Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le père André GUÉRET
Né le 15 janvier 1925 à Landivisiau (diocèse de Quimper)
Ordonné prêtre le 11 février 1949
De 1949 à 1952, à Rome étudiant en théologie et en Écriture Sainte
De 1952 à 1956, à Lyon, professeur au grand séminaire
De 1956 à 1959, à Ouidah, professeur au grand séminaire
De 1959 à 1962, à Lyon, professeur au grand séminaire
De 1962 à 1970 , à Ouidah, professeur au grand séminaire
De 1970 à 1971, à Sgbohoué (Cotonou), responsable
De 1971 à 1974, à Parakou, professeur au séminaire
De 1974 à 1976, à Cape Coast, professeur au grand séminaire
De 1976 à 1988, à Rome, minutante
à la Congrégation pour l’évangélisation des peuples
De 1988 à 1996 : à Ouidah, professeur au grand séminaire
Depuis 1996, à Montferrier.
Décédé le vendredi 3 juin 2022
à l’âge de 91 ans à Montferrier
Ses funérailles ont été célébrées
le mercredi 8 juin 2022 à 10 h
en la chapelle de la maison sma de Montferrier
Né le 15 janvier 1925 à Landivisiau (Finistère), diocèse de Quimper et baptisé le 17. Il a deux sœurs (l’une d’elles décèdera à l’âge de 20 ans) et ses parents sont déjà décédés lorsqu’il remplit sa fiche en 1941. Il fait toutes ses études secondaires, de 1936 à 1943 à Pont-Rousseau et obtient les deux baccalauréats. Sa mère étant morte de tuberculose pulmonaire, il est refusé au noviciat pour raison de santé. Dans une longue lettre du 3 juillet 1943, il explique qu’il comprend la décision du Conseil provincial, qu’il l’accepte, mais que, si une de ses sœurs est également morte de tuberculose après avoir soigné sa mère, lui se trouve en parfaite santé : tous les docteurs peuvent l’attester. De 1943 à 1945, il est à Martigné-Ferchaud pour la philosophie scolastique et le noviciat. Il est noté ainsi en 1945 : « caractère facile, aimable, dévoué, souple, toujours souriant, goûts intellectuels » (31/05/45)
Premier serment temporaire 05/01/1946
Serment perpétuel 03/07/1948
Sous-diaconat 04/07/1948
Diaconat 31/10/1948
Ordination 11/02/1949
1949-1952 : Rome, étudiant en Écriture Sainte
A Rome, il passe une licence en théologie (1950) et une licence d’Écriture Sainte (1952)
1952-1956 : Lyon, 150, professeur au grand séminaire
En 1952, il remplace le père Eschlimann qui retourne dans sa Province : « Nous sommes persuadés que vous travaillerez à la formation de nos futurs missionnaires avec la même ardeur que vous avez mise à poursuivre vos études à Rome, et qu’ils pourront en bénéficier largement. » (31/07/52)
Au moment où il part pour le Dahomey, en 1956, le père Bruyas le note ainsi : « excellent confrère à tous points de vue. Fait pour l’enseignement. Santé assez délicate, mais se porte bien pour le moment. »
1956-1959 : Ouidah (Cotonou), professeur au grand séminaire
Deux lettres de cette période disent que tout marche bien au séminaire et qu’il découvre peu à peu l’Afrique en faisant un peu de ministère pendant les vacances. « Je n’ai qu’à me féliciter du travail et de la docilité des élèves. […] En dehors des classes, ma principale occupation et mon plaisir est d’apprendre le fon auprès des habitants des fermes voisines du séminaire. […] Aux grandes vacances, je compte faire du ministère dans une paroisse de langue fon pour bien apprendre la langue. « (26/01/57)
Le père Prat est envoyé à Ouidah et il doit revenir à Lyon en 1959. Il va rentrer, mais il écrit : « Je ne me sens pas tout à fait à l’aise dans mon rôle de professeur de grand séminaire en ce qui concerne l’enseignement proprement dit, ni surtout en ce qui concerne la direction des séminaristes. […] Je ne suis pas de l’étoffe dont on fait les directeurs du séminaire, surtout à l’heure actuelle où l’on ne tolère que les vrais spécialistes. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un intellectuel ; la spéculation n’est pas mon fort et mon savoir reste bien superficiel. […] Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, je l’ai moins par goût que par devoir. » (25/05/59)
1959-1962 : Lyon, 150, professeur au grand séminaire
Il refait la même demande : « Mon incapacité de devenir un professeur vraiment à la hauteur. Si mes connaissances en Écriture Sainte sont peut-être suffisantes pour donner un enseignement passable à des élèves moyens, je ne pense pas avoir les ressources suffisantes pour acquérir la compétence requise à l’heure actuelle dans les séminaires, aussi bien d’Afrique que de France : […] intelligence plus superficielle que profonde, incapacité à faire un travail trop compliqué. J’arrive peut-être à avoir un vernis de science, mais non une connaissance solide et profonde. […] …désir de travailler au contact du petit peuple africain, le plus proche possible de lui par la langue, la connaissance, les coutumes, la mentalité. » (30/08/61)
1962-1970 : Ouidah (Cotonou), professeur au grand séminaire
Il est nommé de nouveau à Ouidah pour la rentrée de 1962.
