Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le père Pierre LEGENDRE
Né le 24 juin 1932 à Crusnes (Meurthe et Moselle),
diocèse de Nancy
Ordonné le 07/12/1954
1955-1958 : à Lille, étudiant en philosophie
25 juin 1858 : ordination presbytérale
1959-1960 : Lyon (Le Rozay), licence de théologie à la Catho
1962-1968 : Ouidah, direction diocésaine de la catéchèse
1968-1973 : Abidjan, participe à la fondation de l’ISCR, futur ICAO
1973-1978 : Paris, vice provincial
1978-1983 : Paris, assistant provincial
et Délégué national du Service Missionnaire des Jeunes
1983-1996 : Cotonou, aumônerie des groupes de prière,
des communautés de laïcs, des jeunes
1996-1997 : Etampes, auprès de son père
1997-1998 : Lyon, recyclage et au service communication
1998-2004 : Ouidah, professeur de dogme au grand séminaire Saint-Gall
2004-2006 : Calavi, vicaire à Sainte Bakhita à partir de septembre 2004
2006-2018 : Lyon 150, au service du musée, accompagnateur de la FLM
2018-2022 : résident à Montferrier
Décédé le 8 novembre 2022
à l’âge de 90 ans à Montferrier
Ses funérailles ont été célébrées
le samedi 12 novembre 2022 à 10 h 30
en la chapelle de la maison SMA de Montferrier
Né le 24 juin 1932 à Crusnes (Meurthe et Moselle), diocèse de Nancy et baptisé le 10 juillet. Son papa était ingénieur dessinateur et sa maman chef comptable. Il est fils unique. Il commence ses études à l’école Saint-Michel, au Puy où sa maman était réfugiée, puis il va à Chamalières (1943-1947) et à Pont-Rousseau en octobre (1947-1951). Sa maman écrit en 1947 : « Mon garçon est en train de faire les préparatifs de départ, la joie au cœur. Il ne tient plus en place. Jamais rentrée ne fut plus attendue. […]C’est que malgré ses 1 m 77 il est encore par certains côtés un petit garçon. » (août 1946 ?) « Nous le savons assez bien doué, mais joueur, étourdi, imaginatif aussi, de plus fatigué par la croissance et de ce fait souvent arrêté, la dernière année scolaire s’en était fort ressentie. » (6 décembre 1946)
Dès cette époque il est très lié à un certain Raymond de Graven avec qui il pense à créer un royaume d’enfants de la rue, dans le midi de la France « faisant tout par nous-mêmes, les uns artisans, les autres paysans, etc. un vrai royaume de rêve où ces gosses retrouveraient le goût de vivre avec un idéal fortement ancré en eux. Mon vieux, cette idée fera son chemin. » (lettre de Graven octobre 1950)
« tendance à s’imposer, bien doué pour la peinture, le dessin, consciencieux, piété très bonne, un peu exubérante ; tendance à l’utopie. » (juin 1951)
Premier serment temporaire 25/07/1953
Serment perpétuel 14/02/1958
Sous-diaconat 15/02/1958
Diaconat 23/02/1958
Ordination 25/06/1958
1959-1960, Lyon (Le Rozay), licence de théologie à la Catho
« Votre lieu de séjour sera probablement le Rozay où sera établie une petite communauté d’étudiants. » (le Conseil 16 juin 1959)
Il obtient sa licence avec la mention « Bene ».
1960-1962, Ouidah (Cotonou), professeur de dogme au grand séminaire Saint-Gall
« Nous ne vous apprenons rien en vous annonçant que vous êtes désigné pour le grand séminaire Saint Gall. » (Le Conseil 21 mai 1960)
1962-1968, Ouidah, direction diocésaine de la catéchèse
« …un travail où je suis heureux. J’y consacre, comme à Saint-Gall déjà, le meilleur de moi-même. […] Jusqu’ici, mon travail qui ne fait que commencer va bien. Mes contacts avec l’ensemble des prêtres sont bons et je n’ai pas de difficulté particulière à collaborer avec la direction diocésaine. J’espère que ce climat de confiance va continuer. » (29 décembre 1962) Il ajoute qu’il ne se sent pas du tout dans le rôle d’un professeur de morale, poste pour lequel il est pressenti.
« Chaque jour, la place des catéchistes me semble de plus en plus importante, et il est urgent que nous les aidions à tenir leur rôle avec compétence et sainteté. » (3 janvier 1965)
En mai 1965, il est nommé professeur de dogme au 150. En juin 1965, cette nomination demeure, mais elle est différée d’une année et reportée à 1966, et en avril 1966, il reçoit une note du provincial lui disant qu’il est maintenu à la disposition du diocèse de Cotonou. « Je ne vous cache pas ma joie de continuer pendant quelque temps encore l’effort commencé pour la catéchèse dans le diocèse et au Dahomey. » (7 mai 1966). Finalement, en août 1968, il est mis à la disposition de la conférence épiscopale de la catéchèse de l’Afrique de l’Ouest pour servir à l’institut supérieur de culture religieuse d’Abidjan (ISCR) pour une durée de trois ans.
