
Le Père Sébastien EPPHERRE
décédé le jeudi 15 octobre 2026 à l’âge de 91 ans.
Ses funérailles ont été célébrées
Le lundi 19 octobre à 10 h 30
En la chapelle des Missions Africaines
À Montferrier-sur-Lez
Né le 19 mai 1935 à Alçabéhéty, diocèse de Bayonne
Ordonné le 24 septembre 1961
1962-1963 : Lyon, année pastorale
1963-1965 : Pont-Rousseau, professeur
1965-1967 : Adzopé, Abidjan, en paroisse
1967-1971 : Bingerville, professeur au petit séminaire
1971-1972 : Akoupé, Abidjan, en paroisse
1972-1977 : Bingerville, professeur au petit séminaire
1977-1979 : Baudonne, supérieur
1979-1989 : Kahemba, Kikwit, en paroisse
1989-1996 : Kimbongo, Kikwit, vicaire, puis curé en 1991
1996-1999 : Kikwit ville, paroisse de Sainte-Marie
1999-2002, Bruxelles, nommé à la communauté
2002-2015 : Lyon 150
2015-2026 : Montferrier, résident
Sébastien EPPHERRE
Né le 19 mai 1935 à Alçabéhéty (Pyrénées Atlantiques), diocèse de Bayonne et baptisé le 21. Sa famille est de condition modeste, son papa est cultivateur et sa maman ménagère. Il a deux frères et quatre sœurs. Il faut ses études primaires à l’école communale d’Alçay et ses études secondaires à l’institution Saint-François, dans les Basses-Pyrénées, jusqu’à la classe de première, à la fin de laquelle il obtient la première partir du baccalauréat. C’est en terminale qu’il rentre à Pont-Rousseau en 1953. L’année suivante, il rentre à Chamalières et en 1955 il est à Chanly pour y faire son noviciat. Noté en 1956, à la fin de son noviciat : « Sous une apparence timide et effacée, a de l’énergie et exerce une bonne influence. » (07/06/56)
Entre 1957 et 1959, il fait son service militaire, dont la plus grande partie à Blida, en Algérie. Au moment de partir à l’armée, il avait demandé à se porter volontaire pour une unité de parachutistes, et le Conseil le lui a refusé. (17/05/57) « de Blida, il écrit : « Dans mes crises de ferveur, je songe à la belle mission que nous est confiée, surtout sur cette terre sans vie spirituelle, et je me dis que, malgré tout, Dieu fera quelque chose de moi. On s’entretient tant bien que mal par la lecture de la Bible, des lectures telles que Prières de l’abbé Quoist ou l’encyclique sur le saint curé d’Ars. » (20/09/59).
Noté ainsi avant le sous-diaconat : « zèle qui cherche à rendre service, docilité, humilité, ne cherche pas à se mettre en avant. […] A orienter vers l’apostolat plutôt que vers l’enseignement. » (20/11/60)
Premier serment temporaire 16/07/1956
Serment perpétuel 05/01/1961
Sous-diaconat 06/01/1961
Diaconat 30/06/1961
Ordination 24/09/1961
1962-1963, Lyon – année pastorale
Jugement global sur le stage : « Il semble avoir fait la découverte que la pastorale n’est pas une série de procédés, de formules ou de techniques à appliquer, mais qu’il faut partir des gens et les écouter. J’estime qu’il faudra encore d’autres expériences en paroisse. » (20/07/63)
1963-1965, Pont-Rousseau – professeur
Michel Durif vient d’arriver comme supérieur. Il est professeur de 6e ou de 5e. « La réorganisation de nos séminaires nous permet de libérer une partie du personnel. Nous pensons répondre à vos désirs en vous donnant une nomination pour l’Afrique. […] à la disposition du supérieur régional de la Côte d’Ivoire pour le diocèse d’Abengourou. » (sa nomination du 01/10/65)
1965-1967, Adzopé, Abidjan – paroisse
1967-1971, Bingerville – professeur au petit séminaire
1971-1972, Akoupé, Abidjan – paroisse
1972-1977, Bingerville – professeur au petit séminaire
