{"id":506,"date":"2010-01-20T08:47:38","date_gmt":"2010-01-20T08:47:38","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=506"},"modified":"2024-02-17T18:35:55","modified_gmt":"2024-02-17T18:35:55","slug":"le-pere-georges-lejeune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=506","title":{"rendered":"Le P\u00e8re Georges LEJEUNE"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 915px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-505\" src=\"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/lejeune_georges.jpg\" alt=\"lejeune georges\" width=\"113\" height=\"141\" \/><\/td>\n<td>n\u00e9 le 20 mai 1922 \u00e0 Wavre (Belgique)<br \/>dans le dioc\u00e8se de Malines-Bruxelles<br \/>membre de la SMA le 20 juillet 1943<br \/>pr\u00eatre le 7 avril 1947<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 20 janvier 2010<\/td>\n<td>\n<p>1947-1950 Ave et Auffe, responsable des vocations<br \/>1950-1960 Grand-Lahou (Gagnoa), vicaire<br \/>1960-1967 Soubr\u00e9 (San Pedro), responsable<br \/>1967-1968 Gagnoa, centre de formation des cat\u00e9chistes<br \/>1968-1969 Grand-Lahou, responsable<br \/>1967-1972 Atti\u00e9coub\u00e9 (Abidjan), en paroisse et vice r\u00e9gional<br \/>1972-1974 Dabou (Yopougon), vice r\u00e9gional<br \/>1974-1978 Dabou, r\u00e9gional<br \/>1978-1984 Boundiali (Korhogo) responsable<br \/>1984-1994 Sirasso (Korhogo), responsable<br \/>1994-2008 Terwagne (Li\u00e8ge), cur\u00e9<br \/>2008-2010 M\u00e9hagne (Li\u00e8ge), retir\u00e9<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Bruy\u00e8res (Li\u00e8ge), le 20 janvier 2010,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 87 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le p\u00e8re Georges LEJEUNE (1922 &#8211; 2010)<\/p>\n<p>Georges Lejeune na\u00eet le 20 mai 1922 \u00e0 Wavre, en Belgique, dans le dioc\u00e8se de Malines Bruxelles, le m\u00eame jour que son fr\u00e8re Willy; deux filles sont d\u00e9j\u00e0 n\u00e9es dans le foyer. Trois autres gar\u00e7ons et trois autres filles viendront compl\u00e9ter cette belle famille o\u00f9 les valeurs humaines et les vertus chr\u00e9tiennes font partie du quotidien de la vie. Il \u00e9crira d&rsquo;ailleurs le jour de son jubil\u00e9 d&rsquo;or: \u00ab\u00a0Les merveilles du Seigneur furent tellement nombreuses! Il faudrait commencer par nos parents qui, par l&rsquo;exemple de leur vie, nous ont tellement arm\u00e9s contre tant de d\u00e9fis de toute nature. (Ce mot arm\u00e9 n&rsquo;est pas trop, lorsqu&rsquo;on sait que papa \u00e9tait militaire!)\u00a0\u00bb (05\/03\/1997) Il \u00e9tait dans l&rsquo;arm\u00e9e belge d&rsquo;occupation en Allemagne, ce qui explique que Georges commence ses \u00e9tudes primaires en Allemagne; il les continuera \u00e0 Malm\u00e9dy puis \u00e0 Verviers, deux villes situ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;est de Li\u00e8ge, avant de rejoindre Ave, dans les Ardennes belges, en 1935, \u00ab\u00a0Ave et Auffe, o\u00f9 nous avons rencontr\u00e9s nos premiers missionnaires qui, tous, ont laiss\u00e9 dans cette maison et, bien s\u00fbr, dans nos c\u0153urs, une image de courage, de renoncement, mais aussi de bonhomie, de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et de paisible autorit\u00e9.\u00a0\u00bb (05\/03\/1997) Il ne rentre pas seul au petit s\u00e9minaire: son fr\u00e8re jumeau Willy l&rsquo;accompagne ainsi qu&rsquo;un autre de ses fr\u00e8res, Jean n\u00e9 en Allemagne en 1923. Pendant huit ann\u00e9es, les trois fr\u00e8res vont se pr\u00e9parer au sacerdoce sur les m\u00eames bancs. Apr\u00e8s Ave, on les retrouve \u00e0 Chanly o\u00f9 ils prononcent leur premier serment \u00e0 la fin de leur noviciat en 1943, puis \u00e0 Lyon pour les quatre ans de th\u00e9ologie.