« Je me retrouve au Dahomey comme si je ne l’avais jamais quitté. […] C’est la rentrée au grand séminaire et Mgr me demande de reprendre Segbohoué tout de suite. » (18/09/62)
« Je viens de reprendre les travaux de l’église de Segbohoué. En ce moment, nous sommes en train de faire l’autel. Je pourrai l’utiliser à Noël. » (18/12/62)
« Je suis heureux de travailler en brousse (Segbohoué et aussi Agbanto que Mgr m’a confié également depuis 9 mois) et je suis également heureux de me retrouver dans la communauté du séminaire où règne toujours une atmosphère de gaieté grâce au père Nanin qui est toujours plein d’entrain. » (10/01/67)
« Je n’ai pas le charisme d’attirer les donc pour les missions. Je le regrette pour mes paroissiens qui sont actuellement sans toit et les pieds dans l’eau. Ce sont des centaines et peut-être des milliers de riverains du lac Ahémé qui ont dû fuir leurs habitations qui s’écroulent sous le coup de l’inondation. […] Je pense qu’il est temps de me remplacer comme professeur d’Écriture Sainte et de me permettre de me consacrer tout entier au ministère paroissial en Afrique, autant que possible en pays fon, puisque je commence à connaître un peu cette langue. Si cela n’est pas possible cette année, j’espère que ce le sera l’année prochaine. […] Je ne demande pas à aller dans un poste plutôt que dans un autre. Je demande seulement à être mis à la disposition d’un évêque en pays fon pour le ministère paroissial. » (23/08/68)
1970-1971 : Segbohoué (Cotonou), responsable
« Je m’habitue sans trop de difficultés à la vie de célibataire. […] C’est parfois difficile d’avoir à s’occuper de petits détails comme la cuisine et de n’avoir personne pour raccommoder ses soutanes. […] Chaque dimanche soir, je couche au séminaire pour donner le cours d’histoire de l’Église aux catéchistes, le lundi matin. Après quoi, je rejoins mes pénates. […] Je n’aimerais pas être isolé en brousse. Je crois que ce serait trop dur pour moi. » (06/01/71)
1971-1974 : Parakou, professeur au séminaire
« Au séminaire de Parakou, l’esprit de la maison paraît très bon. […] Au contact des jeunes, je retrouve une nouvelle jeunesse. Mon travail m’intéresse, l’anglais dans toutes les classes et la religion en 6e et 5e. Pour me familiariser davantage avec l’anglais, j’ai demandé à aller au Ghana pendant les prochaines grandes vacances. » (30/12/71)
« Avec 80 élèves, le séminaire est au maximum de sa capacité. […] Les séminaristes sont pleins de bonne volonté et nous travaillons dans l’espérance. » (12/02/72)
« Ma grande occupation, c’est l’anglais que j’enseigne avec plaisir et avec la satisfaction de voir mes élèves réussir ; au BEPC, ils ont tous eu plus de la moyenne en anglais. » (02/01/73)
1974-1976 : Cape Coast (Ghana), professeur au grand séminaire
Il est mis au service de l’archevêque de Cape Coast par le Conseil général, en vue d’une nomination au séminaire Saint-Pierre. Pour parfaire son anglais, il passe quelque temps en Angleterre pendant les vacances de 1974, puis passe en Irlande avant de rejoindre le Ghana. Il se dit très heureux du curé chez qui il était en Angleterre. N’étant pas trop loin de Manchester, il est allé, plusieurs fois, voir le provincial de la Grande Bretagne.
« J’enseigne l’introduction générale à la Bible aux 1ères années du philosophât (17) et l’histoire de l’Église aux 1ère, 2e et 3e année de théologie (41). […] Le corps professoral est bien uni. » (12/12/74) « On ne voit pas encore poindre nos remplaçants. Le nombre des professeurs a diminué et me voilà chargé, bien contre mon gré, des comptes de la maison. » (12/11/75)
« Je continue à enseigner avec plaisir, sinon avec succès, l’histoire de l’Église et l’introduction générale à l’Écriture Sainte. » (11/02/76)
1976-1988 : Rome, minutant à la Congrégation pour l’évangélisation des peuples
Le père Remiro meurt le 22 avril 1976. Il accepte d’aller le remplacer à la Propagande.
Pendant son congé en 1976, il remplace en juillet un curé en Angleterre.
