Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le père Jean CHARRIER
Né le 24 mars 1934 à Saint-Herblain,
diocèse de Nantes
Ordonné le 6 janvier 1962
1962-1963 : à Saint Priest, stage pastoral
1963-1964 : à Kisandji (Kikwit) , vicaire itinérant
1964-1968 : à Lakota (Gagnoa), vicaire
1968-1970 : à Groh-Hiré (Gagnoa), curé
1978-1983 : Dabou (Yopougon), vice-régional
1983-1988 : à Paris, secrétaire provincial
1988-1989 : à Paris et Jérusalem, recyclage
1989-1990 : à Tabou (San Pedro), vicaire
1990-1994 : à Grabo (San Pedro), vicaire
1990-1998 : vicaire général du diocèse de San Pedro
1994-1998 : à Tabou (san Pedro), curé
1999-2001 : à Tabou Grabo (San Pedro), vicaire
2001-2003 : à Rezé puis à Chamalières
2003-2004 : à Montferrier, en convalescence, puis à Paris
2005-2022 : à Montferrier, résident.
Décédé le 5 décembre 2022
à l’âge de 88 ans à Montferrier
Ses funérailles ont été célébrées
le mercredi 7 décembre 2022 à 10 h 15
en la chapelle de la maison SMA de Montferrier
Né le 24 mars 1934 à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), diocèse de Nantes et baptisé le même jour. Il a deux frères et deux sœurs et son papa est cultivateur. Il est recruté à l’école primaire par le père Cadieu qui, dans une lettre du 6 février 1949, le recommande au père provincial
Il commence ses études à l’école primaire de Saint-Martin de Chantenay en 1939, puis entre à Martigné-Ferchaud en 1949 pour 4 ans. En 1953, il fait une année à Chanly, puis une année à Chamalières et enfin son noviciat à Chanly en 1955-1956.
De 1957 à 1959, il fait son service militaire et il est fort bien noté par ses aumôniers militaires.
Premier serment temporaire 16/07/1956
Serment perpétuel 29/06/1961
Sous-diaconat 30/06/1961
Diaconat 24/09/1961
Ordination 06/01/1962
1962-1963, Saint-Priest, pastorale
Il fait son stage à la paroisse de Saint-Priest, dans le diocèse de Grenoble. À la fin de son stage, il est noté ainsi : « J’ai été enchanté de Jean Charrier. Personnellement, il m’a beaucoup apporté par sa sympathie, son sens apostolique ; collaboration merveilleuse ; sait entrer dans la pensée de l’autre. […] confrère idéal pour une équipe. » (22 juin 1963)
1963-1964, Kisandji (Kikwit), vicaire itinérant
« Je vous mets par écrit mon vif désir de consacrer mon apostolat missionnaire à la mission du Congo, avec les confrères belges, dans la mesure où vous le jugerez bon. […] C’est dans l’esprit du fondateur qui a toujours voulu aller aux plus déshérités que je vous adresse cette demande. » (21/03/62)
Il part en fin 1963 et rentre en février 1964 : « J’essaie de me reposer, le sommeil me lâche. Je pense que dans quelque temps ça ira mieux ; C’est dur de devoir revenir au bout de trois mois et d’avoir tout perdu. Ne prenez ni sac, ni bourse, ni bâton… » (19/02/64)
Dans la semaine du 22 au 28 janvier, les maisons des pères et des sœurs sont pillées et complètement dévastées. Les partisans emmènent tout, même les vêtements et les chaussures des pères. Les missionnaires sont évacués par les hélicoptères de l’Onu ; ils n’ont qu’un short et un maillot de corps ; aucun n’est blessé, mais ils sont restés plusieurs heures, à genoux, dans la cour, sous la menace des armes… Jean Charrier restera un mois sans dormir.
