 3 confr&egrave;res : une vraie exp&eacute;dition o&ugrave; il ne compte pas le nombre de fois o&ugrave; il s&rsquo;est ensabl&eacute; : \u00ab\u00a0entreprise un peu hasardeuse o&ugrave; les avantages l&rsquo;ont emport&eacute; en d&eacute;finitive sur les inconv&eacute;nients : l&rsquo;&eacute;conomie du transport de la voiture &eacute;tant fort substantielle.\u00a0\u00bb En 1980, il refait le voyage retour de cong&eacute; par le d&eacute;sert. \u00ab\u00a0Dans trois ans, il n&rsquo;y aura plus de d&eacute;sert si tout va bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans ses nouvelles, il est tr&egrave;s souvent question de pannes de voiture, la sienne ou celles des autres. Du 15 d&eacute;cembre 1881 : \u00ab\u00a0On parle du goudronnage de la route Parakou Porga. Les travaux pr&eacute;liminaires sont commenc&eacute;s et on verra peut-&ecirc;tre les engins au travail en 1983. J&rsquo;esp&egrave;re donc rouler sur le goudron entre Tangui&eacute;ta et Natitingou avant d&rsquo;aller &agrave; Baillarguet, le plus tard possible. Hier &agrave; Natitingou, j&rsquo;ai vu les voitures de Ramin et de Mabon au garage. Jean Charles serait rentr&eacute; dans une vache ; ses freins auraient failli. Le bon Ange a cass&eacute; son moteur.\u00a0\u00bb (15\/12\/81) \u00ab\u00a0Maintenant, la route est pratiquement termin&eacute;e et cela me met &agrave; 20 minutes de Mat&eacute;ri et moins d&rsquo;une heure de Tangui&eacute;ta. C&rsquo;est jouissif de pouvoir rouler en quatri&egrave;me apr&egrave;s n&rsquo;avoir connu que la premi&egrave;re et la seconde durant des ann&eacute;es, mais j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; percut&eacute; deux chiens au grand dommage de ma charrette, les chiens en ont crev&eacute;.\u00a0\u00bb (13\/12\/82)<\/p>\n<p>En 1984, la mission n&rsquo;a pas encore 10 ans et il peut &eacute;crire : \u00ab\u00a0La paroisse de Gouand&eacute; a maintenant des cat&eacute;chistes dans 19 villages ; bient&ocirc;t, on devrait d&eacute;passer la vingtaine, car nous aurons quatre cat&eacute;chistes &agrave; envoyer au Centre Saint-Paul &agrave; Natitingou en janvier et les permanents comme les b&eacute;n&eacute;voles font du bon travail. La mission de Gouand&eacute; ne date que de 1975, et je n&rsquo;y r&eacute;side que depuis 1977. Il y a 25 ans, quand j&rsquo;ai pass&eacute; par l&agrave; pour la premi&egrave;re fois, il n&rsquo;y avait pas un chr&eacute;tien berba. En 1977, en dehors de ceux qui &eacute;taient baptis&eacute;s inscrits sur les registres de Mat&eacute;ri et pour la plupart dispers&eacute;s &agrave; travers le B&eacute;nin, il n&rsquo;y avait que 150 baptis&eacute;s ou cat&eacute;chis&eacute;s. Maintenant, ils atteignent le millier pour une population de 15 &agrave; 20 mille habitants. Les chapelles que j&rsquo;ai pu construire dans les villages sont souvent trop petites et il en faudrait une dizaine d&rsquo;autres. L&rsquo;&eacute;glise de Gouand&eacute; est remplie tous les dimanches et je pense entreprendre une construction plus grande en esp&eacute;rant que la Providence nous viendra en aide. Les Berba ramassent des pierres et ramasseront du sable, mais les qu&ecirc;tes et le denier du culte n&rsquo;arrivent pas &agrave; 700 francs fran&ccedil;ais par an, surtout en ces ann&eacute;es ou les r&eacute;coltes sont mauvaises.