1977-1979, Baudonne – supérieur
« Le Coprex a déjà approuvé le projet de ta nomination à Baudonne, mais avant de faire une nomination officielle, nous aimerions avoir ton accord ferme. » (22/02/77)
« Le père Bonfils, avant de parler d’un séjour à Baudonne, m’avait parlé de recyclage. Ces deux choses sont-elles conciliables ? » (01/03/77)
« Le Conseil provincial apprécie ta disponibilité et te remercie d’accepter ce poste qui t’apportera quelques soucis supplémentaires. Mais la SMA garde des liens nombreux cordiaux et actuellement pleins d’espérance en pays basque et en pays landais. Nous sommes heureux qu’un homme de la région puisse développer tout ce capital favorable à la Mission. » (sa lettre de nomination 30/03/77)
« Ce n’est pas le genre de travail qui soulève l’enthousiasme spontanément. […] J’avoue que la journée missionnaire m’a laissé un peu sceptique sur les liens cordiaux et pleins d’espérance de la SMA dans le pays. […] Si on est enchanté de nous avoir pour des remplacements ou des retraites, par contre je me sens désarmé en ce qui concerne le rayonnement missionnaire de la maison. L’enseignement de l’espagnol et du français à des Ivoiriens ou la gestion d’un petit pensionnat ne sont pas la préparation idéale à ce genre d’activités. » (02/09/77)
En novembre 78, le Conseil lui demande d’accepter la charge de DOPM pour le diocèse de Dax. Mais l’année suivant, il manifeste le désir de repartir en Afrique et accepte de partir au Zaïre en remplacement de Raymond Harguindéguy.
« Je comprends très bien que ce ne soit pas avec un enthousiasme délirant que tu acceptes de te rendre au Zaïre. C’est peut-être mieux ainsi, l’essentiel est de servir la mission et je crois sincèrement que les confrères et la mission ont besoin de toi au Zaïre. » (17/04/79)
Décès de sa maman fin mai 1979. Son vieux papa a 87 ans.
1979-1989, Kahemba, Kikwit, paroisse
« Nous voulons te dire un très grand merci pour avoir bien voulu assumer avec compétence et humour ! la responsabilité de la maison de Baudonne ces deux dernières années. […] C’est tout à fait officiellement que nous te nommons pour le secteur sma du Zaïre. » (sa nomination du 23/08/79)
« Comme j’ignore tout du Zaïre, je pars la tête vide de projets et les mains vides. » (06/10/79)
« Il y a beaucoup de nouveauté pour moi. Ces missions avec tous ces moteurs et tous ces employés surprennent le nouveau venu. Peut-être avais-je lu avec trop de naïveté certains articles sur la prise en charge de l’Eglise par les Africains. Et puis se retrouver élève et pensionnaire après avoir été grand chef demande l’art de l’équilibre. »(13/02/80) Il commence par apprendre la langue.
« Un peu de catéchèse, quelques réunions, […] je n’ai vraiment pas de quoi alimenter les articles des revues missionnaires. La santé va bien, au moins la santé physique. L’alcool était hors de prix et le supérieur de Shamu étant naturellement sobre, au moins on est à l’abri du danger qui menaçait les missionnaires de Côte d’Ivoire. Les réunions nocturnes ne sont pas entrées dans les mœurs et ne le seront sans doute pas tout de suite en raison de la pénurie de pétrole. Voilà pourquoi, dans un pays au climat idéal, menant une vie sobre et saine, la santé physique est au mieux. […] Il trouve que l’Eglise est trop riche « Un sermon sur l’Eglise servante et pauvre ferait rigoler. On serait plutôt pour l’Eglise servante et riche. » (12/02/82)
Après son congé de 1982, son départ est retardé à cause d’une opération de l’appendicite.