1964-1968, Lakota (Gagnoa), vicaire
Il est toujours volontaire pour le Congo, mais il demande à ne pas repartir tout de suite ; il est anxieux. Sa maman écrit aussi (à son insu) pour demander que son fils ne retourne pas au Congo, du moins pas tout de suite. Le provincial décide alors qu’il ne repartira pas au Congo et le nomme sur Gagnoa. Il accepte mais répond que, plus tard, il serait d’accord de repartir au Congo.
« La pastorale d’ici est bien différente du Congo. Elle est presque plus intéressante. Le Congo continue de vivre au fond de moi. Il y aura trois mois ce 23 janvier que les rebelles ont assailli la mission de Kisandji. Je ne crois pas que soit passé un jour sans que je n’y aie pensé… » (02/01/67)
« Le désir de repartir au Congo n’a pas cessé de persister en moi. […] S’il devait vous falloir envoyer un père cette année, je veux bien me proposer, à condition que vous le jugiez opportun. […] Comme la première fois, c’est en esprit de communion avec Mgr de Brésillac qui voulait évangéliser les plus pauvres que je repartirai. Je n’ai cessé de persister dans cette ligne : elle est celle de l’évangile. » (12/12/67)
1968-1970, Groh-Hiré (Gagnoa), curé
« Je ne demande pas au Seigneur une santé du tonnerre, mais juste ce qu’il faut pour faire mon travail apostolique en Afrique. Dieu, merci, j’ai avec moi le père Cantino ; on s’entend comme deux frères, mettant ensemble nos difficultés. » (09/01/70)
1970-1978, Guitry (Gagnoa), curé
« Vous avez dû apprendre que j’étais à Guitry maintenant dans une mission fermée pratiquement depuis un an et demi. Il n’est pas facile de prendre une paroisse restée si longtemps sans prêtre. […] A Guitry, c’est un ministère de la réconciliation qu’il faut faire. […] J’accueillerai volontiers un confrère ; il y a du travail pour deux ici. » (12/01/71) Sa santé n’est pas des meilleures, maux d’oreille, tension…
En 1971, il reçoit un jeune confrère comme vicaire, le jeune Gino Sanavio, italien. « Nous sommes à deux maintenant, ça va nettement mieux. C’est maintenant Mgr Tekry qui remplace Mgr Etrillard.
Au moment où le père Babinet est retenu par la maladie, il entend dire que l’évêque voudrait le nommer à l’école des catéchistes. « Vous savez comme moi que je ne possède pas les capacités pour assumer une telle fonction. J’ai beaucoup de limites, je les connais bien, » écrit-il au provincial le chargeant d’en informer indirectement son évêque, et il ajoute : « Je vous prie de l’en dissuader avec toute la diplomatie que requiert votre charge et pour ménager sa susceptibilité qui est grande. » (11/10/72)
Décès de son papa le 15 décembre 72. Il est délégué par le diocèse pour l’Assemblée provinciale de 1973, mais il demande à être remplacé.
1978-1983, Dabou (Yopougon), vice-régional
Le régional est Pierre Trichet. « Je connais peu Pierre Trichet, sinon par le biais des Assemblées, mais vous lui demanderez avec moi de garder le côté administratif, comptabilité de la maison régionale, pour lequel je ne suis pas fait, sous peine de mettre la maison en faillite, c’est la seule condition que je mette pour vous donner mon accord sur cette nomination. Avec tout cela, je ne quitte pas Guitry de gaieté de cœur. J’étais très attaché aux communautés qui avaient l’air de se prendre en main et aux amis qu’on peut se faire pendant presque 10 ans. » (03/08/78)
En août 1979, il est là pour aider sa maman à faire le grand passage.
En 1983, il est en tête pour la consultation du futur régional. Il demande que son nom soit enlevé de la liste, « parce qu’il n’a pas les moyens et les qualités d’un leader : la solidité intellectuelle, un bon esprit de synthèse, une vue globale des problèmes, de la perspicacité, autant de qualités indispensables pour être un interlocuteur à la hauteur et pour représenter valablement la SMA auprès des évêques et dans les rencontres au sommet ; […] au point de vue santé, j’ai quelques problèmes. » (06/03/83) Le Conseil comprend ses raisons. Il commence à penser à une année sabbatique.
