{"id":974,"date":"2015-01-22T10:04:47","date_gmt":"2015-01-22T10:04:47","guid":{"rendered":"https:\/\/bkpdefunts.smainternational.info\/?p=974"},"modified":"2015-01-22T10:04:47","modified_gmt":"2015-01-22T10:04:47","slug":"monsieur-michel-boillon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/?p=974","title":{"rendered":"Monsieur Michel BOILLON"},"content":{"rendered":"<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon<\/strong><\/p>\n<table style=\"height: 17px; width: 874px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>n\u00e9 le 1er novembre 1918 \u00e0 Russey<br \/>dans le dioc\u00e8se de Besan\u00e7on, France<br \/>novice des Missions Africaines<br \/>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 5 mai 1942<\/td>\n<td>\n<p>1938-1939 Lyon, noviciat (non termin\u00e9)<\/p>\n<p>1939 mobilis\u00e9 et fait prisonnier<br \/>rapatri\u00e9 comme grand malade<br \/>1942 Toulouse, h\u00f4pital<\/p>\n<p>d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Toulouse, France, le 5 mai 1942,<br \/>\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Monsieur l\u2019abb\u00e9 Michel BOILLON (1918 &#8211; 1942)<\/p>\n<p>Enfance et jeunesse<\/p>\n<p>Michel BOILLON est n\u00e9 le 1er novembre 1918 \u00e0 la ferme des \u00ab Fournots du Bas \u00bb au Russey (Doubs). Fils de Adelphe Boillon et de Rose Marguerite Gaume, il est le septi\u00e8me enfant d\u2019une famille qui en comptera huit. Deux filles deviendront religieuses chez les s\u0153urs de la Charit\u00e9 de Ste Jeanne Antide Thouret. Sa famille lui donne le sens de la terre, de l\u2019effort et du travail, mais aussi la foi re\u00e7ue au c\u0153ur de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Il fr\u00e9quente l\u2019\u00e9cole primaire des fr\u00e8res maristes au Russey. En octobre 1930, il entre au petit s\u00e9minaire N.Dame de Consolation o\u00f9 il reste jusqu\u2019en 1936. \u00ab On recherchait sa compagnie parce qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s vivant, heureux de faire plaisir, ami fid\u00e8le sur lequel on pouvait compter \u00bb.<\/p>\n<p>Aspirant missionnaire<\/p>\n<p>De 1936 \u00e0 1938, il est au grand s\u00e9minaire de philosophie \u00e0 Faverney. C\u2019est de l\u00e0 qu\u2019il exprime son d\u00e9sir d\u2019entrer aux Missions Africaines, sans doute encourag\u00e9 par son cousin, le P\u00e8re Maxime Gaume, qui avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 Lyon le 7 janvier 1937. Comme il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9tudi\u00e9 la philosophie il ne va pas \u00e0 Chanly en Belgique, o\u00f9 les candidats aux Missions Africaines devaient combiner les deux ann\u00e9es de philosophie avec le noviciat, mais il est admis au Grand S\u00e9minaire \u00e0 Lyon le 5 octobre 1938. En m\u00eame temps que sa premi\u00e8re ann\u00e9e de th\u00e9ologie, il devait faire une ann\u00e9e compl\u00e8te \u00ab de probation \u00bb qui lui servirait de noviciat. Le 4 ao\u00fbt 1939, il fait sa demande afin \u00ab d\u2019\u00eatre admis \u00e0 prononcer le premier serment temporaire \u00bb. Mais vers le 25 ao\u00fbt, il doit rentrer pr\u00e9cipitamment en famille \u00e0 cause de la guerre. Il pr\u00e9voit retourner au s\u00e9minaire dans les quinze jours afin de ne pas interrompre son ann\u00e9e de noviciat. Le 16 septembre 1939, le Sup\u00e9rieur du s\u00e9minaire lui envoie une lettre lui conseillant d\u2019arriver quelques jours avant la rentr\u00e9e pr\u00e9vue pour le 3 octobre, mais c\u2019est Adelphe Boillon, le papa de Michel, qui le 22 septembre r\u00e9pond \u00e0 la lettre destin\u00e9e \u00e0 son fils : \u00ab Je viens vous pr\u00e9venir qu\u2019il est mobilis\u00e9, ainsi que tous les sursitaires depuis samedi (15 septembre). Il rejoignait son r\u00e9giment \u00e0 Cosne (Ni\u00e8vre). Aussit\u00f4t que nous aurons de ses nouvelles, nous lui exp\u00e9dierons votre lettre afin qu\u2019il puisse vous donner de plus amples renseignements \u00bb.