\u00a0\u00bb Avec un peu d&rsquo;humour, le jour de No&euml;l 1985, il &eacute;crit : \u00ab\u00a0Les Ap&ocirc;tres avaient bien de la chance d&rsquo;avoir des diacres pour s&rsquo;occuper des questions mat&eacute;rielles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1988, il conna&icirc;t la plus grosse tornade de sa vie avec des d&eacute;g&acirc;ts &eacute;normes &agrave; la mission : 39 millim&egrave;tres en 20 minutes ! de tr&egrave;s gros d&eacute;g&acirc;ts aussi dans le village. \u00ab\u00a0Si le moral n&rsquo;est pas atteint, je le dois &agrave; l&rsquo;amiti&eacute; fraternelle des deux Michel, &agrave; leur aide et &agrave; la sympathie manifest&eacute;e par les Berba.\u00a0\u00bb (Michel Auffray et Michel L&rsquo;Hostis). Il &eacute;crit avec fiert&eacute; en f&eacute;vrier 1989 : \u00ab\u00a0La parole de Dieu est annonc&eacute;e timidement dans trois nouveaux villages de la paroisse par quelques jeunes non encore baptis&eacute;s. Gouand&eacute; a maintenant 27 villages avec des cat&eacute;chis&eacute;s. Pendant mon absence (il va partir pour une ann&eacute;e de recyclage), tout reposera sur les cat&eacute;chistes. Les deux Michel de Mat&eacute;ri ont d&eacute;j&agrave; 46 villages. Pendant la p&eacute;riode des cong&eacute;s, il ne restera que Michel Auffray et Andr&eacute; Guillard pour quatre paroisses. J&rsquo;y &eacute;tais seul il y a trente ans, mais il n&rsquo;y avait que peu de chr&eacute;tiens. Maintenant, les nombreuses petites chapelles que nous avons construites sont presque toutes plus que pleines.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1989-1990, il fait une petite coupure avec Gouand&eacute;. Au cours de son ann&eacute;e de recyclage &agrave; Lyon, il passe beaucoup de temps aupr&egrave;s de sa maman fatigu&eacute;e et &acirc;g&eacute;e. Dans une lettre &eacute;crite &agrave; la main, ce qui est relativement rare pour Nicolas qui d&rsquo;ordinaire &eacute;crit avec une vieille machine &agrave; &eacute;crire (qui daterait, dit-on, de son ordination !), on lit : \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbComme tu peux le constater, j&rsquo;&eacute;cris &agrave; la main, ce qui ne m&rsquo;arrivait pas souvent. [&hellip;] J&rsquo;ai appris que j&rsquo;avais la crampe des &eacute;crivains. Je la traite donc depuis quelques jours et j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les r&eacute;sultats seraient meilleurs si les conditions climatiques l&rsquo;&eacute;taient.\u00a0\u00bb (04\/12\/89)<\/p>\n<p>Avant de rejoindre Gouand&eacute; o&ugrave; il va encore passer 11 ans, il reste deux ans &agrave; Djougou avec Yves Bergeron comme cur&eacute;. A Gouand&eacute;, au d&eacute;but, il n&rsquo;a pas de vicaire, mais : \u00ab\u00a0Si je peux vous &eacute;crire aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;sence de ma ni&egrave;ce Marie Mouterde qui me remplace pour toutes les sorties qui ne sont pas de caract&egrave;re pastoral, notamment les &eacute;vacuations de malades sur l&rsquo;h&ocirc;pital de Tangui&eacute;ta.\u00a0\u00bb (09\/01\/95) Il avait &eacute;crit un jour au Conseil que, durant sa vie au B&eacute;nin, il avait fait plus d&rsquo;un millier d&rsquo;&eacute;vacuations de malades sur les h&ocirc;pitaux. On peut &ecirc;tre &eacute;tonn&eacute; de ce chiffre qui semble exag&eacute;r&eacute; ; mais faisons le compte : 42 ans au B&eacute;nin, cela fait 504 mois auxquels il faut enlever cependant les mois de cong&eacute;s. Au total, on arrive &agrave; deux &eacute;vacuations par mois, ce qui est certainement inf&eacute;rieur &agrave; la r&eacute;alit&eacute;.