<\/p>\n<p>La famille Lejeune est maintenant install\u00e9e \u00e0 Vis\u00e9, commune situ\u00e9e au nord de Li\u00e8ge. C&rsquo;est l\u00e0 que les trois fr\u00e8res sont ordonn\u00e9s pr\u00eatres le m\u00eame jour, en la coll\u00e9giale Saint-Martin, par Monseigneur Kerkhofs, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Li\u00e8ge. 7 avril 1947: Quelle f\u00eate dans cette paroisse! Quelle joie dans cette famille! Quel grand jour aussi pour la SMA! Une telle solennit\u00e9 ne doit pas se rencontrer souvent: trois fr\u00e8res, dont deux jumeaux, re\u00e7oivent le sacerdoce le m\u00eame jour; ils appartiennent tous les trois \u00e0 la m\u00eame Soci\u00e9t\u00e9 missionnaire et sont pr\u00eats pour porter l&rsquo;\u00e9vangile en Afrique. Si l&rsquo;on ajoute que l&rsquo;une de leurs s\u0153urs, Marie Madeleine, deviendra carm\u00e9lite et rejoindra, pour une temps, un couvent au Za\u00efre, on imagine ais\u00e9ment les qualit\u00e9s familiales, religieuses et missionnaires que les parents ont su inculquer \u00e0 leurs enfants.<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re nomination le laisse en Belgique. Il est nomm\u00e9 recruteur \u00e0 Ave o\u00f9 il va rester trois ans. En janvier 1950, il est nomm\u00e9 au Dahomey, \u00e0 la pr\u00e9fecture de Parakou, chez Monseigneur Faroud. Mais, un mois plus tard, il re\u00e7oit la nomination suivante: \u00ab\u00a0Les circonstances actuelles le permettant, le Conseil provincial veut bien prendre en consid\u00e9ration le vif d\u00e9sir manifest\u00e9 par votre famille de vous voir aller en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire. Vous \u00eates affect\u00e9 dor\u00e9navant au vicariat apostolique de Sassandra, chez Mgr Kirmann.\u00a0\u00bb (21\/02\/1950) D\u00e9sir manifest\u00e9 par sa famille? C&rsquo;est vrai qu&rsquo;\u00e0 cette date ses deux fr\u00e8res sont d\u00e9j\u00e0 en Afrique, en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, Jean \u00e0 Katiola et Willy \u00e0 B\u00e9oumi: alors pourquoi pas Georges? Son \u00e9v\u00eaque l&rsquo;envoie \u00e0 Grand Lahou. Il gardera toujours de sa premi\u00e8re mission en Afrique un souvenir \u00e9mu, et, quand il repart en 1956 apr\u00e8s un cong\u00e9 n\u00e9cessaire pour refaire sa sant\u00e9, il \u00e9crit avec beaucoup de d\u00e9f\u00e9rence au provincial \u00e0 qui il ne peut rendre visite: \u00ab\u00a0L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est que vous soyez assur\u00e9 du meilleur esprit qui m&rsquo;anime et que vous sachiez combien je d\u00e9sire vous rester d\u00e9vou\u00e9 et fid\u00e8lement soumis.\u00a0\u00bb Puis il ajoute: \u00ab\u00a0Je pars avec enthousiasme. Je reverrai Lahou avec joie. Mon fr\u00e8re Jean me suivra dans un mois.\u00a0\u00bb (08\/10\/1956)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Grand Lahou, le voil\u00e0 en 1960 \u00e0 Soubr\u00e9: \u00ab\u00a0Avec le p\u00e8re Babinet et le fr\u00e8re Pierre Bruyas qui vient d&rsquo;arriver pour la construction de notre \u00e9glise, nous formons une excellente \u00e9quipe. [\u2026] Soubr\u00e9 semble d\u00e9marrer un peu. La t\u00e2che est belle et enthousiasmante. Beaucoup de travail, trop pour deux p\u00e8res.\u00a0\u00bb (16\/04\/1963) Malheureusement, quelques mois plus tard, le fr\u00e8re tombe d&rsquo;un \u00e9chafaudage et meurt sous ses yeux.