{"id":408,"date":"2008-01-11T08:44:53","date_gmt":"2008-01-11T08:44:53","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=408"},"modified":"2024-02-17T11:34:38","modified_gmt":"2024-02-17T11:34:38","slug":"le-pere-roger-erhel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=408","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Roger ERHEL"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 902px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-407\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/erhel_roger.jpg\" alt=\"erhel roger\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 12 novembre 1920 \u00e0 Br\u00e9hand-Moncontour<br \/>dans le dioc\u00e8se de Saint-Brieuc (France)<br \/>membre de la SMA le 10 ao\u00fbt 1942<br \/>pr\u00eatre le 24 f\u00e9vrier 1947<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 janvier 2008<\/td>\n<td>\n<p>1947-1948 Thorenc, soins<br \/>1948-1951 Le Rozay, responsable et repos<br \/>1951-1969 Parakou, vicaire puis cur\u00e9<br \/>et directeur des oeuvres<br \/>1969-1972 Banikoara (Kandi), cur\u00e9<br \/>1972-1973 Lyon, recyclage<br \/>1973-1979 Banikoara, cur\u00e9<br \/>1979-1987 Kandi, cur\u00e9<br \/>1987-1988 Rez\u00e9, repos et ann\u00e9e sabbatique<br \/>1988-1996 Rez\u00e9, responsable<br \/>1996-1997 Lille<br \/>1997-2008 Montferrier, retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Montferrier (France), le 11 janvier 2008,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 87 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Roger ERHEL (1920 &#8211; 2008)<\/p>\n<p>Roger Erhel est n\u00e9 le 20 novembre 1920 \u00e0 Br\u00e9hand-Moncontour, petite localit\u00e9 des C\u00f4tes-du-Nord o\u00f9 son papa tient la boulangerie. Il a deux s\u0153urs et un fr\u00e8re. Elev\u00e9 par son papa, car sa maman \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9e alors qu&rsquo;il avait six ans, il dit lui-m\u00eame que son enfance n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 douce. Par deux fois, il fugue, quitte la maison paternelle et se r\u00e9fugie chez l&rsquo;une de ses tantes. Un moment, on le croit mort. Il est bien baptis\u00e9 \u00e0 la naissance, mais plus tard son p\u00e8re l&rsquo;envoie \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque, car ses id\u00e9es de gauche ne lui rendaient pas sympathique tout ce qui touchait \u00e0 l&rsquo;Eglise. Il raconte m\u00eame que les pr\u00eatres, les s\u0153urs et les fr\u00e8res de Br\u00e9hand pr\u00e9f\u00e9raient aller acheter leur pain dans un autre village, \u00e0 5 ou 6 km, plut\u00f4t que de se faire servir par M. Erhel.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son certificat d&rsquo;\u00e9tude, vers l&rsquo;\u00e2ge de 12 ans, il est envoy\u00e9 \u00e0 Rennes comme apprenti gar\u00e7on de caf\u00e9 : vie tr\u00e8s dure, o\u00f9 il ne reste qu&rsquo;un an. A 15 ans, il est plac\u00e9, comme gar\u00e7on \u00e0 tout faire, dans une communaut\u00e9 de religieuses \u00e0 Saint-Quay, station baln\u00e9aire bien connue de Bretagne. L\u00e0, il d\u00e9couvre la J.O.C. et participe activement \u00e0 Paris, en 1937, au congr\u00e8s organis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de son 10e anniversaire. Il \u00e9crira plus tard : Ce fut formidable. [\u2026] La J.O.C. et le Congr\u00e8s de Paris furent peut-\u00eatre le d\u00e9clic qui me fit d\u00e9sirer de passer ma vie \u00e0 annoncer J\u00e9sus-Christ. Quand j&rsquo;\u00e9crivis cette bonne nouvelle \u00e0 mon p\u00e8re, il me r\u00e9pondit que j&rsquo;\u00e9tais la honte de la famille et que, d\u00e9sormais, je ne devais plus mettre les pieds dans sa maison. [\u2026] Je fus 7 ans sans revoir mon p\u00e8re.<\/p>\n<p>Il rencontre le p\u00e8re Galliou qui l&rsquo;oriente vers les Missions Africaines. D\u00e8s 1937, il entre \u00e0 Martign\u00e9-Ferchaud o\u00f9 il passe trois ans comme vocation tardive, puis deux autres ann\u00e9es pour les \u00e9tudes de philosophie et le noviciat. Pendant les grandes vacances, il doit se louer comme gar\u00e7on de ferme, afin d&rsquo;avoir l&rsquo;argent de poche pour ses menus frais de l&rsquo;ann\u00e9e. Apr\u00e8s son premier serment, il va \u00e0 Lyon pour \u00e9tudier la th\u00e9ologie. Mais la vie y est difficile pendant les ann\u00e9es de guerre : la nourriture est insuffisante, le chauffage \u00e9galement. Plusieurs s\u00e9minaristes attrapent la tuberculose pulmonaire. