{"id":406,"date":"2004-01-11T08:41:52","date_gmt":"2004-01-11T08:41:52","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=406"},"modified":"2024-02-17T11:32:15","modified_gmt":"2024-02-17T11:32:15","slug":"le-pere-gabriel-chotard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=406","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Gabriel Chotard"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 827px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-405\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/chotard_gabriel.jpg\" alt=\"chotard gabriel\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 10 mai 1923 \u00e0 Petit-Mars (44)<br \/>dans le dioc\u00e8se de Nantes (France)&nbsp;<br \/>membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944<br \/>pr\u00eatre le 6 juin 1949<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 janvier 2004<\/td>\n<td>\n<p>1951 &#8211; 1982 missionnaire en Egypte<\/p>\n<p>Zifta, Assiout, Sakakini, Zeitoun<br \/>Zagazig, Facous, Choubra<br \/>1982 &#8211; 1983 AFM, ann\u00e9e sabbatique<br \/>1983 &#8211; 1984 Paris et Lille, procure<br \/>1985 &#8211; 1987 Khartoum, camp de r\u00e9fugi\u00e9s<br \/>1987 &#8211; 1992 Le Caire<br \/>1992 &#8211; 1994 Montferrier, retir\u00e9<br \/>1994 &#8211; 1995 Ch\u00e2teaubriant, aum\u00f4nier<br \/>1995 &#8211; 2004 Montferrier, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Montpellier (France), le 11 janvier 2004,<br \/>\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 80 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Gabriel CHOTARD (1923 &#8211; 2004)<\/p>\n<p>Gaby, comme on l\u2019a toujours appel\u00e9 en famille et dans son village natal de Petit-Mars en Loire-Atlantique, est le fils a\u00een\u00e9 d\u2019une famille de 7 enfants. Il est n\u00e9 le 10 mai 1923. Le papa est sabotier, mais aussi employ\u00e9 de la paroisse, et il est souvent aid\u00e9 de sa femme pour les travaux d&rsquo;entretien de l\u2019\u00e9glise du village. Il est \u00e0 la fois sacristain et chantre, 7 jours sur 7.<\/p>\n<p>Au milieu des ann\u00e9es 1930, quand le p\u00e8re Gandon, l&rsquo;intr\u00e9pide recruteur sma, est pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole catholique de Petit-Mars &#8211; village de chr\u00e9tient\u00e9 d&rsquo;\u00e0 peine 1000 habitants et qui comptait, vers les ann\u00e9es 1960, 10 pr\u00eatres et pr\u00e8s de 50 religieuses &#8211; il n&rsquo;a pas pu emmener Gaby au s\u00e9minaire des Missions Africaines des Naudi\u00e8res. Le cur\u00e9 a exig\u00e9 que le fils de ses employ\u00e9s entre au petit s\u00e9minaire dioc\u00e9sain. Mais Gaby, qui avait deux oncles missionnaires, pers\u00e9v\u00e8rera dans son projet de vocation missionnaire et entrera au noviciat \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud. Arriv\u00e9 au grand s\u00e9minaire de Lyon, il devient membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944 et est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 6 juillet 1949. Il part, la m\u00eame ann\u00e9e, en Egypte. Pendant son service militaire, il avait d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 un pays d&rsquo;islam, l&rsquo;Alg\u00e9rie. Il avait alors fait le p\u00e8lerinage \u00e0 Tamanrasset et avait \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par Charles de Foucauld.<\/p>\n<p>Qu\u2019a-t-il fait et quelles ont \u00e9t\u00e9 ses passions en Egypte ? L\u2019essentiel de son apostolat, il le situe lui-m\u00eame, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, en pays de chr\u00e9tient\u00e9s orientales tr\u00e8s diverses et tr\u00e8s anciennes, \u00e0 dominante orthodoxe. Et pourtant, il commencera son apostolat missionnaire chez les \u00ab\u00a0Latins\u00a0\u00bb : Service des petites minorit\u00e9s catholiques \u00e0 Zifta, Zeitoun et Zagazig, en fran\u00e7ais d&rsquo;abord, et, de plus en plus, en arabe, et dans trois grands quartiers du Caire : Sakakini, Choubra et H\u00e9liopolis. Quand on dit \u00ab\u00a0service du rite latin\u00a0\u00bb, on dit beaucoup d&rsquo;aum\u00f4neries de communaut\u00e9s et d&rsquo;\u00e9coles de religieuses, et en particulier des s\u0153urs nda. On est loin de l&rsquo;inspiration du p\u00e8re Planque qui, dans les ann\u00e9es 1880-1890, voit l&rsquo;Egypte comme le point de d\u00e9part