<\/p>\n<p>Pendant son cong\u00e9, en 1966, il doit faire un s\u00e9rieux d\u00e9parasitage, apr\u00e8s quoi il se dit en forme pour repartir, \u00ab\u00a0sauf une petite pierre qui reste aux reins. Elle est arriv\u00e9e presque \u00e0 la sortie. Tout laisse \u00e0 penser qu&rsquo;elle sortira bien un jour, quitte \u00e0 faire une petite crise encore.\u00a0\u00bb (21\/09\/1966) Il revient encore \u00e0 Grand Lahou quelques mois pour y faire un remplacement, avant d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 \u00e0 Atti\u00e9coub\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il apprend, en mars 1969, que ses confr\u00e8res l&rsquo;ont choisi pour \u00eatre vice r\u00e9gional. Il va donc seconder le p\u00e8re Boiron, r\u00e9gional, tout en restant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es sur sa paroisse. Il ne rejoindra Dabou, de fa\u00e7on d\u00e9finitive qu&rsquo;en 1972, et deux ans plus tard, c&rsquo;est lui qui devient r\u00e9gional. Le provincial lui \u00e9crit : \u00ab\u00a0Nous soulignons \u00e0 cette occasion la confiance que te t\u00e9moignent tes confr\u00e8res et l&rsquo;estime que te porte l&rsquo;\u00e9piscopat de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, en particulier Monseigneur Yago, et nous t&rsquo;en f\u00e9licitons.\u00a0\u00bb (15\/01\/1974) Sa charge le met davantage au service des confr\u00e8res de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire pour tous les probl\u00e8mes qu&rsquo;ils peuvent rencontrer, et pour faire le lien entre l&rsquo;\u00e9piscopat du pays et les autorit\u00e9s de la Province.<\/p>\n<p>Quand il quitte sa charge de r\u00e9gional, pour laisser le champ libre \u00e0 son successeur, il demande \u00e0 aller dans le nord du pays qui d\u00e9pend du r\u00e9gional de Strasbourg. Il est envoy\u00e9 \u00e0 Boundiali, dans le dioc\u00e8se de Korhogo. Le Conseil provincial lui \u00e9crit \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit d&rsquo;officialiser par cette lettre ta nomination au service du dioc\u00e8se de Korhogo. Nous te disons en m\u00eame temps combien nous appr\u00e9cions ta disponibilit\u00e9 pour &lsquo;partir&rsquo; \u00e0 nouveau, vrai missionnaire, vers une r\u00e9gion lointaine \u00e0 bien des \u00e9gards, mais si ouverte \u00e0 l&rsquo;\u00e9vangile.\u00a0\u00bb (21\/07\/78) Lui-m\u00eame \u00e9crira quelques mois plus tard: \u00ab\u00a0Les deux ou trois premiers jours, je me suis senti tout &lsquo;dr\u00f4le&rsquo;, un peu bizarre, tant \u00e7a me semblait \u00e9trange de me retrouver subitement tout seul, presque sans ami imm\u00e9diat. Puis les gens sont venus, je suis all\u00e9e les voir et les amiti\u00e9s n&rsquo;ont pas vraiment tard\u00e9 \u00e0 se manifester. Il y avait aussi tout l&rsquo;am\u00e9nagement \u00e0 faire. J&rsquo;essaie de me perfectionner en dioula ; mon magn\u00e9tophone en est rempli, mais pas encore ma t\u00eate. [\u2026] Mgr Nobou m&rsquo;a remis un ch\u00e8que de 100.000 francs. Il m&rsquo;a aussi remis un ancien cong\u00e9lateur, mais\u2026 car il y a un petit mais\u2026 il ne refroidit pas.