1968-1973, Abidjan, participe à la fondation de l’ISCR, futur ICAO
« Personnellement, c’est une chance pour moi d’accomplir ce travail et d’avoir les contacts que l’on entretient à ce niveau, mais en contre-partie, je mesure combien l’on ne s’improvise pas maître dans l’enseignement supérieur et qu’il faut des années pour arriver à quelque chose de valable. J’ai terriblement l’impression de bricoler, d’autant plus que le problème n’est pas d’arriver à sortir les cours, ce que chacun peut faire en pillant les auteurs, mais d’organiser le travail de recherche et d’aboutir ainsi à quelque chose de nouveau. » (3 décembre 1969)
En 1972, il est reconduit pour trois ans pour travailler à l’ISCR (4 mois par an au service de la conférence épiscopale de la catéchèse pour l’Afrique de l’Ouest) et les 8 autres mois sont employés à la formation permanente du clergé et la catéchèse des jeunes, au service de la conférence épiscopale de Côte d’Ivoire.
On lui annonce en décembre 1972 qu’il est délégué aux assemblées générale et provinciale de 1973.
1973-1978, Paris, Hidalgo, vice provincial
Le 4 juillet, il est élu premier assistant et donc vice provincial.
1978-1983, Paris, Hidalgo, assistant provincial
Le 1er décembre 1979, il est nommé délégué national du service missionnaire des jeunes (SMJ) pour une durée de trois ans, renouvelable par tacite reconduction tacite
1983-1996, Cotonou, aumônerie des groupes de prière,
des communautés de laïcs, des jeunes
Au nouveau Conseil, il demande en ces termes à repartir en Afrique : « Ayant mobilisé mes énergies pendant 10 années sur les questions posées par la Province, j’ai l’intention de les libérer dans un champ strictement apostolique et cela durant assez d’années pour que la désintoxication soit efficace. » (8 juillet 1983) Il est mis à la disposition de Mgr Adimou. Que tu aies le « souci de donner, dans le cadre de la pastorale du diocèse, de l’importance aux priorités définies par notre Assemblée pour répondre à notre vocation spécifique dans l’Église : porter la Parole à ceux qui ne l’ont jamais entendue et se laisser interpeller par l’Évangile pour une option plus radicale en faveur des pauvres. » (nomination du 22 août 1983)
À la paroisse d’Akpakpa, il est avec Christian Besnard et Gérard Sagnol. Ce dernier est remplacé en 1985 par Irénée Soutangni. « Nous formons à trois une bonne équipe. L’abbé est extrêmement sympathique. […] Les groupes de prière et les communautés dont je m’occupe ont une forte tendance à s’étendre. Ceux qui sont le plus actifs attirent de nouveaux participants. Ainsi, la communauté Emmanuel, purs produits béninois, est désormais trop nombreuses pour prier tous les quinze jours dans notre église d’Akpakpa. Ce sont maintenant deux communautés qui prient, l’une à St Michel et l’autre ici. » (décembre 1985)
De l’humour ! En 1987, durant son congé, en envoyant le mot de son docteur l’autorisant à repartir en Afrique, il écrit : « Très cher père supérieur, humblement prosterné, malgré une arthrose rigide et douloureuse, je sollicite de votre paternelle autorité, la permission (que j’ai déjà prudemment présumée en compulsant mes auteurs canoniques) de pouvoir prendre l’avion de 28 août prochain et de rejoindre, cum gaudio magno, les rivages lointains de la mystérieuse terre africaine, en vue d’apporter quelque écho à la Parole déjà proclamée par tant d’ouvriers fidèles allogènes et hétérogènes. […] J’espère revoir votre visage avant de m’envoler et souhaite recevoir de votre diligente administration une demande de billet de congés payés. En effet, les congés actuels me conduisent à la faillite et il est grand temps que je pense à un congé payé qui sera vraiment le bienvenu. Mais je garde en mémoire l’illustre devise de notre argentier : paupertas, certes, sed dignitas » (9 juillet 1987)
En 1988, deux nouveaux confrères dans l’équipe paroissiale, « Louis Gonon avec qui j’entrais à Chamalières en 1943 et Claude Templé ; il a une longue fréquentation de l’école de prière du père Fournier. Sur un tas de questions touchant les groupes de prières, j’ai trouvé à qui parler. […] Ma toute première préoccupation a été de remettre en route la formation permanente des chrétiens laïcs. […] Sitôt que la nouvelle de mon retour s’est confirmée, toutes les équipes viennent frapper à ma porte. […] Il faudrait deux ou trois aumôniers au moins pour répondre à l’attente des groupes. » (20 décembre 1988)
Ses longues circulaires, souvent plusieurs dans l’année, parlent toutes de son travail auprès des groupes de prières, souvent très différents les uns des autres, mais tous en augmentation régulière. Il parle des camps mission, des « 10 jours pour Dieu », de l’école de la foi, de la communauté du Pain de vie.