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre au milieu de sa quatri\u00e8me ann\u00e9e de th\u00e9ologie, alors qu\u2019il est tr\u00e8s s\u00e9rieusement malade. Avec d\u2019autres confr\u00e8res sma, il part se soigner au sanatorium du clerg\u00e9 \u00e0 Thorenc. Apr\u00e8s son ordination, il devra attendre quatre ans avant d&rsquo;avoir le feu vert du docteur pour un d\u00e9part en Afrique, avec recommandation d&rsquo;une nomination pour une mission loin de l&rsquo;oc\u00e9an.<\/p>\n<p>En 1951, il est mis \u00e0 la disposition de Mgr Faroud, pour la pr\u00e9fecture apostolique de Parakou, au nord Dahomey. Il est d&rsquo;abord vicaire dans la ville de Parakou, puis cur\u00e9 et directeur des \u0153uvres. Quand on lui demandait des renseignements sur ses ann\u00e9es de mission, il r\u00e9pondait avec malice que toutes ses archives personnelles avaient fait les d\u00e9lices des termites et que ce qu&rsquo;elles avaient voulu laisser avait \u00e9t\u00e9 la proie des termites. La malice, il en a toujours eu et il aimait bien raconter des histoires. Charg\u00e9 de la ville de Parakou, il s&rsquo;int\u00e9resse de suite aux jeunes, et, avec l&rsquo;aide d&rsquo;un jeune dahom\u00e9en passionn\u00e9 de scoutisme, il implante le mouvement dans la ville d\u00e8s le mois de d\u00e9cembre 1951. Cependant, il n&rsquo;oublie pas ses origines de jociste. Le premier groupe est cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e suivante avec les jeunes ouvriers et apprentis, la plupart venus du sud du pays avec l&rsquo;arriv\u00e9e du chemin de fer \u00e0 Parakou, et le d\u00e9veloppement des ateliers d&rsquo;entretien et de r\u00e9paration. Plus tard, il dira avec fiert\u00e9 que la plupart des jeunes de cette \u00e9poque sont demeur\u00e9s profond\u00e9ment chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e de la J.O.C., naquit la J.E.C. au Cours Normal. Le p\u00e8re devait ainsi conna\u00eetre un grand nombre de jeunes instituteurs du pays. Son activit\u00e9 ne s&rsquo;arr\u00eata pas l\u00e0 : il faudrait citer les mouvements de l&rsquo;enfance (c\u0153urs vaillants, \u00e2mes vaillantes, guides, J.O.C.F.) et aussi les mouvements d&rsquo;adultes, et en particulier l&rsquo;A.C.F. En plus des foyers mari\u00e9s religieusement, j&rsquo;acceptais les foyers monogames, susceptibles ou d\u00e9sireux de recevoir un jour le sacrement de mariage. Ces r\u00e9unions ont \u00e9t\u00e9 pour moi d&rsquo;une richesse extraordinaire. C&rsquo;est vraiment l\u00e0 que j&rsquo;ai appris ce qu&rsquo;\u00e9tait la vie du couple africain, avec tous ses probl\u00e8mes financiers, mat\u00e9riels, sexuels, difficult\u00e9s avec les familles du conjoint, l&rsquo;\u00e9ducation des enfants. Il faudrait citer aussi la L\u00e9gion de Marie, les \u00e9quipes enseignantes, le Secours catholique. Les constructions (agrandissement de la mission, la cath\u00e9drale b\u00e9nie en 1958, les \u00e9coles) occupaient une bonne partie de ses activit\u00e9s, mais il ne m\u00e9nageait pas son temps pour visiter toutes les familles, quartier par quartier, notant par \u00e9crit tout ce qu&rsquo;il pouvait apprendre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 18 ans \u00e0 Parakou (1951-1969), il va encore passer 18 ans dans ce qui est aujourd&rsquo;hui le dioc\u00e8se de Kandi \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame nord-est du pays, dans les missions de Banikoara et de Kandi, p\u00e9riode qui sera coup\u00e9e par une ann\u00e9e de recyclage (avril 1972 \u00e0 janvier 1973). Il a alors d\u00e9pass\u00e9 la cinquantaine, mais il ne craint pas de faire en voiture le voyage de retour au Dahomey. Il est conquis par le d\u00e9sert et refera le voyage une seconde fois \u00e0 la fin d&rsquo;un cong\u00e9. A son arriv\u00e9e, Banikoara repr\u00e9sente une communaut\u00e9 chr\u00e9tienne bien restreinte, il est seul et dit se plaire dans la solitude, mais bien vite il demande un vicaire. D\u00e8s 1971, il peut annoncer au p\u00e8re Andr\u00e9 Roux, ancien de la mission, que l&rsquo;\u00e9glise est maintenant termin\u00e9e : un gros souci en moins !