\u00a0\u00bb (05\/10\/78). Le mois suivant il \u00e9crira qu&rsquo;il l&rsquo;a r\u00e9par\u00e9, mais \u00ab\u00a0reste \u00e0 trouver maintenant quelque chose pour y mettre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voici une lettre qui r\u00e9sume toute son action \u00e0 Boundiali : \u00ab\u00a0Pour moi, je continue dans la joie cette enthousiasmante vie missionnaire. Il me semble que les c\u0153urs s&rsquo;ouvrent et que d\u00e9j\u00e0 se dessinent une esp\u00e9rance au c\u0153ur de ceux pour qui je suis venu \u00e0 Boundiali. Ma souffrance, c&rsquo;est de ne pouvoir faire plus. Seul ce n&rsquo;est pas facile, et mes petits moyens ne soulagent gu\u00e8re que quelques pauvres. Mais au moins, ils me savent si proches d&rsquo;eux. Que de fois, \u00e0 travers le peu que je pouvais leur donner, il m&rsquo;a sembl\u00e9 qu&rsquo;ils se sentaient si heureux d&rsquo;\u00eatre reconnus, revaloris\u00e9s par l&rsquo;attention que je leur portais. Aimer quelqu&rsquo;un pour ce qu&rsquo;il est, c&rsquo;est le vouloir pleinement lui-m\u00eame. Et, en \u00e9tant eux-m\u00eames, ces braves gens ont tant \u00e0 nous apprendre.\u00a0\u00bb (15\/12\/79)<\/p>\n<p>Quand on lui propose le p\u00e8re Bernard Guichard comme compagnon, il r\u00e9pond : \u00ab\u00a0Je serai tr\u00e8s heureux d&rsquo;\u00eatre avec lui. Il peut venir \u00e0 Boundiali en toute paix et joie. Je ferai tout pour qu&rsquo;il puisse s&rsquo;\u00e9panouir dans l&rsquo;option qu&rsquo;il a faite et j&rsquo;aurais s\u00fbrement \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier \u00e9norm\u00e9ment de sa pr\u00e9sence.\u00a0\u00bb (04\/08\/80) \u00ab\u00a0Avec Bernard Guichard, nous faisons excellente \u00e9quipe. Il est tr\u00e8s proche des gens, des petits surtout, et s&rsquo;en va souvent cultiver avec eux, ce qui n&rsquo;a pas toujours le don de plaire \u00e0 Mgr. [\u2026] Evidemment cela ne correspond pas n\u00e9cessairement avec une certaine image du pr\u00eatre &lsquo;bien rang\u00e9&rsquo;.\u00a0\u00bb (26\/04\/82)<\/p>\n<p>Oh, bien s\u00fbr, des difficult\u00e9s et des jours sombres, il en a rencontr\u00e9s, comme ce malheureux en mobylette qui vient buter contre sa voiture et qui meurt sur le coup, (il doit dormir une nuit au commissariat pour \u00eatre prot\u00e9g\u00e9), ou ce jeune gar\u00e7on qui faisait partie d&rsquo;un groupe qu&rsquo;il avait accompagn\u00e9 au bord de la rivi\u00e8re et qui se noie presque sous ses yeux. Il \u00e9crit alors: \u00ab\u00a0Le Seigneur marque de sa pr\u00e9sence le chemin que nous essayons de tracer pour son royaume.\u00a0\u00bb (28\/05\/84)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 10 ans de pr\u00e9sence, il est nomm\u00e9 \u00e0 Sirasso o\u00f9 il trouvera deux s\u0153urs italiennes qui s&rsquo;occupent du dispensaire de la localit\u00e9, une s\u0153ur fran\u00e7aise et \u00ab\u00a0trois cat\u00e9chistes avec lesquels on peut travailler\u00a0\u00bb. (19\/11\/84) \u00ab\u00a0J&rsquo;ai pu mettre sur pied quelques projets : cr\u00e9ation d&rsquo;un moulin \u00e0 farine de ma\u00efs et d&rsquo;un autre \u00e0 d\u00e9cortiquer le riz, construction de deux petites \u00e9glise \u00e0 Dagbo et Sakp\u00e9m\u00e9, cr\u00e9ation de deux groupes de culture attel\u00e9e avec chacun cinq paires de b\u0153ufs ; les s\u0153urs ont pu cr\u00e9er un centre de formation pour les jeunes mamans.\u00a0\u00bb (17\/05\/87) Comme il y a des b\u0153ufs qui cr\u00e8vent dans les villages, il cherche \u00e0 former un petit v\u00e9t\u00e9rinaire. Il cr\u00e9e \u00e9galement \u00e0 Sirasso un centre d&rsquo;alphab\u00e9tisation.