1983-1988, Paris, Hidalgo, secrétaire provincial
Il est nommé pour deux tâches : le secrétariat, l’économat comptabilité hôtellerie, nomination valable pour trois ans. En 1986, il est prolongé pour deux ans. « Crois bien que le Conseil est heureux de profiter encore un peu de ta gentillesse, de tes compétences, de ton dévouement et de ta discrétion. » (le Conseil 19/09/86)
1988-1989, Paris, Jérusalem, recyclage
Il commence à l’Institut catholique de Paris et en avril 1989, il rejoint Jérusalem. « C’est la découverte et aussi l’émerveillement. […] Si le Saint Sépulcre est le plus minable des lieux saints, il reste que c’est vraisemblablement le plus authentique. » (25/04/89) A Jérusalem, il a retrouvé Christian Besnard qui y passe toute l’année scolaire.
1989-1990, Tabou (San Pedro), vicaire
Il est remis à la disposition du régional de Côte d’Ivoire. Tabou, créée par le père Cossé en 1934. L’église et le presbytère ont été construits dans un site merveilleux. Le diocèse date de 1989. Mgr Djabla est ordonné évêque en janvier 1990. Il y a deux sous-préfectures, Tabou et Grabo, 50 000 habitants, 114 villages, beaucoup de jours pluvieux ; région enclavée par le manque de communication. Il est avec Maurice Biotteau et Salvat Marcarie et 4 religieuses de l’Enfant Jésus de Versailles ; 33 communautés chrétiennes, 40 catéchistes. (dans sa lettre du 10/12/89)
« Ma première impression est plutôt bonne. […] En plus des Krous, j’ai tout un secteur de baoulés paumés en pleine forêt. […] La tâche est immense et certains jours, j’ai l’impression d’être en face d’un défi impossible. […] Maurice nourrit l’espoir de s’installer à Grabo ; c’est plus fort surtout maintenant à cause des ennuis que lui crée le comité paroissial. […] Nous avons reçu à la mission les deux premiers réfugiés libériens ; d’autres vont suivre probablement. » (05/05/90) Histoire d’argent : le président de la république a donné 10 millons FCFA à l’occasion du cinquantenaire et le comité paroissial en revendique la propriété…
1990-1994, Grabo (San Pedro), vicaire
Il se voit obligé de démissionner. « Après pas même une année, je suis peiné de quitter Tabou, mais je ne vois pas comment faire autrement. » (22/07/90) Il se retrouve à Grabo avec Maurice Biotteau. Avec les réfugiés, la population atteint 40 000 habitants ; 30 communautés chrétiennes sont visitées. Au plan de la pastorale, tout est à faire. Cette paroisse, nouvellement fondée, était visitée auparavant par Maurice Biotteau à partir de Tabou.
Au début, il garde le secteur villageois de Tabou en attendant l’arrivée de la nouvelle équipe de Tabou. Il appuie un projet des catéchistes : mettre en route des pharmacies villageoises pour que les gens aient des médicaments à prix réduits.