<\/p>\n<p>Pris dans ses lettres de cette p&eacute;riode : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai parcouru bien des kilom&egrave;tres pendant ce cong&eacute; et admir&eacute; les beaux paysages de France si vari&eacute;s : Massif Central, Pyr&eacute;n&eacute;es, Alpes, Jura et j&rsquo;appr&eacute;cie la fra&icirc;cheur de ces jours, quelques gel&eacute;es matinales. C&rsquo;est revigorant.\u00a0\u00bb (02\/10\/95) <br \/>De Gouand&eacute;, le 9 janvier 1966 : \u00ab\u00a0Hier, nous avions r&eacute;union de secteur &agrave; Dassari. Nous avons surtout parl&eacute; des sessions de cat&eacute;chistes, mais il a aussi &eacute;t&eacute; question d&rsquo;une fille de 15 ans r&eacute;fugi&eacute;e chez les S&oelig;urs. Sa maman ayant &eacute;t&eacute; soign&eacute;e par un gu&eacute;risseur, cet homme a r&eacute;clam&eacute; la fille comme honoraire. Je connaissais les mariages forc&eacute;s avec ou sans &eacute;change, mais je ne connaissais pas cette formule.\u00a0\u00bb (Gouand&eacute; 09\/01\/96) <br \/>\u00ab\u00a0Il faudrait des pr&ecirc;tres et je me r&eacute;jouis de l&rsquo;ordination du 28 d&eacute;cembre qui fera deux pr&ecirc;tres de plus, en attendant les trois ordinations de 1997, dont celle de mon paroissien, Mathurin Ouambo.\u00a0\u00bb (Gouand&eacute; 30\/12\/96)<br \/>\u00ab\u00a0Marie transforme l&rsquo;&eacute;glise de Gouand&eacute; qui pourra recevoir 600 personnes assises.\u00a0\u00bb (23\/09\/97) <br \/>Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Michel Auffray) \u00ab\u00a0C&rsquo;est une grande perte apparemment pour le pays berba, mais le Seigneur, en qui il vit, continue son &oelig;uvre. Michel me manque ; nous avons travaill&eacute; ensemble pendant plus de trente ans. Il a &eacute;t&eacute; pris, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; laiss&eacute;. [&hellip;] Dans quelques jours, ce sera l&rsquo;ordination de Mathurin Ouambo.\u00a0\u00bb (26\/12\/97) <br \/>En 1999, il rentre en cong&eacute; plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu, car il &eacute;prouve une grosse fatigue, mais les examens m&eacute;dicaux ne signalent rien de grave. \u00ab\u00a0Mon fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; et ma belle-s&oelig;ur m&rsquo;attendaient (&agrave; l&rsquo;a&eacute;roport) pour m&#8217;emmener chez eux &agrave; Eyzin-Pinet o&ugrave; j&rsquo;ai pass&eacute; mes trois premi&egrave;res journ&eacute;es &agrave; dormir.\u00a0\u00bb Il retourne fatigu&eacute; au B&eacute;nin : \u00ab\u00a0Me voici tout seul sma en pays berba. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;avoir l&rsquo;abb&eacute; Mathurin, &agrave; Mat&eacute;ri, comme vicaire. Il est de Gouand&eacute; et nous nous rencontrons assez souvent. Je l&rsquo;appr&eacute;ciais dans sa jeunesse, je l&rsquo;appr&eacute;cie comme confr&egrave;re. Il est simple, travailleur, et il a du bon sens. Pour circuler dans ses nombreux villages, il n&rsquo;a qu&rsquo;un VTT qui lui a &eacute;t&eacute; donn&eacute; par des amis du dioc&egrave;se d&rsquo;Aix en Provence. La vieille voiture de Michel Auffray ne circule plus.\u00a0\u00bb (10\/12\/99) <br \/>\u00ab\u00a0La semaine derni&egrave;re, [&hellip;] je tenais mal sur mes jambes. En lyonnais, on dirait que je brandigollais sur mes fumerons. Je reprends du poil de la b&ecirc;te.