<\/p>\n<p>Il envoie maintenant des circulaires, car, dit-il, il est pris par le temps pour r\u00e9pondre \u00e0 chacun. Les dates varient : mai 89, juillet 90, avril 91. Toutes t\u00e9moignent de son ardeur au travail, du d\u00e9veloppement de la mission, des probl\u00e8mes qu&rsquo;il rencontre, de sa sant\u00e9 qui a souvent de petits accrocs. Dans plusieurs lettres, il parle de ses probl\u00e8mes de dos. \u00ab\u00a0C&rsquo;est t\u00f4t le matin que je pars dans les villages afin de rencontrer tout le monde dans une petite fra\u00eecheur avant qu&rsquo;ils ne partent au travail. Le balafon r\u00e9sonne, on se rassemble pour une petite cat\u00e9ch\u00e8se, toute faite d&rsquo;exemples concrets, d&rsquo;interrogations, de mises en \u00e9veil\u2026 car nos braves gens ne sont pas de grands intellectuels et tout se vit \u00e0 essayer de rencontrer le Christ et d&rsquo;en vivre. Puis viennent les probl\u00e8mes du villages, [\u2026] quantit\u00e9 de petites choses qui demandent \u00e9coute et patience. Il est souvent midi lorsque je reprends la route qui m&rsquo;a amen\u00e9 au village.\u00a0\u00bb (29\/04\/91)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois que tout s&rsquo;est jou\u00e9 le jour o\u00f9 j&rsquo;ai mieux pris conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;adjoindre le souci du d\u00e9veloppement \u00e0 la pr\u00e9occupation de l&rsquo;Evangile. Et nos braves gens ont alors compris que l&rsquo;Evangile, c&rsquo;\u00e9tait aussi le bonheur humain qu&rsquo;il visait et que l&rsquo;Eglise n&rsquo;avait pas qu&rsquo;une parole \u00e0 donner, mais aussi un bien-\u00eatre \u00e0 procurer.\u00a0\u00bb (04\/05\/92) C&rsquo;est pourquoi il est de plus en plus investi dans la culture attel\u00e9e. En 1993, le Conseil provincial lui propose d&rsquo;\u00eatre responsable de Chaponost pour 1993. Il donne toutes les raisons pour expliquer qu&rsquo;il n&rsquo;est pas l&rsquo;homme de la situation.<\/p>\n<p>En 1994, il rentre malade, affaibli, doit subir une op\u00e9ration du c\u0153ur, double pontage ; il a besoin d&rsquo;un bon repos en famille. Le Conseil lui propose d&rsquo;aller seconder le p\u00e8re Bellut \u00e0 Baillarguet, mais il a des contr\u00f4les r\u00e9guliers et h\u00e9site \u00e0 accepter. Il subit une nouvelle op\u00e9ration en novembre 1994 et devient auxiliaire de son fr\u00e8re Willy \u00e0 la paroisse de Terwagne. \u00ab\u00a0Nous vivons tous les deux au rythme de toutes les nouvelles qui nous viennent du Congo et de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire. Et cela maintient notre sens missionnaire. Comme preuve, je pourrais dire, par exemple, que cette semaine, nous avons re\u00e7u 13 lettres d&rsquo;Afrique.\u00a0\u00bb (28\/04\/99)<\/p>\n<p>La sant\u00e9 de son fr\u00e8re Willy se d\u00e9grade peu \u00e0 peu. Il meurt le 8 octobre 2003 \u00e0 Terwagne. Apr\u00e8s ce d\u00e9c\u00e8s, il reste \u00e0 Terwagne pour desservir la paroisse. Il envoie r\u00e9guli\u00e8rement des nouvelles. Autrefois, il le faisait par \u00e9crit, maintenant, il le fait par mail : il s&rsquo;est mis \u00e0 l&rsquo;ordinateur avec ses neveux. Il aimait communiquer et il aimait quand on l&rsquo;appelait sur Skype. Ses noces d&rsquo;or, il les avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 Ave, ses noces de diamant, il les a c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 Terwagne. Pour ses 60 ans de sacerdoce, il demande \u00e0 la Province de lui offrir un appareil photo num\u00e9rique, dont il entend payer une partie. Cette f\u00eate a lieu le 18 f\u00e9vrier 2007, le jour o\u00f9 la SMA c\u00e9l\u00e8bre en Belgique le 150e anniversaire de la Soci\u00e9t\u00e9. Le 15 septembre 2008, il quitte Terwagne pour une maison de repos, \u00e0 M\u00e9hagne.