Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le père Jean RASSINOUX
Né le 11 octobre 1932 à Grosbreuil,
diocèse de Luçon.
Ordonné prêtre le 6 janvier 1961.
1961-1963 : à Rome, étude de philosophie à la Grégorienne.
1963-1967 : à Chamalières, professeur de philosophie.
1967-1968 : à Ouidah (Cotonou), professeur de philosophie.
1968-1970 : à Houegbo (Cotonou), vicaire puis curé.
1970-1973 : à Lyon (150), supérieur et professeur au séminaire.
1973-1975 : à Bohicon (Abomey), aumônier des collégiens.
1975-1978 : à Sagon (Abomey), curé et professeur de philosophie à Bohicon.
1978-1983 : à Paris (Hidalgo) : conseiller provincial.
1983-1986 : à Sagon (Abomey) : curé et professeur de philosophie à Bohicon.
1986-2000 : à Sagon, curé.
2000-2012 : à Montferrier, supérieur de la maison.
2012-2022 : à Montferrier, résident. Econome, bibliothécaire et secrétaire du Conseil d’administration des Chênes Verts.
Décédé le 21 août 2023 à Montferrier à l’âge de 91 ans.
Ses funérailles ont été célébrées le vendredi 24 août 2023 à 15 h en la chapelle de la maison SMA de Montferrier.
Né le 11 octobre 1932 à Grosbreuil (Vendée), diocèse de Luçon et baptisé le 13 octobre. Son papa était forgeron. Il avait un frère et une sœur. Au cours de ses études, son papa décède et sa maman travaille alors dans une cartonnerie. Il fait ses études primaires à l’école libre Saint-Paul et entre au petit séminaire de Pont-Rousseau en 1945 . Le supérieur de Chanly dit de lui : « Ouvert à tout ce qui est nouveauté ; a cependant un jugement droit qui lui permet de se nourrir aux sources authentiques de la vérité philosophique ou scripturaire. »
De son aumônier militaire : « Esprit très personnel, préférait agir seul et sans union avec les autres. […] Séminariste plein de dévouement personnel, mais agissant en individuel, d’allure progressiste, lisant Témoignage chrétien et formant son jugement d’après ce journal
Noté à la veille de son sous-diaconat : « Exerce une certaine séduction sur ses camarades et il le sait ; aura de l’influence sur son milieu. […] artiste plus que spéculatif. […] obéissance diplomatique peut-être. […] Attrait des nouveautés, le cœur risque d’influencer la tête. […] prend des initiatives, mais sait se faire couvrir. […] Beaucoup de ressources, devra être entouré et compris au départ, au facilement du succès partout où il ira, mais veiller à ce que ce succès ne lui tourne pas la tête. » (13/05/60)
Premier serment temporaire 16/07/1955
Serment perpétuel 29/06/1960
Sous-diaconat 30/06/1960
Diaconat 25/09/1960
Ordination 06/01/1961
1961-1963, Rome, étudiant en philo à la Grégorienne
Il obtient une licence en philosophie scolastique à Rome en 1963
1963-1967, Chamalières, professeur de philo
Au départ du père Quaireau, en 1966, il est nommé directeur à Chamalières. « Vous êtes sur place et vous avez toutes les qualités requises. […] De ce fait, vous êtes aussi membre de droit du Conseil local. » (30/06/66)
1967-1968, Ouidah (Cotonou), professeur de philo
Il est affecté à l’archidiocèse de Cotonou (13/04/67). Le provincial note alors : « Excellent professeur, doué pour e chant, la musique et le dessin. Peut réussir dans tous les ministères. Intelligence au-dessus de la moyenne, entraîneur, beaucoup de bon sens. » (05/05/67)
1968-1970, Ouagbo (Cotonou), vicaire, puis curé
Une seule lettre de janvier 1970 parle du passage à Ouagbo du père Denis qui a été « très discret et très précis ». Il lui a demandé d’être supérieur du 150. « C’est d’accord, puisque c’est ce qui avait été prévu lors de votre passage ici. J’ai eu le temps de me faire à cette idée. Reste que j’aimerais savoir précisément ce que vous me demanderez de faire. » (03/01/70)
1970-1973, Lyon, 150, supérieur et professeur au séminaire de 1er cycle
Il est supérieur de la maison et doit collaborer avec le père Savoie, spiritain, directeur des études et animateur de la communauté. Il a le père Elie Huchet comme économe. Il est aussi chargé d’enseigner l’initiation au mystère du salut. Il est aussi le premier responsable du service de la sacristie et de la chapelle. Sa nomination est officielle le 9 mai 1970.
