Société des Missions Africaines (SMA)

Internationale

Le Père Alexandre GAIGNOUX

Société des Missions Africaines –Province de Lyon

GAIGNOUX Alexandre né le 5 février 1902 à Saint-Erblon
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 29 juillet 1925
prêtre le 7 juillet 1929
décédé le 30 mars 1972

1929-1972 missionnaire en Egypte

nommé archimandrite le 30 mai 1970

décédé à Héliopolis, Egypte, le 30 mars 1972,
à l’âge de 70 ans

Le père Alexandre GAIGNOUX (1902 – 1972)

Né le 5 février 1902 à Saint-Erblon, localité située à une dizaine de kilomètres au sud de Rennes, le jeune Alexandre y fréquente l’école primaire, avant de continuer ses études secondaires au séminaire de Pont-Rousseau, près de Nantes, puis à celui de Saint-Priest, dans la région lyonnaise. Il entre au noviciat de Chanly le 29 septembre 1923 et, le 29 juillet 1925, malgré une santé délicate, il devient membre des Missions Africaines.

Le 1er octobre 1925, il rejoint le séminaire du « 150 » à Lyon, mais, dès le mois d’août 1926, il est appelé sous les drapeaux à Rennes où, pour raison de santé, il ne restera que quelques mois. Il retourne alors au 150 où il poursuit ses études et sa formation avec application. Fatigué, il doit se reposer 3 semaines à La Croix-Valmer, avant d’être ordonné prêtre, le 7 juillet 1929.

Ses problèmes de santé, rhumatismes articulaires, mauvaise circulation du sang, complications au cœur, le désignent pour l’Egypte qu’il doit rejoindre en septembre, mais une malencontreuse chute de vélo, survenue l’avant-veille de son départ, ne lui permet de prendre le bateau – le Champollion – que le 12 novembre 1929.

D’abord destiné au collège de Tanta, il est finalement chargé de l’aumônerie d’un pensionnat de jeunes filles, chez les sœurs de la Délivrande, à Héliopolis. Il doit s’occuper aussi du patronage des enfants : Au pensionnat, on compte 125 élèves dont seulement 35 à 40 catholiques et une douzaine de petites à préparer à la première communion. Elles sont divisées en 3 cours et chaque jour, je fais le catéchisme à l’un de ces cours.

En 1930, le père devient également aumônier du collège des frères à Héliopolis. Le 16 juillet 1931, une vilaine dysenterie l’oblige à revenir en France. Ce confrère, toujours plus ou moins souffrant, écrit le père Pagès, n’a pu s’acclimater. Je le vois partir avec beaucoup de regret.

Le docteur de Lyon l’envoie se reposer chez lui, à Chatillon-sur-Sèche. Le 4 novembre de la même année, il peut cependant regagner l’Egypte et reprendre à Héliopolis, son service avec ponctualité, gentillesse, compétence, discrétion, sans faire parler beaucoup de lui. Ce sera, d’ailleurs, la marque de sa vie, au point qu’il est peu question de lui.

En août 1933, nouvelle crise de dysenterie qui fait craindre un nouveau retour en Europe. Il s’en remet et retrouve ses différents services, auxquels il ajoute, en 1934, celui d’un cercle de jeunes et celui de vicaire à la paroisse.

En septembre 1939, il est mobilisé dans le service auxiliaire, mais il est vite réformé et revient à Héliopolis. Il y reprend ses activités : on lui confie également un groupe de croisés et, en 1945, une aumônerie chez les sœurs du Sacré-Cœur.
Jusqu’à sa mort, en 1972, le père Gaignoux restera à Héliopolis où il continuera toujours à faire consciencieusement son travail, sans faire beaucoup parler de lui. On en parlera toutefois en 1948, car il sera renversé par un taxi avec fracture du bras gauche, de nombreuses contusions qui ne l’empêcheront pas d’assurer, malgré tout, son service… On en parlera encore en 1954, lorsqu’il deviendra supérieur, curé de la basilique d’Héliopolis et vicaire général, et on en parlera surtout en 1956, lorsqu’à la suite de la protestation lue dans toutes les églises contre la suppression des tribunaux religieux, il sera emprisonné quelque temps, avec monseigneur Boucheix, vicaire apostolique d’Héliopolis, monseigneur Elias Zoghby, évêque grec catholique, et le père Chotard. En 1960, il est supérieur régional par intérim, vicaire délégué, supérieur et curé d’Héliopolis.

En mai 1970, un événement surprend le Père : Au cours d’une réception où se trouvaient réunis des prélats de plusieurs rites, tant orthodoxes que catholiques, sa Béatitude Maximos V Hakim, le nomme archimandrite,
vu ses services rendus pendant 40 ans à la chrétienté et spécialement à la jeunesse,
vu son amour pour son Eglise grecque Melkite catholique,
vu son souci constant et efficace des vocations dans les rites orientaux,
vu l’approbation de son ordinaire.

Mais son état de santé va progressivement s’aggraver : en octobre 1971, le père Dubois, régional, écrit : Le père Gaignoux a été prévenu, enfin, de son état. Il veut demeurer debout à son poste, tant qu’il en aura encore la force. Le 29 janvier 1972, Monseigneur Hubert rappelle qu’à son retour de congé en France, le père toussait trop, mangeait moins bien, avait parfois des nausées et des vertiges. A Pâques 1971, écrit-il, je le trouvais toujours fatigué et se traînant durant les offices. Puis, le père provincial m’annonça que le père Gaignoux était atteint d’un cancer aux poumons déjà bien avancé. Depuis 2 semaines, continue monseigneur Hubert, il n’a pu se lever. Il a accepté d’être transporté à l’hôpital italien, mais il a voulu recevoir auparavant, devant ses confrères présents, l’huile des malades et le viatique.

Son décès survient le 30 mars 1972. A 19 heures, écrit monseigneur Hubert, il fut transporté à la Basilique. Le 31, il eut des funérailles solennelles. Sa Béatitude, le patriarche copte, les évêques des divers rites, plus de 70 prêtres, beaucoup de religieux, religieuses, le consul de France représentant l’ambassadeur, et l’église remplie de fidèles. Monseigneur Hubert prononça l’homélie. Le père est enterré dans le caveau des Missions Africaines, au cimetière de l’Abbassia.

Le père Hardy, supérieur général, écrit à monseigneur Hubert : Ce qui m’a frappé en lui, c’est son amour profond pour son pays d’adoption, l’ampleur et la multiplicité de ses contacts, sa grande bonté et sa grande sérénité. Il était prêt à s’effacer comme il l’a prouvé en actes. Un bel exemple missionnaire ! Ainsi se sont offerts les Anciens !