<\/p>\n<p>Les derniers jours de sa vie, il les passera \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital des Bruy\u00e8res, \u00e0 Li\u00e8ge. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il d\u00e9c\u00e8de le 20 janvier 2010. Il avait 87 ans. Pierre Nicolas, l&rsquo;un de ses nombreux neveux, \u00e9crit: \u00ab\u00a0Le p\u00e8re Georges Lejeune, de la Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de la foi cet apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s un court s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 87 ans. J&rsquo;ai eu personnellement la grande chance, hier soir, de dire un dernier chapelet avec lui, et de recevoir sa b\u00e9n\u00e9diction.\u00a0\u00bb (20\/01\/2010) La messe d&rsquo;enterrement a eu lieu \u00e0 Vis\u00e9, non pas dans la coll\u00e9giale de son ordination actuellement en r\u00e9fection, mais dans une autre \u00e9glise de la commune. Une famille venue en grand nombre, une assistance tr\u00e8s nombreuse et tr\u00e8s priante, une c\u00e9r\u00e9monie pr\u00e9par\u00e9e dans le moindre d\u00e9tail, des t\u00e9moignages \u00e9mouvants, six confr\u00e8res sma dont deux venus de Hollande, autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui permettent de r\u00e9aliser la place que tenait le p\u00e8re Georges dans le c\u0153ur et la vie de chacun et de mesurer le vide que laisse son d\u00e9part.<\/p>\n<p>______________________________<\/p>\n<p>Quelques lignes \u00e0 m\u00e9diter<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour moi, je continue dans la joie cette enthousiasmante vie missionnaire. Il me semble que les c\u0153urs s&rsquo;ouvrent et que d\u00e9j\u00e0 se dessine une esp\u00e9rance au c\u0153ur de ceux pour qui je suis venu \u00e0 Boundiali. Ma souffrance, c&rsquo;est de ne pouvoir faire plus. Seul, ce n&rsquo;est pas facile, et mes petits moyens ne soulagent gu\u00e8re que quelques pauvres. Mais au moins, ils me savent si proches d&rsquo;eux. Que de fois, \u00e0 travers le peu que je pouvais leur donner, il m&rsquo;a sembl\u00e9 qu&rsquo;ils se sentaient si heureux d&rsquo;\u00eatre &lsquo;reconnus&rsquo;, revaloris\u00e9s par l&rsquo;attention que je leur portais. Aimer quelqu&rsquo;un pour ce qu&rsquo;il est, c&rsquo;est le vouloir pleinement lui-m\u00eame. Et, en \u00e9tant eux-m\u00eames, ces braves gens ont tant \u00e0 nous apprendre. Quand je les vois pench\u00e9s sur leurs terres, pli\u00e9s sur le sol ou debout sous un soleil de plomb, et ce, en d\u00e9pit d&rsquo;une r\u00e9colte si peu prometteuse ou d&rsquo;une faim toujours mena\u00e7ante, je ne peux r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;angoisse de tout faire pour les aider, les sortir de l&rsquo;impasse, leur donner la joie\u2026 ou tout au moins l&rsquo;amour qu&rsquo;a d\u00e9pos\u00e9 en chacun de nous l&rsquo;Esprit du Christ\u2026 ce grand r\u00e9volutionnaire de l&rsquo;Amour.\u00a0\u00bb<br \/>Georges Lejeune (Boundiali, 15\/12\/1979)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une longue vie commen\u00e7ait: vie avec les pauvres et une culture qui, au d\u00e9part, nous \u00e9tait tellement \u00e9trang\u00e8re, mais qui s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e si riche de tout ce qu&rsquo;elle nous a communiqu\u00e9. Qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9 par cette mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre africaine, toute parsem\u00e9e de convivialit\u00e9, de joie, de calme et d&rsquo;un sens extraordinaire de la vie? [\u2026] L&rsquo;Afrique, c&rsquo;est la vie! cette vie au ras du sol, o\u00f9 le sourire traverse les plus grands d\u00e9nuements et o\u00f9 le Seigneur trouve un terrain tellement mieux en accord avec les B\u00e9atitudes qui chantent l&rsquo;esp\u00e9rance. Je suis la voie, la v\u00e9rit\u00e9, la vie.