En 1991, il reçoit un aumônier adjoint, l’abbé Maximin Aligbonon. « Par les contacts que j’entretiens avec les jeunes, je suis au cœur des problèmes d’avenir. […] Notre équipe de prêtres vivant sur la paroisse, deux pour le service de la paroisse du Sacré-Cœur, et quatre pour les aumôneries (Jean pour les travailleurs, Claude pour les enfants de la rue, Maximin et moi pour le reste des groupes) est toujours aussi fraternelle et dynamique. » (16 décembre 1991)
« Je voudrais éditer de petits fascicules pour les jeunes, et en particulier pour le “Feu nouveau”. Mais il faut un fonds de mise en route. Je n’ai pas terminé l’aménagement d’une vieille maison à Ouidah pour plus de cent personnes : sessions, retraites, etc. » (avril 1993)
Il est toujours ébloui par la solidarité des pauvres. « Cependant nous vivons, et par la grâce de Dieu heureux encore ! et par les dispositions d’une heureuse nature, insouciants. […] Celui qui n’a rien donne le peu qu’il a ». (21 décembre 1993)
En 1995, il est pressenti pour prendre la direction de Spiritus. « Tout bien pesé, je ne me sens guère porté vers ce ministère particulier dont j’apprécie cependant et l’importance et l’intérêt. Je crois qu’il faut être un peu plus présent que je ne le suis moi-même au monde de la pensée, de la mission dans toute son ampleur et ses aspects. » (mars 1995)
1996-1997, Etampes, auprès de son père
« Nous voudrions que, tout en demeurant auprès de ton papa, tu collabores avec le père Gérard Sagnol, dans la mesure de tes possibilités, pour le service de la communication. » (8 mai 1996)
1997-1998, Lyon, auditeur libre à la Catho, recyclage,
participe au service communication
1998-2004, Ouidah, professeur de dogme au grand séminaire Saint-Gall
Il enseigne la théologie de l’Eglise et l’histoire de l’Église au XXème siècle. Avec les directions spirituelles, les préparations des cours, les corrections des travaux des élèves, les mémoires des élèves, il écrit : « Je n’ai vraiment pas le temps de me voir vivre. » (décembre 1998)
Relire les trois pages qu’il a écrites en réponse à la demande de la Province, voir après la lettre du 31 juillet 1999 : 5 questions : en quoi consiste votre travail, formation première, ce qui soutient votre travail, les difficultés rencontrées, ce qui vous a aidé à vous réaliser.
Il envoie des cartes postales bien remplies pour remercier des vœux de fête et parler de ses congés.
Il accepte avec une grande foi de laisser sa place du grand séminaire et de venir à Calavi. « J’approche ce nouveau service avec mes limites actuelles et les aléas des situations. […] Je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. […] Je prends donc avec sérénité et pleine confiance dans le Seigneur ce nouveau travail apostolique. Ce sera un travail moins austère et contraignant que celui de Saint-Gall, et plus proche du peuple de Dieu. » (mai 2004)
2004-2006, Calavi, vicaire à Sainte Bakhita à partir de septembre 2004
Il loge au centre Brésillac, à deux km de la paroisse. « J’avance au jour le jour, à la merci de petites crises imprévisibles de vertige, heureusement assez bien maîtrisées avec les médicaments. Mais les programmes sont plus difficiles à vivre. Cependant, je suis incomparablement plus détendu qu’à Saint-Gall. Le rythme est plus lent, l’environnement du centre Brésillac me donne quelquefois l’impression que je commence une demi-retraite. La vie paroissiale est souvent imprévisible et actuellement pas encore très organisée. L’atmosphère très fraternelle reste décontractée malgré les obligations et le travail. Pourvu que ça dure ! » (4 janvier 2005)
Il est très discret pour parler des difficultés de communication : « Le curé (Augustin, nigérian ibo) est un super actif peu communicatif. Il doit avoir un buffle dans ses ancêtres mythiques. Le vicaire (Jean-Baptiste, ivoirien) domine bien son handicap des pieds. Il raconte avec verve et excellente mise en scène. Souvent un proverbe sénoufo se glisse dans la conversation. Ainsi aujourd’hui ; « Quand deux fous se rencontrent, il y en a toujours qui guérit », et pour commenter le fait de toutes ces femmes qui tournent autour des prêtres « un territoire sans roi cherche toujours un roi sans territoire. Le diacre arrivé en octobre exerce ses compétences sous les ordres du curé surchargé dans tous les cas où la bilocation est impossible. » (janvier 2006)
En 2006, le Conseil lui demande de rentrer.
2006, Lyon 150, services au musée à partir de novembre,
après son temps de congé et la session de Lisieux
Il est aussi chargé d’accompagner la FLM. Sa nomination au musée est à compter à partir du 20 novembre 2006.