En 1972, il est délégué à l’Assemblée générale et à l’Assemblée provinciale.
Le CEM (Consortium d’Études Missionnaires) est suspendu en 1973, ce qui permet au Conseil de le mettre à la disposition du diocèse d’Abomey pour le travail que lui propose Mgr Agboka.
1973-1975, Bohicon (Abomey), aumônier des collégiens
Dans sa circulaire de fin décembre 1974, il parle de son Noël dans les villages, de son travail auprès des collégiens, mais surtout de son travail pour le dictionnaire (en continuation du travail du père Segurola), dictionnaire français-fon et fon-français, dont la première édition date de 1974. « Quand le manuscrit a été achevé, je suis allé passer une semaine de silence au monastère de Dzogbégan, au Togo, 800 m. d’altitude. » (fin décembre 1974)
1975-1978, Sagon (Abomey), curé et professeur de philo à Bohicon
« Le seul ennui, maintenant, c’est qu’il faut un permis de circuler pour sortir du district. Dans certains coins, ça se passe bien, ailleurs c’est un peu plus strict. […] Sur Sagon, ça tourne bien ; les infirmières travaillent toujours beaucoup. Il va falloir commencer l’Église. Je ne fais plus que 3 heures de philo à Steinmetz. Ça entretient, et c’est sympathique avec les jeunes. » (28/05/77)
En 1977, il annonce qu’il remplace définitivement le père Le Berre à Sagon, lequel part en RCA après avoir construit un grand complexe médical. Il s’occupe de 8 villages, de puits ; il a trois chapelles en projet.
En 1978, il est délégué aux deux Assemblées, provinciale et générale.
1978-1983, Paris, Hidalgo, conseiller provincial
Il y a quelques lettres de ses visites en Afrique, en particulier une au Cameroun pour voir le père Lanoë.
1983-1986, Sagon (Abomey), curé et professeur de philo à Bohicon
Mgr Agboka est tout content de le voir revenir au Bénin. François Fénéon écrit : « C’est avec une certaine émotion que je fais aujourd’hui la nomination de celui qui, durant 5 ans, fut mon compagnon de lutte et surtout mon vieil ami. […] Le Conseil est d’accord pour te mettre à la disposition du diocèse d’Abomey. […] Je te souhaite un fructueux apostolat à Sagon et auprès des jeunes étudiants. » (22/08/83)
Avant de partir, en octobre 1983, il fait le mois d’»Exercices ». « Quand vous aurez l’occasion, ne manquez pas une telle expérience. Ça vous vide et ça vous ‘plein’ de Dieu. C’est doux. » (29/10/83)
Dans sa circulaire de Noël 1983, il raconte qu’à son arrivée, il est frappé par la sécheresse. Le centre de santé fait un très bon travail. Il enseigne la philo dans deux lycées d’état à Bohicon, à 76 km de Sagon. Il a retrouvé les 10 communautés chrétiennes dont certaines se sont bien développées et d’autres non. Il termine sa circulaire par ces mots : « Je ne risque pas de m’ennuyer ! Et puis, il y a cette convivialité africaine si tonifiante. Je suis heureux tout simplement. » (décembre 1983)
« Cette année, nous avons pu mener à son terme la construction de notre église. » (décembre 84) Dans cette circulaire, il parle longuement de la sorcellerie et des problèmes humains qui y sont liés. « Quant à moi, je suis considéré comme plus fort que les sorciers. Ne dit-on pas que les chouettes et autres hulottes ne passent pas par-dessus ma maison sans être aussitôt comme foudroyées. »
En 1985, une très forte tornade enlève le toit de l’école (3 enfants blessés) et une partie du toit de l’église « inaugurée en mars ». Pour Noël, tout était réparé.
1986-2000, Sagon, curé
Il ne reprend pas ses cours de philo à Bohicon, car les voyages sont trop fatigants. Il a plus de temps pour la paroisse. Il avoue qu’il a la meilleure équipe de catéchistes du diocèse, mais qu’il n’en a aucun mérite.