\u00a0\u00bb (26\/11\/00)<br \/>\u00ab\u00a0Depuis que le p&egrave;re Mathurin Ouambo est &agrave; la paroisse de Gouand&eacute;, je ne sors presque plus. Cela fait plus d&rsquo;un mois que je n&rsquo;ai pas port&eacute; mes roues &agrave; Natitingou. Quelquefois, je vais &agrave; Tangui&eacute;ta pour conduire des malades. Evidemment, je vais dans les villages de la paroisse o&ugrave; Mathurin m&rsquo;envoie. Il y va plus souvent que moi.\u00a0\u00bb (20\/12\/00)<\/p>\n<p>Le 19 janvier 2001, Nicolas pr&eacute;sente &agrave; son &eacute;v&ecirc;que sa d&eacute;mission du poste de cur&eacute; de Gouand&eacute;. Il parle de ses probl&egrave;mes physiques, puis il ajoute : \u00ab\u00a0Personnellement, je pense que je peux faire du cat&eacute;chisme et assurer des messes dans les villages. Pour le reste, je ne vaux plus rien.\u00a0\u00bb Son &eacute;v&ecirc;que lui r&eacute;pond le 12 mars : \u00ab\u00a0Le conseil presbyt&eacute;ral a proc&eacute;d&eacute; &agrave; une analyse minutieuse, pond&eacute;r&eacute;e et profonde de votre lettre du 19 janvier 2001, dans laquelle vous nous proposiez votre d&eacute;mission de cur&eacute; de la paroisse de Gouand&eacute;, &agrave; cause de vos nombreux handicaps. Vu que vous ne demandez pas en m&ecirc;me temps votre transfert de ladite paroisse, vu l&rsquo;influence de tout cur&eacute; fondateur dans sa paroisse et compte tenu de la v&ocirc;tre qui dure depuis plus de 25 ans au m&ecirc;me poste, vu le respect, l&rsquo;affection et la v&eacute;n&eacute;ration inconditionnelle que nos populations portent spontan&eacute;ment aux \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb et aux Blancs, le conseil presbyt&eacute;ral vous prie instamment de surseoir &agrave; votre d&eacute;mission pour votre bien, celui de la paroisse et la plus grande gloire de Dieu. Car nommer un autre cur&eacute;, vous &eacute;tant pr&eacute;sent, ne nous a paru ni sage ni pertinent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous vous encourageons de grand c&oelig;ur &agrave; garder fid&egrave;lement le titre de cur&eacute;, m&ecirc;me si vous devez d&eacute;l&eacute;guer de plus en plus. La gr&acirc;ce de notre Seigneur J&eacute;sus-Christ ne vous fera pas d&eacute;faut. Souvenez-vous de cette parole de l&rsquo;ap&ocirc;tre Saint Paul : \u00ab\u00a0Lorsque je suis faible, c&rsquo;est alors que je suis fort.\u00a0\u00bb La graine sem&eacute;e &agrave; Gouand&eacute;, et qui a bien germ&eacute;, continuera de grandir. Faisons confiance &agrave; l&rsquo;Esprit-Saint. \u00ab\u00a0S&ucirc;r que vous comprendrez et accepterez cette d&eacute;cision de bon c&oelig;ur, je vous prie de croire, R&eacute;v&eacute;rend P&egrave;re, &agrave; mes sentiments d&rsquo;affection et de satisfaction pour votre engagement missionnaire.<br \/>Sign&eacute; Mgr Pascal N&rsquo;Kou&eacute;, &eacute;v&ecirc;que de Natitingou.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 2001, il est en cong&eacute; en France. On lui dit qu&rsquo;il serait plus sage qu&rsquo;il reste en France. Il repart cependant. Sa derni&egrave;re lettre du 19 d&eacute;cembre 2001, de Gouand&eacute;, parle encore de la famine qui guette, des probl&egrave;mes de voitures avec de nombreuses r&eacute;parations, de l&rsquo;arriv&eacute;e des sectes sur sa paroisse, de la diminution des fid&egrave;les &agrave; l&rsquo;&eacute;glise le dimanche, de la n&eacute;cessit&eacute; de former mieux les cat&eacute;chistes, autant de signes qui montrent qu&rsquo;il est toujours profond&eacute;ment missionnaire dans l&rsquo;&acirc;me. Il rentre d&eacute;finitivement en mai 2003 et, apr&egrave;s quelque temps en famille, il rejoint la maison de Montferrier. Malgr&eacute; des probl&egrave;mes de sant&eacute; au c&oelig;ur et aux jambes, il fait son trou dans la maison o&ugrave; il retrouve des anciens avec qui il a travaill&eacute; au nord B&eacute;nin, Andr&eacute; Guillard, Ange Mabon, Jean-Charles Ramin : ensemble, ils n&rsquo;en finissent pas de se raconter le pass&eacute;.