Société des Missions Africaines (SMA)

Internationale

Le Père Michel Joseph Amédée ROBERT

Société des Missions Africaines – Province de Lyon

ROBERT Michel né le 28 décembre 1913 à Sainte-Eulalie
dans le diocèse de Mende, France
membre de la SMA le 29 octobre 1938
prêtre le 24 juin 1943
décédé le 16 août 2001

1945 – 1947 Agboville (Yopougon), Côte-d’Ivoire 
1947 – 1955 Tiassalé (Yopougon)
1955 – 1956 Curé de Bonoua (Grand-Bassam)
1957 – 1958 La Croix-Valmer (malade, soins)
1958 – 1960 Aumônier des Frères des Ecoles chrétiennes
à Marseille
1960 – 1962 Aumônier de l’hôpital d’Arles
1962 – 1975 curé de Coudoux (Marseille)
1975 – 1981 Vicaire à Aix-en-Provence
1981 – 1998 Aumônier des Sœurs Sacramentines
à Aix-en-Provence
1998 – 2001 Retiré au Foyer sacerdotal d’Aix-en-Provence

Décédé à Aix-en-Provence, France, le 16 août 2001
à l’âge de 87 ans

Le père Michel ROBERT (1913 – 2001)

Michel Joseph Amédée Robert est né le 28 décembre 1913 à Sainte-Eulalie, en Lozère et dans le diocèse de Mende. Il aura 4 frères ; l’un d’eux deviendra frère du Sacré-Cœur et sa sœur deviendra religieuse. En 1926, il entre au petit séminaire de Mende. En 1929, il rejoint le séminaire des Missions Africaines aux Roches, à Clermont-Ferrand. Puis il continue ses études à Offémont, à Saint-Priest et entre à Chanly, en Belgique, en 1936. Il prononce son serment missionnaire à Lyon le 29 octobre 1938. Après deux ans de guerre, il revient au grand séminaire des Missions Africaines à Lyon. C’est là qu’il est ordonné prêtre le 24 juin 1943.

Au cours de sa formation, les notes de ses éducateurs témoignent de son évolution. On dit d’abord de lui qu’il est un homme têtu, quelquefois un peu brusque dans ses manières, mais toujours consciencieux. Peu à peu, on note, au contraire, ses très bonnes relations avec ses éducateurs et les autres séminaristes et son bon caractère.

Le 5 décembre 1944, le Conseil provincial le désigne pour le vicariat apostolique d’Abidjan. Sa nomination est signée du père Aupiais. C’est un moment de grande joie. Il écrit : Quelle bonne nouvelle ! Vraiment la divine Providence me gâte ! C’est avec gaieté de cœur que je prendrai le bateau quand le moment sera venu. Il devra attendre six mois, car il faut, à l’époque, avoir l’autorisation du ministère des colonies, et les formalités sont longues.

Arrivé en Côte d’Ivoire en 1945, il est d’abord nommé vicaire à Agboville. Deux ans plus tard, il est affecté à Tiassalé comme vicaire puis comme responsable de la mission. Il y reste jusqu’en 1956, année durant laquelle il doit rentrer en France, sérieusement malade. A son retour, il rejoint Bonoua. Il n’y restera qu’un an, car il doit être rapatrié en 1957. Aucun document ne nous renseigne sur ce que fut sa vie missionnaire pendant ses 12 ans de présence en Côte d’Ivoire.

Très fatigué par une fièvre de Malte et un ulcère duodénal causé par des parasites, il part à La Croix-Valmer pour un temps de repos prolongé. Ayant retrouvé un peu de santé, il devient aumônier d’un juvénat de frères des écoles chrétiennes, dans le diocèse de Marseille. Il va se trouver vite à l’aise dans ce ministère qui, pense-t-il, ne durera pas très longtemps car il espère bien retourner en Afrique. C’est pour cela qu’il garde des liens très étroits avec la Province. Il écrit au père Bruyas qui vient de créer Le Lien : Je lis ce trait d’union avec plaisir, car il permet de respirer un peu d’air de famille, de retrouver l’esprit et le souffle de notre Société et d’avoir des nouvelles des confrères. Je le lis avec empressement et curiosité.

En réalité, sa santé ne va pas s’améliorer. En 1960, il accepte d’assurer l’aumônerie de l’hôpital d’Arles. Puis, en 1962, il devient curé de Coudoux dans le diocèse de Marseille. Il va demeurer 13 ans dans cette paroisse qui est une véritable terre de mission. Il s’occupe, en particulier, de catéchèse et apprécie l’accueil que lui font les prêtres diocésains. Tout en restant à Coudoux, il devient, un peu plus tard, membre de l’équipe de la Mission ouvrière de Berre-Marignane, suite à la réorganisation du diocèse. Il ressent douloureusement de voir son église se vider des jeunes, mais il garde confiance : L’Esprit-Saint sait mieux que nous ce qu’il faut faire et les moyens de le faire. Et il ajoute : Il faut que nous devenions une Eglise proche des gens, une Eglise pauvre et missionnaire.

A la fin de l’année 1975, il rejoint la paroisse Sainte-Marie-Madeleine d’Aix-en-Provence. Le changement de milieu est brutal. C’est la grande paroisse de la ville, bourgeoise et traditionnelle. Mais il va s’y adapter et, parce que sa santé l’oblige à aller doucement, il va être chargé spécialement des malades.

En 1981, il devient aumônier des religieuses du Saint-Sacrement, une communauté de contemplatives. Mais leur chapelle sert également de paroisse et le père Robert peut continuer d’exercer son ministère. C’est là qu’il célèbre son jubilé d’or en 1993. Le père Cardot lui écrit : Il y a 50 ans, vous étiez dans la joie du départ en Côte d’Ivoire. Vous avez pu y demeurer 11 ans. Puis la maladie vous a contraint à rester en France. Epreuve sans doute pour un missionnaire qui pensait se consacrer à l’Afrique ! Mais, grâce à Dieu, vous avez retourné l’épreuve et en avez fait un autre temps missionnaire auprès des jeunes, des malades et du peuple déchristianisé de Provence. Des champs différents, mais une même fidélité.

En 1998, une opération et un accident vont le conduire à se retirer et à rejoindre le foyer sacerdotal d’Aix-en-Provence pour y prendre sa retraite. C’est là que le Seigneur est venu le chercher le 16 août 2001.

La vie du père Robert aura été bouleversée par la maladie. Il fut obligé de prendre en compte cette réalité qu’il n’avait pas prévue. Engagé spécialement dans les diocèses de Marseille et d’Aix-en-Provence pendant plus de 40 ans, il n’en resta pas moins très attaché à la SMA. Son courrier révèle un homme attachant et fraternel que ses confrères diocésains adopteront très vite, un homme de foi et de prière qui garda toujours un cœur profondément missionnaire.