« Il m’arrive de rêver, et le rêve tourne quelquefois à l’obsession, d’une mission où il n’y aurait ni vaches, ni ouvriers à faire travailler tous les jours. » (20/08/84)
« Pour la vie de la SMA au Zaïre, l’absence de régional ne devrait pas être un désastre. Chaque confrère est branché directement sur le Saint-Esprit et sais parfaitement ce qu’il doit faire. Ça nous vaut d’ailleurs une manifestation remarquable de la variété de ses dons. » (27/10/87)
« J’ai demandé au régional une année sabbatique ; ma formation date d’avant le concile. Pour être vrai, j’ai surtout envie de prendre le large. Je me serais fort bien satisfait d’un recyclage à petite dose, par la lecture de quelques revues à ma portée. Et puis, il faut refaire ses forces (mes oreilles bourdonnent) et ses finances, car un missionnaire au Zaïre ça ne vaut rien ; » (24/01/88)
Fin 88 et début 89, il passe quelques mois au 150 pour se recycler et il en est fort satisfait. Kahemba est fermé pour les SMA
1989-1996, Kimbongo, Kikwit, vicaire, puis curé en 1991
« La santé se maintient, la patience aussi, je crois ; Je crois pouvoir dire que je n’ai pas engueulé les visiteurs à Kimbongo. Ça viendra sans doute. » (01/90)
Une longue lettre du 29 août 1990, raconte un procès pour une histoire de vaches volées, avec toutes les difficultés pour aller à Kikwit où est jugée l’affaire. Une autre histoire aussi où la mission est accusée d’avoir encaissé l’argent pour une vache, sans l’avoir jamais livrée.
« J’ai eu fort mal du côté du dos, alors je me suis rappelé les conseils des supérieurs qui disaient qu’il fallait faire attention à sa santé. » Il rentre donc en congé en juillet 91.
A la fin de son congé, en novembre 1991, il écrit : « Je pense que ma place est à Kimbongo le mois prochain, même si retourner ad bestias ne me remplit pas d’enthousiasme (les bêtes, ce sont les vaches. […] Un Kiné tout près de mon village m’a rendu depuis une dizaine de jours une souplesse que je n’avais pas depuis des années. »
« Je pense qu’il est temps de penser à zaïrianiser le couvent des hommes aussi. Il y a eu des époques où j’étais plus courageux et moins fatigable. Il y a des jours où j’aspire à un poste plus calme, par exemple jardinier à Montferrier. » (13/05/92)
« Depuis 5 semaines, nous avons un vicaire zaïrois à Kimbongo. Je pense que, grâce à sa présence, il y aura un peu de pastorale dans la paroisse. […] Pour le moment, affaires commerciales, palabres avec les bouviers, les chefs de terre, demandes d’aide ne laissant pas de répit. Si je te dis que le milliard de zaïres de recette dans la journée est une petite journée, tu avoueras que nous avons fait des progrès depuis que tu faisais marcher ta boutique à Kambangu. […] Pendant que les grands se boudent pour que l’autre ne prenne pas le pouvoir, le désastre s’étend sur le pays ; Les enseignants, les fonctionnaires attendent toujours la paye d’octobre » (lettre à F Fénéon, 20/02/93)
« Autour de nous, au moins du point de vue économique, c’est la débandade. Hier la femme du sous-préfet est venue me vendre 2kgs de clous (reste des travaux de leur maison) pour acheter des savons. […] Je ne sais pas si je tiendrai longtemps. La santé n’est plus ce qu’elle était. […] Christian aimerait bien confier Kimbongo à d’autres, mais l’évêque ne partage pas son point de vue. Et moi, mon rêve serait un petit séjour à Kimbalu. […] L’insécurité s’accroît à Kinshasa. » (22/04/93)
19 janvier 1995, assassinat d’Edouard Grass. « Quant à moi, ils se sont contentés de me frapper. Il doit y avoir quelque chose de détraqué du côté des tendons ou des muscles quelque part du côté de la cheville. […] Je pense à Kimbongo. A qui faut-il laisser cet héritage ? On pense que l’argent y pousse comme les mauvaises herbes, ce qui nous a valu la visite du 19 sans doute. Beaucoup de paroisses apprécieraient de se retrouver avec le capital dont nous disposons, mais même avec une gestion prudente, et l’entourage ne nous y pousse pas, ça ne peut tenir longtemps dans le désert économique qui nous entoure. » (08/02/95)