d&rsquo;une p\u00e9n\u00e9tration de l&rsquo;\u00e9vangile vers les Grands Lacs, au c\u0153ur de l&rsquo;Afrique Noire. Mais il fallait bien assumer cet h\u00e9ritage missionnaire dont les fruits ont \u00e9t\u00e9 la formation de toute une \u00e9lite du pays, ouverte \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour comprendre sa vie, le p\u00e8re Chotard, dans les nombreuses notes qu\u2019il nous a laiss\u00e9es, nous ouvre trois fen\u00eatres de lumi\u00e8re :<br \/>1. La p\u00e9riode la plus attachante, ce sont cinq ann\u00e9es de service en rite copte, surtout \u00e0 Facous, sur les traces d&rsquo;un v\u00e9ritable anc\u00eatre, ap\u00f4tre inimitable : le p\u00e8re Jacob Muijser, un Hollandais totalement d\u00e9vou\u00e9 depuis ses d\u00e9buts aux petites communaut\u00e9s de rite copte, par une liturgie int\u00e9grale, authentiquement orientale, hautement spirituelle et adapt\u00e9e \u00e0 ce peuple. Ce sont les ann\u00e9es 1960-1965. On sent bien la passion missionnaire qui l&rsquo;habite, \u00e0 la suite d&rsquo;un t\u00e9moin exceptionnel, moine, pr\u00eatre, savant, chercheur et restaurateur du rite des origines chr\u00e9tiennes au pays des Coptes. Un rite qui est une nourriture pour le petit peuple des villages et des quartiers, en m\u00eame temps qu&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence culturelle de r\u00e9sistance en face d&rsquo;un islam pers\u00e9cuteur. On sent le p\u00e8re Chotard heureux. Ce temps lui a donn\u00e9 le go\u00fbt de la recherche, une esp\u00e8ce de fascination pour les livres. On l&rsquo;a souvent chahut\u00e9 pour sa manie de tout d\u00e9couper, de tout garder, surtout si c&rsquo;\u00e9taient de vieux papiers. Mais on ne peut pas ne pas admirer ces milliers de notes manuscrites, ses commentaires sur le Coran, sur le texte du Nouveau Testament. Il manquait peut-\u00eatre de m\u00e9thode, mais il ne laissait pas rouiller sa m\u00e9canique intellectuelle.<\/p>\n<p>2. La seconde p\u00e9riode mentionn\u00e9e est la p\u00e9riode de formation initiale, de1950 \u00e0 1952, en Haute-Egypte, \u00e0 Assiout. Fort peu confortable, mais tr\u00e8s utile pour l&rsquo;apprentissage de la langue et la connaissance de la vie du petit peuple. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une forte impr\u00e9gnation culturelle. Il se sent une \u00e2me copte qui porte les stigmates des pers\u00e9cutions et des vexations inflig\u00e9es aux chr\u00e9tiens, sur leur propre terre, depuis 14 si\u00e8cles. Il a v\u00e9cu les temps difficiles de la suspicion envers les \u00e9trangers, des \u00e9coles confisqu\u00e9es, des \u00e9glises br\u00fbl\u00e9es. <br \/>De passage en France, il \u00e9crit : Impossible de parler ici de l&rsquo;Egypte, de l&rsquo;islam radical v\u00e9cu sur le terrain, sans \u00eatre pris pour un fanatique. Il est bless\u00e9 qu&rsquo;on ne reconnaisse pas sa longue exp\u00e9rience et il appelle \u00e0 plus de vigilance et de fermet\u00e9. Malheureusement, son temp\u00e9rament un peu raide l&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 s&rsquo;enfermer sur lui-m\u00eame et \u00e0 se poser en victime, tout en exprimant l&rsquo;opinion et l&rsquo;attitude de son peuple d&rsquo;adoption.<br \/>Il a, sans doute, souffert de se sentir les mains vides. Missionnaires d&rsquo;Afrique Noire, nous faisons facilement le bilan de ce que nous avons accompli : des cat\u00e9chum\u00e8nes, des bapt\u00eames, des cat\u00e9chistes, des s\u00e9minaristes, des communaut\u00e9s b\u00e2ties \u00e0 partir de rien, des constructions, des \u00e9tudes ethnologiques neuves. Pour le missionnaire rentrant d&rsquo;Egypte, la comparaison est vite faite. Montre-moi tes \u0153uvres ! Ce sont d&rsquo;abord le silence, l&rsquo;\u00e9coute, la lente impr\u00e9gnation de plusieurs langues, de cultures, de rites et de credo mill\u00e9naires. Une \u00e9cole d&rsquo;humilit\u00e9 o\u00f9 l\u2019on reste un perp\u00e9tuel disciple.<\/p>\n<p>3. Enfin il note : Egalement int\u00e9ressante, mon exp\u00e9rience de deux ann\u00e9es, 1985-1987, au Soudan pr\u00e8s de Khartoum. Il d\u00e9sire retrouver l&rsquo;intuition premi\u00e8re du P\u00e8re Planque : relier l&rsquo;Egypte \u00e0 l&rsquo;Afrique Noire. Ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait une lubie, car il y suit les s\u0153urs nda au service de 60 \u00e0 80 000 r\u00e9fugi\u00e9s noirs qui ont fui la terrible guerre civile du sud. Tout est \u00e0 faire : service humanitaire dans le domaine de la sant\u00e9, des vivres, des v\u00eatements, de l&rsquo;\u00e9ducation, service d&rsquo;accompagnement spirituel. Je me trouve \u00eatre le premier pr\u00eatre \u00e0 r\u00e9sider en permanence au milieu d&rsquo;eux. Ce qui semble les \u00e9tonner ! Il y a toujours eu du Jean-Baptiste dans son style de vie rugueux et d\u00e9pouill\u00e9. Au Soudan, il a fait l&rsquo;admiration de son ami, l&rsquo;ambassadeur de France, qui a rendu ce beau t\u00e9moignage : J&rsquo;ai toujours admir\u00e9 l&rsquo;homme de science et le pr\u00eatre qu&rsquo;il \u00e9tait, mais surtout sa proximit\u00e9 avec les pauvres.<\/p>\n<p>Puis, de graves accidents de sant\u00e9 l&rsquo;obligent \u00e0 rentrer d\u00e9finitivement en France. Il a h\u00e9rit\u00e9 des mauvaises jambes de ses parents, mais il d\u00e9sire se soigner seul. Il essaie tout jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un paysan du Nil. On a sa fiert\u00e9 et on refuse d&rsquo;\u00eatre pris en charge et dorlot\u00e9 comme un enfant !<\/p>\n<p>Chaque vie est un myst\u00e8re et on n\u2019y entre qu&rsquo;en enlevant ses sandales : Dieu est l\u00e0 ! Durant les derniers mois de sa vie \u00e0 Montferrier, Gaby semble reprendre pied : il se laisse soigner et participe m\u00eame aux sorties organis\u00e9es par la maison. C&rsquo;est cette image que nous garderons de lui. Il a \u00e9t\u00e9 un missionnaire chaleureux, fraternel et plein de compassion. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 dans toutes les communaut\u00e9s religieuses d&rsquo;Egypte, particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;aise chez nos s\u0153urs nda. Il a \u00e9t\u00e9 proche du petit peuple, au milieu duquel il retrouvait toutes ses qualit\u00e9s de relation. Il a aim\u00e9 et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 la pri\u00e8re liturgique copte. Il n&rsquo;a jamais dout\u00e9 du salut universel, en J\u00e9sus-Christ, de tous les hommes droits.<\/p>\n<p>Quand il a fait la chasse aux sorci\u00e8res, une chasse relativement pacifique malgr\u00e9 la verdeur du langage, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une guerre aux id\u00e9es qu&rsquo;il jugeait tordues ou dangereuses pour les relations en soci\u00e9t\u00e9 et pour la paix. A tort ou \u00e0 raison. Revenu sur sa terre natale, il n&rsquo;a pas compris certains changements, certaines \u00e9volutions du monde, de l&rsquo;Eglise, de la sma. Il en a souffert et il a pu faire souffrir. Mais franchement, \u00e0 la fin de sa vie, il a certainement et l\u00e9gitimement pu demander au Seigneur avec saint Pierre : Et alors, moi qui ai tout quitt\u00e9 ? Car le p\u00e8re Gaby Chotard a march\u00e9 sur le chemin r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par J\u00e9sus gr\u00e2ce \u00e0 son d\u00e9vouement, son d\u00e9pouillement et ses relations fraternelles, surtout en Egypte. Avec quelques pers\u00e9cutions qui n&rsquo;ont pas manqu\u00e9 non plus. Maintenant, les promesses de J\u00e9sus se r\u00e9alisent pour lui : l\u2019homme tourment\u00e9 et inquiet est entr\u00e9 dans la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>D\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Montpellier le 11 janvier 2004, ses obs\u00e8ques ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 la maison de retraite de Montferrier. Il a voulu se faire incin\u00e9rer et ses cendres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es, selon ses derni\u00e8res volont\u00e9s, dans le caveau familial, pr\u00e8s de ses parents, dans son village natal de Petit-Mars.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 10 mai 1923 \u00e0 Petit-Mars (44)dans le dioc\u00e8se de Nantes (France)&nbsp;membre de la SMA le 2 d\u00e9cembre 1944pr\u00eatre le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":405,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=406"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/406\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4622,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/406\/revisions\/4622"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/405"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}