<\/p>\n<p>D&eacute;j&agrave; en 2008, il a besoin d&rsquo;un d&eacute;ambulateur pour se d&eacute;placer : il s&rsquo;essouffle vite. Quand on le visite, il a besoin de s&rsquo;arr&ecirc;ter parfois pour reprendre son souffle. Plus tard, il aura souvent recours &agrave; l&rsquo;oxyg&egrave;ne. Malgr&eacute; tout, il n&rsquo;a jamais quitt&eacute; Gouand&eacute; ; il suit toujours de pr&egrave;s tout ce qui s&rsquo;y passe et continue d&rsquo;aider mat&eacute;riellement de nombreuses familles. Il reste &eacute;galement tr&egrave;s proche de sa famille, et sa s&oelig;ur Bernadette le tient r&eacute;guli&egrave;rement inform&eacute; de tout ce qui se passe chez ses fr&egrave;res et ses nombreux neveux et ni&egrave;ces. Au cours de cette ann&eacute;e 2013, il a fait plusieurs s&eacute;jours &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital et plusieurs fois on a cru qu&rsquo;il allait nous quitter. Il est toujours rest&eacute; tr&egrave;s calme et tr&egrave;s serein. Quand on lui demandait s&rsquo;il ne s&rsquo;ennuyait pas dans son lit &agrave; ne rien pouvoir faire, il r&eacute;pondait tranquillement : Non, je dis mon chapelet pour tous ceux que j&rsquo;ai connus. Le jour de son d&eacute;c&egrave;s, il a assist&eacute; &agrave; la messe la matin avec ses confr&egrave;res ; il a m&ecirc;me plaisant&eacute; avec un confr&egrave;re qui est venu dans sa chambre lui rendre visite. A midi, une infirmi&egrave;re l&rsquo;a fait un peu mang&eacute; ; elle a quitt&eacute; sa chambre une minute et, &agrave; son retour, Nicolas nous avait quitt&eacute;s.<\/p>\n<p>Sa s&oelig;ur Bernadette, deux de ses fr&egrave;res, Ren&eacute; et Nicolas, ainsi que des neveux et ni&egrave;ces sont venus &agrave; Montferrier pour les fun&eacute;railles, ainsi que le p&egrave;re Mouterde, un cousin, archidiacre au dioc&egrave;se de Lyon qui a fait l&rsquo;absoute &agrave; la fin de la messe. Nicolas a rejoint tous les confr&egrave;res qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; dans le petit cimeti&egrave;re &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la propri&eacute;t&eacute;. Il laisse l&rsquo;image d&rsquo;un missionnaire tr&egrave;s proche des gens, passionn&eacute; pour l&rsquo;Afrique et les Africains, &agrave; l&rsquo;&eacute;coute des plus pauvres, d&eacute;fenseur des petits et surtout anim&eacute; par la foi sans faille re&ccedil;ue dans sa famille d&egrave;s son plus jeune &acirc;ge.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci&eacute;t&eacute; des Missions Africaines &ndash; Province de Lyon n&eacute; le 1er octobre 1928 &agrave; Lyondans le dioc&egrave;se de Lyon (France)membre de la SMA le 24 juillet 1948pr&ecirc;tre le 11&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3552,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3553","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3553\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3552"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}