\u00a0\u00bb<br \/>Georges Lejeune (Terwagne, 05\/03\/1997)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans une situation de pr\u00eatre pensionn\u00e9, le charisme missionnaire est toujours aussi pr\u00e9sent, mais ne peut gu\u00e8re s&rsquo;exercer de fa\u00e7on quelque peu apparente. C&rsquo;est une question de dynamisme int\u00e9rieur qui ne rayonne qu&rsquo;\u00e0 travers une forme de conviction intime qui s&rsquo;exprime par une certaine fa\u00e7on de parler, et un certain rayonnement fait de joie, de dynamisme et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, qui prend sa source dans une assurance en Celui qui a \u00e9t\u00e9 notre force au cours de toutes nos ann\u00e9es de vie missionnaire en Afrique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ne pouvant plus retourner en Afrique, j&rsquo;ai maintenu un gros courrier avec un bon nombre de correspondants (plus d&rsquo;une centaine) de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re. Seuls, les douloureux \u00e9v\u00e9nements de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire sont venus interrompre tous ces liens scripturaires. [\u2026] L&rsquo;ordinateur\u2026, voil\u00e0 un pr\u00e9cieux instrument pour ceux de la diaspora qui ont l\u00e0 un moyen merveilleux de rester un peu en contact avec tous ceux qu&rsquo;il n&rsquo;ont plus la foie de voir et de rejoindre autrement.\u00a0\u00bb<br \/>Georges Lejeune, Terwagne, mars 2007<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avions conscience d&rsquo;\u00eatre avec un homme vrai, attentif, bienveillant, se dispensant de juger. A son contact, on se sentait grandi par un regard qui voit en avant, par une parole qui remet debout, par un geste qui dit le tout d&rsquo;un amour sinc\u00e8re, d\u00e9pourvu d&rsquo;arri\u00e8re-pens\u00e9e, toujours prompt \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;autre dans la joie de la reconnaissance d&rsquo;une diversit\u00e9. Sa longue carri\u00e8re africaine, \u00e0 laquelle pourtant son temp\u00e9rament ne l&rsquo;avait pas pr\u00e9par\u00e9, lui a permis de r\u00e9v\u00e9ler un homme d&rsquo;une \u00e9toffe exceptionnelle, qui produisait une lumi\u00e8re continue, bienfaisante. Qui n&rsquo;a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de son rayonnement? [\u2026] Nous qui avons des yeux pour voir, reconnaissons qu&rsquo;il nous a montr\u00e9 que l&rsquo;incarnation du Seigneur se fait au quotidien par le truchement de nos pauvres enveloppes charnelles, illumin\u00e9es par l&rsquo;Esprit.\u00a0\u00bb<br \/>Un de ses neveux<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 20 mai 1922 \u00e0 Wavre (Belgique)dans le dioc\u00e8se de Malines-Bruxellesmembre de la SMA le 20 juillet 1943pr\u00eatre le 7&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":505,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-506","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=506"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/506\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4713,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/506\/revisions\/4713"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/505"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=506"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}