« De juin à août, la paroisse s’est investie dans l’accueil des premiers réfugiés fuyant les troupes du Liberia et les rebelles. Beaucoup arrivaient en pirogue par la mer, la plage ou la forêt, emportant ce qu’ils avaient pu sauver. Les sœurs nourrissaient, soignaient et habillaient les plus démunis. La mission hébergeait les prêtres, les frères et des familles en attendant de trouver des parents, des amis ou des familles d’accueil. Dans ces circonstances, il y a des gestes de solidarité tellement proches de l’évangile. » (15/12/90) (action de la Croix Rouge et de Médecins sans frontières)
« 42 000 réfugiés ont trouvé asile dans la préfecture de Tabou. […] Ici, ils sont facilement repérables grâce aux bâches bleues qui recouvrent leurs ‘maisons’. Maintenant, ils construisent comme tout le monde pour s’installer comme tout le monde. » (15/12/91)
En 92, ils cherchent quelqu’un pour diriger la construction de l’église de Grabo. La construction du presbytère de Grabo est achevée, écrit-il en décembre 92. Grâce à ses bienfaiteurs, il a pu faire l’acquisition d’un véhicule tout terrain. « J’apprécie, ô combien, cette voiture passe-partout qui me cause un peu moins de fatigue. […] Les signes de développement de la communauté de Grabo sont encore minces. Notre objectif est de trouver et de former des responsables car il est indispensable que les gens se prennent en charge. Un mouvement se dessine dans ce sens. […] Un projet de collège est déjà bien avancé pour ‘occuper’ les jeunes et leur donner une raison de vivre. […] Un financement nous a été accordé pour construire une salle polyvalente. […] Cette construction nous tiendra lieu d’église en attendant d’en construire une vraie. En attendant, la communauté prépare une église de verdure, bambous et paille tissée. » (15/12/93)
1994-1998, Tabou (San Pedro), curé
De 1990 à 1998, il est vicaire général du diocèse de San Pedro
Circulaire du 15/12/94 : « En quittant Grabo le 13 septembre passé, je n’imaginais pas que ce que j’allais trouver à Tabou. Le soir de mon arrivée, la mission était littéralement envahie par plusieurs centaines de réfugiés libériens qui, par petits groupes, un maigre baluchon sur la tête, couverts de boue, (les pistes en cette saison des pluies sont de véritables fondrières), erraient en ville cherchant un abri. Tous les locaux disponibles de la mission sont ouverts à ces nouveaux candidats à l’exil qui rejoignent les 240 000 Libériens installés en Côte d’Ivoire depuis le déclenchement de la guerre civile au Liberia en décembre 1989, déjà cinq ans ! « En moins de trois jours, la mission se transformait en centre d’hébergement. Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) dénombrait 3 000 personnes ! « Les gens avaient faim. Il y avait des malades dont beaucoup d’enfants en bas âge. Il fallait tout de suite nourrir, soigner, habiller les fugitifs en attendant que la lourde machine administrative des ONG se mette en route… ce qui prit une bonne dizaine de jours. « Déployant des talents d’organisateur, mon confrère, le père Esteban Sacco, constituait 35 jeunes garçons et filles ivoiro-libériens en équipes d’intervention rapide, pour accueillir de jour comme de nuit, pour distribuer les riz, organiser les repas et même faire la police, car des civils voulaient régler leurs comptes avec des rebelles qui s’étaient glissés au milieu des réfugiés.
« De 4 sacs de riz distribués le 14 septembre, nous passions à 19 sacs, arrachés au PAM (Programme Mondial pour l’Alimentation) exigeant des listes pour débloquer le riz pour les nouveaux venus qui arrivaient la faim au ventre. Pendant un mois et demi, 3 200 repas journaliers furent distribués par les volontaires. Répartis par groupes de 300 personnes, les femmes libériennes préparaient l’unique repas en fin d’après-midi, sous l’œil vigilant des volontaires. » ‘Infirmiers’ par nécessité, nous devions agir rapidement auprès des malades : paludisme, diarrhées, maladies respiratoires, accompagnement des femmes ‘en travail’ à la maternité. Un beau jour, tous les nourrissons nous réservaient une surprise : une diarrhée carabinée : il fallait trouver un médecin. Trois praticiens libériens entendirent notre appel : une équipe médicale était née avec deux généralistes et un pédiatre. Ils n’ont pas chômé : ils donnaient entre 350 et 400 consultations journalières. Le paludisme était de loin la maladie la plus répandue. Le problème des médicaments a été en partie résolue par nos amis du Corps de la Paix (coopérants américains). L’ambassade des Etats-Unis nous envoyait des produits de base qui nous permirent d’éviter de justesse une épidémie de choléra que nous redoutions tous. « Combien de fois avons-nous mis la main à la pâte pour réhydrater des enfants diarrhéiques, pour préparer les biberons des enfants sans père ni mère dont l’un d’eux fut découvert, par hasard, en bordure de route par un vieux couple admirable d’attention pour ce bébé abandonné. Plusieurs nuits, j’ai veillé un garçon entre la vie et la mort à cause de graves complications de paludisme. Aujourd’hui, il est en pleine forme.
