Société des Missions Africaines (SMA)

Internationale

Le père Gérard Landais



En juillet 1959, il est arrêté une année pour être surveillant à Pont-Rousseau : « Cette année apportera certes un retard à vos études, mais d’une part vous n’avez pas à faire de service militaire, et d’autre part elle ne sera pas inutile à votre formation et pourra même être pour vous une précieuse expérience dans la mesure où vous y mettrez tout votre cœur. » (04/06/59)

Avant son ordination, on note : « un peu timide […]bon second. » (21/04/61)

                                 Premier serment temporaire         16/07/1957
                                 Serment perpétuel                         29/06/1961
                                 Sous-diaconat                               30/06/1961
                                 Diaconat                                        24/09/1961
                                 Ordination                                     06/01/1962

On trouve une note de lui écrite en 1962 peu après son ordination : « Si mon ordination n’avait été qu’une cérémonie affective et sentimentale, c’est que je n’aurais rien compris au sacerdoce. A-t-elle été un point de départ pour un engagement net et précis ? C’est plutôt une continuation, un approfondissement. On ne s’engage dans la voie du sacerdoce du jour au lendemain, sur un coup de tête. La vocation mûrit lentement et ce n’est que peu à peu qu’on découvre toute la beauté du sacerdoce. Prêtre, j’expérimente avec plus d’acuité combien c’est exigeant : les faiblesses sont là comme avant. On veut mener les autres au Christ, alors que soi-même on a tant de difficultés à être vraiment chrétien. La pensée de mon ordination, de la messe de chaque jour m’aide beaucoup à ne pas relâcher mes efforts pour mener une vie plus authentiquement chrétienne. »

1963-1964, M’Bahiakro (Bouaké) – Vicaire
L’année 1962-1963, il fait une année de pastorale à Saint-Etienne.
1964-1975, Sakassou (Bouaké) – Vicaire puis curé ; en 1973
Une lettre pendant son congé de 1967 signale que le docteur lui a conseillé de bien se reposer, car il a parfois des moments de vertige.
Il fait le recyclage à l’Arbresle à l’automne 1973
Son papa et sa maman décèdent la même année, en 1973. A la fin de son stage à l’Arbresle, la Province lui propose d’être le responsable des foires en France. « Je me vois très mal dans la peau d’un responsable de foires, et puis ta proposition arrive un peu tard. J’ai déjà tout prévu pour mon retour en Côte d’Ivoire ; […] mes cantines sont déjà expédiées. » (13/12/73)
1975-1980, Dimbokro (Yamoussoukro) – Vicaire
« Ici tout va bien ; ce n’est pas le travail qui manque car Dimbokro avec ses 35000 habitants, ses écoles, ses collèges, est tout de même un gros morceau. Et il y a aussi les 71 villages de brousse. L’entente avec André Guéret e Francis Verger est excellente et c’est important quand dans une mission l’équipe est bien soudée. » (18/10/76)
Le père Verger meurt à l’automne 1979 : ils restent deux dans la mission. Il rentre en congé en 1980, et c’est à son retour qu’il est nommé à M’Batto.
1980-1985, M’Batto (Yamoussoukro) – Curé
Pendant son congé en 1985, il est opéré d’une hernie ; il a souvent mal au dos. Il prolonge son congé et on découvre en novembre 1985 qu’il a une déformation de la colonne vertébrale. Il compte repartir en Côte d’Ivoire vers la fin janvier 1986, mais il devra être prudent avec la voiture ; pas trop de tôle ondulée !
1985-2000, Dimbokro – Vicaire
1992-1993, il est prévu pour une année sabbatique à l’AFM, avec logement à Crillon. Finalement, il écrit à la Province qu’il a changé d’avis, et d’ailleurs avec les confrères qui partent en congé, il lui est difficile de partir aussi.
En 1997, en arrivant en congé, petit arrêt à la rue Hidalgo.