<\/p>\n<p>La guerre<\/p>\n<p>Durant la guerre, il griffonne quelques notes sur des petits carnets et fait un r\u00e9cit sommaire de sa campagne. D\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Chalons le 20 mai 1940, le 26 il est sur la Marne o\u00f9 il prend position dans des cases de feuillage. \u00ab Le 12 juin, le pont saute et nous attendons. Le 13 juin, les Allemands sont au village et tirent depuis les fen\u00eatres et les granges : on en aper\u00e7oit \u00e0 trente m\u00e8tres de nous. L\u2019apr\u00e8s-midi l\u2019artillerie nous appuie ; un bruit de chars, des hommes qui chantent\u2026 Nous recevons l\u2019ordre de repli. La marche est p\u00e9nible car nous avons une charge excessive, nous emportons tout sur le dos. 14 juin, depuis une heure du matin, nous avons march\u00e9 toute la journ\u00e9e \u00e0 la boussole \u00e0 travers champs, bois et villages d\u00e9serts. Les Allemands nous surprennent l\u2019arme \u00e0 la bretelle, ils nous d\u00e9sarment et nous suivons une route encaiss\u00e9e pendant que, sur la colline, la bataille continue, et que les balles sifflent sur nos t\u00eates. \u00bb Corbie, Laon, Tr\u00eaves, Berlin : le wagon clos roule vers l\u2019est dans l\u2019inconnu. C\u2019est enfin l\u2019arr\u00eat d\u00e9finitif dans un petit bourg de Meclembourg.<\/p>\n<p>\u00ab Le petit carnet r\u00e9v\u00e8le les premi\u00e8res solitudes, l\u2019attente des lettres, le monotone travail des champs, dans une ferme o\u00f9 gardien et ma\u00eetre changent souvent. Le 3 d\u00e9cembre, il a re\u00e7u une lettre de sa famille et un colis : joie immense qui rompt ses incertitudes. Le 15, c\u2019est une messe\u2026 et puis les feuillets reproduisent l\u2019emploi du temps : charger des betteraves ou de l\u2019engrais, \u00e9carter des scories et de la chaux, battre par le froid de janvier les meules de seigle et d\u2019orge. On y sent quelquefois la lassitude, mais toujours aussi un arri\u00e8re-fonds d\u2019optimisme, de patience, d\u2019esp\u00e9rance \u00bb.<\/p>\n<p>Un jour, sa sant\u00e9 ne lui permet plus les gros travaux. Il quitte les camps d\u2019Allemagne le samedi 7 juin 1941. Le 17 juin, depuis l\u2019h\u00f4pital militaire d\u2019Agen, il envoie des nouvelles au Sup\u00e9rieur du S\u00e9minaire des Missions Africaines \u00e0 Lyon : \u00ab Je crois pouvoir vous dire que je suis atteint aux poumons, mais je ne sais pas \u00e0 quel degr\u00e9. De plus je souffre de l\u2019estomac, de tout l\u2019appareil digestif. Enfin quels seront les r\u00e9sultats ? Je l\u2019ignore. Je me remets enti\u00e8rement entre les mains de Dieu. Fiat voluntas tua \u00bb. Plus tard alors que le mal s\u2019aggrave encore, il est admis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Toulouse.<\/p>\n<p>\u00ab Nul ne conna\u00eet les intimes souffrances de ces neuf mois d\u2019h\u00f4pital dans une salle commune. On saura seulement l\u2019espoir qu\u2019il avait de convertir par sa souffrance au moins un petit noir. Une nuit, il appelle un voisin et lui demande avec insistance un pr\u00eatre : supr\u00eame appel, supr\u00eame pri\u00e8re\u2026 Dieu seul fut le t\u00e9moin de son offrande \u00bb. C\u2019\u00e9tait le 5 mars 1942. Le 10 mars 1942, il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re de Lardenne \u00e0 Toulouse. D\u00e8s l\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s son papa et son fr\u00e8re se sont rendus \u00e0 Toulouse. \u00ab Quelques jours apr\u00e8s, ils s\u2019agenouillaient aux pieds d\u2019une humble croix de bois, sur le tertre de terre remu\u00e9e o\u00f9 repose dans la paix ce grand enfant qu\u2019avait enthousiasm\u00e9 un grand r\u00eave missionnaire \u00bb.<\/p>\n<p>Le 5 avril 1942, son corps fut ramen\u00e9 dans son village natal au Russey o\u00f9 il repose dans la tombe familiale. Son nom est inscrit sur le monument aux morts sur la place du village.<\/p>\n<p>(Les citations sont tir\u00e9es de \u00ab\u00a0Fr\u00e8res d&rsquo;Armes\u00a0\u00bb d&rsquo;un article de Robert Chopard-Lallier.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soci\u00e9t\u00e9 des Missions Africaines \u2013 Province de Lyon n\u00e9 le 1er novembre 1918 \u00e0 Russeydans le dioc\u00e8se de Besan\u00e7on, Francenovice des Missions Africainesd\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 5 mai 1942 1938-1939 Lyon,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-974","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-necrologe-sma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=974"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/974\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.defunts.smainternational.site\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}