« Pour dormir, les nuits étaient toujours problématiques à cause du manque de place : garage, vérandas, école, salle paroissiale, tous les coins et recoins étaient occupés, même le clocher ! L’église, transformée en centre de soins, accueillit les enfants malades. Le nombre de nourrissons était impressionnant. Serrés dans les bras de leurs mères, ou attachés au dos, c’était beau à voir ! « […] Devant l’afflux des 60 000 nouveaux venus entrés à Tabou, le HCR, par souci de sécurité et pour désengorger la cité prévue pour 8 000 âmes, décidait de suspendre les inscriptions et, du fait même, la distribution des vivres. En l’espace d’une semaine, les personnes sont transportées dans les villages. L’intégration des Libériens est de plus en plus contestée par la population car les villages sont saturés par les Libériens de l’exode de décembre 1989.
« Des souvenirs resteront gravés longtemps dans nos mémoires :
* Ces six enfants marastique décédés de malnutrition ;
* ce jeune homme, 20 ans, portant des entailles profondes sur les bras et dans le dos comme celles d’un poisson qu’on va braiser ;
* ces vieillards auxquels on avait brisé les bras ;
* les récits des témoins des personnes massacrées à Pleebo qui nous ont bouleversés ;
* la solidarité entre jeunes gens pour sauver la vie de l’un des leurs ;
* ce vieux pasteur méthodiste à la tête de 140 fidèle cherchant un abri et de la nourriture ;
* le dévouement inlassable des volontaire toujours souriant et disponibles. » (15/12/94)
En mars 1995, la nonciature envoie un million de francs CFA pour la poursuite de l’aide aux réfugiés. « À la paroisse, on fait au mieux pour composer avec les trois prêtres libériens de « culture » anglophone et d’une autre sensibilité pastorale. Il faut repenser la pastorale des Ivoiriens, lancer celle des Libériens et gérer cette nouvelle situation. À mon niveau, il reste le handicap de la communication avec nos frères sma américains… et ce peuple anglophone omniprésent. » (04/04/95) Le Conseil régional SMA envoie le message suivant à la conférence épiscopale : « […] Les pères, réunis en Conseil régional, demandent si la conférence épiscopale de Côte d’Ivoire ne pourrait pas jouer de son influence auprès du gouvernement pour faire que les réfugiés aient des conditions de vie meilleures et qu’on prenne en considération ce peuple qui vit dans une grande détresse. La situation devient très inquiétante : la mission catholique est même soupçonnée de soutenir les réfugiés dans leurs revendications. […] La presse a publié l’interdiction aux réfugiés de l’accès à la mission catholique pour y tenir toute réunion ou activité à caractère litigieux. » (21/04/95)
Le congé de 1995 est le bienvenu. Pendant son congé en 1995, décès de son frère Maurice dont il était très proche. « Il partait à Paris confiant pour guérir, je l’ai ramené mort. » Problèmes de succession. Il est encore en France en janvier 1996 et ne rentre à Tabou qu’en mars. Pendant ce temps, Alain Béal a quitté le diocèse de Bouaké pour venir renforcer Tabou ; mais ce n’est pas facile pour lui de trouver sa place, Jean Charrier étant en France.