<\/p>\n<p>La fatigue, le climat, le fait de ne pas bien poss\u00e9der la langue sont des obstacles qui ne l\u2019encouragent gu\u00e8re. Nous sommes en pleine p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire marxiste du B\u00e9nin. Beaucoup de chr\u00e9tiens, surtout dans le nord o\u00f9 les communaut\u00e9s sont plus fragiles, arr\u00eatent de venir \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Le p\u00e8re se retrouve encore plus seul \u00e0 Banikoara. Tout cela fait qu&rsquo;il est tent\u00e9 de tout abandonner vers 1978 et qu&rsquo;il commence \u00e0 penser \u00e0 une nomination en France. A mots couverts, il \u00e9crit au Provincial disant qu&rsquo;il est pr\u00eat \u00e0 accepter une nomination en France si n\u00e9cessaire, mais qu&rsquo;il est pr\u00eat aussi \u00e0 repartir en Afrique. Vous pouvez prendre le bateau, lui \u00e9crit le Provincial. Il comprend alors o\u00f9 la Providence le d\u00e9sire. A son retour, il est nomm\u00e9 \u00e0 Kandi. On pourrait en \u00e9crire long sur les 9 ann\u00e9es de son minist\u00e8re dans cette ville. Signalons seulement qu&rsquo;il a la joie de conduire un jeune bariba au grand s\u00e9minaire en 1983 et qu&rsquo;en 1987, peu avant de quitter, il a la fiert\u00e9 de remettre au m\u00e9decin chef de l&rsquo;h\u00f4pital un bloc op\u00e9ratoire tout neuf, gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et \u00e0 la sympathie de tous ses bienfaiteurs. Il demande alors \u00e0 se reposer ; il est nomm\u00e9 pour une ann\u00e9e sabbatique : En fils ob\u00e9issant, j&rsquo;ai abandonn\u00e9 mon \u00e9pouse que tes pr\u00e9d\u00e9cesseurs m&rsquo;avaient confi\u00e9e, et me voil\u00e0 revenu en exil en France, un peu d\u00e9sempar\u00e9, \u00e9crit-il au Provincial en juillet 1987. Lui qui a beaucoup sem\u00e9 au pays bariba sans r\u00e9colter, il part alors que des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes bariba commencent \u00e0 se former. Les uns s\u00e8ment, les autres moissonnent !<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son ann\u00e9e sabbatique, il va \u00eatre sup\u00e9rieur de la maison de Rez\u00e9 pendant 8 ans o\u00f9 il est appr\u00e9ci\u00e9. Il se met tout entier au service de ses confr\u00e8res, dans la discr\u00e9tion et le calme, regrettant de n&rsquo;avoir pu rester plus longtemps dans l&rsquo;ambiance de silence et de pri\u00e8re, et cependant tr\u00e8s fraternelle et d\u00e9tendue, qu&rsquo;il avait trouv\u00e9e chez les Carmes, au Broussay, durant ce qu&rsquo;il appelle pudiquement \u00ab\u00a0un petit stage\u00a0\u00bb. Le calme, il va le trouver \u00e0 la maison de retraite de Montferrier o\u00f9 il est nomm\u00e9 en 1997. Assez vite sa sant\u00e9 se d\u00e9t\u00e9riore ; sa m\u00e9moire n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;elle \u00e9tait, malgr\u00e9 quelques souvenirs pr\u00e9cis. Depuis 2005, on peut dire qu&rsquo;il n&rsquo;est plus l\u00e0. Il ne communique plus, il faut s&rsquo;occuper de lui comme d&rsquo;un enfant, le lever, l&rsquo;habiller, le faire manger. Il vit sur son fauteuil roulant, mais il ne se plaint pas. Peut-\u00eatre vit-il tout seul dans son pass\u00e9 ? Il s&rsquo;\u00e9teint doucement le 11 janvier 2008, \u00e0 87 ans, lui dont le docteur disait qu&rsquo;il ne vivrait pas longtemps apr\u00e8s son ordination.<\/p>\n<p>Il repose d\u00e9sormais aupr\u00e8s de ses confr\u00e8res, dans le cimeti\u00e8re des p\u00e8res des Missions Africaines, \u00e0 Montferrier-sur-Lez.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 12 novembre 1920 \u00e0 Br\u00e9hand-Moncontourdans le dioc\u00e8se de Saint-Brieuc (France)membre de la SMA le 10 ao\u00fbt 1942pr\u00eatre le 24&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":407,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-408","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/408","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=408"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/408\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4623,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/408\/revisions\/4623"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/407"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=408"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=408"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=408"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}