2002-2003, 150 – fait un recyclage à Lyon
Sa dernière lettre date du 22 mai 2002 avant de quitter Dimbokro pour la dernière fois.
C’est lui qui demande, à la fin de son recyclage, à ne pas retourner dans le diocèse de Yamoussoukro ; voilà pourquoi on va le retrouver dans le diocèse de San Pedro.
2003-2008, San Pedro – en paroisse à partir de septembre



Homélie pour Gérard Landais. 21.01.2026.
Les deux textes de la Parole de Dieu que nous venons de lire, je les ai choisi pour illustrer la vie missionnaire de Gérard. Deux textes qui disent bien ce qu’il a été, ce qu’il a voulu vivre au milieu de nous en fidélité à son engagement baptismal et religieux.
Le premier texte, celui de la première lettre de Saint Paul apôtre aux Thessaloniciens est le témoignage d’une jeune communauté chrétienne qui vit l’Evangile dans son premier élan. La communauté est très soudée et fraternelle et chacun a le souci des autres.
Gérard pendant ses 43 ans de vie missionnaire en Côte d’Ivoire a connu ce genre de communauté, très enthousiaste à suivre le Christ. A Dimboko, où il a travaillé 20 ans, il avait 71 villages à visiter régulièrement.
Saint Paul, sachant les fragilités d’une communauté qui débute, fortifie la foi des chrétiens de Thessalonique. Il veut la rendre solide, bien ancrée dans la réalité de ce qu’ils vivent.
Saint Paul réaffirme avec conviction que le chrétien est habité en permanence par l’espérance. L’inquiétude c’est le lot de ceux qui n’ont pas d’espérance. « Il ne faut pas que soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance ». L’espérance c’est le Christ lui-même, le Christ qui est le socle de la foi, une espérance qui surpasse toutes les épreuves même celle de la mort.
Gérard n’avait pas la fougue ni l’autorité de Saint Paul auprès de ses communautés, il était plutôt effacé, timide diront même certains mais il avait le même souci de consolider la foi fraîchement acquise de ceux qui avaient choisi le chemin de Jésus.
Il conseillait beaucoup comme savent le faire les sages qui ont acquis l’expérience au fils des années. Dans ses dernières années d’Afrique à San Pedro, il sortait peu dans les villages à cause de sa santé défaillante mais il allait simplement au coin de la rue avec sa chaise pour y rester des heures entières. Là, il rencontrait ceux qui avaient besoin d’être écoutés, d’être consolés, d’être encouragés, d’être fortifiés.
Il avait une grande patience. Au cours de sa formation, les éducateurs notaient déjà cette qualité qui ne la quittera jamais. Un proverbe touareg dit que « Au bout de la patience il y a le ciel » et le proverbe Turc d’ajouter : « la patience mène à bien et la précipitation à mal ».
Gérard n’a jamais rien précipité, il n’a jamais été de ceux qui se mettent en avant et au- devant pour entrainer les foules. Il a préféré être au milieu, avec les gens, au cœur de leur quotidien sans bousculer quoi que ce soit, marchant au rythme qui était le leur.
Il y a peu d’écrits de Gérard. Un secrétaire provincial a même constaté que c’est le dossier le plus mince des confrères de la Province mais j’ai trouvé quelques lignes à la pensée très profonde qui reflète sa grande patience : Il parle de son sacerdoce.
« Si mon ordination sacerdotale, écrit-il, n’avait été qu’une cérémonie affective et sentimentale, c’est que je n’aurais rien compris au sacerdoce. A-t-elle été un point de départ pour un engagement net et précis ? C’est plutôt une continuation, un approfondissement. On ne s’engage pas dans la voie du sacerdoce du jour au lendemain, sur un coup de tête. La vocation mûrit lentement et ce n’est que peu à peu qu’on découvre toute la beauté du sacerdoce. Prêtre, j’expérimente avec plus d’acuité combien c’est exigeant : les faiblesses sont là comme avant, on veut mener les autres au Christ, alors que soi-même on a tant de difficultés à être vraiment chrétien. »
Le tout de ce qu’était Gérard est ici dans ses mots très simples et très ordinaires.
« Restez en tenue de service » disait Jésus à ses disciples. Gérard n’a pas eu d’autres tenues. Du matin au soir, avec patience, il a voulu exercer son sacerdoce dans la simplicité avec ses talents, ses fragilités et même avec ses handicaps comme sa surdité qui ne l’a pas exclu mais qui l’a aidé à être présent autrement au milieu de nous.
En paraphrasant un proverbe Malinke je peux dire que « s’il n’a pas entendu le tonnerre, il a vu la pluie ». Son œil a souvent servi d’oreille et son sourire pour dire qu’il avait tout entendu.
Il dépose sa tenue de service aujourd’hui. Qu’il soit servi à son tour par le Maitre au banquet du Royaume.
Amen.

Michel Cartatéguy.