Le père Jacobi, sma hollandais, envoie à Jean Charrier 2000 FF pour l’aider. (20/08/96)
« Pour les réfugiés, l’heure du retour au Liberia a sonné. L’évêque de Capa Palmas et son presbyterium sont partis la semaine dernière. […] De mon côté, j’aurais aussi bouclé cette longue période au milieu des réfugiés, partageant au mieux leurs souffrances et leurs soucis. […] Comme prévu, au terme de mon congé, j’entamerai une année sabbatique. » (12/03/98)
1998-1999, Paris, Crillon, recyclage
Pendant son année sabbatique, il écrit au régional, lui demandant d’être affecté au nouveau diocèse d’Odienné. Puis, à cause des difficultés rencontrées par Alain Béal du fait de la cabale montée par Noël Musa contre lui, il demande à revenir à Tabou pour soutenir Alain. Il retourne en Côte d’Ivoire en bateau.
1999-2001, Tabou Grabo (San Pedro), vicaire
Une nouvelle arrivée de réfugiés à la mission de Tabou Grabo. Des jeunes Kroumen ont commencé la culture d’hévéas ; ils ont besoin de terrains pour l’extension de leur projet. Ils ont demandé aux Lobis de leur céder la place ; ces derniers refusent, compte tenu du fait qu’ils ont des cacaoyers en place et en pleine production. Le ton monte ; l’irréparable se produit : un jeune kroumen est tué. C’est alors la chasse à l’étranger : les Voltaïques sont obligés de fuir : nouveaux problèmes de réfugiés à la mission : attitude admirable de Mgr Djabla. Le 14 novembre il y a 2000 personnes sur le terrain de la mission.
Des véhicules seront mis à la disposition des réfugiés pour les aider à retourner dans leur pays, mais ils auront tout perdu… (12/99)
À Grabo, la situation est un peu plus calme. « Comme il faut voir loin pour préparer l’avenir, je désire confier au Conseil mon intention de ne pas revenir en Côte d’Ivoire après mon congé. Ma décision est motivée par un problème de santé. Depuis 1995, un rhumatisme touche mes articulations qui deviennent de plus en plus raides et douloureuses. Les voyages sur les routes défoncées de Grabo sont de plus en plus pénibles. […] Il me paraît sage de prendre un moment pour voir le problème dans son fond. » (04/02/01) Il y a aussi son problème d’oreille. Quand tout sera réglé, il n’est pas opposé à revenir.
08/2001, Rezé, puis Chamalières
Il reste en France le temps qu’il faudra pour refaire sa santé ; fin novembre, est nommé à Chamalières, car il a écrit : « Dans l’état où je me trouve aujourd’hui, je pense qu’il n’est pas sage de repartir à Tabou. Par conséquent, j’accepte de rester en France pour vivre la mission autrement. » (21/10/01)
En 2001, à Rezé, il fait la session d’initiation à l’informatique. Il remplace Théophile Cogard comme aumônier d’un hôpital psychiatrique, mais, malade, il démissionne de ce poste et va se reposer à Montferrier depuis le mois d’octobre 2002
2003-2004, Montferrier
Devrait rester à Montferrier au moins jusqu’en avril. En fait il y reste toute l’année
En janvier 2003, il apprend par le père Vito Girotto que la mission de Grabo a été complètement dévastée : « On a volé la télé, l’ampli, deux machines à écrire, le coffre avec 50 000 cfa dedans, tous mes habits, y compris une vieille soutane, toute sorte de nourriture, le matelas de la chambre du curé, le petit calice de la valise chapelle. On a trouvé les portes ouvertes, des ordures partout avec des murs qui avaient subi au moins une centaine de tirs et donc des douilles partout. » (23/01/03)
2004 Crillon
Il arrive à la rue Crillon le 7 octobre 2004 et est chargé des passeports. Le dimanche, il va dans la forêt de Nemours célébrer chez les sœurs de Bethléem
2005-2008, Montferrier
À cause de sa santé, il est nommé de nouveau à la maison de retraite.
