Société des Missions Africaines (SMA)

Internationale

Athanse LE BERRE

Leberre athanase

 Société des Missions Africaines – Province de Lyon

Athanse LE BERRE

Né le 24 octobre 1935 à Douarnenez (Finistère),diocèse de Quimper
Ordonné prêtre le 6 janvier 1964
Décédé dans la nuit du 27 au 28 janvier 2021

 

1964-1970

Abomey

Vicaire

1970-1975

Sagon (Abomey)

Curé

1975-1976

Mission de France et Arbresle

Recyclage

1976-1977

Paris (19ème)

Vicaire à La Villette

1977-1978

Vaires-sur-Marne (Meaux)

Vicaire

1978-1981

Bria (Bambari)

Vicaire

1981-2002

Lorrez-le-Bocage (Meaux)

Curé

2003

id et Douarnenez

repos, dépressif

2004-2011

2011-2017

2017-2021

Mortcerf (diocèse de Meaux)

Nantes

Montferrier-sur-Lez

Curé

Rezé

Résident

 

Décédé à Montferrier le 28 janvier 2021 à l’âge de 86 ans 

Ses funérailles ont été célébrées le lundi 1er février à 15 heures
en la chapelle de la Communauté SMA de Monferrier-sur-Lez

Dans la nuit du 27 au 28 janvier, le père Athanase LE BERRE nous a quittés. Né le le 24 octobre 1935 à Douarnenez (Finistère), dans le diocèse de Quimper, il a été ordonné prêtre le 6 janvier 1964. Il a exercé sa mission au Bénin (Abomey), en Centrafrique (Bria), dans le diocèse de Meaux. De 2011 à 2017, il était à la communauté des Naudières, avant de rejoindre la communauté de Montferrier. Le père provincial a su reprendre les grandes lignes de sa vie de missionnaire dans l’homélie de ses funérailles :

J’ai choisi cet Évangile des Béatitudes parce qu’il correspond bien à notre frère Athanase le Berre. En effet, l’Évangile nous dit que « les doux, les cœurs purs, les miséricordieux sont bienheureux et verront Dieu ». Il y a là une manière d’être qu’on reçoit de ses parents, de sa famille mais aussi qu’on cultive dans nos relations avec les autres ; tout d’abord, je veux dire un grand merci aux parents Le Berre qui ont laissé partir leur unique garçon, pourvu de beaucoup de qualités.
Athanase est un homme simple et humble qui cultive des relations joviales et directes tout autant avec les gens qu’avec ses confrères. Voici ce que dit son aumônier alors qu’il fait son service militaire à Dakar : « Ce religieux ne paie pas de mine, mais il est absolument remarquable. Boute en train, très enjoué, réussit au milieu des soldats européens et africains, tant au point de vue apostolique qu’humain. Jugement très sûr. On peut compter sur lui, quelque travail qu’il entreprenne. Accepte très humblement les remarques. Vis spirituelle profonde. » et alors qu’il vient d’être ordonné et se prépare à aller en Afrique, le Provincial de l’époque écrit : « Confrère d’une piété sérieuse, solide, de relations aimables, franches, très aimé de ses confrères, gros travailleur ; d’une intelligence pratique, serviable débrouillard, humble, zélé, obéissant, jugement droit, volonté de ‘breton’, santé très bonne ; bon sujet, doit réussir partout, mais à placer de préférence dans le ministère. » Dans les Béatitudes, Jésus continue avec : « heureux ceux qui ont faim et soif de justice, les artisans de paix ». Là, il s’agit de se donner avec toutes ses qualités personnelles pour que l’Évangile apporte une nouvelle manière d’être et soit ferment d’une paix authentique. Athan n’aimait pas le conflit et dans sa pastorale, il a été un vrai créateur de paix que ce soit à Abomey, à Sagon, à Bria, en Centrafrique, ou au diocèse de Meaux.
Je voudrais souligner là une de ses grandes qualités : il n’aimait pas critiquer les autres et avait un regard positif sur ceux qui l’entouraient, ce qui trans formait les lieux où il a travaillé en un petit paradis. J’en prends à témoin ce qu’il dit dans une de ses rares lettres au conseil provincial : « Je suis heureux comme un poisson dans la baie de Douarnenez. […] 8 catéchistes travaillent avec moi et je suis content d’eux, car sur ce que je vois ils paraissent sérieux. Ici, il n’y a pas de problèmes ; il y a le travail si on veut le faire, et ça suffit amplement ». Tout Athan est là : un regard positif, pas de discussion philosophique et au boulot ! Il en est de même avec les confrères avec qui il vit. La solitude de Sagon lui pèse et il passe souvent le fleuve pour aller retrouver ses frères de Zagnanado, Bohicon ou Abomey. Il a beaucoup apprécié la fraternité de l’équipe de Bria.
L’Évangile continue avec : « Heureux ceux qui pleurent ». Là, je voudrais aborder toute une partie de la vie d’Athanase qui a été pleine de souffrance. On lui trouve une maladie chronique à la colonne vertébrale. Il se pose la question de pouvoir continuer en Afrique mais repart tout de même en Centrafrique. Il va souffrir beaucoup et vient travailler au diocèse de Meaux. Il réalise son ministère dans la joie mais sa santé devient de plus en plus un chemin de croix. Petit à petit, il est pris par ce qu’il appelle : « la déprime » et tout devient difficile et douloureux, il se renferme davantage en lui-même. Le médecin lui demande d’arrêter définitivement son ministère et il se retrouve dans son Douarnenez natal à aider les prêtres du secteur, à jouir de la vue des bateaux au port, et des joies de la famille, mais intérieurement il continue à souffrir. Il s’arrache à Douarnenez pour profiter durant quelques années de la fraternité de Rezé avant de venir à Montferrier.

D’une certaine manière, il a vécu une longue passion, sans se plaindre, en disant toujours « ça va, ça va bien »… Je voudrais remercier tout le personnel de cette maison qui l’a accompagné durant ces années, véritables Véro- nique moderne, mais aussi, vous, les confrères, je le revois encore entrer à la chapelle par l’allée centrale avec l’un d’entre vous qui le tient par la main et lui trouve la page du bréviaire. Il y a 2 ans, un jour, il m’avait ému en m’égrenant toutes les gentillesses et attentions que les uns et les autres avaient pour lui… Lui qui a été créateur de fraternité s’est mis à accueillir celle que les autres lui ont témoignée. »
Que vous en soyez remerciés, mais surtout merci au Seigneur qui nous a montré ce chemin de vie ; que l’Esprit nous aide à garder ce style SMA, simple, serviable et vrai.

Pour terminer, on peut souligner sa fidélité : fidélité aux amis, à la prière, à la SMA, au ministère. En 75, alors qu’il fait un recyclage, beaucoup de ses collègues recyclant se posaient la question de faire leur « projet de vie », c’est-à-dire de quitter le ministère pour faire ce dont ils avaient envie. Athanase était surpris de ces réflexions et disait qu’il était heureux comme prêtre et missionnaire. Je suis sûr que cette fidélité est aujourd’hui récompensée.

François du Penhoat