« J’ai la chance d’avoir à m’occuper de l’Afrique occidentale et de l’Afrique du Nord. Ce n’est pas toujours très gai de rester 5 h de suite dans un bureau tous les jours de la semaine, y compris le samedi, mais il y a des métiers bien plus embêtants. » (04/01/77)
Il parle de « son travail délicat, mais pas trop austère et en tout cas intéressant puisqu’il nous met en contact avec toutes les parties du monde, ce qui permet de relativiser bien des problèmes. » (15/12/79)
« Ma 5ème année ici est déjà bien entamée ; on ne m’a pas encore chassé d’ici et je ne suis pas encore fatigué de ce travail. » (30/12/80)
En 1987, pendant son congé, il va faire un tour au Bénin, car son travail à Rome devient plus lourd et « si on m’offrait un travail plus simple en Afrique, je l’accepterais volontiers. » (02/09/87) Entre les deux, il voudrait faire un recyclage de 3 ou 6 mois en Palestine. Mgr Adimou est d’accord de la recevoir et lui demande quelles sont ses préférences. Il ne veut pas de responsabilité dans le ministère paroissial, accepterait volontiers de rendre des services pastoraux, mais enseignerait bien l’anglais, le latin dans le séminaire, à la demande du recteur. Il propose le séminaire de Djimé. Le Conseil lui donne son accord pour un nouveau départ en Afrique. Dans une autre lettre, il propose aussi à Mgr Adimou d’enseigner l’Histoire de l’Église au grand séminaire, car cela l’intéresse et il dit qu’il n’est plus à jour pour enseigner l’Écriture Sainte et trop âgé maintenant pour se mettre à jour dans ce domaine. Il est remplacé à Rome par un Togolais.
Le 7 avril 1988, il est mis à la disposition du régional du Bénin. Auparavant, il fait un petit recyclage en Terre Sainte : « C’est vraiment une grâce de pouvoir séjourner à Jérusalem. » (23/04/88) « Je peux déjà remercier Dieu et la SMA pour le recyclage qu’ils m’ont accordé à Jérusalem. C’est vraiment très intéressant. J’espère qu’il me permettra de me rendre un peu plus utile au séminaire Saint-Gall de Ouidah, en donnant au besoin quelques petits cours d’Écriture Sainte. » (15/05/88)
1988-1996 : Ouidah (Cotonou), professeur au grand séminaire
On lui propose d’enseigner l’introduction à la Bible et aussi de donner un cours sur la vocation aux séminaristes de 1ère année. Il est aussi chargé du latin et des lectures spirituelles (au 2ème trimestre au grand séminaire. Il donne aussi un cours sur les psaumes à Calavi.
« On continue de vieillir. Grâce à Dieu, je peux encore assurer un petit enseignement (latin, grec biblique, introduction à la Bible pour les Frères) et être présent à peu près en permanence au séminaire avec les 172 séminaristes. C’est une ruche bourdonnante. Ils n’arrêtent pas de chanter. » (29/12/90)
En 1991, on lui rajoute à enseigner l’hébreu et l’Histoire de l’Église. « Les deux m’intéressent et les élèves ont l’air de s’intéresser aussi. » (16/12/91)
« Je rends grâce à Dieu et au séminaire Saint-Gall d’avoir pu travailler ici et j’espère encore continuer. » (12/04/92)
Il remercie régulièrement pour les vœux et donne à chaque fois des nouvelles de la santé des confrères qui sont dans son environnement, et de la sienne aussi : « Le grec et l’hébreu ne demandent pas une longue préparation et ça fait quelques années que je donne ces cours. Malgré cela, je suis habituellement fatigué, mes jambes sont de plus en plus faibles. Aussi, je ne sors guère du séminaire. Je rends grâce à Dieu de pouvoir encore faire un travail qui m’intéresse. » (24/12/93)
En 1995, il a des problèmes de vue, dit qu’il ne voit bien les visages que s’ils sont bien éclairés. « Sentant mes forces décliner, je pense que le temps est venu de me retirer du service actif. Je souhaite être admis à la maison de retraite de Baillarguet l’année prochaine. » (06/11/95)
1996-2006 : Montferrier, retraité
« Nous jouissons ici d’une vie paisible et généralement agréable. J’en éprouve une grande reconnaissance au Seigneur et à tous ceux qui ont contribué à préparer pour les anciens ce lieu de repos que beaucoup nous envient. […] L’opération de la cataracte que j’ai subie a bien réussie pour un œil, mais non pour l’autre ; cependant je vois assez bien pour me livrer à mon passe-temps favori qui est de décortiquer l’hébreu des psaumes ; ensuite j’aborderai les autres livres hébreux de l’A.T. J’ai là de quoi m’occuper pour le restant de mes jours. » (18/12/96)
Très régulièrement, une petite carte pour remercier le Conseil des vœux de fête et pour envoyer les siens à l’occasion du nouvel an. Il apprécie la maison et le dévouement de tout le personnel. « Nous sommes des gâteux gâtés. Je remercie le Seigneur et nos supérieurs provinciaux depuis le père Bonfils qui nous ont aménagé cette antichambre du Ciel. » (27/12/06)