Quand il rentre de congé, en 1988 : « Pour son retour à Sagon, tout le village était sur la route, avec les tam-tams, les chants, les cris. Assez impressionnant. Et la nuée d’enfants qui m’enserraient à m’étouffer. […] Nous voici au début d’une nouvelle année. Ce passage d’une année à l’autre est vécu ici dans une grande liesse. C’est comme si on avait échappé à la mort. Une tradition dit en effet qu’il y a toujours plus d’accidents en fin d’année et qu’il faut se méfier si l’on doit voyager, parce que Dieu doit combler les places vacantes dans sa maison. Il y a un nombre prévu pour chaque année et si la mort n’a pas fauché suffisamment de personnes, Dieu y pourvoit par quelques accidents supplémentaires. Dieu à figure de grande faucheuse. Mais quelle joie d’avoir échappé à cette quête quand on a pu passer au 1er janvier. » (04/01/88)
« Après avoir hésité assez longtemps, nous avons décidé cette année, l’équipe Terre des hommes et moi-même, de faire l’acquisition d’un bateau avec moteur hors-bord. Nous n’avons, bien sûr, pas regretté, vu l’ampleur de la crue cette année. L’infirmière a pu aller vacciner dans de nombreux villages, inaccessibles autrement, et moi-même j’en ai profité pour visiter plus souvent les communautés des rives du fleuves et aussi connaître des villages où je n’étais encore jamais allé. Bien sûr, l’achat du bateau n’a été possible que par la générosité de beaucoup d’entre vous. Merci ! » (décembre 1988)
Il explique souvent comment le nombre des catéchumènes augmente beaucoup dans les communautés. 1 200 personnes suivent le catéchisme sur la paroisse. Il parle aussi du travail qu’il organise pour améliorer la circulation sur certaines pistés délaissées par les autorités. Il salue avec joie l’arrivée de la démocratie dans le pays en 1990. « Sagon est toujours Sagon. Ses habitants ont toujours le verbe aussi haut : une spécialité de notre vallée de l’Ouémé. Les sorciers sont toujours aussi nombreux. […] On vit toujours au rythme des crues de notre fleuve et de notre lac. […] Il y a maintenant 1 900 catéchumènes sur la paroisse. […] Les 5 piles du point d’Ayizé sont construites depuis juillet et les vélos et les mots y passent déjà. […] Notre centre féminin a ouvert ses portes le 15 octobre et a accueilli 100 jeunes filles pour la seule première année. » (30/12/92)
Il fait des réclamations (gentilles) à quelqu’un qui lui envoie une cloche sans battant. Ce dernier lui répond : « Je te donne la femme, tu réclames encore la natte ! » (27/01/93)
En décembre 1993, il parle de construction d’églises, d’amélioration de routes, de construction de ponts, mais il ajoute : « Mais nous n’oublions pas l’essentiel. Avec 50 catéchistes permanents ou bénévoles, et quelques 2 000 grands et petits en catéchèse, on peut dire aussi que le travail d’évangélisation se porte plutôt bien. Mais là, il y aussi quelqu’un de très efficace qui travaille avec nous. «
En 1994, il demande à faire une année sabbatique (voilà 11 ans qu’il est à Sagon), et il demande à la faire à la rue Crillon. Il parle d’inscription à l’ISTR.
En 1997, 279 baptêmes d’adultes ; il a 21 communautés ; un grand séminariste, Auguste Agaï, fait son stage à Sagon ; construction de deux nouvelles classes au centre féminin, construction d’un nouveau presbytère…
En 1999, le Conseil provincial lui parle de la direction de Montferrier. Il dit non, puis il réfléchit et écrit : « Au fil des jours, je suis arrivé à la conclusion qu’il serait peut-être raisonnable d’accepter ce qu’on me demande pour le service de nos vieux. […] Il ne me servirait à rien de m’accrocher à Sagon et surtout, ce serait bon pour les chrétiens de la paroisse. » (11/04/99)
Pierre Bouchet, provincial, écrit à Mgr Agboka pour lui dire que Jean Rassinoux sera rappelé à la fin de l’année pastorale 1999-2000.
Sa dernière circulaire date de décembre 1999 : il parle des constructions, des problèmes de nourriture et il ajoute : « Je vous ai souvent parlé de mon travail de bénédictin : les deux dictionnaires Fon-Français et Français-Fon. Cela m’aura pris beaucoup de temps depuis 4 ans, trop sans doute pour que le reste n’en pâtisse pas un peu. J’en vois enfin le terme. […] Je compte donner le tout fin janvier à un confrère espagnol qui le fera imprimer en Espagne. Ouf ! » (décembre 1999)
Il ajoute à la main, comme il y aura changement d’équipe provinciale en 2001 : « Je tiens à bien préciser que c’est vous qui allez me nommer et que je me suis engagé strictement pour 3 (trois) ans : équipe nouvelle ou pas, que ce soit bien clair. »
2000-2008, Montferrier, responsable de la maison
Les deux derniers documents de son dossier sont deux nominations, l’une en 2000 pour trois ans et l’autre en 2003, de nouveau pour trois ans.
En 2008, il y est toujours…