« Pour faire tourner la maison, la plupart des paroisses anciennes se sont lancées dans l’élevage des bovins. Certaines paroisses ont gagné de l’argent, d’autres en ont perdu. Aujourd’hui, la plupart des troupeaux sont en déficit. Kimbongo, grâce à la compétence de mes prédécesseurs, a connu la prospérité. » (19/10/96)
1996-1999, Kikwit ville – paroisse de Sainte-Marie
La plupart de ses lettres de cette époque parlent de la situation matérielle catastrophique à la mission et dans la population en général. « J’ai lu qu’on ne peut pas laisser couler le bateau quand il menace de couler ; mais quand tu es de mauvaise humeur, tu te dis que celui qui a trouvé le bateau attend, assis, que le blanc vienne boucher le trou. […] En tout cas, je ne suis pas menacé par la maladie de Nicol. Si je m’assois sur le fauteuil à midi, le sommeil me saisit tout de suite ; et le soir, vers 9 h., pas moyen d’y résister, même assis sur la chaise ; on ne peut pas dire que ce soit une maladie pénible. » (09/06/98)
« Plusieurs visiteurs sont venus me demander de l’aide. C’est exaspérant à la longue. Ils s’imaginent que Dieu a donné la richesse aux uns et pas aux autres ; et comme les pères sont venus pour les aider. […] Du côté de ma santé, ça semble grave. Il y a longtemps que j’ai un défaut d’irrigation du cerveau. J’ai des trous de mémoire. […] S’il y a moyen, je tâcherai de tenir 9 ou 10 mois. Après je deviendrai un cas de plus pour le provincial. Je crains le bruit, spécialement dans les salles fermées. Des éclats de rire me font sursauter. » (14/09/98)
Il rentre en avril 1999 très fatigué après une agression. Il a besoin de prendre du repos. Il est d’abord en famille. « Je trouve très agréable de n’avoir rien à faire, après avoir eu à gérer des situations impossibles. […] Je ne cours pas après le travail, mais je ne suis pas désireux d’aller quelque part pour donner du travail aux confrères. […] En me réveillant un matin dans mon lit, un après-midi dans un fauteuil à la salle de lecture, j’ai eu beaucoup de peine à me rappeler ce que faisais là, et d’où je venais. Quant à notre foutu Congo, je suis sans aucune nouvelle. » (16/06/99)
09/1999-2002, Bruxelles – nommé à la communauté
« Nous te nommons à la communauté de Bruxelles pour une période de trois ans, à compter du 1er septembre 1999. Régulièrement, nous ferons avec toi le point sur l’évolution de ta situation. N’hésite pas à nous parler de tes soucis et de tes propres projets. » (01/07/99)
Opération de la prostate avant d’aller à Bruxelles. « Le cerveau est rempli de chants de cigales et j’ai des trous de mémoire qui doivent m’interdire l’accès à des postes de responsabilité. J’espère qu’ils n’ont pas prévu trop de travail pour moi à Bruxelles. » (15/09/99)
« S’il y a besoin de quelqu’un pour nettoyer ou entretenir une maison, c’est tout ce que je me sens capable de faire. Et il faut que j’occupe mes journées à quelque chose. » (20/01/00)
« Ce matin, en me réveillant, d’où je venais, qu’est-ce que je faisais, je ne voyais pas. J’ai trouvé la date en cherchant dans un cahier où je note les intentions de messes avec la date. […] J’ai eu ce malaise plusieurs fois déjà. » (31/08/00)
« Du côté de ma tête, il n’y a que le vide qui fait des progrès. » (20/01/02)
« Pour moi, je peux lire avec les yeux, mais le cerveau ne fait plus son travail. Quand je finis un paragraphe, je ne me souviens plus du début. Ma tête diminue, mais je ne pense que ça devienne dangereux, tout au plus inutile. » (26/08/02)
novembre 2002…, Lyon 150
« Si je dois dérailler, c’est encore mieux de partir avant que ça aille trop mal ; car je dois constater que du côté de la tête, ça continue à se dégrader. […] On va donc se refaire lyonnais, comme au temps de notre jeunesse, mais pas avec les mêmes objectifs. » (20/10/02)
Octobre 2004 : essai à la reliure (sans suite)
« Ma fête continue chaque année à correspondre avec la mort d’Edouard Grass. Les bandits sont devenus, hélas ! un article courant dans notre pauvre Afrique. » (21/01/05)
Chaque année, très régulièrement, un petit mot pour remercier le Conseil provincial des vœux de fête.
